A khenaton
A la fin, avant de partir, on regarde les tableaux, les sculptures, c’est silencieux, infini, c’est leur heure, il n’y a plus qu’à rentrer, tout a été dit
A la fin, avant de partir, on regarde les tableaux, les sculptures, c’est silencieux, infini, c’est leur heure, il n’y a plus qu’à rentrer, tout a été dit. On, c’est moi, c’est je. Je regarde les tableaux, les sculptures, je fais le tour, j’ai le temps, l’interstice, il n’y a plus d’enjeu, ça n’appartient à personne, tout le monde est sur le départ, François-René commence à ranger une chose ou deux pour passer le temps, l’attente que tout le monde parte et qu’il se retrouve seul, seul pour la nuit, qu’il éteigne les lumières, etc., les grandes baies vitrées, tout Paris, le jardin qui, dans l’autre sens, va réenvahir la maison…
Il y a des fragments de hiéroglyphes sculptés, avec encore la couleur rouge qui apparaît, qui me retient de toucher, je touche quand même, ce qu’on ne peut pas faire au Louvre, trop de vitres, trop de monde, mais au musée Guimet, quand j’étais jeune, pas de gardien, j’avais touché comme une aveugle les belles têtes de bouddhas ou de divinités inconnues, mais qui, un jour, avait été sculptées avec la main, l’outil, de manière qu’on y passe la main, qu’on y caresse les volumes, les stries, les creux, tout ce qui fait sens pour que cette sculpture soit belle, pas sculptée avec de la terre, mais de la pierre
Je recopie d’en exergue d’un nouveau livre qui se trouve posé là avec son marque-page : « Des peuplades de l’Orénoque n’existent plus : il n’est resté de leur dialecte qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets redevenus libres. » (De Chateaubriand.)
A la fin, avant de partir, on regarde les tableaux, les sculptures, c’est silencieux, infini, c’est leur heure, il n’y a plus qu’à rentrer, tout a été dit. On, c’est moi, c’est je. Je regarde les tableaux, les sculptures, je fais le tour, j’ai le temps, l’interstice, il n’y a plus d’enjeu, ça n’appartient à personne, tout le monde est sur le départ, François-René commence à ranger une chose ou deux pour passer le temps, l’attente que tout le monde parte et qu’il se retrouve seul, seul pour la nuit, qu’il éteigne les lumières, etc., les grandes baies vitrées, tout Paris, le jardin qui, dans l’autre sens, va réenvahir la maison…
Il y a des fragments de hiéroglyphes sculptés, avec encore la couleur rouge qui apparaît, qui me retient de toucher, je touche quand même, ce qu’on ne peut pas faire au Louvre, trop de vitres, trop de monde, mais au musée Guimet, quand j’étais jeune, pas de gardien, j’avais touché comme une aveugle les belles têtes de bouddhas ou de divinités inconnues, mais qui, un jour, avait été sculptées avec la main, l’outil, de manière qu’on y passe la main, qu’on y caresse les volumes, les stries, les creux, tout ce qui fait sens pour que cette sculpture soit belle, pas sculptée avec de la terre, mais de la pierre
Je recopie d’en exergue d’un nouveau livre qui se trouve posé là avec son marque-page : « Des peuplades de l’Orénoque n’existent plus : il n’est resté de leur dialecte qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets redevenus libres. » (De Chateaubriand.)
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