Wednesday, July 10, 2019

A la radio, podcast : « Comme Tchekhov est présent dans tous ses personnages, y compris les personnages féminins » (Antoine Vitez)

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Friday, May 10, 2019

Ce soir, samedi 11, nous jouons à Pantin, au café Pas Si Loin, à 19h30, l’acte I et l’acte II des TROIS SŒURS, demain dimanche 12, à la même heure, nous jouerons l’acte III et l’acte IV de cette même pièce. Nous jouerons aussi mardi 14 et mercredi 15 prochain. Ce sont des avant-premières. Le très grand journaliste du théâtre, Jean-Pierre Thibaudat, celui qui me faisait rêver, enfant, quand je lisais ses papiers dans « Libé », témoigne, il était là, fidèle d’entre les fidèles, au tout début de l'apparition — et c’est bien son article qui restera. 

Les avant-premières, en entrée libre, sans réservation, commencent à 19h30 précises (ouverture des portes dès 19h) et durent deux heures. Spectacle en russe et en français. Café Pas Si Loin, 1, rue Berthier, Pantin, métro Porte de la Villette ou Aubervilliers-Pantin-Quatre Chemins.

Les représentations officielles auront lieu en juin, en alternance avec l'AMANT, d'après Duras (présenté dans ce lieu pour la troisième année).

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Wednesday, May 08, 2019

« Alors les bruits de la rue alentour, cet homme qui passe chargé de provisions, cet autre qui en interpelle un troisième, ces camions, ces motos qui bruissent ou pétaradent en s’éloignant , tout cela crée comme une basse continue, un fond sonore qui accompagne l’actrice. Et, à les voir passer derrières les baies vitrées du café et disparaître, les passants accompagnent sans le savoir ce temps si particulier de la pièce où le présent est comme une salle d’attente entre un passé qui n’est plus et un futur avorté ou trop lointain pour ne pas être illusoire. L’ailleurs est là, à portée de rue. Moscou ou je ne sais où. Ireïna Labetskaïa regarde parfois passer ces gens venus comme elle d’un autre pays et puis elle retrouve ces feuilles entre ses mains qui parfois (magie du soleil couchant) lui éclairent le visage en irisant ses longs cheveux noirs. Elle lit, lit encore et soudain ses yeux s’éloignent des feuilles, elle dit le texte mais c’est comme si elle le rêvait à haute voix. »

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Sunday, May 05, 2019

Ireïna Labestkaïa joue, comme j’aime, toute la pièce des Trois Sœurs, le livre à la main, elle la joue et elle ne la joue pas, elle joue une autre pièce peut-être, sans doute aussi, elle s’applique, mais elle joue une autre pièce, elle joue la pièce en russe et en français. Ce soir, première avant-première dont on se souviendra de la date : « dimanche 5 mai » car elle est inscrite dans la pièce : c’est la date de l’acte I, l’anniversaire de la mort du père et la fête d’Irina, ce soir (donc), j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de russe, que c’était magnifique, mais pas assez de russe, Ireïna a voulu sans doute plaire au public français, se faire comprendre, comme je la comprends ! mais, en même temps, il n’y a rien à comprendre... C’est le réel, la pièce, c’est le réel qui passe comme le temps, et la grâce qui, elle, ne passe pas, cette pièce pour la nuit des temps faite avec rien, avec du bavardage, le génie suprême, au point que, même ce mot, « génie », ne convient pas à Tchekhov, ni à lui ni à nous qui pensons à lui…
Nous jouons ce lundi soir l’acte III et IV, il n’est pas nécessaire d’avoir vu la première soirée pour en faire l’expérience. Tenez, il neige, il est où, le sens ? 

Toujours utiliser encore moins du peu qu’on nous donne. Toujours donner beaucoup plus que ce qu’on attend de nous. Tous mes spectacles ont été bâtis sur ces deux principes. Ils apparaissent alors que personne ne les attend. Mais c’est l’essence de la création artistique : personne n’en a envie, personne ne sait. Ce qui apparaît ne manque pas... 

Lundi 6, actes III et IV

Samedi 11, actes I et II
Dimanche 12, actes III et IV

Mardi 14, actes I et II
Mercredi 15, actes III et IV

Les avant-premières, en entrée libre, commencent à 19h30 et durent deux heures, elles ne nécessitent pas de réservation, mais commencent à l'heure (impossible d'entrer en cours de route). Spectacle en russe et en français

Les représentations auront lieu en juin, en alternance avec la reprise, pour la troisième année, de L’Amant, d’après Marguerite Duras, par Yuika Hokama
(Les représentations de juin commenceront, elles, à 20h30)


Adresse : Café Pas Si Loin, 1, rue Berthier, Pantin. Métro : Porte de la Villette ou Aubervilliers-Pantin-Quatre Chemins

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C limat slave


Ireïna Labetskaïa me fait remarquer en sortant, hier, de notre dernière répétition solitaire et en allant vers le métro : « C’est exprès que tu as mis la première avant-première le 5 mai ? » Non, pourquoi ? « Le 5 mai ! mais c’est dans la pièce ! » Et, en effet, je n’y avais pas pensé, mais c’est un heureux présage, la première réplique de cette pièce sublime, c’est : « Père est mort il y a juste un an, un an aujourd’hui même, le 5 mai, le jour de ta fête, Irina. » Ireïna Labetskaïa joue ce soir — en russe et en français — au café Pas Si Loin, 1, rue Berthier, à Pantin (métro Porte de la Villette) à 19h30. (ouverture à 19h), entrée libre, durée 2h. 

Ce soir, nous jouons les deux premiers actes, demain les deux derniers, chaque soirée est une matière autonome et nous jouerons des intégrales…

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I rina


Ireïna Labetskaïa dans les Trois Sœurs

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Wednesday, May 01, 2019

T iers-théâtre


Il y a un café planté dans une région du monde très cosmopolite. C'est ici, c'est à Paris, de l'autre côté du périphérique, à Pantin, mais c'est aussi au Congo, en Algérie, au Maroc, au Soudan, en Turquie, en Tunisie, au Mali, en Italie, au Portugal, au Sénégal, en Chine, en Roumanie, en Egypte, en Pologne, en Côte d'Ivoire, au Bangladesh, au Sri-Lanka, au Pakistan, en Inde, en Espagne, au Zaïre, en Haïti, au Cap-Vert, en Mauritanie, au Vietnam, en Bosnie, au Cameroun… et, depuis quelques temps, c'est aussi en Russie. Nous avons essayé d’implanter, oui, dans la terre de Pantin, une nouvelle nationalité dans un lieu fait pour ça, qui en regorge, fait pour tous. Cette année, au lieu d'ouvrir à tous mon cours d'interprétation « Jouer comme Gérard », je ne l'ai ouvert qu'à une seule personne à qui j'ai demandé de me jouer les Trois Sœurs, d’Anton Tchekhov. Oui, toute la pièce. Ireïna Labetskaïa fait un travail remarquable : elle plante un bois de bouleaux, une rivière poissonneuse, comme Tchekhov les aimait, une matinée de printemps, une soirée d’automne, en Russie. Un éclat de soleil, un miroir, un paysage de dame de cœur, « Quant à Venise, je la vois les yeux fermés ». Ireïna Labetskaïa joue comme dans la rue. Le lieu le permet. Ce n'est pas un théâtre, c'est un café plein de vitres. C'est comme dans la rue. On voit à travers. Ireïna Labetskaïa est une immigrée et, les immigrés que nous sommes tous, nous vivons dans la rue. « Que le monde aille à sa perte, disait Marguerite Duras, c’est la seule politique ». C'est Tchekhov, mais comme il faut le jouer, par la bande, de plain-pied, « par-dessous la jambe », comme il l’écrivait dans une lettre à propos de je ne sais quoi. Les trois sœurs sont étrangères, orphelines du lieu d’origine, mais le lieu d’origine (« A Moscou ! A Moscou ! A Moscou ! ») est juste dans la rue, derrière la vitre, dans la rue, le paradis 

Le spectacle se donne en avant-première en deux soirées les 5, 6, 11, 12, 14 et 15 mai, soit :

Dimanche 5, actes I et II
Lundi 6, actes III et IV

Samedi 11, actes I et II
Dimanche 12, actes III et IV

Mardi 14, actes I et II
Mercredi 15, actes III et IV

Les avant-premières, en entrée libre, commencent à 19h30 et durent deux heures, elles ne nécessitent pas de réservation, mais commencent à l'heure (impossible d'entrer en cours de route). Spectacle en russe et en français

Les représentations auront lieu en juin, en alternance avec la reprise, pour la troisième année, de L’Amant, d’après Marguerite Duras, par Yuika Hokama
(Les représentations de juin commenceront, elles, à 20h30)

Adresse : Café Pas Si Loin, 1, rue Berthier, Pantin. Métro : Porte de la Villette ou Aubervilliers-Pantin-Quatre Chemins

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Tuesday, April 23, 2019

S eule la paresse est noble




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Tuesday, April 16, 2019

A tous


Je suis amoureux de Tchekhov. Je viens de finir la biographie de Virgil Tanase (Folio) qui est très, très bonne. Tu vois un type qui n’a eu de cesse que d’échapper au pouvoir, y compris le pouvoir d’écrire (et le pouvoir l’entourait de ces rets, de ces tentations, de ces femmes, toute sa vie). C’est quelqu’un qui me bouleverse — aux larmes. Imaginez : il détestait écrire, il ne le faisait que quand il n’avait plus d’argent. Imaginez : la critique démolissait ses pièces qui se jouaient pourtant à guichet fermé. Imaginez : il n’était pas révolutionnaire, il pratiquait la charité, il soignait, il aidait, il aimait. Imaginez : il se méfiait du pouvoir des femmes, il refusait le mariage, il baisait beaucoup, mais refusait le mariage. Imaginez : il s’est occupé de ses parents toute sa vie, qui vivaient avec lui — et de ses frères surtout ainés très malheureux. Imaginez : il était petit-fils de serf. Imaginez : il ne croyait pas en lui ! Imaginez : il n’aimait pas la solitude, toujours des foules de gens chez lui (comme dans ses pièces), sauf la pêche à la ligne — mais il détestait la chasse. Imaginez : il observait. Imaginez, la phrase de Spinoza s’applique à lui : « Ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre. » Imaginez : il rendait service. A tous.

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Sunday, April 14, 2019

3 sœurs



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