Tuesday, October 12, 2010

Cette chose légère, ailée, sacrée

« Les valeurs ne changent pas, mais l’application doit changer tout le temps. »

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His pupils were like big black suns


Photo Sylvain Couzinet-Jacques. Thomas Gonzalez dans La Mort d'Ivan Ilitch.



« En latin, comme on sait, les mots « inventer » et « découvrir » sont synonymes. Tout cela concorde avec la doctrine platonicienne qui dit qu’inventer, que découvrir, c’est se souvenir. Francis Bacon ajoute que si apprendre c’est se souvenir, ignorer c’est savoir oublier ; tout est déjà là, il nous faut simplement le voir. »

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Monday, October 11, 2010

Sur la table il y a bien d’autres choses à manger


Photo Sylvain Couzinet-Jacques. Thomas Gonzalez dans La Mort d'Ivan Ilitch.



« Si l’on admet qu’une surestimation de la raison, propre à notre temps et à nos régions, conduit finalement à un amenuisement de l’être, alors il faut chercher ailleurs, aux confins du non-conscient, une connaissance d’un autre ordre qui ouvrira notre conscience à une autre dimension de l’être.
S’inventera, peut-être, une luminosité qui n’exclut pas l’ombre. »

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Sunday, October 10, 2010

Dieu n'était pas marié


Photo Sylvain Couzinet-Jacques. Thomas Gonzalez dans La Mort d'Ivan Ilitch.



« Vos textes et votre théâtre semblent beaucoup travailler l’idée de « temps suspendu » et de « temps présent »…
– C’est exactement cela. Je crois que l’un des rôles essentiels du théâtre est de permettre au public de faire l’expérience d’un temps différent de celui qu’il ressent dans sa vie quotidienne. Mon intérêt pour cette question du temps est très lié à cette extension du temps qui est à l’œuvre sur scène. En faire le sujet d’un texte n’est pas suffisant, j’ai besoin de le réaliser sur le plateau. »



« Par exemple, je m’ennuie si les corps des acteurs se bornent à accompagner les mots qu’ils disent. Un corps auxiliaire – qui se contente de « tracer » la trajectoire des mots – me semblait « appauvrir » l’expression. J’ai donc demandé aux acteurs de séparer leur corps de leur discours. De générer leurs mouvements en partant de ce que j’appelle des « images » ou des « sensations », quelque chose qui, en général, précède les mots lorsque nous parlons. Et ce que vous voyez, c’est une solution. Une solution qui n’est que temporaire : je ne cesse de travailler avec les acteurs et de développer plus avant leurs mouvements. Dans mes pièces, je considère les mouvements des acteurs comme une sorte de « naturalisme », non pas au sens traditionnel du terme, mais comme une extension de celui-ci. Si je fais « danser » les acteurs, ce n’est pas délibérément. Ce n’est pas mon intention. Tout ce que j’ai conscience de faire, c’est d’essayer de prolonger le corps des acteurs.
L’une des choses importantes que je demande aux acteurs, c’est de bouger consciemment sur scène comme s’ils étaient en train d’improviser, même s’ils ont en réalité travaillé et mémorisé les mouvements un millier de fois. »

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Etre et ne pas être


Photo Sylvain Couzinet-Jacques. Thomas Gonzalez dans La Mort d'Ivan Ilitch.



« Dans les monastères bouddhistes, un des exercices que l’on pratique est le suivant : le néophyte doit vivre chaque instant de sa vie de façon intense. Il doit penser : « Maintenant il est midi, maintenant je traverse la cour, maintenant je vais rencontrer mon supérieur », et en même temps il doit penser que midi, la cour et le supérieur sont irréels, sont aussi irréels que lui et que ses pensées. Car le bouddhisme nie le moi.
Une des désillusion majeures est celle du moi. En cela le bouddhisme est d’accord avec Hume, avec Schopenhauer et avec notre Macedonio Fernandez. Il n’y a pas un sujet pensant, mais une série d’états mentaux. Si je dis « je pense », je commets une erreur car je suppose un sujet constant puis l’œuvre de ce sujet qui est la pensée. Il n’y a rien de tel. Il faudrait dire, note Hume, non pas « je pense », mais « il est pensé » comme on dit « il pleut ». En disant « il pleut » nous ne pensons pas que la pluie exerce une action, non, il se passe quelque chose. Ainsi, comme on dit qu’il fait chaud, il fait froid, il pleut, nous devrions dire : il est pensé, il est souffert et éviter le sujet pensant. »

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