Sunday, February 16, 2020

I diotie


« En fait, idiot, ça veut dire que je vis intensément ce qui se passe, voilà. Je le considère comme quelque chose d’absolument définitif pendant quelques minutes et, après, comme je vais très très profond, si vous voulez, comme je descends très profond dans l’inquiétude, dans l’angoisse, au fond je remonte très très vite, et, là, d’une certaine façon, au fond, la récupération par la logique est très forte, si vous voulez. Donc je vis comme ça depuis maintenant soixante-dix-huit ans, de toute façon, mais c’est le même individu.»

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Thursday, January 09, 2020

F ormat paysages


« Pourquoi Madame Bovary n’écrit pas ? Flaubert, à moment donné, le dit. Je vais citer de mémoire. Il dit qu’elle est de tempérament plus sentimentale qu’artiste, préférant les émotions plutôt que les paysages. »

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Sunday, January 05, 2020

L es Jours sont des fruits


« Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n'ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts : la flèche, la route, la course de l'homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques : le soleil, le monde, Dieu. La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c'est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu'à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons. Tous les gens civilisés se représentent le jour comme commençant à l'aube ou un peu après, ou longtemps après, enfin à une heure fixée par le début de leur travail ; qu'il s'allonge à travers leur travail, pendant ce qu'ils appellent « toute la journée » ; puis qu'il finit quand ils ferment les paupières. Ce sont ceux-là qui disent : les jours sont longs.
Non, les jours sont ronds. 
Nous n'allons vers rien, justement parce que parce que nous allons vers tout, et tout est atteint du moment que nous avons tous nos sens prêts à sentir. Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger, de les goûter doucement ou voracement selon notre nature propre, de profiter de tout ce qu'ils contiennent, d’en faire notre chair spirituelle et notre âme, de vivre. Vivre n'a pas d'autres sens que ça. »

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Saturday, December 14, 2019

Q uand je joue


« Quand je vis, je ne me sens pas vivre. Mais quand je joue, c’est là que je me sens exister 
Qu’est-ce qui m’empêcherait de croire au rêve du théâtre quand je crois au rêve de la réalité ? »

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Thursday, December 12, 2019

J e suis à la recherche d'un livre


« Je suis à la recherche d'un livre à lire. C'est un livre tout à fait spécial. Je l'imagine comme un visage sans traits. Je ne connais ni son titre ni son auteur. Qui sait, parfois je pense que je cherche un livre que moi-même j'écrirai. Je ne sais pas. Mais je me laisse aller à mille fantaisies au sujet de ce livre inconnu et déjà si profondément aimé. Voici une de ses fantaisies : je serais en train de le lire et soudain, en lisant une phrase, avec des larmes dans les yeux, je dirais, en pleine extase de douleur et de libération enfin : « Mais c'est que je ne savais pas qu'on peut tout, mon Dieu ! »

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Wednesday, December 11, 2019

L ’Art


« Entre des mains porteuses, tout se découvre don »

« Rien ne peut forcer la patience
des branches en fleurs »

« où « résonnent les pas d’un Dieu en errance » »

« parce que la pensée chinoise est fondée sur la voie (v.o.i.e), c’est essentiellement une pensée de confiance. C’est-à-dire notre propre vie est pleine de misère et pourtant la voie est grande, donc nous faisons partie de cette immense partie qu’est la vie, quelques que soient les malheurs qui peuvent nous arriver, mais ça n’empêche en rien que nous faisons partie de cette immense aventure qui continue, qui continue, oui. » 
« Ça demande un effort intérieur, oui d’acquiescement, oui. »

« D’ailleurs ça me rappelle un quatrain — très court, hein —, j’ai dit  : « Eternel adieu, / à tout moment ; Eternel bonjour, / à chaque instant ». Ça c’est un peu la vérité de notre vie. On est éternellement en train de dire adieu et on est éternellement en train de dire bonjour. »

« Eternel adieu, 
à tout moment ;
Eternel bonjour, 
En l’unique instant. »

Titre possible : Enfin le royaume 

« Nous n’avons pas d’autre moyen de rejoindre l’éternité que par l’instant. »

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R ennes, un projet


« Au sommet du mont et du silence,
rien n'est dit, tout est.
Tout vide est plein, tout passé présent,
tout en nous renaît. »

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Monday, December 02, 2019

C redo politique


« Liberté de parole, liberté de pensée, liberté de l’art. »

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Saturday, November 30, 2019

« Seigneur, même dans le bonheur humain il y a quelque chose de triste ! »

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Wednesday, September 25, 2019

V ivre pour enfreindre la loi


« — Vous aimez l’époque dans laquelle nous vivons ?
— Il faut aimer absolument l’époque où on vit. Et peut-être que l’époque — qui a beaucoup de défauts —, elle me plaît parce que, de notre époque, bientôt, tout devient interdit. Y a une loi pour tout, une loi pour cracher, une loi pour siffler, une loi pour marcher à droite, à gauche. Donc ça devient beaucoup plus excitant de vivre pour enfreindre la loi. »

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J 'ai oublié


« C’est l’oubli, le vide, la mémoire véritable : celle qui nous permet de ne pas succomber à l’oppression du souvenir, des souffrances aveuglantes et que, heureusement, on a oubliées. »

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Tuesday, September 24, 2019

« C’est une folie de dédoublement, l’écrivain. »

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1 966


« Une définition de moi-même ? — Oui. — C’est comme demander la définition de l’infini. Il y a un infini intérieur et un infini extérieur. C’est-à-dire quand je pense à moi-même, je pense à quelque chose d’infini. C’est impossible de finir, pour moi. Pour vous, je suis une chose bien finie, mais, pour moi, pour moi, je suis infini. Je suis le miroir de l’infini extérieur. C’est impossible pour moi de me définir. »

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Monday, September 23, 2019

C œur et bouche


« Quoiqu’il en soit, Marcel Bozonnet se souvient encore de cette phrase de Grüber : « Je veux que vous parliez le cœur chaud et la bouche froide ». Et il la commente en ces termes : « c’est-à-dire en relation avec votre souffle et quand même dans le contrôle de l’émission articulaire ». Pour exprimer sa double exigence, le metteur en scène, comme il en a l’habitude, s’exprime par le détour d’une image associant le souffle brûlant de la passion (chaud comme le désert) et le contrôle absolu de l’articulation des mots. »

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Wednesday, September 11, 2019

T he Photographer


« Comme le disait un de ses amis bouddhiste : « First thought, best thought » » 

« Il faut être très rapide, ne pas réfléchir — la vie passe trop vite pour ça. »

« « Moins d’Art, plus de Vérité », ai-je dit… Etre assez libre pour faire des choses authentiques, plus rugueuses, plus spontanées, moins calculées… »

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L a Conversation entre amis


« C’est pouvoir dire ce qui a été dit. Donc vous avez besoin de tout ça, vous avez besoin de créativité, de fantaisie, d’idées, d’esprit, d’humour, de tout. Vous avez besoin de comprendre tout ça. Au fond, je sais pas, mais on a un métier qui est très proche de celui de l’acteur. Moi, j’aime bien me comparer aux acteurs. Parce que tous les grands acteurs que j’ai vus dans ma vie, ils avaient exactement les mêmes qualités et les mêmes caractéristiques des musiciens qui sont des très bons musiciens. C’est la même chose.
— C’est-à-dire se mettre dans la peau.
— Oui, et c’est ne pas ajouter. C’est intéressant de réfléchir à ça. Moi, j’imagine toujours l’interprétation comme une conversation entre amis où chacun écoute l’autre. On s’entr’écoute et on se comprend. 
— Mais on écoute l’œuvre et l’œuvre vous écoute : chacun doit avoir sa place aussi.
— Mais c’est là où est le doute. Le doute ou le mystère. C’est où la limite pour l’interprète — ou pour l’acteur — où il peut mettre de soi-même. Ce n’est que quand le soi-même n’existe pas qu’il peut interpréter. Mais en même temps le soi-même revient à sa place au bon moment. Et, à ce moment-là, il arrive et il ne détruit plus l’auteur. Ou le désir de l’auteur ou la transmission de l’auteur. Mais, là, il y a des choses qui sont très mystérieuses parce qu’elles sont tellement fines et difficiles à atteindre d’une certaine façon. Parce que où est-ce que j’ai mis de moi-même dans cette interprétation. »

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Wednesday, November 14, 2018


« Ce goût des saintes et des prostituées, cette passion des origines, ce primitivisme » 

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