Saturday, October 17, 2009

Avec l'œuvre d'art contre la société

C'est étrange cette histoire d'immunité pour les artistes, bien sûr qu'il faut demander l'immunité pour les artistes, on peut d'autant plus la demander que la société n'est pas près de la donner, elle hait les artistes (et réciproquement).

Et ceux qui refusent l'immunité aux artistes doivent dire ce que c'est que l'art pour eux et on verra : ce n'est rien pour eux.

L'artiste ne devient le véritable artiste que quand il est fou.
Et je continue avec l'aide de Thomas Bernhard, Minetti. Il est celui qui parle là où tous se taisent. Avec l'œuvre d'art contre la société, contre la stupidité. L'acteur enlève son masque à l'écrivain et le remet et chasse le public !

Mettre à la stupidité le bonnet de l'esprit. La messe du théâtre.

La tête en avant contre la société ou contre l'opinion publique !

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Thursday, October 15, 2009

Communiqué

Un écrivain Suisse, Jacques Chessex, vient de mourir brutalement d'une crise cardiaque alors qu'on venait de l'agresser (verbalement) pour ses prises de position en faveur de Roman Polanski. L'homme, hors de lui, a crié : "Ce que vous avez déclaré fait de vous un complice de crimes ! Je ne veux même pas entendre votre réponse !", avant de se ruer en effet vers la sortie. Jacques Chessex a commencé à répondre, dans cette rencontre qui était organisée en son honneur, puis s'est écroulé mort. Pourquoi ça va mal ? Parce qu'on s'aperçoit (je m'aperçois) que l'extrême-droite n'est plus tenue en laisse et qu'elle est majoritaire, c'est à dire qu'elle concerne tout le monde ou presque tout le monde et que les lois et la justice, sous couvert d'amélioration, ont été sur-développées depuis vingt ou trente ans dans son sens et que c'est pas fini et c'est peut-être déjà trop tard.

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Tuesday, October 13, 2009

Réponse à un blog de "Slate"

Vous oubliez, dans votre argumentaire (et tous les autres avec vous, infinis sur ce sujet), une chose étrange : le temps. Vous agissez, vous et l'opinion (dans sa majorité) comme si vous possédiez la machine à remonter le temps. Dans certains cas c'est intéressant de remonter le temps, c'était important de juger Barbie, je pense, ça amenait, je suis sûr, de la pensée, mais dans le cas de Roman Polanski, je ne vois que de la bêtise. Vous répondez aux informations précises sur le contexte d'une époque envoyées par Mira Balla par le conseil de visionner le clip contre le viol de Clara Morgane, mais, le clip, il est de maintenant, non ? On peut tout rejouer avec la machine à remonter le temps, le procès de Jésus aussi bien, mais dans le cas présent, permettez-moi de vous le faire remarquer, cela se fait au détriment de deux personnes réelles (ainsi que de leurs enfants, etc.) : Roman Polanski et Samantha Bailey, toutes les deux comme condamnées, selon les mots de Samantha Bailey, à perpétuité et qui vont devoir, pour votre plaisir pour moi incroyablement pervers, rejouer les années 70...

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Le contexte en 1977 (remonter le temps)

Extrait de Wikipedia: Majorité sexuelle

En matière de relations homosexuelles, au-delà de l'amendement Mirguet (1963) qui en faisait un « fléau social », la majorité était à 21 ans. Dans le contexte de la libération des mœurs, celle-ci a été abaissée à 18 ans par « effet de ratissage » en 1974 en même temps que la pleine majorité civile.

C'est lors de ce débat sur l'abaissement de la majorité sexuelle et d'un débat parlementaire sur la réforme du code pénal à ce sujet, conduisant à la rétrogradation de certains crimes au statut de délit, qu'un certain nombre d'intellectuels français ont défendu l'abolition même des lois sur la majorité sexuelle, entre 1977 et 1979. En 1977, de nombreux philosophes et penseurs, y compris Michel Foucault, Jacques Derrida et Louis Althusser, parmi tant d’autres, ont signé une pétition adressée au Parlement demandant l’abrogation de plusieurs articles de la loi et la dépénalisation de toutes les relations consenties entre adultes et enfants de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France).

Le 4 avril 1978, une conversation approfondie détaillant les raisons de leur position pro-abolition a été diffusée par la radio France Culture dans l’émission « Dialogues ». Les participants, Michel Foucault, Jean Danet et le romancier/activiste membre du FHAR Guy Hocquenghem ont tous signé la pétition de 1977. Le débat fut originellement publié en français sous le titre La loi de la pudeur.

En outre, deux lettres ouvertes ont été publiées dans les journaux parisiens, prônant la libération de quatre prisonniers accusés d’avoir eu des rapports sexuels consentis avec des mineurs sexuels. La première a été publiée dans Le Monde du 26 janvier 1977, et a été signée par 69 personnes, y compris Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem. La seconde a été publiée dans Libération du mois de mars 1979 (reproduite plus tard dans L’Express du 7 mars 2001) et a été signée par 63 personnes.

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Le cinéaste Roman Polanski

Je lis toutes les inepties qui sont écrites contre Roman Polanski et j'en peux plus. Maintenant, c'est le ponpon ! Maintenant que l'affaire Mitterrand ne semble déboucher sur rien, retournement de veste, on dit : "C'est en fait l'affaire Polanski, il a défendu à tort le cinéaste, c'est de là que lui sont venues ses emmerdes." On entend dire : "La violence d'un ministre défendant le viol." C'est ça qui a provoqué l'ire de Marine Le Pen, vous comprenez, et de Benoît Hamon, le père de famille Benoît Hamon, et de Manuel Vals et de l'autre, là, j'oublie son nom, ah, si, il faut s'en souvenir : Arnaud Montebourg - eh bien, tout est bien qui finit bien, voyez, puisque réconcilions-nous-les-Français (et même avec les Américains, tiens, tant qu'on y est) : on a enfin eu Polanski ! On l'a bien traqué et p'is on l'a eu ! Il se cachait depuis trente-deux ans, il fuyait, le salopard... Des amis influents s'en doute, des protecteurs... Et cela grâce aux Suisses, les Suisses courageux, les gentils petits Suisses blancs, on va enfin le juger - parce que, bien sûr, il faut bien l'dire, on avait ça sur la conscience, oh, oui ! on se sentira mieux après, comment dire ? plus "sain", on se sent déjà mieux, voyez - douce France - voyez les progrès que l'on a fait : maintenant on poursuit les violeurs, les pédophiles, c'est bien simple, toutes les formes de "domination" car le viol vient toujours de la domination, n'est-ce pas ? Et tout ça grâce au féminisme qui découle de 68, on le sait, voyez, la libération des femmes-et-des-enfants, d'ailleurs c'est Daniel Cohn-Bendit lui-même - plusieurs fois lui-même déjà repenti - qui, le premier, s'est désolidarisé de Roman Polanski, c'est un signe, ça, c'est fort, c'est signe que les temps ont changé - optimisme - en mieux, oui, il s'est étonné de la manière qu'avait Frédéric Mitterrand de défendre Roman Polanski sans connaître le dossier (vous m'avez compris). Mais Frédéric Mitterrand, on n'en parle plus, vous comprenez, c'était une erreur, il l'a dit lui-même, il a fait une erreur, c'est comme une erreur judiciaire, si vous voulez, une fausse piste, rien de concret, du pipeau, ça ne pouvait que chiffonner les meilleures familles (pour rien), mais là, alors là, ne nous trompons pas - aucun risque d'ailleurs, c'est tellement évident - c'est du brut, de l'or en barre, c'est du vrai, du viol, c'est pas comme du Frédéric Mitterrand, le faux Mitterrand, petit joueur, va, pas le vrai, même pas le vrai, attention encore, protégé par Nicolas Sarkozy, alors, là, de toute façon, le consensus peut revenir comme à deux-cents-cinquante à l'heure sur l'autoroute de l'ivresse - et, en effet, on ne mélange pas le PS et le FN tout de même, quel amalgame, c'est sordide ! Marine Le Pen, quelle conne, celle-là, mais Benoît Hamon, tout de même non ! C'était sordide. Tout s'apaise déjà, vous allez voir, tout va s'apaiser, c'est bien la preuve qu'on a tous eu raison - et quand ces cinéastes - les amis du couple, probablement ! - se seront calmés eux-aussi - d'ailleurs on les entend moins, déjà, vous avez remarqué ? - emportés qu'ils sont aussi toujours par leur satané goût des paillettes ! du bling-bling ! du Fouquet's... plutôt que de la prison... vous verrez comme ce sera chouette à voir de voir enfin Roman Polanski devant la-justice (américaine) saine et sauve, ça va être, comment dire ? chouette à voir puisqu'il va prendre cinquante ans tout rond à soixante-seize ans (il en a déjà fait trente-deux, remarquez). Mais, avant ça, y aura encore mieux, vous allez voir : la victime qui voulait qu'on la lâche, elle viendra s'expliquer encore : "Etait-ce un viol ? Aviez-vous déjà pris cette drogue ? Que vouliez-vous faire dans la vie ? Votre maman vous avait-elle envoyée à Roman Polanski dans la villa de Jack Nicholson, oui ou non ? Ou peut-être y étiez-vous aller de vous-même en cachette ?" Peu importe que cette jeune fille en-dessous-de-quatorze-ans soit maintenant la mère de trois enfants, que Roman Polanski le soit de deux (onze et seize ans), ce que le monde veut, c'est avoir la conscience tranquille, le monde, il veut ça et continuer d'y croire - au progrès de la justice et de l'égalité pour tous ! On a bien rattrapé Barbie, alors... Le passé n'est pas le passé. Un jour il faut payer. Tu ne perds rien pour attendre. Et que ça servent de leçon à tous les salauds ! Parce que c'est pour les autres, les autres victimes, hein ? les autres salauds, c'est un exemple, c'est pour faire exemple. C'est désarmant de bêtise, de consensus, je voudrais le dire ici comme ça : c'est honteux tout ce qu'on lit - comme toujours la bien-pensance, surtout quand elle se donne l'air intelligent (on est des intellos, mais on écoute le peuple - et le peuple est d'extrême-droite, que peut-on y faire ?) et cela se retournera encore... parce que ça va éclater - c'est tellement faux - ce sera peut-être une guerre, c'est triste, mais c'est peut-être nécessaire, les guerres, faut expurger, d'ailleurs tous ceux qui s'expriment les ont bien défendues, les guerres, en leur temps, curieusement les mêmes gens, exactement, déjà là, en pleine forme, quand c'était le temps des guerres, ils les ont mises du côté de la loi, c'est tout simple, les guerres, du côté de la loi et de la nécessité... Personnellement je ne savais pas qu'il était si détesté, jusque là, le cinéaste Roman Polanski...

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Monday, October 12, 2009

Danton et Robespierre

Les hommes politique, reprenant l'anonymat malades des voix d'Internet qui, quand elles s'en décollent, vont parfois aussi voter, reprochent maintenant aux artistes de défendre l'un des leurs, Roman Polanski. Mais défendre toujours les lois qu'ils votent eux-mêmes, ce serait pas du "corporatisme", ça non plus ? Moi, je dis, moi, personnellement, que les lois que votent les hommes politiques sont très mauvaises et qu'il ne votent pas les lois qui seraient les bonnes. Après ça, il est normal que, par exemple, les médecins défendent les médecins et que les artistes défendent les artistes simplement pour cette raison, parce que les lois sont très mauvaises et pour les artistes (de telle ou telle sorte) et pour les médecins et sans doute aussi pour les boulangers, les décrets sont atroces, les arrêtés sont pires et les circulaires sont nulles ! Toute cette ignominie, cette fainéantise, ce délire officiel d'ailleurs parfaitement volatile et changeant comme l'air, un jour on est roi, un jour on a la tête coupée, toujours au nom de l'Etat, du bien commun et de la justice bien entendu "la même pour tous", au nom de "l'égalité", la "fraternité" (puisque celui qui a la tête coupée et celui qui regarde la tête tomber sont évidemment les mêmes, n'est-ce pas ? puisque Jean Moulin qui se fait torturer et celui qui torture sont évidemment, comme nous savons, les mêmes) ne correspond pas à la réalité, mais au fantasme pur, au délire, destructeur. Que les lois sont censées être les mêmes pour tous, c'est même déjà en soi une aberration suffocante. Les lois créent et sur-créent de la souffrance. La délinquance ne diminue pas (mais augmente), les prisons sont de plus en plus remplies, débordent. La peine de mort a maintenant été remplacé par le suicide en prison : un tous les trois jours. Ça aurait pourtant été bien décrit par la littérature, n'est-ce pas ? Si la littérature était lue. C'est même, paraît-il, qu'à ça qu'ça sert, la littérature, la peinture aussi, la musique, à décrire ça : l'ignominie des lois. Eh bien, non, on fait comme si ça n'était jamais dit, ni lu, ni entendu. J'ai joué Vénus et Adonis, à propos, récemment. La déesse de l'amour aime un gosse super mignon. Elle souffre. Ok, le gosse est la victime puisqu'elle le viole et puisqu'aussi, à la fin, lui, il meurt, un sanglier, un salaud, pas elle puisqu'elle est immortelle évidemment... On fait comme si ça ne se savait pas. Comme si les auteurs, les artistes, n'avaient jamais existé pour le dire. Et puis de toute façon, pourquoi s'énerver ? Comme on sait, un auteur est vite mort - on est plus calme avec les morts. La vraie loi humaine, la seule, voulez-vous la lire ? c'est celle qui dit : Il est interdit de souffrir. Tout le reste est permis. Ça, c'est depuis toujours. En mai 68, il y a eu une jolie version rénovée : Cesser de faire le gendarme pour soi et les autres.

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L'extrême-droite

Parce que c'est un artiste on le poursuit, on dépense de l'argent pendant trente-deux ans pour qu'un juge puis l'autre puissent le présenter sur leur tableau de chasse (à la foule de leurs électeurs). Parce qu'il a fui cette folie (la "justice"), on le condamne à perpétuité, on condamne aussi sa victime à perpétuité, selon ses propres mots. Par ailleurs si on voulait purger l'art de tous les "salauds", il ne resterait peut-être qu'Emily Dickinson, peut-être, mais ni Flaubert ni Proust ni Kafka ni Genet ni Malraux ni Picasso ni Maupassant, ni Pouchkine ni Chaplin ni Tolstoï ni Caravage ni Molière... enfin, cette liste m'ennuie car elle est exhaustive, le fait est que si on avait mis ces gens en prison ou sur le bûcher ou à la pile électrique, il n'y aurait tout simplement PAS d'art, voilà pourquoi il faut défendre les artistes si on s'intéresse à l'art plus qu'à l'artisanat par exemple ou à la vente des olives... La société que je hais apparaît en ce moment en se dévoilant, jouant la fragilité, c'est pour ça que je suis motivé. Pour moi, l'ordre moral, le politiquement correct, le mot "pédophilie" obsédant toutes les têtes, le nihilisme, c'est à dire le grossissement de tout dans le mal n'a qu'un nom et qu'une odeur : toujours et encore, que ce soit de gauche ou de droite : l'extrême-droite. L'extrême-droite, je le rappelle, majoritaire en France. Au moment de l'abolition de la peine de mort en 1981, 63% des Français s'y sont opposés. Le peuple dégueulasse - le même peuple, toujours ! Personnellement, ça m'intéresse plus que Roman Polanski finisse son film plutôt qu'un juge inconnu soit réélu à Los Angeles par les Américains religieux ! La société de plus en plus schizophrène, émerveillée par la beauté des hommes et des femmes jeunes, comme il va de soi, et se trouvant des boucs émissaires (les artistes, tout trouvés) pour expurger sa honte d'y succomber... même rétrospectivement !

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