Thursday, January 23, 2014

Très, très beau travail (inachevé comme tout vrai travail) de César Vayssié, réalisé à partir d’Un petit peu de Zelda, dernier opus présenté à la Ménagerie de Verre, à Paris, en novembre dernier (durée 13mn21s).

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Monday, December 09, 2013

L 'Amant




Photos Marc Domage. Perle Palombe et Stephen Thompson dans Un petit peu de Zelda

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Thursday, December 05, 2013

R écit de la « Rrom »

(par Diane Regneault)



Yves-Noël me propose de venir dans la rue de la Ménagerie de verre, avant le début du spectacle Un petit peu de Zelda avec le personnage de la Rrom trouvée au cours d’une improvisation une semaine plus tôt ; du public, elle essaiera d’obtenir de l’argent, un repas ou du tabac. A ceux qui le voudront bien, elle lira dans les lignes de la main.

J’ai toujours eu envie de jouer dans une autre langue que la mienne. Particulièrement cette langue-ci, apprise dans une ville de banlieue, dans des hangars désaffectés, sur des terrains au bord de l’autoroute, loin des centres où on ne la tolère pas. 
J’ai toujours rêvé secrètement une transformation telle qu’on ne me reconnaisse pas.
Je pensais à Maria, à Ankutsa, à Raïssa, à Eleonora, à Nutsa surtout. Je me plaisais à penser que l’idée leur aurait plu ; à vrai dire je n’en étais pas sûre. Mais j’acceptai.
Immédiatement. Comme on accepte la chance, ou le jeu.
Je parlerai roumain, et la rue m’aidera à me dissimuler.

Dimanche soir, veille de la générale, je m’impose une règle : que chaque soir, au moins une personne, me confonde avec celle que je représente, que chaque soir, pour quelques secondes, je sois une Rrom.
Mon teint clair et mes yeux bleus, dans le miroir, me convainquent assez facilement que je ne relèverai malheureusement pas le défi ; et le visage blanc du gitan albinos que j’ai rencontré en Roumanie à Hunedoara dans le quartier des palais rroms ne suffit pas vraiment à me persuader du contraire.

Lundi 19h40, les yeux noirs et le teint assombri, un foulard rouge fleuri dans les cheveux, larges anneaux bleus aux oreilles, pulls empilés sur un ventre suffisamment rembourré pour qu’il ait l’air d’abriter un enfant en germe depuis cinq ou six mois, pantalon Adidas et vieilles baskets noires, je fais de la place à une autre femme. 
Elle s’appelle Nutsa, elle a mon âge, ma taille et un peu plus que mon poids.

Les premiers pas hors des coulisses sont plutôt mal assurés ; dans le hall, je m’attends à ce qu’on rit à mon accoutrement comme à une bonne plaisanterie, mais les danseurs qui sont là ont plutôt l’air de m’éviter. Serait-il possible que…
Je m’approche de l’un d’eux, j’ouvre la bouche. Je me demande comment va sortir ma voix. En face, le refus catégorique. J’insiste. Inutilement. Je continue.
Une personne, puis deux et trois, je demande de l’argent, de la nourriture, des cigarettes. Ceux qui me les refusent n’ont pas l’air de me les refuser comme on décline une invitation au jeu ; non, pas du tout, la gêne, l’agacement surtout sont bien trop flagrants.
Serait-il possible que ça marche ?
Nutsa prend de l’assurance, et un peu d’arrogance.

Ça marche. 
Toute l’heure qui précède le spectacle, il n’y a pas de doute possible, on me prend bel et bien pour une autre. Ce n’est pas comme lorsque je suis sur scène où les spectateurs acceptent la convention de me prendre pour une autre ; non, ce soir je n’existe pas sous le masque de Nutsa, il n’y a qu’elle, femme sans nom. C’est une Rrom. Point.
Une gitane. Une manouche. Une tsigane. Et il faut s’en méfier.
Je n’en reviens pas. 
Durant quelques temps, je me laisse aller, il faut bien l’avouer à la fierté imbécile de n’avoir pas été déjouée, par personne, ou presque ; même les gens du théâtre qui n’ont sans doute pas été prévenus de l’arrivée d’une nouvelle actrice ne devinent pas l’imposture.
Un régisseur, L. fumait une cigarette dehors, il n’a rien à me donner, toutes ses affaires sont à l’intérieur ; Nutsa lui fait comprendre très facilement de rentrer, et de revenir avec quelque chose. Puis elle va vers les nouveaux arrivants. 

J’oublie L. Cinq minutes passent. De l’argent, à manger, une cigarette. Je sens une pression sur mon bras, et avant que j’ai le temps de comprendre, on me glisse une pièce dans la main : le régisseur ; Nutsa voudrait le remercier mais il s’est déjà retourné, il rentre dans le théâtre. Donateur discret, anonyme.
(Un peu plus tard pourtant, parce que Nutsa a osé pénétrer jusque dans le théâtre pour importuner les spectateurs à la sortie de la salle, il tentera de la mettre à la porte. 
La directrice des lieux n’est pas loin. Et parenthèse dans la parenthèse, le contact physique, même agressif ne fait pas peur à cette femme, à plusieurs reprises, elle me pousse loin d’elle pour bien me faire comprendre son mécontentement.).
Je ne dis rien, je n’avoue pas, je laisse Nutsa faire. 

Mais la plus idiote dans tout ça, c’est bien moi. 
Je suis bêtement flattée, régalée de complaisance stupide : Je viens de réaliser une performance d’actrice. De bonne actrice. 
Malheureusement, je me mets à réfléchir à ce qui vient de se passer, à cet inattendu trop facile. J’essaie de me souvenir des visages que j’ai croisés.
Je constate que je m’en souviens plutôt bien ; et pourtant, ils me paraissent lointains, flous, comme s’il leur manquait quelque chose. Mais quoi ? 
L’ovale ou le carré, la forme de la tête, la couleur et la coupe des cheveux, l’âge, le sexe de la personne, tout est là ; tout, sauf le contenu des yeux.
J’ai croisé des dizaines d’hommes et de femmes et pratiquement pas un seul regard.

Dès qu’on apercevait Nutsa, on se détournait de son chemin pour ne pas la rencontrer, et si malgré tout elle venait vers vous, ou si on l’apercevait trop tard pour l’éviter, il restait toujours la possibilité de dévier le regard.
Nutsa, c’était un foulard et un ventre trop rond, et l’un et l’autre paraissaient aux yeux des autres comme un accoutrement immédiatement identifiable. 
Nutsa, c’était un costume, sans une femme dedans ; un simple vêtement rempli par un archétype, pire encore par une sorte de clone de toutes ces filles que l’on voit traîner aux alentours des gares, et pour lesquelles on a toujours une pensée mauvaise ; vagabondes qui restent là, des jours et des semaines entières sur le même parvis, tandis qu’on monte dans un train pour ailleurs. Nous les voyageurs domiciliés, elles, les nomades sédentaires.

Nutsa n’avait pas réellement faim, ni vraiment besoin d’argent, et d’ailleurs certainement aucun enfant dans le ventre, on sait bien tout ça : la famille des menteurs, des voleurs, des profiteurs ; on est parfaitement informé. Dieu merci.

Je compris alors que pour tous ces passants pressés de vivre leur odyssée, Nutsa était une comédienne.
Une comédienne et peut-être une sorcière. Et il valait mieux éviter de trop la regarder cette méduse contemporaine, au cas où elle vous jetterait un sort après que vous ayez refusé de vous prêter à son petit numéro. 
C’était l’automne, il était vingt heures, le soleil était couché, j’avais le noir pour allié, la superstition et tous les préjugés.
Qui soupçonnerait une comédienne de se cacher derrière une dissimulatrice ?

Puisque je n’étais pas découverte, il m’était très facile d’observer ceux que j’abordais.
Au départ, je distinguai ceux qui s’arrêtaient de ceux qui continuaient leur chemin, ceux qui me donnaient quelque chose de ceux qui ne me donnaient rien (à ce propos, je souligne qu’il est beaucoup plus facile d’obtenir une cigarette, même lorsqu’on est enceinte, plutôt que de la monnaie.), ceux qui me tutoyaient de ceux qui me vouvoyaient, ceux qui me regardaient (et comme je l’ai déjà dit, ils étaient si peu nombreux que je me souviens précisément d’eux) de ceux qui fuyaient mon contact.

Le deuxième soir, j’ai commencé à comprendre que cette distinction était trop grossière.
Tous ceux qui pratiquaient l’esquive ne se ressemblaient pas. Il y avait deux types de personnes : celles qui cherchaient à éviter autre chose que moi quand elles se détournaient ; oui, il était manifeste que ce qu’elles essayaient de nier c’était le malaise provoqué par ma présence ; celles-là, je les connaissais bien, j’en avais été aussi.
Et puis, il y avait les autres, et celles-là, je me suis rendue compte que je ne soupçonnais pas leur existence, pas de cette façon. Pourtant, elles existaient, je venais d’en faire l’expérience.
Je ne sais pas bien encore comment les décrire. Parce qu’elles se défendront si je ne trouve pas les mots implacables, parce que d’autres peut-être les soutiendront ; parce qu’elles ne se reconnaîtront pas, tout simplement.
Dans la façon qu’elles avaient de baisser la tête, en accélérant le pas, il y avait de l’arrogance. Et cette arrogance disait : « Moi, je n’ai rien à craindre de la misère, parce que j’appartiens à cette catégorie des êtres humains que l’on appelle les « imperdables » ; et nous, contrairement à toi et tes semblables, nous avons su sortir victorieux des épreuves de la vie, alors oui, certes, je pourrais t’aider, j’en ai les moyens, mais en t’aidant, je sais que je commets un geste inutile, car tu ne fais pas partie et tu ne feras jamais partie de ceux qui sont capables de s’en sortir. Et de dominer. Tu es un faible, je suis un fort. Les générations me l’ont appris. »

Ce discours n’avait rien à voir avec les propos racistes habituels. D’ailleurs ceux qui le tenaient, ou plutôt qui l’affichaient sur leurs visages qu’ils ne savaient pas être analysés, ceux-là se seraient défendu becs et ongles de tout racisme. Blanc, jaune, noir et rouge, c’était la même chose, cette affirmation, c’était leur fierté d’hommes modernes et libres. Et effectivement, ce n’était pas la couleur qui les aidait à distinguer les hommes entre eux, mais l’aptitude à la réussite. Le talent de la richesse. La distinction de l’argent :
En avoir ou pas, ce n’était pas le problème,  — évidemment, il était nettement préférable d’en avoir, de posséder —, mais le plus important c’était de sentir la volonté des grandeurs dans l’attitude de l’autre, la pile d’or brillant au fond de son regard, l’envie du propriétaire et la puissance du consommateur.
Pour être admis comme un homme digne de ce nom, il fallait le mériter. Et le mériter, ça voulait dire travailler, comme ils avaient travaillé eux, les « imperdables », comme avaient travaillé leurs ancêtres à gagner ce mérite.

Je découvris ce soir-là comment certains scindaient en deux l’humanité, heureusement ils n’étaient pas les plus nombreux. (La question que je me pose naïvement c’est : Qu’est-ce qu’ils venaient faire au théâtre ?)
Moi qui déteste tant les généralités, je me suis mise à faire comme eux, en répartissant en deux catégories ceux qui déconsidéraient Nutsa.
Mais pouvais-je faire autrement ?

Ce qui s’est passé le lendemain dans mon appartement n’est certainement pas avouable. 
J’ai passé la matinée à apprendre des injures en roumain, il fallait bien que je donne à Nutsa un bouclier, le chevalier à l’intérieur avait le sien lui aussi.
Insulter en français, ça ne l’aurait pas intéressée, mais dire tout bas, comme une malédiction secrète : « truie du diable », ou « que Dieu casse sa bite en toi », ça lui plaisait, et même ça l’amusait, certes les mots choisis étaient violents, mais finalement, ça restait une vengeance enfantine la façon qu’elle avait de les prononcer ; peut-être même que dans le fond, ils lui servaient plus à se donner du courage qu’à mépriser l’autre.
Du mépris, bien sûr qu’elle en avait, il répondait à celui qu’elle recevait, et à l’arrogance de certains rejets, elle répondait avec plus d’arrogance encore. 
Il y a une jubilation à s’inventer magicienne pour qui vous regarde comme une dangereuse ; à se consolider par la peur de l’autre.
Pouvoir dire « scroafa dracului » à quelqu’un qui vous a humilié et que cette personne soit incapable de vous répondre quoique ce soit, parce que si elle a bien compris qu’elle était insultée, elle est incapable de traduire précisément ce qui vient de lui être dit, c’est également une façon de rendre l’humiliation.

Je croyais être capable de contourner la loi du talion. Je me suis trompée. Et ce n’est pas seulement le gouffre de la langue qui m’a poussée à ce retranchement primaire, c’est l’écart des pensées que ne comblera jamais aucun mot. 

Il y a différentes façons de percevoir le monde que rien ne rapprochera. Et il importe de ne pas fermer les yeux sur cette distinction, si nous voulons la combattre. 
Considérer un être humain d’après des critères de mérite ou le regarder comme son semblable, ça n’est pas la même chose, ça ne doit pas l’être, en aucun cas.

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Monday, December 02, 2013

¿ Has visto la última película de Almodovar ?


Photo Marc Domage. Bobo (il a voulu que j'enlève son nom, ce con, 9 septembre 22) dans Un petit peu de Zelda

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Sunday, December 01, 2013

L a Llorona


Photo Marc Domage. Perle Palombe dans Un petit peu de Zelda

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E strecha amistad


Photo Marc Domage. Jeanne Monteilhet, Boris Grzeszczak et Bertrand Dazin dans Un petit peu de Zelda

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Saturday, November 30, 2013

L 'Eclipse





Photos Marc Domage. Bertrand Dazin et Boris Grzeszczak dans Un petit peu de Zelda

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Wednesday, November 27, 2013

« L es Inrocks » sur papier


Reprise sur papier de l'article de Fabienne Arvers publié initialement sur le site, c'est-à-dire ici

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Tuesday, November 26, 2013

Stephen Thompson dans Un petit peu de Zelda

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Saturday, November 23, 2013

M euh non, je ne vous surestime pas...


Yves-Noël Genod
Les Inaccoutumés. Ajout au projet
12 nov.-14 nov. 2013
Paris 11e. Ménagerie de verre

Spectacle monté au pied levé, Un petit peu de Zelda se nourrit de l'air du temps comme du matériel que le spectateur voudra y apporter en une succession de déambulations où s'exposent des supports à rêveries. Cela peut donner le meilleur comme le pire, selon l'état d'âme ou de corps dans lequel on se trouve avant la représentation.


Comme l'explique Yves-Noël Genod en prélude, le spectacle a lieu avant et après la représentation et « c'est le spectacle de votre vie ». Plongée dans une telle caisse de résonance, la représentation — qui n'est sans doute jamais la même chaque soir — se teintera de votre propre histoire, car d'histoire il n'y en a pas. Demeurent le plateau atypique de la Ménagerie de verre, son plafond bas, son béton immaculé, son festival dédié aux « Inaccoutumés », 7 interprètes pour le salut final, 24 projecteurs posés au sol comme des piliers, ou des arbres, ou des pierres tombales… et l'on divaguera ensuite autant que l'on veut à partir de cette scénographie sans artifice, qui sublime le travail d'éclairage conçu comme une autre présence.

Différentes formes de présences justement composent la proposition. Les interprètes qui chantent, dansent, déclament ou simplement existent sur scène avec une beauté renversante, mais aussi les exclus qui vous accueillent avant et après la représentation et qui ne viendront pas saluer sur scène. Ainsi dans la rue une femme faussement mendiante, faussement Rom et faussement enceinte, alpague les arrivants et quémande de quoi manger puis une cigarette… en montrant l'oreiller qui désigne à la fois le factice et l'horreur de la situation jouée. Le mensonge est gros, et l'on se surprend à observer sa propre esquive, le numéro que l'on ressert régulièrement, avec ou sans conviction, quand on n'a décidément pas envie de lâcher le contenu de son portefeuille. Alors après, agacé et conscient que le spectacle a déjà débuté, est-on toujours disposé à l'accueillir dans la grâce ?

Dans le hall, deux hommes cette fois, comme des extrêmes, perturbent l'attente et l'arrivée du public. Noir et nu, grelottant sous son presque linceul blanc dans un complet dénuement, le premier erre sans rien demander du tout, mais cherche le regard, gênant. En armure rutilante, l'autre, le chevalier bien blanc et bruyant s'adresse, sous son heaume, au spectateur, lui barre l'entrée de la salle avant de lui attribuer un numéro sans aucune utilité. On les retrouve plus tard, à la sortie, mais l'armure s'est muée en trompette et peu importe qui se trouvait en dessous.

Il y aurait une tension entre le faux, le vrai, ce qui se joue ou pas.
Deux enfants, à trois reprises, se chamaillent sur la véracité de leur jeu, sur ce qui est vivant ou non, et provoquent une respiration bienheureuse dans la frise des corps adultes. Plus tard, un bambin semble extirper sa mère de ses poses et postures en imposant des premiers pas assurés. Il adresse un signe de la main au public qui sort alors de cette causerie / rêverie où nous ont plongé dans le noir les vers de Baudelaire, où se mêlent des simulacres de Nico, Pessoa, Forsythe, Frida Kalho… Ce ne sont jamais tout à fait eux, et le ton amer et parfois triste de cette collection d'automne nous les rend d'autant plus précieux. Le regard scrute ces bribes d'histoires, se réfléchit sur la surface des figures et silhouettes que le vide pare d'une grande puissance évocatrice.

Amusant de se dire qu'Yves-Noël Genod se substitue à Jérôme Bel pour l'ouverture du festival, lui qui dans certaines pièces obligeait le spectateur à interroger le dispositif spectatoriel quitte à le bousculer. Yves-Noël Genod semble répondre à cette problématique par une confiance absolu en notre capacité de créer le spectacle avec lui. Et s'il nous avait surestimés ?

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Thursday, November 21, 2013

P oème à lire aux acteurs avant d’entrer en scène un soir de dernière


Le spectacle de votre vie
C’est l’exception
Il ne peut y avoir qu’un seul spectacle qui soit le spectacle de votre vie
On se le doit chacun à soi-même
Et les autres sont des soi-mêmes
On se le doit mutuellement chacun
On le fait ensemble
S’il n’y avait pas d’autres, on ne pourrait pas
On le doit à l’autre
Hier, la Journée de la Gentillesse, de l’Altruisme
Soirée dédiée à cette bonté, à cette force que donne l’altruisme, la bonté, la gentillesse, etc., la considération de l’autre
C’est pour ça que c’est le spectacle du spectacle

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P oème à lire aux acteurs avant d’entrer en scène un soir de première


Voici la vie comme quand vous étiez enfants
Le spectacle de votre vie, pas moins
Si vous pouvez faire de ce spectacle celui de la vie, vous pourrez faire n’importe quel spectacle, n’importe quand, à n’importe quel moment
C’est absolument le spectacle absolu
Il est présidé par Chéreau là-haut*
En hommage à Chéreau



*Kate veut qu’on ajoute Lou Reed et puis finalement aussi Koltès… (ce que j’accepte)

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Monday, November 18, 2013

Z elda


Photo Philippe Gladieux

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Saturday, November 16, 2013

Photo César Vayssié. Jeanne Monteilhet et Kate Moran dans Un petit peu de Zelda

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A mour et rêve



Photos César Vayssié, Perle Palombe, Boris Grzeszczak dans Un petit peu de Zelda

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T a haute couture de lambeaux vifs


Mary Smith
pensé :

c'était beau les grandes gigues qui fument St Laurent / Newton ds les costards noirs qui flottent les seins nus et les vanillées de St Gilles avec les culs parfaits et la ligne des mollets et des cuisses dessinée, les voix comme des larsen qui fade out et qui m'ont raidi, la danse du monsieur aux yeux bridés qui se réajuste à sa propre vue, drôles ses oui-non disparitions.
les enfants un peu over excited alors, mais les enfants c'est chou comme on dit en Suisse, et ça marchait (où et quand on voulait) avec une spectatrice à ma gauche qui roucoulait d'attendrissement à chacun de leurs sautillements.
le footballer de Zurich azimuté à poils avec sa veste Gitane m'a fait beaucoup rire, et la fausse gitane du devant du théâtre de la rue s'est fait insultée par un gros Black dans un 4X4 mauvais goût immatriculé NY 92 qui lui a dit — attendu / entendu — de rentrer dans son pays, et qu'il « baisait sa mère ».
(ça faisait partie du spektak ?)
j'ai aimé le lézard qui retraçait le blueprint de l'espace en suçant le mur, et j'ai eu qu'à moitié confiance ds le mec allemand au ptit gilet et aux lunettes d'entre deux guerres qui marchait tout recta.
les « paroles » étaient rares, mais celles proclamées avec ta diction parfaite quelque part devant moi ds l'obscurité totale me sont allées droit au cœur (où était mon cœur ? il y avait pourtant la main de Romain sur mon ventre bien habité qui cognait sur la porte de la colloc, juste au sud-est de mon cœur) (et ma main gauche qui se cramponnait au mur pour ne pas me laisser me vautrer).
à la fin, il y avait tous les prétendants face à moi, j'aime ça, c'est bon et honnête comme du Pina, et toujours les spots dans la cave de béton disposés comme les thons gelés à la criée de Tokyo, une vraie installation d'art content popo.
Mon cher Yves-Noël, je regrette bien sûr de te dire que ce n'était pas le « spectacle de ma vie » (la vie est longue, même les nôtres), mais je te dis que c'était magnifique, ta haute couture de lambeaux vifs.

si je faisais un film ou si je voulais repenser aux cours d'eau de ma vie, ma mémoire — je pense — je ne me souviens pas encore — aurait peut-être bien le flux et la chorégraphie de ce que j'ai vu jeudi.

avec tendresse et admiration, BRAVO !


M.

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