Saturday, September 12, 2026

A nus Dei





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U n quart d’heure à travers le parc

 
La fatigue nous offre le sacré
J’écoute au fond du fond liquide et libre
bouger ou contempler  

Le désir de croire, en somme 

J’avais rêver que j’étais piquée par un moustique  à l’intérieur de ma main. Je me retenais de me gratter, mais, au matin, je n’avais rien et je n’y pensais plus…

Il y a le monde qui nous tient dans la main, on le regarde avec les infos

J’avais disparu tellement j’étais là

Mais, ce soir, le moustique apparaissait. Beau moustique. Et se posait sur ma main
J’étais obligée de le tuer ou de lui dire au-revoir

Il y avait moustique et mite qui tournaient autour de mon livre, mais c’était de la vie. La même
J’étais au bord d’écrire, je veux dire, de faire de la beauté, mais la question se posait vite : à qui...

Asimov avait prédit ce qui nous arrivait
Et qui n’était encore que des mots

L’idéal : lire un livre si passionnant qu’on n’a plus envie de l’écrire, je veux dire de le réécrire ou d’en écrire un autre, un livre qui est à lui-même sa propre transparence
 
C’était vendredi, j’avais envie de baiser
Mais, bon,
c’était plus de mon âge, non plus… Enfin, je pouvais y renoncer ; mon côté province…
Mais à Paris il y avait des fêtes
Peut-être même des partouzes
Dans les beaux quartiers
Je fréquentais toujours les mêmes (de quartiers)
Comment s’étonner, alors, de n’y comprendre rien. La ville était longue et secrète
Et personne ne baisait vraiment. Il fallait payer
 
 
 
D e la folie de continuer
 
Parfois, je me disais que l’humanité était au bord de se ressaisir. C’est vrai, si c’était vrai que l’humanité risquait de disparaître dans moins de dix ans (et que, si ce n’était le cas, ce serait dans moins de trente ans), comment se faisait-il que l’humanité ne se dise pas : « Bon, sérieux, là, on arrête de déconner ! » ? C’était pas du tout de ça qu’on avait l’impression, mais, parfois, j’y croyais, à ce sursaut. Genre  : on arrête tout, et même de faire des enfants, même si c’est triste, on diminue, quoi, pour faire de la place aux autres espèces du paradis et on y vit pénard sans vouloir décrocher la Lune et Mars et tutti quanti avec juste la guerre qui serait interdite, mais, ça, bien sûr, là, on voyait bien que c’était une rêverie.  

Par exemple, je n’avais pas trop d’hystérie sur la bouffe. J’avais du ventre, mais je mangeais moins, je trouve. C’était comme ça ; le ventre, à partir d’un certain âge, prend de l’importance
Le joueur de foot a avalé le ballon  

Pour moi, l’amitié, c’est du beau fixe, ça n’existe pas autrement. L’amour aussi est bien agréable, mais c’est conflit sur conflit (je suis bien obligée de l’accepter si je veux baiser). Mais l’amitié est si loin du conflit, c’est sa seule raison valable. Ça m'est arrivée de quitter une femme pour me mettre en couple avec un garçon, ce qui m'a frappée, c’est le silence, le calme. Plus de criailleries, de reproches incessants (même un reproche et c’est incessant !) C’est ça, l’amitié. C’est bien agréable, même si l’amour manque, l’amer amour…

Les réseaux sociaux tuent la lecture et la connaissance (tout le monde le sait depuis vingt ans ou plus)

Personne ne lit ce que j’écris, bien sûr

C’est du dialogue à la sourde 

Je suis amoureuse d’un garçon ignare
Y a plus que ça, alors !
Qu’il est rare, le garçon de talent !   

J’étais contente des moustiques, des mouches qui me tournaient autour. Je n’avais presque pas vu de moustiques cet été, il faisait bien trop chaud ! Peut-être un peu chez Olivier Cadiot en juin, mais c’était des punaises de lit. On m’avait dit que ça n’en était pas, finalement, des punaises de lit (et il est vrai que je ne les ai pas ramenées à Paris). J’avais appris que les araignées ne piquaient jamais, oubliez ça ! Peut-être des puces ordinaires ? « Il est vrai » qu’on dormait déjà sans draps, en juin, il faisait déjà si chaud, comme un été accompli, asséché et certains moustiques ne font pas de bruit (mes préférés). Invisibles ça sonne comme « invincible », mais ce n’est pas le cas. Plus d’oiseaux, plus beaucoup, même à l’aube, les arbres du parc restaient silencieux.

Nous retrancher de la ville,
c’est si important, n’est-ce pas ?  
Retrouver le jardin coincé parmi les murs
Comme une gorge, oui, comme une gorge
d’où s’échappent vers le haut les roses usées

Un quart d’heure à travers le parc (titre)  

Il faut qu’un livre résume tous les autres... (incipit)

J’ai lu un livre cet été dont je n’ai pu parler à personne, personne ne connaissait, ça m’a découragée.

Je me souviens du nom, qqch comme PG Wood, c’est navrant… Ah, non (grâce à l’IA) PG Wodehouse

J’admirais que mon corps soit encore vivant…

Les chiens-saucisses…

Moustique tout détaillé devant moi, tout entier  

Maintenant j’étais en ville

Monique toute détaillée devant moi

Et finalement je l’avais lu moi-même, ce livre que je conseillais à Neo. Mais je l’avais lu — relu donc, ce livre que je ne faisais que relire — en pensant que Neo l’avait écrit ou, s’il ne l’avait pas fait, qu’il aurait pu l’écrire ; je l’imaginais en narrateur, j’imaginais que c’était lui qui me parlait, c’était Neo certes ; je comprenais ce qu’il ressentait et pourquoi il l’exprimait comme ça…
Mais il n’y avait aucune chance que je revois un jour Neo. Je veux dire : je savais tout de Neo et Neo était maintenant parti ailleurs. On s’était frôlés et puis voilà parti ailleurs comme deux planètes qui ont croisé une fois leur trajectoires — et que ça reviendra peut-être dans des milliards d’années. Enfin, on ne sera plus là… Peut-être encore les fourmis… Peut-être que les robots laisseront les fourmis tranquilles ; il ne faut pas sous-estimé les temps futurs…   

Un cratère sur la planète Mars, une école primaire à Brooklyn…

Le feu soleil   

Il y avait encore l’air, il y avait encore l’amour, même si on restait dans sa chambre, on ne restait pas complètement dans sa chambre — et puis tout avait été décrit dans les années 50
On sortait dans la rue avec nos shorts mouillés
Comme à Saint-Tropez, comme à Trou   

Dans mon appartement futur  
 
Un groupe de flamants roses, on appelle ça une « flamboyance »
Un groupe de babouins : une « assemblée »
Un groupe de hiboux : un « parlement »
Un groupe de sangliers, on appelle ça une « harde » et c’est la même chose pour les cerfs et attention à ne pas confondre avec un groupe de bisons qu’on appelle une « horde »
Un groupe de phoques, on appelle ça une « échouerie » et c’est la même chose pour les otaries
Un groupe de poissons, on appelle ça un « banc »
Un groupe de lions, une « fierté »
Un groupe de papillons : une « nuée »
Un groupe de vipères, on appelle ça un « nœud »
Un groupe de perdrix : une « compagnie »
Et un groupe de kangourous : une « foule »  

J’avais décidé presque de ne pas manger, on verrait bien  

On préfère la solitude, tous.. tout le monde..

Je me demandais ce que devenait Christian, ça faisait si longtemps

J’étais encore possiblement dans un état de faire tout ce que je voulais, je veux dire même de sortir dans la rue et de rencontrer quelqu’un ou un groupe ou des visages, simplement des visages, des silhouettes, mais je n’allais plus rencontrer Vincent et je n’allais plus non plus au grand centre culturel qui était fermé pour des années — et je me demandais pourquoi on nous imposait ça, est-ce que j’avais tellement vieilli ?

Parfois s’exprimer à un ami fait ressortir la maladie de la mélancolie

Exploitation des passions de la vieillesse (titre)

Et, un jour, l’appartement ne sera plus utilisé

J’aime bien que l’immeuble pousse

Le livre que j’ai lu plusieurs fois dans ma vie — et même énormément de fois — et qui est toujours intact. J’arrive au bout et je pourrais le recommencer : il dit tout ce qu’il y a à dire ; il résume et, comme je disais : Il faut qu’un livre résume tous les autres de ma vie
C’est-à-dire justement qu’il n’y a pas d’autres choses à dire. C’est-à-dire bien sûr que je pourrais lire d’autres livres pour me divertir, je ne vais pas m’en priver, mais ce livre me contient. Drôle de sensation. Et, lui, paisible, toujours là…

C’est un livre écrit comme en délinquance, en désinvolture par rapport à l’idée. Il n’y a pas d’idée, c’est juste une invention. Ça n’avance pas, ça reste. Le livre reste. Intact à chaque moment. Il a une fin pourtant, mais ni un début ni une fin
Vous lisez les détails. C’est assez rare de lire vraiment le livre qui est là sous les yeux. Il n’est que transparence. À travers lui, on le voit lui…


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