Monday, April 17, 2017

Photo Caroline Ablain

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Friday, May 24, 2013

Rerun : look at that girl !


Oh, je viens de revoir cette vidéo... Quelle magie, cette fille ! On va la voir dans le Bob Wilson la saison prochaine à Paris...

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Wednesday, December 29, 2010

Comme dit Marlène : « Enfin un homme de goût ! »

Le critique Jean-Marc Lalanne des « Inrockutibles » nous a classés en quatrième position de son top 5 des spectacles de l’année. (« Les Inrockutibles » n°786-787.)



« Rien n’est beau… d’Yves-Noël Genod

Jeanne Balibar, Kate Moran et Marlène Saldana dans une
scénographie minimale et déambulatoire, trouée de longues stases et d’une arrivée inopinée de dindons. »

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Friday, March 19, 2010

Evene

Rien n'est beau. Rien n'est gai. Rien n'est propre. Rien n'est riche [...]
[Théâtre - Contemporain]
Lieu : La Ménagerie de verre - Paris
Dates : du 10 Mars 2010 au 13 Mars 2010


- Mise en scène d'Yves-Noel Genod -

La critique [evene] par Mathieu Laviolette-Slanka



Habitué des performances loufoques et des créations équivoques, Yves-Noël Genod récidive. Mais au lieu d'une esthétique baroque, ce sont le vide, l'absence et le temps démultiplié à l'infini qui tiennent lieu de colonne vertébrale à son dernier projet censé s'inspirer du bûto. Elle est ténue et dangereuse, la limite entre le rien et l'ennui. Genod, par un miracle connu de lui seul - c'est tout son art -, se joue de la difficulté, transformant la contemplation en plaisir et l'attente en jouissance. Dans l'espace immense et blanc de 'Rien n'est beau...', les formes androgynes errent, balbutiant un langage qui tient plus du fond sonore que de la parole. Une femme en collants noirs vient fumer à côté du public. Elle est grosse, ridicule, tragiquement déprimante avec ses plumes colorées sur la tête, sa moue boudeuse et sa posture silencieuse. Jeanne Balibar surgit, prend ses cachetons, savoure une gloire imaginaire, s'affale sur le premier rang en chantant du Barbara. Des dindons envahissent le fond de scène. Des anecdotes comme celles-ci, Genod en a plein son sac. Il est possible de voir chacun de ces moments comme un fastidieux enfilage de perles pseudo-esthétiques. C'est un risque à prendre. Car on peut aussi se dire que chacune de ces propositions est l'occasion d'une contemplation muette et recueillie. Souvent drôle aussi, quand par exemple la géniale Marlène Saldana déboule, oreilles de lapin sur le crâne et ses habituelles ailes d'anges sur le dos - rouges cette fois. Peu à peu se dégage la possibilité d'une réflexion sur notre mode de vie centré sur la rapidité, l'efficacité et le productivisme effréné. Le rapport avec le bûto, danse du rien et de la déconcertation d'un peuple ayant subi deux attaques nucléaires, devient alors évident. Assis au milieu des spectateurs, Genod nous offre du temps pour respirer, de l'espace pour penser. A ce titre, il est bon de se faire prendre pour le dindon de la farce.

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Thursday, March 18, 2010

Jean-Pierre Thibaudat

Les OTNI (objets théâtraux non identifiés) de l'« Etrange cargo »
Par Jean-Pierre Thibaudat | Journaliste | 19/03/2010 | 13H29



Chaque année, à l'approche du printemps, ce lieu peu ordinaire qu'est la Ménagerie de verre à Paris se transforme en étrange cargo.


« Loin des sentiers convenus »

Le capitaine du cargo et de l'établissement est une femme, Marie-Thérèse Allier, qui a fait de cette ancienne imprimerie devenue toute blanche, un lieu de rencontres, de croisements et de découvertes. « Etrange cargo » est l'une des manifestations qu'elle organise depuis plus de dix ans.

Trois semaines vouées à « une approche transdisciplinaire de la création théâtrale », accueillant des OTNI (objets théâtraux non identifiés) , des « objets au format inhabituel loin des sentiers convenus ».

Plus d'un artiste aujourd'hui un peu connu ou en passe de l'être a fait ici ses premiers pas, ou du moins est passé et souvent repassé par là. On a pu les retrouver ailleurs, dans des lieux frères, au Théâtre Paris Villette par exemple, comme le dernier spectacle d'Allio-Weber (la première version d'« Un Inconvénient mineur sur l'échelle des valeurs » figurait dans les soutes de l'Etrange cargo 2009). Ou Joachim Latarjet, Bénédicte le Lamer et Pascal Kirsch que l'on a pu croiser à l'Echangeur de Bagnolet.

Trois lieux parisiens précieux, riches en propositions mais bien pauvres en subventions (aveuglée par les dispendieux et prétentieux 104 et autre Gaîté Lyrique, la mairie de Paris manque de discernement en la matière).


Trois femmes seules

L'Etrange cargo 2010 s'est ouvert avec un habitué, Yves-Noël Genod, qui fait penser à ces cinéastes underground dont on ne voit les œuvres que dans les festivals. Il proposait un OTNI titré : « Rien n'est beau. Rien n'est gai. Rien n'est propre. Rien n'est riche. Rien n'est clair. Rien n'est agréable. Rien ne sent bon. Rien n'est joli ». Le titre contient à peu près tous les mots du spectacle.

Le chorégraphe Boris Charmaz avait passé commande à Genod de cet « objet »pour le musée de la Danse à Rennes. L'OTNI se devait de tomber dans l'escarcelle du capitaine Allier. « C'est un spectacle sur le butoh » affirme le metteur en scène. Cette invention japonaise est souvent qualifiée de « danse des ténèbres » Nous y voilà.

Le spectacle met en présence trois actrices-danseuses : Marlène Saldana très en formes, Kate Moran échappée de la griffe de Pascal Rambert - toutes deux ont déjà travaillé avec Genod - et Jeanne Balibar (également chanteuse) dans une robe noire et blanche magnifique, cheveux courts, tout en échos de Barbara.


Le boulot des dindons

Chacune joue une partition intérieure, se croisant de loin en loin, avant, conjointement, de faire face au public, éclairées par des réflecteurs installés à vue. C'est tout ? Presque tout. Quelques flonflons de chansons populaires parfois. Trois femmes qui, une à, une, passent, se déshabillent un peu, marchent, amorcent un geste, un regard, s'ébrouent.

L'une s'appuie à un pilier, une autre danse de dos, la troisième par terre se secoue le prunier. Elles entrent lentement, elle sortent lentement. Bientôt se glissent au fond du plateau les vedettes vues sur l'affiche du spectacle : des dindons. Ils s'attardent, font leur boulot de dindon : ils glougloutent.

Dans la salle, le metteur en scène, qui ne passe pas inaperçu (juste au corps intersidéral bleu horizon et ventre bandé d'un ruban jaune citron) regarde tout ça et dit « C'est bien, c'est très bien ». On apporte un cadeau à chacune : rose fanée pour Kate, plume colorée pour Marlène, éventail pour Jeanne. A la fin, Genod ne salue pas, il applaudit. Nous aussi.


Etude socio-anthropologique du striptease

Une semaine plus tard, au même endroit, devant un public encore plus nombreux, on assistait à « Je baise les yeux » (un seul s) de Gaëlle Bourges, un OTNI amorcé lors de la nuit blanche 2007 dans une cabine téléphonique. Un« objet » en forme de colloque quasi universitaire. A ceci près que le sujet du jour est une tentative d'étude socio-anthropologique voire théorique du striptease, et que les trois intervenantes assises à la tribune sont trois jeunes stripteaseuses en tenue de travail (c'est-à-dire torse nu).

Deux brunes, intellos avec stylo en main (Gaëlle Bourges affublée d'une barbe, c'est elle qui signe la mise en scène, et la grande Alice Roland vue chez Découflé ), et une la blonde (Marianne Chargois) roulant des yeux d'étonnement quand l'homme à lunettes pince sans rire balance un mot compliqué. L'homme, c'est le modérateur (Gaspard Delanoé), celui qui pose les questions. Toutes sérieuses.


Théorie et pratique de la mise à nu

Le modérateur, qui adore les mots anglais, commence par leur demander comment on peut définir le théâtre érotique, en quoi il est différent du peep show, etc. Les trois travailleuses du corps évoquent leur dur labeur (elles ne sont pas aux 35 heures), détaillent la méthodologie du savoir s'effeuiller, exposent les grandes lignes d'une sociologie de leur public essentiellement mâle, dissertent doctement sur le regard qu'elles portent sur les hommes qui viennent les reluquer.

Elles ne sont pas toujours d'accord entre elles. Suivront d'autres questions, des SMS « envoyés par des spectateurs ». Philippe Caubère, Bernard Stiegler ou Denis Lavant passent dans la conversation. On rit beaucoup, comme dirait Pariscope. Chacune finit tout de même par faire un numéro où, tour à tour, elles se… rhabillent.

Deux spectacles avec trois femmes et un homme qui n'ont rien à voir entre eux mais partagent un même sens du décalage, ce garde-fou de tout OTNI.

Les soirées se succèdent sans se ressembler, chaque spectacle de l'Etrange cargo est donné deux ou trois fois. Il en sera ainsi jusqu'au 3 avril avec pour finir une carte blanche donnée au groupe Rictus que dirige David Bobee.

► « Etrange cargo » - A la Ménagerie de verre - Du mar au sam 20h30 - 10-13 € - 01 43 38 33 44 - Jusqu'au 3 avril.

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Sunday, March 14, 2010

Kate, au jet-lag (lundi)

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Friday, March 12, 2010

"Tout arrive", France Culture, le 11 mars

Bon, Jeanne a réussi Arte, moi, j'ai réussi France Culture, (question d'entraînement...) Cliquer sur le titre.



Yves-Noël Genod aime les actrices et il fait danser les dindons, ça peut paraître mince, mais un rien lui suffit pour monter un spectacle. Alors après Hamlet, à Vanves, il présente donc à la Ménagerie de Verre : Rien n'est beau. Rien n'est gai. Rien n'est propre. Rien n'est riche. Rien n'est clair. Rien n'est agréable. Rien ne sent bon. Rien n'est riche. Rien n'est joli. Le titre est tiré d'un livre d'Hélène Bessette parce que ça sonne bien, tout simplement -et, sur scène, on peut voir trois divas : Jeanne Balibar en fantôme de Barbara, Kate Moran et la sublime et très felliniène Marlène Saldana. Alors Yves-Noël Genod est un p'tit peu entre le clown et le dandy avec une veste néoprène bleu vif, un bonnet péruvien quand il n'arbore pas une côte de maille qu'il porte d'ailleurs très bien. Il a été formé chez Claude Régy et il a l'art de créer des situations avec quelques accessoires, un goût prononcé pour les chaussures chères et la nudité, des bribes de textes balancés un p'tit peu comme on dirait : "Passe-moi l'sel.", une cigarette qu'on allume, un peu d'musique, tout est question d'présence et d'utilisation de l'espace. Alors, à l'origine de ce spectacle, il y a une commande faite par Boris Charmatz, une réflexion sur le butoh, hein, puisque vous vous souvenez que Boris Charmatz avait lui-même travaillé sur le butoh pour son spectacle La Danseuse malade à partir de textes d'Ijikata, le fondateur de la discipline et avec déjà Jeanne Balibar - alors qu'est-ce qu'il reste du butoh dans le spectacle d'Yves-Noël Genod ? Au fond, on s'en fiche un peu.

"J'ai fait des stages de butoh, tout ça, j'ai croisé, j'ai vu des spectacles de butoh, donc c'était un peu enfoui dans ma mémoire, mais c'était là. ...En ouvrant le livre au hasard, je tombe sur... on parle de la danseuse Carlota Ikeda et il est dit : "Elle montre que la danse, c'est le théâtre et que le théâtre, ce théâtre-là, c'est juste la mise en scène de la vie." Voilà. Bon ben, ça, par exemple, c'est assez précis et vaste pour que je m'y reconnaisse à pieds joints."

"Je sais pas comment j'travaille parce que j'ai très peu d'temps d'travail, de moins en moins en plus, les spectacles se font en quelques jours ou quelques heures, alors j'suis obligé de travailler avec des interprètes exceptionnels, des gens très forts, ça vient de se produire aussi avec Hamlet que j'ai fait en une semaine, mais avec une troupe d'interpètes... y avait six personnes, là. Ça s'fait comme ça avec des gens forts et qui travaillent avec le hasard parce que quand on travaille en très peu d'temps, on est obligé d'accepter tout ce qui vient par le biais du hasard, c'est à dire : le plus possible. Mais alors on jette rien. Par exemple, dans le spectacle, quand Jeanne Balibar qui est à la porte pendant très longtemps comme une statue, comme ça, se dégage en disant : "Je suis là, mais j'vais faire pipi...", c'est évidemment pris dans la répétition de hier après-midi et c'était très joli, donc on l'a gardé. J'suis pas capable d'imaginer à l'avance les choses ou très peu, mais dans le temps du travail, sur le plateau, tout est bon. Y a qu'à s'baisser pour ramasser et on trouve - toutes les merveilles sont là, oui. Oui."

"Dans Hamlet et dans c'ui-là que j'ai faits ensemble y a beaucoup de périphérie et de hors-champ, énormément de hors-champ, le plateau est vide parce que y a beaucoup de hors-champ, beaucoup d'autres plateaux sur les côtés, au-dessus, au-dessous, à l'arrière du public, etc. Des scènes et des scènes qui s'emboitent, des espaces et des espaces qui s'emboîtent. Donc après évidemment on peut jouer en périphérie, on peut jouer hors-champ et parfois aussi on traverse le plateau comme un immense désert, c'est très beau - ou comme Barbara, par exemple."

"Pourquoi Barbara, ben, chais pas, moi, j'l'ai beaucoup suivie quand j'étais adolescent et j'trouvais qu'elle était butoh, qu'elle pouvait être associée au butoh très facilement, oui. Oui, oui."

"Le butoh, c'est le renversement des valeurs, quoi, ils ont... Au lieu du corps appolonien, élancé vers le ciel, c'est un corps recroquevillé, ténébreux, etc., bon."

Et on pourrait dire au fond que le sujet de vos spectacles, c'est le rien, c'est le vide.

"Oui parce que... Oui, c'est vrai, on peut l'dire et on peut p't-être le dire de plus en plus et, là, on a vraiment... par rapport à la première version de Rennes, on a enlevé d'la matière encore et on a pensé à cette histoire du... Vous savez, c'est tout simple, on dit, les astrophysiciens disent la matière, c'est trois pour cent de la masse de l'univers et puis alors, tout l'reste c'est autre chose... mais enfin la matière, trois pour cent... Donc on s'est amusé, voilà, à penser un spectacle où y aurait un pourcentage de vide... parce que le vide n'est pas vide, c'est ça, l'histoire, il est plein de, plein d'choses (Rire.) Evidemment quand on fait avec le vide, on voudrait aussi faire entrer le monde, hein, le monde sur lequel on est, avec les animaux, les rivières, les nuages, tout ça... Alors, c'est pour ça, le vide, c'est pour ça, le rien, c'est pour qu'on ait un peu cette sensation - et c'est pour ça, les dindons, aussi, par exemple. Les dindons, c'est une image un peu grossière de tout c'que j'vous dis, mais enfin, quand même, vivante."

Mais les dindons dansent très bien.

"Ils dansent très bien, aussi, surtout si on leur met La Flûte enchantée, oui, ça marche bien."

Alors à la fin du spectacle, vous racontez une histoire, Yves-Noël Genod, puisqu'on vous entend dans ce spectacle aussi : vous êtes assis sur les gradins au milieu du public et vous racontez une histoire d'une chorégraphe - qui est cette chorégraphe ?

"C'est Martha Graham qui disait, enfin, dans mon souvenir, j'ai lu ça quelque part, que quand elle faisait des auditions pour les danseurs, elle demandait aux danseurs de marcher dans le studio : "Souvenez-vous que vous allez mourir." Et puis, si ça suffisait pas, elle disait aussi : "Marchez comme si votre cœur était accroché au mur." Voilà. (Rire.) Ça, je l'dis parce qu'on fait une sorte de final, dans Hamlet aussi, extrêmement étiré, comme si y avait un salut infini - ce qui est d'ailleurs très butoh de mettre les saluts à l'intérieur du spectacle - et très Barbara. Alors, c'est pas joué du tout pour les acteurs, il faut juste être dans un... comme dit Régy, comme dit Claude Régy, "être et ne pas être" et puis face à des gens vivants et morts si on pense à d'autres temps. Y avait une phrase de Duras, Duras disait souvent : "Pour une fois qu'nous n'sommes pas morts." "Si nous allions au restaurant, pour une fois qu'nous n'sommes pas morts.""

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ARTE Journal (la barbarie)



ARTE JOURNAL - 11 MARS 2010
Culture : dans le sillage de Jeanne Balibar


En ouverture du Festival Etrange Cargo, qui se déroule à la Ménagerie de Verre à Paris, du 10 mars au 03 avril, l'insaisissable actrice, chanteuse et performeuse Jeanne Balibar prend le risque de l'avant-garde dans la création du metteur en scène Yves-Noël Genod : Rien n'est beau. Rien n'est gai. Rien n'est propre. Rien n'est riche. Rien n'est clair. Rien n'est agréable. Rien ne sent bon. Rien n'est joli. Dans cette performance au titre chargé de désespoir, l'actrice et chanteuse erre dans le capharnaüm insolite du metteur en scène, entre le jeu et le non jeu, interprétant une danse des ténèbres où elle incarne tragiquement l'image icône de la chanteuse Barbara, entourée de quelques dindons... Cette performance ouvre le festival Étrange Cargo, à la Ménagerie de Verre à Paris, un festival consacré aux formes avant-gardistes de la création contemporaine. Hervé Pons a rencontré Jeanne Balibar pour ARTE Journal.

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Variations autour du titre



Variations autour du titre - un entretien réalisé par Hervé Pons

ARTE Journal / Jeanne Balibar :

- Qu'est ce qui est beau ?
- Qu'est ce qui beau ? Le sourire.

- Qu'est ce qui est gai ?
- Qu'est ce qui est gai… L'amour.

- Qu'est-ce qui est propre ?
- Qu'est-ce qui est propre ? Parfois les consciences…

- Qu'est-ce qui est riche ?
- Qu'est-ce qui est riche ? Pouvoir faire pleins de choses avec rien.

- Qu'est-ce qui est clair ?
- Qu'est-ce qui est clair… ça, c'est difficile… qu'est-ce qui est clair... Que c'est bien d'être en bonne santé.

- Qu'est-ce qui sent bon ?
- Qu'est-ce qui sent bon ? La peau des gens qu'on aime.

- Qu'est-ce qui est joli ?
- Qu'est-ce qui est joli ? Oh ! Des milliers de choses !

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En débat avec Stéphane

Objet : tragique

Tu vas bien ? Pas trop marqué ? Tu sais, je découvre le spectacle à mesure, en écoutant les gens en parler. Le mot "misogyne" m'a surpris, mais, en en parlant, je m'aperçois (ce que je ne savais pas, d'ailleurs, tellement je suis con) que j'ai lancé ces trois très belles femmes dans le néant de la désespérance, et, ça, c'est vrai, faire ça aux femmes, c'est dommage, suis d'accord. Mais, enfin, c'est butoh, quoi, c'est une commande, il faut bien se coltiner les sujets (et aussi pour plaire à Jean-Marc Adolphe qui, lui, bien sûr, buvait du petit lait - il n'aime que quand c'est noir !) Je t'embrasse

Yvno



Très très cher ami,

pardon de lacher des mots-à-retardement de façon un peu inconséquente en étant obligé de filer après...
Tu m'expliqueras "la commande".
Et par ailleurs, elles ont chacune leur morceau de bravoure et d'éclat qui leur donne toute latitude d'être dans leurs intenses beautées respectives.Et elles sont belles, impressionantes, désirables parce que passionnantes, singulières.
Mais, elles, immobilisées, empêchées, ensemble,sur fond de galinacées...ça m'a un peu perturbé... mais je dois être un peu trop sensible ces derniers temps...
Par ailleurs, on rit, et c'est déjà un miracle !
Rien à voir ; tu as le temps d'aller voir le Pessoa de J-Q Chatelain/Régy ?
Ca m'a bouleversé comme à 20 ans...
Je t'embrasse
* * *
SW



Oui, je vais y aller ! La commande, c'est Boris Charmatz qui voulait que je traite ce thème dans une soirée à Rennes qu'il a intitulé "Rebutoh". D'abord je croyais n'avoir rien à voir avec le butoh - en fait, si, malheureusement peut-être...

Bises

YN

(Je vais leur dire d'être moins immobilisées à la fin, mais c'est vrai que c'est morbide, quand même, à ce moment-là, plus que je voulais...)




C'est ton truc !
J'ai rien à dire !...
Je quitte le clavier pour un moment...
A bientôt !



Eh bien, oui, mais ton influence est bénéfique. Ce soir, le final était ce qu'il y avait de plus beau - un creuset d'amour... public en phase intégrale. Infini-doux. Ah, ce métier... comme disait La Callas ou Noureev...

Bises, à très bientôt, hope so

YN




Je suis heureux pour tes solistes et pour toi !...

Je t'embrasse
* * *



(Stéphane Wargnier.)

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L'heure de la Ménagerie


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Thursday, March 11, 2010

Ce qu'en dit mon père

(sur paperole)



On peut se rêver manga, être venu d'ailleurs, extra-terrestre,
et n'être rien qu'une apparence...

On s'agite, on agit, ...
et parfois l'impression + - fugitive
que l'on est q marionnette
être-coquille vide à l'intérieur
s'en allant vers le néant

Ces trois femmes en désespérance, putains...
... des dindes ?

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La Grâce, en voiture et en vélo

C'est curieux, hier, les gens étaient dythirambiques (ils avaient inventé le spectacle), aujourd'hui ils étaient plus mitigés, partagés, on aime ça, pas ça (et les autres le contraire) et même ceux qui avaient aimé disaient simplement bravo. Sauf Jean-Marc Adolphe, je dois dire, qui murmure (pour que j'entende à peine) que c'est l'un des plus beaux spectacles qu'il ait jamais vus et qui veut faire un livre sur moi. Le spectacle ne s'adressait-il, ce soir, qu'à Jean-Marc Adolphe ? Pour moi, la représentation était excellente... Différente d'hier, mais excellente. Qu'est-ce qui fait la différence ? Qu'est-ce qui fait qu'il y a la grâce, l'unique, ou la répétition ?
Deuxièmement, hier, j'emmène Thomas à la radio pour enregistrer l'opérette de Quintane, rejoindre Pierre et Jonathan. Pendant que je suis là, Thomas et Jonathan sont excellents, il y a une grâce, ils s'aiment, etc. Du grand style, tout le monde est impressionné. Comme je dois partir à 16h30 rejoindre la Ménagerie, je propose à Thomas de rester, s'il peut, et de continuer. Plus tard dans la soirée, j'ai un doute, le sentiment d'une erreur. Thomas me rassure en m'envoyant ce texto : "Bon, écoute, je crois qu'on a fait du good job après ton départ." Mais, ce soir, Pierre me dit que c'était à chier, du temps gâché, qu'ils n'ont rien fait que des choses inutilisables. Et, bien sûr, ce que je redoutais : il n'a pas osé demander à Thomas de partir, puis Jonathan était fatigué, enfin, bref... J'ai si peu de temps de travail que la perte d'une minute m'est insupportable. On ne jette jamais rien. Pourquoi, cette opérette, tant de gâchis ?
Aujourd'hui, c'était aussi la représentation d'Audrey (qui a beaucoup aimé). Mais Audrey, c'est la grâce, oui, incarnée, dans un sens ou dans l'autre, c'est la grâce, anyway... Je vais aller la voir lire Aurélia Steiner dimanche, tant pis pour l'opéra de Christian Rizzo ou pour Marina Foïs dans Maison de poupée, je vais voir dimanche celle dont Jeanne dit qu'elle n'a jamais vu une Ophélie aussi belle, dans Hamlet. Je suis d'accord. Audrey a beaucoup influencé cette reprise du spectacle butoh à la Ménagerie, je m'en aperçois en lui parlant. Nous avons répété dans le même espace son travail sur Ophélie - une fois, en particulier, elle avait la fièvre, elle faisait sécher ses cheveux sur les radiateurs, je crois que j'en ai déjà parlé. Elle était comme une sorcière dans les sous-sols d'un château, elle a entièrement préparé le terrain à Jeanne, Kate et Marlène. Je vais dire qu'elle est même la gardienne de Jeanne, Kate et Marlène - et du vide - au sens où Caïn disait à Dieu ne pas être le gardien de son frère, au sens inverse : l'empathie.






Finalement, en écoutant les enregistrement, je m'aperçois que c'est très bon, ce qu'ont fait Jonathan et Thomas après mon départ...

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Our Wise Descendants


Photo Marc Domage. Robin Causse dans Hamlet.

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Les lumières de Sylvie


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Wednesday, March 10, 2010

Les Yeux verts




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Il faut que j'écrive un peu ce que me disait Lancelot (Hamelin), très ému par le spectacle, Lancelot, si intelligent - quand il parle, je prends des notes - mais nous avons été interrompus... Il m'écrira peut-être qqch...
Il a parlé de cette traduction de l'hébreu, cette traduction possible de "vanité" - il citait qqun que je n'ai pas retenu - il y aurait eu une traduction de l'hébreu de ce qui a donné "vanité" ("Vanité des vanités...") qui aurait changé notre rapport au monde, ç'aurait été : "fragilité" ("Fragilité des fragilités...") Voilà, il voyait ça : la vanité sous l'angle de la fragilité... Je ne sais plus ce qu'il disait, j'ai pris très peu de notes, il était très ému (il avait pleuré), il a parlé de tragédie, de quelque chose d'infiniment tragique chez ces femmes dont les beautés vont disparaître et de douceur aussi. J'ai rappelé le titre générique de cette série de trois spectacles* : Trois tragédies de mars. Il a dit : en effet, la tragédie à la japonaise, comme un nô : on croise des fantômes sur un pont qui nous parlent de leur passé, mais qui sont encore là pour en parler... Il a parlé du dernier film de John Huston, Gens de Dublin et aussi des Misfits. Justement, ces deux films, je les ai vus, il y a très longtemps. Dubliners est d'après la nouvelle de Joyce intitulée The Dead. Ensuite personne ne m'a plus rien dit parce que j'ai été accaparé pour deux interviews, pour France Culture et RFI : c'est encore moi qui aie parlé - mais mieux que la veille pour Arte où j'avais été pris de cours au sortir de la générale de ce spectacle si personnel, si émouvant... On m'avait demandé qu'est-ce que c'était, pour moi, que le butoh et aussi qu'est-ce que représentait, pour moi, Jeanne Balibar : j'avais l'impression d'en avoir tellement dit sur ces deux sujets dans ce spectacle que je venais de créer - en public ! générale en public... - que je n'arrivais pas à switcher et que je restais fracassé de mon indécence : se livrer. Et puis Robin était repassé. Robin = merveille. Et on est rentré à pied, on était les derniers, Robin, Jonathan (Drillet) et moi... Et j'ai rencontré Valérie (Dréville) sur le trottoir... Oh, Valérie ! On a échangé les nouvelles : Je joue à la Ménagerie avec Jeanne Balibar ! Et, moi, je joue à la Maison des Métallos... On est monté dans le métro, mes deux amis, Jonathan, Robin et moi. Je pensais (en tout cas, j'y pense maintenant) que Pascal (Rambert) m'avait proposé - mais comme ça... ému lui-aussi - de faire une rétrospective de toute mes œuvres, c'était bien que qqun une fois le dise, je ne sais pas si ça se fera un jour, mais c'était bien que qqun une fois le dise... Robin m'a demandé des informations sur le stage que je vais donner en juin et on a rêvé qu'il en fasse partie... On a même rêver que tous les gens avec qui je travaillais en ce moment en fassent partie, Audrey (Bonnet), Felix (Ott), Thomas (Scimeca), Samuel (Mercer), Marlène (Saldana), Kate (Moran), Jonathan (Capdevielle), Philippe (Katerine)... En fait, on se disait : on pourrait squatter un stage en n'engageant que des comédiens exceptionnels pour continuer à travailler pendant trois semaines (le stage dure trois semaines à la campagne) par exemple sur Shakespeare. Ce soir, il y avait aussi Bernard (Fleury). Il avait l'air content. Tout le monde avait l'air content pour le peu de ceux que j'ai vus.



*(Hamlet, Rien n'est beau... et C'est pas pour les cochons !)

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Les Yeux verts


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Wednesday, March 03, 2010

Eve Beauvallet, pour "Mouvement"

10/03 > 03/04/2010 - LA MÉNAGERIE DE VERRE
Etre ou ne pas être plumé
Etrange Cargo 2010


Pendant théâtral et printanier de l’historique festival Les Inaccoutumés de la Ménagerie de Verre, Etrange Cargo réunit quelques dindons et sept étranges projets, pour questionner le dépouillement.

En ouverture du festival Etrange Cargo, l’artiste Yves-Noël Genod : "Dans mes rêves de spectacle, en ce moment, ce serait arriver à du vide, à du rien". Aux côtés des dindons lâchés en liberté dans la nouvelle basse-cour de Genod, des personnages de cabaret, une Manga Doll, Barbara, un stéréotype de show girl américaine, une diva française, et autres fantômes. Dans leur épiphanie, on distingue l’imaginaire butoh "il y a un endroit de contemplation, une sorte de degré zéro, peut-être", ressent le metteur en scène. Jeanne Balibar, troisième branche dénudée de cette trinité féminine formée avec Kate Moran et Marlène Saldana pour le projet, approuve. Elle recoupe les informations : "Je suis allée au festival de cinéma de Rotterdam la semaine dernière, pour faire partie du jury (Nous la rencontrons milieu février). C’est un festival historique, de premiers films. J’ai été stupéfaite car nous avons découvert quinze films. Quatorze étaient muets et contemplatifs. Peut-être y a t-il quelque chose en ce moment, je ne sais pas quoi, qui tient du retrait."
Et si vide et cabaret donnaient le "la" du festival. "Hijikata, entre deux danses butoh, dansait dans des cabarets pornos le soir, rappelle Genod. "C’est à la disparition des trois comédiennes que le spectateur assiste, explique Balibar, dans Rien n’est beau. Rien n’est gai. Rien n’est propre. Rien n’est riche. Rien n’est clair. Rien n’est agréable. Rien ne sent bon. Rien n’est joli." Le titre, c’est une citation d’Hélène Bessette, un auteur maudit du 20e siècle, morte en 2000, encensée par Duras et d’autres, mais qui ne vendait rien, au point que Gallimard cesse de la soutenir, alors que les romans, en vers libres, sont "somptueux, s’étend Genod. C’est dépressif mais extraordinairement vivant".
Autre titre à rallonge, qui convoque également un bestiaire : L’autruche peut mourir d’une crise cardiaque en entendant le bruit d’une tondeuse à gazon qui se met en marche, projet de Jean-Christophe Meurisse (...)

>Festival Etrange Cargo, du 10 mars au 3 avril

Eve Beauvallet

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