Thursday, February 10, 2022

A mour renouvelé


Quelle soirée délicieuse ! — forcément, venant de toi — qui en commençant dans la violence extrême s’est inversée en une grande tendresse — et finalement une fenêtre ouverte sur le Brésil par laquelle la masse d’amour fabuleuse que ce pays recèle est encore venue jusqu’à moi (qui m’arrive par les interprètes brésiliens que je rencontre, toi, Ana, Bruno…) C’était beau parce que c’était comme te voir renaître à partir d’une caricature, c’était comme si le vrai gagnait, c’était vraiment te rencontrer — avec toute ton intelligence. (Et Maria !) Magnifique, merci ! Love. Envie de toi, de retravailler avec toi !

Yves-Noël 

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Thursday, September 10, 2020

Bon courage pour demain ! Je n'ai pas avancé sur la question, faut-il le faire maintenant ou ne pas le faire maintenant. Je n'arrive pas à privilégier l'une ou l'autre solution. Je te fais confiance. Il faut le sentir. Sentir si déjà c'est un endroit où on aura, nous, plaisir à venir, où le personnel semble vivant, si la « névrose institutionnelle » qui existe partout n'est pas trop tenace, s'il y a une certaine « joie de vivre », une certaine légèreté (« si quelque chose mérite du respect, c'est bien la légèreté », dit Georges Bataille à la fin de sa vie). Et puis il y a à en convaincre Maman, ce qui est sans doute encore une autre paire de manches... J'ai reçu ça du garage des Vennes, peux-tu leur envoyer un chèque ?   « Bonjour, le Garage Des Vennes vous informe que nous attendons toujours le règlement de la facture de votre Maman ». Bises, YN

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Tuesday, September 01, 2020

P aris, le…


J’ai rêvé de toi, mais il y a quelques temps, un rêve très détaillé, par exemple tu me parlais d’un livre que je feuilletais et je pouvais lire ce livre (dream within a dream). Je ne t’en ai pas parlé, je ne l’ai pas écrit sur le moment car j’étais dans le Lot avec un groupe de gens que j’appelle « les tarés du Lot » (pour aller vite) et il n’y avait que des « activités » (donc pas de livre), cheval, spléléo, tir à la carabine, canoë-kayak, accrobranche, jusqu’à du saut en parachute (ça, j’ai aimé ! enfin, la sensation était spectaculaire, certainement as a dream, mais pas comme un livre). J’ai même pissé au lit la veille d’y aller, pas beaucoup, mais quand même, ça ne m’était pas arrivé depuis des temps immémoriaux (j’ai rêvé que je pissais dans un récipient, sorte de gros cendrier en cristal et que ce récipient débordait, je me suis réveillé vite — mais il avait effectivement un peu débordé…) Tes poèmes de l’été (« Mues » et «  Nulle heure où dormir ») sont sublimes.

Bises de nuit, 

Yves-Noël

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Wednesday, March 18, 2020

S henanigans


Greetings, mon frère,
J’espère que tout va bien.  Thank you for the photo with one of « your kids » — yes, you did it smartly, skipping over the rough years!
How are you coping with the virus?  Do you practice social distancing?  After a week of panic shopping and empty shelves, we are holed up in our new apartment. I'm recovering from some kind of infection; symptoms similar to Corona (a light form, in any case), but it’s still impossible to get tested in this Great America.  I’m assuming my infection is stress related.  I had to stop reading the news.  Too much anxiety and then the constant lies from the government: « I think that we’re doing a great job » (DT yesterday).
My university is closed for the remainder of the term.  We teach remotely, online.  It’s very challenging, but it beats sitting on a train and subway with a thousand coughing and sneezing people.  I’m glad I get to have a job.
Your work must have died down at the moment.  I can imagine that this is a very difficult period for you.  I hope you and your loved ones are okay!
Bises,
M.

Ça me fait tellement plaisir de tes nouvelles de l’autre côté de l’océan ! Même si elles sont très semblables aux miennes pour le moment, je ressens ta délicatesse…
Pareil, l’impression d’avoir les symptômes du corona, rhume et un peu de fièvre, ce soir — aussi ma copine coiffeuse tousse beaucoup. En panique, quand les rumeurs de confinement me sont parvenues — et donc à peine rentré à Paris parce que je jouais encore samedi soir à Dijon (l’un des rares sinon le seul spectacle encore programmé en France) — je suis venu ici à Nantes, chez elle. J’aurais voulu aller plus loin, sur une île, même seul, mais je n’ai pas eu le temps, les bateaux ont été rapidement fermés — beaucoup de gens avaient cette même idée — et ça a été trop tard. Ici, au moins, il y a ce petit jardin et l’air est meilleur qu’à Paris (même s'il y a moins de pollution, on me dit, à Paris, désormais). 
Pour le moment, je suis un peu démoli par la situation, l’absence (ou la réduction, disons) de la liberté. Hier, nous nous sommes encore promenés, elle et moi, le matin, puisque le confinement n’était qu’à partir de midi, et puis ça a traîné parce que, dans la ferme dont on était venu voir les animaux, on nous a invités à déjeuner, il faisait très beau — le printemps a ici trois semaines d’avance — et puis, ensuite, après déjeuner et munis d’un faux justificatif (si on nous arrêtait) disant que nous étions venus confier notre cheval (son nom : « Saint-Pilou ») au centre d'équitation pendant le temps de la quarantaine, nous sommes allés voir le marais inondé (photo) et puis la Loire qui est toujours si belle en toute lumière — j’aurais tellement aimé une maison sur la Loire ! là, j’aurais pu rester pendant des siècles à attendre la fin du monde, c’est un fleuve si vivant ! Une merveilleuse journée. Nous ne nous sommes pas fait arrêter. Mais, maintenant, la propagande progressant, c’est plus difficile de trouver une raison d’aller dans la nature (même si, c’est idiot, parce que, dans la nature, il n’y a justement personne à contaminer). Je suis sorti en ville tout à l’heure à vélo (chercher les journaux, quelques courses), mais c’était très oppressant, la ville aurait dû me paraître belle, completely empty, mais c’était oppressant, la peur d’être abordé, repéré par une des voitures de police qui patrouillaient...
Autre nouvelle : ma mère a la maladie d’Alzheimer, elle décline vite, nous reconnaît encore, est contente quand nous y sommes, mon frère et moi — mais nous ne pouvons plus la voir pour le moment, trop dangereux pour elle qui est trop faible…
Oui, je n’ai plus de travail. Les usines d’ours en peluche ou de stores électriques fonctionnent et les transports en commun pour y amener les ouvriers aussi (c’est là que le virus s'attrape), il ne s’agit donc pas d’un « confinement » total, mais, comme l’a dit notre président, tout ce qui est « non essentiel à la vie de la nation » est bloqué (c’est-à-dire pas les usines d’ours en peluche, mais les librairies, les spectacles, la liberté). Je rêve d’aller voir la mer (pas loin), mais l’angoisse d’avoir à franchir d’éventuels barrages policiers sans justification autre que « voir la mer »... L’idée du cheval n’était d’ailleurs pas la mienne, elle nous a amusés, mais je ne suis pas très fort en magouilles et la coiffeuse a maintenant décidé de rester dans les clous. L’Etat sécuritaire est partout dans le monde, dictature ou démocratie, Chine, Etats-Unis, France… 
Mais nous devons, même avec cette sinistre fin de l’homme, inventer jusqu’au bout — notre bout, en tout cas — de vivre… (et ton amitié m’aide).
Je t’embrasse, mfr, 
Yvno
Lectures récentes sublimes : Nabokov, spécialement Ada ou l’ardeur 

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Monday, January 20, 2014

A ny Where Out Of The World


Ma poussière, mon argent sale. On fait un spectacle ensemble pour le festival d'Automne ? Je te propose de dire oui et qu'on le fasse.

— Oui ! Mais j'ai peur que ce soit un peu tard pour Marie Collin. Je la vois demain, je lui dis. J'ai baisé récemment. J'ai pensé à toi, je me suis dit : Ah, c'est ça qui lui arrive (c'est donc ça...) Bisous, Yvno

— Je pense que c'est pile l'heure, je suis prêt pour toi. Je suis à Bologne à traîner ma sauce. On fait un spectacle court tous les 2 dans un endroit de charme et, voilà, on le prépare à Actoral et pasta la boucle est bouclée. Boucle d'or.

— Je lui en parle. Je ne sais pas si elle pourra rajouter ça au programme... T un love, YN


Heureusement que je t'ai reconnu sur cette affiche avant d'arriver au festival d'Automne parce que sinon j'aurais peut-être oublié de parler de toi. Marie Collin : « Il a qqch en tête ou c'est vague de vague ? C'est pas pareil s'il a une idée précise ou si c'est juste une envie totalement floue. » Sorry, rien pu en tirer de mieux... Ah, si, elle m'a filé 40 000 € comme ça, elle n'avait pas l'air de trop savoir qu'en faire, mais elle m'a dit : « Ça, c'est juste de l'argent de poche pour les frais quotidiens, juste pour réfléchir, que tu sois à l'aise... » Ah, merde ! ça colle pas : elle me dit vous... Bisous, Yvno

— Donc ça veut dire qu'on doit les dépenser ensemble et faire un spectacle ou juste qu'encore une fois toi + moi = rien ?

— On les a pas. C'était une blague. Les premiers guillemets correspondent à ce qu'elle a vraiment dit... YN

— Et, toi, tu vas faire un truc ? On fait le coup du tigre enfin ?

— J'en ai parlé figure-toi, mais je dois pas savoir y faire, ça a été rejeté quasi d'un « Pfff… » Moi, j'ai un projet avec le Rond-Point, mais très cadré (sur Houellebecq). Au début, Marie avait dit : « Moi, si je fais qqch avec vous, je veux faire plusieurs trucs ou rien... » Mais son enthousiasme a décliné (par manque d'argent, me répète-t-elle...)


C'est drôle, je tombe sur tes cochonneries à Beaubourg (tu me l'avais peut-être dit, mais j'avais oublié). J'avais besoin de prendre l'air... voir de la peinture (ou tes adorables machins)... Il fait très beau, cet après-midi à Paris, et, dimanche, je dois jouer une suicidée (mais dans un très bel appartement dans le XVIème, quand même). Bises
Oh, j'avais pas vu ! Le mur des pierres ! C'est très beau ! J'ai bien fait de rentrer...

— On va jamais rien faire ensemble c'est désolant. J'attends l'arrivée de François Chaignaud, calmement, malade à Rome. Tendresse

— Oh, moi, j'ai arrêté de me désoler... ça, c'était l'année dernière... J'ai l'habitude... Philippe Katerine, ça fait des années qu'il veut faire un truc avec moi, mais trouver quoi, pourquoi, à quel moment, c'est, semble-t-il, la difficulté pour qq'un comme lui ou toi qui travaillez tout le temps. Moi, je travaille jamais, en fait, et je m'ennuie... Qui sait ? Dieu nous accordera peut-être le bonheur... Mais qu'est-ce qu'elle était mal lunée, hier, Marie Collin ! J'ai envoyé un petit mot à Hubert pour lui dire que toi et moi, on n'avait pas encore rompu — t'as vu Trierweiler à l'hôpital ! trop bien… Embrasse François qui est un ange (tout près de Dieu) et baise-moi plus souvent si tu veux pas que j'ai un « gros coup de blues » moi aussi !
C'est génial les commentaires des gens devant ce que tu fais, les couples, les jeunes, les étrangers, les jeunes étrangers... ils prennent des photos... beaucoup te connaissent aussi : tu fais un beau métier, mon Théo !

— J'aimerai pourtant être chanteuse. J'espère qu'on ira quelque part au bout du bout. Je t'embrasse avant ma mort. T

— « Any where out of the world », me souffle maintenant le très méchant Charles Baudelaire (« Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. ») (Je suis à la librairie...)

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Tuesday, August 27, 2013


Salut cher,
Ce matin, j'ai croisé Sylvia (Botella), sémillante rédactrice de « Mouvement », « Alternative théâtrale », collaboratrice de la Bellone & complice précieuse. Je lui ai parlé avec fierté et enthousiasme de ton projet et ton éventuelle venue à Bruxelles. Il semblerait que la Bellone soit très facilement accessible & dans des délais très brefs. Dis-moi et je te mettrai en contact avec les personnes ressources.
Deuxio : si tu cherches toujours à lancer des stages à Bruxelles, la même Sylvia est chargée d'un cours à l'Université de Bruxelles et t'accueillerait comme un roi.
Elle t'encourage également à contacter Antoine Pickels (encore lui) qui s'occupe également du CIFAS http://www.cifas.be/
Sinon j'espère que la Bretagne te gagne.
Moi je me noie à Bruxelles.
xx
à toi
b.

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