Friday, April 23, 2021

« À cause du soleil, le ciel est en zinc, la terre est en zinc »


Elle est belle, la phrase de Genet ! (Je viens de Marseille et c’est à peu près ça : le zinc.)

Mais bien sûr que tu m’enverras ton texte ! 

Pour t’encourager :

« il ne reste, si je puis dire, qu’à tricher avec la langue, qu’à tricher la langue » (Roland Barthes, Leçon inaugurale

« que la littérature a à voir avec le mâle [on écrit comme ça ?] tout simplement, que la littérature est lié au négatif, pour moi » (Thomas Clerc),

YN

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« D es contenus extrêmement lifestyle »


C’était chouette de te voir, de partager ton esprit frais, aiguisé, ouvert sur le réel, la rue et qui me la montre comme une fatrasie. Par exemple, à l’instant : « Jean Castex songe à faire vacciner Sheila pour redorer l'image de l’AstraZeneca ». Eh, bien, tu vois, ça, je serais passé à côté, c’est grâce à toi, tu m’as fait me pencher sur le cas Castex…

J’ai aussi pensé à toi cet après-midi et à ton envie d’écrire en « écriture inclusive », nom de Dieu ! en tombant sur cette citation de Roland Barthes « Je ne puis jamais parler qu'en ramassant ce qui traîne dans la langue ». (J’entends maintenant Laure Adler dire à Ariane Mnouchkine : « toutes et tous ».) Toute cette « Leçon inaugurale au Collège de France » est sublime, je suis en train de la lire. Grâce à toi, je lis ce texte essentiel. (« La science est grossière, la vie est subtile, et c'est pour corriger cette distance que la littérature nous importe. ») Personnellement, je te l’ai dit, je suis sûr que Marcel Proust n’aurait jamais écrit en écriture inclusive, mais qu’en revanche il en aurait peut-être parler (et Flaubert aussi) comme une manière, une bourgeoisie, une absurdité de plus. (Barthes dit que la langue est fasciste.) Joyce l’aurait peut-être utilisée, qui sait ? faisant feu de tout bois, de tous les oiseaux. J’ai essayé aussi de me rappeler la phrase que tu n’aimes pas dans les 2 300 pages d’Arthur Dreyfus pour essayer de me figurer pourquoi, mais dans la trouvaille d'une ou deux hypothèses, rien à faire, la phrase restait plus riche, idéaliste comme je suis, qu’un sens ou un autre, même cette phrase comme une autre… Tu as lu l’interview d’Adonis dans un « Libé » récent où il tape sur « l'ignorance arabe » ? (« Sur une population de 1,5 milliard de fidèles aujourd’hui, on ne peut citer un seul penseur musulman. Il n’y en a pas, je le sais ») (sauf sans doute lui beaucoup plus lu, dit-il, en Chine que dans le monde arabe).

Je t’embrasse, délicieux ami des piscines et des peignoirs (un peu Fitzgerald donc quand même) — à cause de toi, aussi, je me passionne maintenant pour le documentaire « Marie s’infiltre à Dubaï », 


Yvno

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L 'Essentiel


Ça m’a fait très plaisir de te voir à Marseille, Yves-Noël. Pour la peine, je vais retenter de lire Fitzgerald ! J’espère que le retour s’est bien passé et t’embrasse.


Oh, tu n’as pas besoin (en tout cas de lire cette nouvelle grosse comme le Ritz), je te donne l’essentiel : « On ne peut pas laisser quelque chose d’aussi inévitable que la mort nous empêcher de profiter de la vie tant que c’est possible ». Voilà tout tient à peu près à ça. J’étais en train de t’écrire, mais, là, faut faire dodo…


Quelle phrase ! Je vais m’endormir là-dessus pour peu qu’elle ne m’empêche pas de trouver le sommeil…


Ahah

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Monday, October 01, 2018

L ’Industrialisation de la vision


Cher Théo, comme c’était dur d’accoucher et pour si peu de résultat le commencement d’un toucher à ton texte, mais il y a, dans ce peu, une réussite, je la vois en retrouvant plus fort maintenant les grands ainés, Racine, Guyotat (dont je lis le livre nouveau, Idiotie) : comme un approfondissement de la littérature, de ma perception de la littérature dont ton texte a été et continue d'être l’une des portes, celle que je pouvais prendre. 
Je repense à toi aussi en retombant sur ce vers de Mallarmé : « Comme mourir pourpre la roue ». 
Je repense à toi en continuant de travailler à la dramaturgie de ton texte (à ce qu’il me révèle), en lisant, par exemple, La Vitesse de libération, de Paul Virilio, en particulier le chapitre : « La convoitise des yeux ». « La vision n’est plus la possibilité de voir, mais l’impossibilité de ne pas voir » (le défilement optique ne cessant plus). Et cette phrase, déjà, du prophète Franz Kafka : « Le cinéma, c’est mettre un uniforme à l’œil ». « A l’époque où chacun s’interroge à juste titre, dit encore Paul Virilio, sur la liberté d’expression et le rôle politique des médias dans notre société, il paraît souhaitable de s’interroger aussi sur la liberté de perception de l’individu et les menaces que fait peser sur cette liberté l’industrialisation de la vision. »
T’embrasse, 
Yvno

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Friday, October 14, 2016

Salut, Kate Splendeur ! Une bise de Marseille où je joue une pièce courte dans un programme et où une spectatrice pas idiote est venue vers moi hier me dire que le meilleur spectacle qu'elle ait vu à Actoral, c'est ce spectacle qu'on avait fait dans le cinéma du musée avec cette immense actrice, comment s'appelle-t-elle déjà ? etc. Visiblement tout imprégnée encore de toi ou de ton fantôme. Je t'embrasse, très chère

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Monday, September 16, 2013

D 'Immobilité


Hello Foofwa, tu vas bien ? juste le plaisir pour moi de te proposer un travail (encore une fois). Je sais que tu ne pourras pas car, comme tout homme physique, tu n'arrêtes pas (et qu'il faudrait te le proposer pour je ne sais quelle année dans le futur...) C'est tout de suite ! pour le festival Actoral à Marseille, les 8 et 9 octobre, répétitions du 9 au 15 septembre à Marseille ; c'est une commande d'après un texte de Jean-Michel Espitalier, L'Invention de la course à pied (et autres trucs). Je vais travailler aussi avec un vidéaste (de génie) avec qui je n'avais pas travaillé depuis longtemps, Patrick Laffont. Je te dis cela parce que, si tu n'es pas libre, peut-être y aurait-il moyen d'apparaître dans un film (mais c'est moins fun, évidemment !) Toujours ébloui, dans mon souvenir très frais, par la sensation si agréable que ç'avait été d'entrer après toi dans la salle ronde d’amour de La Condition des soies il y a 3 ans... (Je te le redirai encore souvent !) Je t'embrasse, 


Yvno

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Friday, September 13, 2013

L a Nuit à Marseille


Jean-Christophe Cavallin
Merci pour cette gymnopédie, ce tour de piste. C'est très beau, cette voix captive, satellite d'un corps nu qui fait le tour de sa nudité...



:-) Merci pour ta beauté, ta fidélité, ta sensibilité... Ce soir, je vais m'endormir avec toi à Marseille car je n'ai personne d'autre à qui penser... (mais comme je dis : toi, c'est bien !)







« Peu d'auditeurs des Gymnopédies (1888) d'Erik Satie connaissent l'origine de ce mot grec. À Sparte, lors du passage de l'enfance à l'adolescence, les rites d'initiation du futur citoyen se terminaient par les gymnopédies. Les garçons subissaient une longue station debout, exposés nus en plein soleil, parmi les chœurs de danse. Ces fêtes célébrées en l'honneur d'Apollon auraient été organisées pour la première fois par Thalétas de Crète (- VIIe s.). Les athlètes des jeux (lancement du javelot, du disque, etc.) rythmaient leurs évolutions au son de la flûte ; des scènes de chasse et autres sports étaient mimées par de jeunes Lacédémoniennes nues, dont les Athéniens se moquèrent en les traitant de phénomérides (« montreuses de cuisses »). »

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