Wednesday, October 02, 2019

P our César


C’est normal que J B pense désormais à son salut. Il faut imaginer la masse d’avions qu’il a pris. Imaginer au kilo. C’est pas imaginable pour le commun des mortels. Il se définissait lui-même comme un « jet artiste ». Constamment dans les airs. Quand c’était chic. Et mode. Et snob. C’est normal qu’il commence enfin à s'en apercevoir, dans le miroir, quelques remords. Il en a pour combien d’années à rattraper son bilan carbone ? 10, 20, 30 ans ? peut-être une centaine d’années… Il appelle à boycotter les spectacles qui voyagent en  avion. On va commencer par boycotter les siens qui ont pollué la planète en long en large quand ça n’était pas encore pointé du doigt (mais déjà réel). C’est pour l’aider. A un moment, dans la vie, il faut penser à son salut : quelle image de soi laisserons-nous aux générations futures ? Tout artiste se pose, à un moment, cette question. Narcissisme qui, comme je le faisais remarquer au commencement de mon intervention d'il y a 15 jours à propos de Merce Cunningham n’a pas grand chose à voir avec la planète. Ou si ? [César a l'air de croire que oui.]

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Tuesday, September 24, 2019

P ierre Guilbault



Photos de Marc Domage 

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Monday, September 16, 2019

C ette semaine


Il n'est pas sûr que Merce Cunningham ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu'il n'ait dite… par la danse. C'est ce qu'il fait remarquer, en tout cas — et non sans humour —, aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod qui ne s'intéresse — mais avec passion — qu'à ce qui n'a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale ou politique, pas d’« idées sur la chose », comme l’écrivait Wallace Stevens : « Not ideas about the thing, but the thing itself » ou Anton Tchekhov dans une lettre : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte ».
Yves-Noël Genod offre un non-spectacle dont il ne sait rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l'égide d'un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, dont l’évocation nous invite encore à diriger notre regard sur la danse…

Yves-Noël Genod dira au moins une phrase de Merce Cunningham (et peut-être un peu plus)

Avant-premières les mardi 17 septembre, mercredi 18 et jeudi 19, à 17h
Générale le vendredi 20, 19h
Représentations le samedi 21, à 15h et à 17h30 et le dimanche 22, à 16h 

Dans le cadre du festival Echelle Humaine
Lafayette Anticipations 
9, rue du Plâtre 75004

Attention ! Pour la générale et les avant-premières, en entrée libre, il est nécessaire de réserver auprès de Gilles Baume : gbaume@lafayetteanticipations.com 
Pour les représentations, passez par le site officiel
(jauge limitée)

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P hotos de Marc Domage



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Tuesday, August 20, 2019

Sunday, July 14, 2019

D’abord décrire la situation

L’idéal serait que je connaisse si bien l’œuvre et la pensée de Cunningham que je n’y fasse même pas allusion. Etre imprégné d’un monde. Et parler de tout autre chose. Ou peut-être de Cunningham aussi bien. Un spectacle peut en cacher un autre. C’est ce que j’essaye toujours de faire. Proust disait qu’il fallait lire les livres par transparence. Que, derrière le livre imprimé, il y en a un autre que l’auteur n’a pas écrit parce qu’il n’a pas su trouver les mots, soit qu’ils n’existent pas, soit par pudeur, soit parce que l’air du temps les lui interdit. Et que ce livre absent — mais lisible par transparence si on apprend à le faire — était beaucoup plus intéressant. L’air du temps, c’est quoi, en ce moment ? C’est, comme nous le savons tous, faire du théâtre politique. Il n’y a qu’à ouvrir le moindre texte de présentation, la moindre critique. Personnellement, je décroche au bout de trois lignes et je ne vais plus rien voir. Il faut faire du théâtre politique. Il faut dire que l’heure est grave ! Les enjeux sont importants ! Quand Amélie Couillaud m’a proposé de faire quelque chose pour le festival Echelle Humaine, on a cherché sur quoi. Elle m’a proposé quelque chose de politique — puisqu’on n’y échappe pas, actuellement. Nos cabanes, de Marielle Macé. J’ai lu le livre en deux heures. Après Proust, Baudelaire, Rimbaud, Racine, Houellebecq… c’était un peu triste de réduire à ce point mes ambitions (ce texte, à mon sens, mérite un 16/20). Alors, restait cette figure de Cunningham dont on fête le centenaire. Au moins, elle n’est pas politique. C’était le moyen d’y échapper. L’air du temps. Il était homosexuel. On ne lui connaît pas de pratique sexuelle prédatrice… Je devais, avec la figure de Cunningham, être un peu tranquille et pouvoir faire un spectacle qui aille « dans tous les sens », comme disait Rimbaud. Je n’ai jamais fait de spectacle que sur tout. Pas sur ceci ou cela, sur tout. Ou sur rien, si vous préférez.  La question qui s’est toujours posée, c’est : Quel titre et que mettre dans le programme ? Merce Cunningham. Au pied de la lettre : Cunningham !

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Monday, July 08, 2019

M rs. Barrett


« Tous mes engagements ultérieurs avec des danseurs pour qui la danse était le vecteur d’un message social ou un terrain d’explorations psychologiques n’ont pas détruit la conviction que Mrs. Barrett [sa première professeure] m’a transmise : la danse s'ancre dans l'instant qui se présente et sa vitalité, sa puissance et sa séduction proviennent justement du caractère unique de l'instant. Elle est aussi juste et impermanente que la respiration. »

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Sunday, April 21, 2019

R etour aux Roches Roses


Il n'est pas sûr que Merce Cunningham n'ait jamais eu quelque chose à dire sur la danse qu'il n'ait pas dite… par la danse. C'est ce qu'il fait remarquer, en tout cas — et non sans humour —, aux journalistes. Voilà qui a pu séduire Yves-Noël Genod qui ne s'intéresse — mais avec passion — qu'à ce qui n'a pas de sens. Pas de sens prédéterminé, pas de vision morale, pas d’« idées sur la chose », au sens — et, bien sûr, c'est encore un sens — de Wallace Stevens : « Not ideas about the thing, but the thing itself » ou à celui d'Anton Tchekhov s'exclamant (dans une lettre) : « il serait temps que les gens qui écrivent, en particulier les artistes, reconnaissent qu'en ce monde on n'y entend goutte. » (Oui, à toute les époques, l’art — qui améliore — a eu à lutter contre la politique — qui détériore.) Si Merce Cunningham parle, c'est, par défaut, de ce qui ne s’énonce jamais, sauf de rares fois, dans la poésie. Ainsi Yves-Noël Genod offre un spectacle dont il ne saura rien par avance, un « accident », une « conversation », dit-il, sous l'égide d'un jeune homme de cent ans, Merce Cunningham, qui invite non pas à regarder la danse, mais à se l'imaginer...

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