Tuesday, June 25, 2013

Cenizas de la realidad



Le prof. Le prof a une scène et une vision du monde. Il est plus mordant que Fabrice Luchini. C’est facile, il a un public de débutants en español : on est prêts à être malmenés comme des bulles de savon (« pompas de jabón » ; bulle de bd : « burbuja »). Bon, des exemples. J’ai le cerveau lessivé, mais il faut que je note car demain sera pire (et ce n’est que le premier niveau). Qui a dit que l’español était facile ? La Vietnamienne a annoncé il y a qq jours qu’elle redoublerait ; du coup, on ne l’entend plus et on lui fout la paix (faire la paix : «  hacer las paces con » (au plur.), vivre en paix : « vivir en paz con », avoir la paix : « tener paz »). « Acostar », c’est coucher, « acostarse », se coucher, et « follar », c’est baiser, mais « acostar », c’est aussi baiser (coucher dans le sens de baiser). Ce soir, je comprends l’allusion du prof qui nous fait deviner les mots (il adore ! on se souvient de « la messe est dite »...) — donc « acostar » ? Accoster ? « Oui, dit-il, accoster peut mener à acostar… » Voilà l’esprit. « Costar », c’est coûter. « ¿ Cuánto cuesto el libro ? » « ¿ Cuánto cuesto el consolador ? » Qu’est-ce que peut vouloir dire el « consolador » ? Certains osent le «  mouchoir », d’autres le « doudou »… et, de fil en aiguille, on en arrive au vibromasseur ou godemiché, le dildo, quoi ! L’art de manipuler les foules. « Consolar », c’est consoler. « Consuelo », c’est « je console ». Mais c’est aussi un prénom, je fais remarquer. Oui, surtout en Espagne, un prénom démodé, mais enfin, oui. Et le prof nous explique ces prénoms étranges, « Consuelo », « Milagros » (les miracles), « Remedio », « Purificación »… Il y avait à Formalangue une prof qui s’appelle Purificación et qui se faisait appeler Puri, diminutif, mais elle y avait renoncé et était revenue à son nom complet (et si étrange) parce que, dans la bouche des petits Français... Ces prénoms viennent de la Vierge qui dit : « je console », la Vierge Marie des miracles, la Vierge des remèdes (Maria Remedio), la Vierge Marie de la Purification, etc. Puis le prof dit, je ne sais pas à propos de quoi : « Te muestro el culo » : je te montre mon cul. « Recordar », il s’amuse parce que, tous comme un seul homme, là, on a dit que c’était clair, c’était : enregistrer. Non : se souvenir. Il dit : « Recuerdo esa puta canción ». « Inolvidable ». « Para enamorarse » : pour tomber amoureux. Quelqu’un chante : « Enamorame… » (fais-moi tomber amoureux…) « Rogar » : prier de, «  Te ruego sentarte sobre mis rodillas » « Mis rodillas » ? Genoux. Ouf, échappé au pire. Mes roubignoles ou je ne sais pas quoi… « Acostumbrarse » : s’habituer. Ex : « Haces eso para acostumbrarte a mis besos fogoso » Et il illustre la situation en proposant d’imaginer que c’est DSK qui dit ça, « …à mes baisers ardents ». Puis on change de registre : « Jean-Marc gobierna durmiendo » (Jean-Marc gouverne en dormant). « Negar », nier, « Negarse », refuser. Ex : « Me niego  besar  a ese camello ». Pas parce que c’est un camello, ajoute-t-il, parce que c’est un « camello feo », un camello moche. « Sentar », c’est asseoir, « sentarse », s’asseoir, mais « sentirse », c’est se sentir ; ce qui donne la phrase réversible : « Me siento bien cuando me siento bien ». Une facilité : « contar », c’est compter, mais aussi conter. « Contar el chiste », raconter une blague et alors le prof se met à raconter une blague, c’est un type qui rentre dans une librairie et qui dit : Je voudrais un livre d’Ernest Hemingway et le libraire lui répond : Il y a Le vieil homme et la mer et l’autre lui dit : Je vais prendre La mer, pour l’instant. Elle est pas mal, cette blague… Puis il dit encore : « ¡ Hijo de mil putas ! », fils de mille putes ! — et je dis : c’est joli… Ce n’est que la moitié du cours. Mais après la pause, on est des légumes. C’est intensif.

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R erun : à partir d'un poème de Jorge Luis Borges


« Somos el río que invocaste, Heráclito. » 

« ceniza del deleite » 
(cendres du délice)

« insidiosa esperanza interminable, » 

« vastos nombres de imperios que son polvo, »
(poussière)

« lóbrego un mar bajo el poder del alba, »

« el sueño, ese pregusto de la muerte, » 

« la roja mano de Macbeth que puede 
ensangrentar los mares, la secreta
labor de los relojes en la sombra, »

« un incesante espejo que se mira 
en otro espejo y nadie para verlos, »

« auroras, ponientes y crepúsculos »


« ecos, resaca, arena, liquen, sueños. »

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Trop


« Demasiadas mujeres
Demasiados hombres
Demasiado vino
Demasiada cerveza »

(Les exemples du prof.)

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Monday, June 24, 2013

Verbos reflexivos



Le prof dit des choses dégueulasses parce qu’il dit qu’on doit connaître ce vocabulaire.

Par ex : « Me quedo en casa durante el fin de semana para rascarme los cojones ».

Mais il dit aussi cette belle phrase de Blaise Pascal : « El corazón tiene razones que la razón desconoce ». C'est quand même très beau cette rime entre cœur et raison...

— Bonne nuit, mes amis ! mes faux amants ! Je n'ai plus le temps de vous voir et je commence à regarder les femmes... —

Il dit aussi : « Me quito la chaqueta en Quito ». Et il précise, parce qu'on y comprend rien : « Quito, capitale de l'Equateur ».

Il dit encore : « La puta madre que me parió ». 

Il demande d'écrire 2 ou 3 phrases avec des verbes réflexifs pour le lendemain. 
Est-ce que celles-ci fonctionnent ?  
« Me quedo delante del tele cuando estoy cansado » ; « Los gatos se lavan mucho pero los perros no se lavan » ; « Me equivoco a menudo entre el español y el italiano ».

« Lo siento », c'est : « Je suis désolé » et « hacer las paces », « faire la paix » (au pluriel). Je parle de Zahia que j'ai rencontrée dans un dîner et je mime sa cambrure. Il dit : « ¿ Quién camina así ? » Puis : « Es una mujer de negocios ».

« Gilipollas », c'est un couillon ou un connard. Et on peut dire « ¡ Coño ! » quand quelqu'un a gagné à la loterie ou qu'il est arrivé une merde, c'est positif et négatif. Il nous apprend aussi « la poya » (la bite) et c'est vrai que je comprends pourquoi tous ces mots sont choquants, c'est parce que nous sommes retournées à l'école où ces mots n'étaient pas pour les enfants. Romain que je croise 2 fois dans la soirée, d'abord bd des Italiens pour le film d'Emilie Lamoine et ensuite rue Monge à minuit (il va chez Marie aux Gobelins) me dit qu'au Mexique ils n'emploient pas « la poya » (mais il ne me dit pas ce qu'ils emploient).

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Friday, June 21, 2013

« Elle dort pour quitter ce monde de chair… »



Premier amour

J’avais 3 ans quand je suis allé à Madrid et ce sont mes premiers souvenirs,
Je me souviens des femmes avec les éventails dans le métro…
Et maintenant, la prof d’espagñol sort aussi son éventail.
Nous avons 2 profs, un argentin comique (fan de Daniel Prévost) et une femme española qui sort son éventail.



Métaphore

Le prof de danse demande si quelqu’un a déménager récemment. Il y en a… Alors il dit, sûr de son effet : «  Quand on a tout le corps qui participe, c’est comme si on avait toute une bande de copains qui venaient nous aider à monter les cartons (au lieu de déménager tout seul au cinquième étage sans ascenseur). » Et il ajoute : «  L’idée est que ça devienne facile. » (Mais ça, ce serait plutôt avec le titre : L’Utopie.)



« Eventail » : « abanico »

J’ai une très mauvaise mémoire. Je ne comprenais pas pourquoi mon père n’avait pas réussi à apprendre — une fois que je le lui avais demandé — une ou deux strophes du Bateau ivre. Impossible. Maintenant, je comprends. J’en suis presque au même point. Je suis obligé de me trouver des ruses mnémotechniques… Par ex, « abanico » que je m’en voudrais d’oublier, c’est «  à bas Nico » ! J’en suis là ! (C’est aussi le prof argentin comique qui donne le ton : « Sí, eso es » (« S.O.S. », « Oui, c’est ça »), « Buscar » (« bus car », « chercher »), etc.

Il y a deux mots pour « saison ». La saison théâtrale ou de chasse, mais pas climatique, c’est « la temporada », c’est pourquoi on traduit le célèbre titre d’Arthur Rimbaud : Una temporada en el infierno, mais on dit : Las cuatro estaciones de Vivaldi.

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