Monday, August 22, 2016

J’étais en Corse, amoureux des riches, de la pluie et de la mer, du soleil donné pour les riches, de l’eau pour les riches, des poissons et des homards pour les riches, du sable et des jeux de plage pour les riches, tout le monde est riche et la richesse est partagée, il n’y a qu’un monde et il faut le préserver. Bien sûr, le désir (entrave au bonheur) n’est pas absent, envie d’une femme (par exemple), envie d’une femme en trophée, envie de la disputer au voisin, envie d’un de ces yachts qu’on voit dans la baie (à portée de main) ou d’un de ces voiliers sublimes, malgré l’anesthésie de la chaleur... Le désir, peut-être… Les nuits sont si belles… Je pense, les propriétaires, sont des prédateurs, je voudrais bien en être, ont forcément tué (ou écrasé des peuples) ou, s’ils ne l’ont peut-être pas fait eux-mêmes directement, ils connaissent et tutoient et font des affaires avec ceux qui le font ou l’ont fait, qui pratiquent le crime politique (toujours efficace, disait Staline), mais tout cela n’est rien, je le reconnais, je le pense, oui, que les peuples s’anéantissent, la musique stérile, souffrent au loin, tout cela n’est rien face à cet absolute : être riche et sur la mer. Relire Marguerite Duras, il m'en reste l'envie, les livres où elle avait mis tout le grand soleil et la genèse du monde, Le Marin de Gibraltar…  Et puis je rentre et sous mes fenêtres (j’habite un quartier populaire) se déploie sans vergogne l’immense stupidité de nos tortionnaires. Il paraît qu'ils font leurs bagages dans les ministères. Ils doivent plus être grand monde. Bien que Jésus l’ait dit et répété dans leurs églises : « Les premiers seront les derniers », ces premiers de la classe (on ne peut pas leur en vouloir) qu’on a gentiment portés au pouvoir passent leurs dernières heures à dégommer les pauvres. Ça se passe en plein Paris, Jaurès, Stalingrad, c'est chez moi, je peux en témoigner, c’est quasi tous les jours depuis plusieurs mois et le tortionnaire en chef ne s’appelle pas Staline ou Mao ou Pol Pot ou Fidel Castro, non, il s'appelle Bernard Cazeneuve et il a beaucoup de soutiens et, au nom de la gauche, il mène une politique d’extrême-droite. Et j'ai honte.

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Saturday, August 24, 2013

L es Apaches



Le film de Thierry de Peretti est bien. Il traite des riches et des pauvres. Je ne crois pas qu’il existe un autre sujet. En sortant, il y avait dans mon quartier une rixe, deux bandes qui se menaçaient dans des langues incompréhensibles, avec des barres de fer, genre West Side Story, Roméo & Juliette, des agiles et des gros un peu derrière (comme dans le film de Peretti) et les filles en voiture-ballet, pas moins effrayantes. L’une des filles était en cheveux jusqu’aux fesses et en trottinette rapide, pure sorcière. Je ne sais pas pourquoi, on dirait que depuis mon séjour en Corse (8 jours), tout a changé. Ils se déplacent maintenant en trottinette. Une voiture de flic (fourgonnette) est passée, a ralenti — j’ai soupiré d’aise —, mais elle a disparu. Peut-être les flics ne se sentaient pas de nombre, ils ont préféré glisser. J’ai fait un détour pour rentrer chez moi. Temps de guerre. Clément à qui je disais que, ce qui m’effrayait dans la vie, c’était que nous étions de plus en plus nombreux et qui m’en parlait — puisqu’il a été 15 ans en Chine, — me dit ce soir : « A propos du « nombre », ne soyons pas effrayés ! Crois-tu en une piste de création poss sur ce thème ? » Clément me dit qu’il n’aime pas la Corse à cause de la violence. Sa maison a été plastiquée. 

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