Saturday, October 10, 2026

R eviens quand tu disparaîtras


Des années que je n’étais pas revenue aux Bouffes du Nord, je ne sais pas pourquoi, c’est absolument mon théâtre préféré et c’est en bas de chez moi ! J’aime aussi les gens qui le dirigent. Mais, voilà, la vie, sans doute, parfois, se passe « ailleurs » — et cela sur des années disparues comme des journées. 
 
Je me suis éloignée du théâtre pour lequel j’ai beaucoup donné, beaucoup de passion, pour me tourner vers le réel, les maisons de retraite, par exemple (où il y en a tant, de théâtre !) Mais le spectacle de ce soir, je l’ai beaucoup aimé. Je ne saurai pas en dire grand chose, à chacun d’en faire l’expérience. Moi, ce que j’ai aimé, c’est qu’il se baigne dans « l’impur », tête immergée dans l’impur et respirez avec ça ! Le fond du spectacle est terrible, mais, parce qu’il très bien joué et qu’on est au théâtre, c’est donc pour le plaisir. C’est cela l’impur, le théâtre, par essence. Que de l’ambiguïté.
 
Que du ratage, soir après soir. Tous les spectacles subventionnés sont de gauche — et je le suis aussi, de la gauche de Colette Capdevielle, mon héroïne.
 
Seulement la gauche s’est mise dans un tel état, dans une telle impasse que le théâtre est à son image : tragiquement inepte. Voilà ce que je pense.
 
L’immense continent noir du théâtre de droite que je connais mal semble appeler, parfois, la lucidité. 
 
Valérie Lemercier, c’est « rive droite » et c’est lucide. (Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.) Mais, ici, tout va bien, ça s’empare du sujet à bras le corps intelligent donc tragique et farcesque
 
Ça ne fait pas tant « passer un message » que tout le monde connaît que le remuer là où ça fait le plus mal, là où ça fait du bien. Goya (Anne Carson le dit dans une vidéo que je viens de voir passer) a peint ses terribles « Peintures noires » au-dessus de scènes idylliques, paysages, prairies, ciels, petites figures  dont il fait resurgir, parfois, certains motifs    

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