Thursday, June 23, 2011

Une allusion au Sahara

Juste dire – on s'est pas beaucoup parlé à Pontempeyrat cette année – alors juste dire que, pour moi, pour Bénédicte et, je crois, pour les stagiaires, ça a été encore une fois une expérience très forte et singulière, ce séjour de juin dans cette région sinistre (mais parfaite). Ce que j'espérais a eu lieu : ça n'a rien eu à voir avec l'année précédente, chaque expérience est singulière. (C'est aussi pour ça que je tenais à la présence de Bénédicte Le Lamer : tout à coup une autre configuration dans les astres. C'est toujours le même univers, mais à des années-lumière dans un autre temps, un temps différent.) Bref, il s'est passé quelque chose. Une chose qu'on essaie maintenant d'oublier au plus vite pour ne pas céder à la nostalgie, à l'émotion (ce métier nous y habitue, aux séparations). Nicolas a fait allusion très chaleureusement à un retour l'année prochaine. J'y suis évidemment entièrement favorable. Il y a peut-être le problème du remplissage – bien que, pour ma part, le groupe de huit, par exemple de la dernière semaine, ait été plus adapté à ce travail difficile à nommer qu'à douze (ça n'aurait pas été la même chose).
Une allusion aussi a été faite au Sahara : toujours favorable.
Et encore : j'ai vu mon nom dans le programme des Pontempeyresques. Alors, ça, il faut qu'on en reparle, ça m'était complètement sorti de la tête, je dois dire. Là, ça me pose une colle. Faut qu'on en reparle... (Je n'ai plus aucune idée de comment cette chose – de quelle ordre ? – avait été évoquée...)

Des bises

Yvno

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Sunday, June 19, 2011

Vers le soir

A l'heure lyrique,

l'émotion étant (trop) grande toute à l'heure – nous quittant, toi et Boutaïna, à la station Philippe Auguste – vous laissant dans la rame. Et regagnant nos solitudes. Après ces trois semaines-bonheur, pour moi : vivre « vivRE VIE », dit Nijinski.
Je tairai tout le reste, ne voulant toucher au sentiment.
Juste dire – de joie (de vivre) – de joie d'être, en vie – de théâtre, j'ai entendu ce que Hölderlin nous a écrit : « transmis vivant ».
Et toute l'humanité. Et toute l'humanité.


Merci (c'est peu) infiniment
B.

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Tuesday, June 14, 2011

Solène Arbel

bonjour, chez vous c'est la Pentecôte et chez nous aussi ! un long dimanche de deux jours
je vais visiter le blog de temps en temps pour voir où vous en êtes, ces trois semaines de stage me paraissent interminables, vivement qu'elles soient finies, et que j'arrête de penser à vous ! Pour les titres de spectacles à venir annoncés sur le blog, en tant qu'actrice, je me présente sans cv. enfin, la scène de bal que nous jouions avec Laurence était extraite d'Un oiseau blanc dans le blizzard, de Laura Kasischke

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Friday, June 10, 2011

ton épisode caravane m'a rappelé un épisode similaire
j'avais trouvé une technique, frustrante, mais tant qu'il y a éjaculat...
branle de tes petits doigts juste le prépuce activement
alors la nuit sera douce, pas de bruit, et pudeur alimentée
mais, pour le matin, paraît-il qu'il faut conserver sa vigueur sexuelle
mais, pour toi, la question ne se pose même pas

tu sais quoi, amour, je ne rêve que de Mékong où je file dans peu de temps
hourra hourra
de restaurant nord-coréens et de cabanes sur pilotis pour gribouiller sur mes carnets (cranets)
j'penserai à toi naturellement mais no suçage, j'ai les lèvres gercées
j'irai

Il est bientôt temps que quelqu'un fasse un ouvrage sur ton œuvre
voilà ce que je voulais te dire


Lol V. Stein putain
ça, c'est sidérant

tchô
Fernand

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Monday, May 23, 2011

Chers amis,

Sorry, il s’agit juste d’un petit mot. J’ai peu de temps, en ce moment, j’enchaîne les choses. Je suis encore à Berlin (puis à Rennes) où je termine un stage de six semaines avec les élèves de l’école du TNB (à Rennes). Nous avons travaillé sur et avec des textes magnifiques. Ça me donne envie de poursuivre. Je peux vous donner ce qu’il me vient à l’esprit, mais, bien sûr, ce n’est qu’indication. Il faut s’occuper de choses très belles, c’est la seule loi, parce que c’est plus facile. Donc, a priori, pas de contemporain (mais vous verrez qu’il y en a dans la liste), des classiques – et même : les scènes les plus jouées en partant du principe qu’elles le sont parce qu’elles sont les meilleures. Shakespeare n’est pas dans la liste, mais vient en premier, bien sûr. Dante (dans la traduction de Jacqueline Risset), Elfriede Jelinek, Peter Handke, Botho Strauss, Artaud (tout Artaud !), Marguerite Duras, Gérard de Nerval, Edgar Poe, Jorge Luis Borges, Gœthe (Faust), Hölderlin (Antigone), Corneille, Tolstoï, Almodovar, Stig Dagerman, la Bible, Pierre Guyotat, Olivier Steiner, Pierre Courcelle, Neimad, Grisélidis Réal, Virginia Woolf, Roland Dubillard, Brecht (les poèmes), Joseph Beuys, Barbara, Jean-Luc Godard, Gilles Deleuze, Georg Büchner, Virginie Despentes… Mais tous les films, les séries (l’année dernière on avait fait Twin Peaks). Amenez des textes, des dvd, révisez vos classiques à vous, les choses que vous avez déjà jouées (et qu’on pourrait retraverser, ça va plus vite), amenez du maquillage, des costumes, des accessoires, ce que vous avez de plus beau, bien sûr, c’est dans la cambrousse, mais la nature est très belle là-bas (en cette saison), ce serait merveilleux d’aller saluer la splendeur en robe du soir ou en smoking (ou en costard Givenchy). Amenez ce qui est beau, ce qui vous va, les gants de Gilda, amenez des armures et des épées, c’est toujours ce qu’il manque dans les stages. Amenez des paillettes et de la musique. Des masques s’ils sont très beaux (sinon rien). Vous pouvez me joindre bien sûr.

Au plaisir

YN

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Friday, May 20, 2011

Antonija is back !

Mon cher Yves-Noël Genod,



« come, come, whoever you are.
wanderer, worshipper, lover of leaving-it doesnt matter,
ours is not a caravan of despair
come, even if you have broken your (golden bough ) a hundred times,
come, come again, come. »



I simply wonder if our time has come.
After many midnights and maybes, and some years now !!
my love for you has not lost its shininess,
it still has a lot of shininess. A fluorescent gray.


X,
Antonija Livingstone

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Comme si tout à coup jouer n'était vraiment qu'un jeu d'enfant

Lettre à Yves-Noël Genod

Bonjour,

Je suis comme l'indique mon C.V une actrice ayant, par la force des choses, développé d'autres activités, je suis donc une fille polyvalente et une actrice qui ne joue pas beaucoup...
Je n'ai fait que très peu de démarches pour travailler en tant qu'actrice avec d'autres compagnies en dehors de la mienne et également très peu de stages ou formations complémentaires...
Et ceci parce qu'il y a eu un long moment où je ne le voulais pas, par orgueil, par peur, par fragilité et aussi par foi et enthousiasme...
Les seuls auxquels j'ai entrepris de postuler sont des stages qui étaient orchestrés par une personne qui m'interpellait particulièrement (Michel Fau, Jean-Michel Rabeux) et qui ont eu chez moi un effet et un impact considérables quand à l'ouverture et la disponibilité dont vous parlez...
Alors voilà, je suis venue vous voir cet été à Avignon où vous jouiez lisiez disiez l'histoire de Vénus et d'Adonis, et votre manière d'appréhender le texte le public la scène m'a laissée perplexe, comme si tout à coup jouer n'était vraiment qu'un jeu d'enfant... et qu'à ce moment précis le monde vous appartenait... et c'était jubilatoire, beau, délicat, brillant, drôle (forcément) et traversant... Tout ce qu'il fallait selon moi qu'il existe sur un plateau et qui me semble insurmontable y était...
Vous avez choisi ma main, ce jour-là, et comme je suis une fille qui croit aux signes, hé bien, quand mon amie Cécile m'a parlé de cette formation à Pontempeyrat je me suis dit que j'avais, à l'heure actuelle, grand besoin de vous rencontrer et d'aller me mouiller un peu avec de nouveaux inconnus sur ce terrain miné qu'est la scène...
L'envie de jouer me tenaille, de jouer vraiment, d'oublier le temps, de laisser resurgir l'enfant qui attend patiemment, de m'enfoncer là où je ne sais pas, de me dévoiler à moi-même et aux autres, l'envie d'apprendre des autres en jouant avec eux ou en les regardant, de me mettre à nouveau en danger même si au fond l'idée me terrifie et de croire pour quelques semaines, quelques jours, quelques heures, que ma vie a un sens et que je n'ai pas entrepris tout ce que j'ai décidé pour rien... et que je suis encore une actrice tout simplement...
Voilà pas vraiment grand chose d'autre, je crois que j'ai exprimé l'essentiel des raisons pour lesquelles j'ai envie de participer, elles ne sont pas très nombreuses mais elles sont de taille (vu mon gabarit elle occupent de la place) et j'espère qu'elles vous suffiront..
A bientôt peut-être.

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Shakespeare avec qui j’entretiens une histoire

Le désir de participer au stage « Jouer Dieu » est né d’une rencontre, celle avec Yves-Noël Genod en juin 2010. Alors en résidence avec Les quatre jumelles, de Copi, nous étions à un moment critique du travail, coincées, liées et pressées par le doute. Nous avions eu alors un très bel échange avec Yves-Noël autour de la possibilité de parler de nous, de notre expérience et de nos problématiques personnelles. Cette dimension nous a accompagné sur toute la suite du travail. Ce qui représentait pour nous des obstacles quasi insurmontables sont devenus peu à peu nos moteurs de création. En des temps où le virtuel et la désincarnation ne cessent de gagner du terrain, j’ai ressenti la réelle nécessité de réfléchir à la présence de l’acteur en ce qu’il possède d’étonnamment vibrant et personnel.
Si aujourd’hui je souhaite participer à ce stage durant la semaine du 13 juin, c’est dans un premier temps parce que je souhaite éprouver à nouveau cette expérience du « moi-source ». Je ressens de plus en plus ce besoin de mettre en chantier et d’interroger ce « être-monde », de me risquer au vertige de l’incommensurable.
J’envisage cette semaine comme un travail de recherche et d’expérimentation supranaturelle abordant l’essentiel de l’art théâtral : le jeu. De plus, n’ayant pas joué depuis environ une année, ce stage représenterait pour moi une belle manière de revenir au jeu, dans un lieu qui m’est précieux : l’Hostellerie de Pontempeyrat, endroit où il est possible de tester et de se tromper, tout en s’affranchissant des contingences du quotidien.
Enfin, sachez que je suis capable de m’intégrer à un groupe et apprécie le travail en collectif. De part mes études de Lettres Modernes et d’Arts du Spectacle, je suis en mesure de pouvoir attester d’une certaine familiarité avec les grands textes du répertoire, tout particulièrement avec ceux de Shakespeare avec qui j’entretiens une histoire quasi obsessionnelle depuis maintenant plusieurs années.
Dans l’espoir d’une prochaine rencontre,
Bien cordialement,

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