Saturday, December 03, 2022

 




TITANIC, hélas, Photos de Philippe Duke

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R etours (TITANIC) (3)


Philippe Duke (Philippe Mangeot)


C’est la deuxième fois en quelques mois que l’écoute sur scène de Der Doppelgänger de Schubert m’arrache des larmes. Aujourd’hui c’était dans le noir de la péniche La Pop, au début de Titanic, hélas, le spectacle d’adieu à la scène d’Yves-Noël Genod.

On aimerait que ce soit faux, qu’YNG ne naufrage sous nos yeux que son double, ce « pâle compagnon » qu’évoque le lied de Schubert. On veut y croire, en se disant qu’il ne cite pas par hasard Claude Régy et Marguerite Duras, avec qui il a travaillé, et pour qui entrer sur scène était une mise à mort symbolique : tout beau théâtre tient de la cérémonie des adieux.

Mais on est pas sûr qu’il s’agisse de cela : chez Yves-Noël Genod, la frontière entre l’homme et le rôle n’est jamais claire, et c’est aussi de la difficulté d’être un artiste à partir d’un certain âge, quand beaucoup de celles et ceux avec qui on a travaillé sont morts.e.s ou ne donnent plus de nouvelles, quand on est une actrice d’une autre époque, quand « la situation n’est plus aux p’tits gars comme [lui] » que parle Titanic, hélas.

À la fin, YNG se tait, pique un somme sur un hamac, laisse la place à deux spectres —Marielle Monnié qui parle sans voix et Aymen Bouchou qui chante des tubes déchirants —, puis il se relève et disparaît derrière une porte. Et on se dit que c’était c’est peut-être vrai, que c’était peut-être la dernière fois.

Le spectacle tout entier entretient cette incertitude. Il convoque mille fantômes sur un plancher défoncé, mixant leurs mots dans une folle logorrhée, récitant des poèmes angoissés (« les vagues terreur de ces affreuses nuits / Qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse » — mes deux vers préférés de Baudelaire, entendus ici comme jamais) : dans ce bateau ivre tout sera bientôt consommé. Et pourtant, ce Titanic a le ressort et la drôlerie d’un stand-up : ici, on tient debout et vivant, tant du moins qu’il y aura du champagne (qu’YNG a distribué au public à l’entrée) et des pastilles pour la toux (qu’il file au cours de la pièce à une spectatrice enrhumée).  Ces adieux ont des airs d’impromptu, avec ce que cela suppose de « non finito ». YNG est mort, longue vie à YNG.




Antoine Pickels


Bonjour Yves-Noël

On s’était croisés quand tu étais venu donner un workshop au Cifas à Bruxelles (même si je ne m’étais pas beaucoup occupé de ce stage, je pense que je préparais un festival ou une publication, j’avais juste dit que c’était très bien de le faire… et à peu près disparu). 

J’ai vu hier Titanic, et j’ai trouvé ça splendide – c’est ce qui m’a plu le plus de ce que j’ai vu de toi (et j’ai bien aimé déjà bien d’autres projets). Juste pour le dire, déjà. Un équilibre ici entre le tenu et le flou qui m’a subjugué.

Je me demandais sournoisement s'il s’agissait définitivement de « dernières représentations » ou s’il serait envisageable d’imaginer d’autres représentations de ce dernier spectacle ailleurs — de faire tes adieux à Bruxelles, par exemple dans le festival Trouble dont je suis curateur (prochaine édition du 18 au 22 avril). On devrait pouvoir trouver une péniche (ou une écluse). Ou l’imaginer.

(NB: ce week-end, pour une raison indépendante de notre volonté le site du festival déconne complètement, mais d’ici mardi, disons, cela devrait être rétabli – si tu veux voir ce dont il s’agit.

Je sais que tu es souvent à la Cambre (où j’enseigne aussi, performance et histoire des arts vivants), hier on est repartis ravis manger un bout avec Gilles Collard qui m’a dit que cette idée n’était peut-être pas si folle, en tout cas que cela valait la peine de te poser la question. Voilà.

Bien à toi,

Antoine Pickels




Elena Andreyev


Cher Yves-Noël Genod,

J’ai eu votre mail par Gérard Pesson : nous faisons partie du même fan-club….

Par où commencer et comment — voici un moment que je veux vous écrire (depuis mars 17, me dit mon journal, lorsque j'ai vu La Beauté Contemporaine à la Ménagerie de Verre). Mais voici — je suis allée voir, deux soirs après Titanic, hélas, un spectacle de danse qui m'a fait penser, dans son organisation (sa conception même sans doute), au manque de bienveillance qu'il faisait ressentir, entre nous, entre tous — je me suis dit en sortant qu'il faudrait faire un spectacle dont ce fût (la bienveillance) le sujet, et puis je me suis dit que j'avais vu ce spectacle il y a deux soirs, dans la péniche Pop. La coupe de champagne avec laquelle vous nous tiriez du froid, les coussins distribués en s'assurant que chacun était bien, vos acolytes visibles et invisibles, nous n'étions pas seuls — et si c'était bien vous que l'on venait  voir, écouter, on se sentait étrangement écouté, entendu, accueilli, entouré.

Et puis je vous ai aperçu, à quelques rangs devant moi, le lendemain encore, à l'extraordinaire spectacle de Trajal Harrell, et la boucle se bouclant je me suis dit que je vous écrirai, pour quoi je ne sais pas trop, mais au moins pour vous dire que ce que vous donnez a une bonne petite tendance à me bouleverser, à faire vibrer cette longue et fine corde de mélancolie qui sous-tend, à me fasciner aussi parce que je ne vois pas bien de quoi c'est fait, sinon de présence, de justesse, de gentillesse (au sens le plus doux et poignant du terme), de distance exquise. (et de toutes sortes de références, de Sylvie Joly à Proust, en passant par le chevrotement de Jankélévitch et les blagues belgo/portuguaises, qui me sont amies).

Je me souviens encore de ce que nous étions sortis aériens et transportés de la Ménagerie de Verre : cette belle jeunesse, forme et informe, liée et déliée, masse devenue mousseuse de laquelle s'échappaient tant de traits très singuliers — l'articulation et le legato du groupe : c'était « la petite bande », dans toute sa beauté, si incroyablement, si essentiellement donnée à voir et sentir. C'est du parfum pur. J'en suis restée shootée pendant un moment, comme je le suis aujourd'hui après Titanic — et comme ça n'arrive pas si souvent il faut que je vous le dise, et que je vous remercie de donner ainsi du goût à l'existence.

Mon souvenir de ce temps dans la péniche (je dis temps parce que ce n'était vraiment pas une heure ou deux, c'était du temps, un temps dans lequel j'arrive à retourner parce que vous en avez ouvert la porte, en bon Mage) feuillette encore, fermente encore, bouleverse encore. Je ne saurais dire si votre voix est grave ou aigüe, mais je l'entends encore — sa vibration continue d'agir à mon oreille, et me maintient dans une zone affutée, attentive, interloquée, interlope sans aucun doute !

Votre spectacle s'appelle Titanic, et pourtant vous évitez, avec une grâce qui n'est qu'à vous (mais c'est sans doute une espèce de pléonasme — peut-on avoir une grâce qui n'est pas la sienne.., c'est peut-être seulement ça, la grâce) le moindre petit écueil — ou l'effleurez d'une caresse en passant. Nulle catastrophe dans cette navigation qui tient plus du tapis volant que du paquebot — si ce n'est celle de notre existence, de chacun de nos big & small bangs.

Cher Yves-Noël Genod, je ne vais pas vous ennuyer plus longuement avec ces élucubrations — il y en aurait bien d’autres, et des questions… je vous envoie tout de même ce mail en sachant (je suis musicienne) que ça fait plaisir quoi qu'il arrive d'avoir des retours, et espère ne pas vous avoir emm...é.

Je vous envoie un cd par la poste, histoire de la ramener un peu.

Je vous embrasse, avec toute la distance sociale que permet le mail et que vous pourrez choisir.

Fourcade m'a dit un jour qu'il ne fallait jamais hésiter à dire que l'on aime : voici.

With Love, 

ea




Sophie Rieu


Cher Yves-Noël,

Je t’écris pour te dire combien j’ai été heureuse de pouvoir te voir sur scène une « dernière » fois, même si je l’espère, ça ne sera justement pas une dernière fois, ni pour toi, ni pour ta compagnie. Et j’espère bien aussi que la profession (je veux dire les programmateurs) aura un sursaut de clairvoyance.

Je sais bien que tu es « hors tout », et c’est bien pour cela que tu es non seulement « une grande actrice » ou plutôt d’ailleurs une « splendide actrice », tout simplement un artiste et pas un simili truc comme on en programme partout actuellement. Je trouve absurde cette époque où l’on exige que les artistes entrent dans les « dispositifs », alors même que les dispositifs devraient s’adapter aux artistes ! mais ça… (soupir)…j’ai lu mon petit Agamben, va…je sais bien…

Je sais aussi qu’ « il ne faut pas s’irriter contre le cours des choses », tu ne le dis pas dans le spectacle et pourtant cette formule d’Euripide aurait aussi eu toute sa place dans Titanic, qui ne dit pas autre chose durant 1h30.

Mais tout de même, ça m’irrite.

Que dire d’autre : c’est du gâchis ! Il faut absolument que quelque chose renaisse ! qu’on ait un sursaut de lucidité ! pour une fois !! Et en même temps je sais que ça ne dépend plus de toi. Le Théâtre du Pélican aussi va fermer, à Clermont, le 31 décembre alors qu’il me semblait faire un bon boulot avec la jeunesse. On va voter la dissolution ce soir, puis la liquidation de l’association, et tout va partir au tout à l’égout. Conserve ton association, de ton côté, ne dissout rien, reste en veille. Je suis persuadée que quelque chose pourra se relancer avec le Dispariteur !

Bien. En fait j’écrivais pour te dire merci, parce que c’était simplement très beau et la beauté est plus que jamais nécessaire. Je sais ce que je dis, j’ai écrit une thèse là-dessus 😉

J’écris aussi pour Gaël avec qui j’ai dîné après le spectacle et qui pense la même chose que moi. Toi, elle et d’autres pour de multiples raisons, êtes les dommages collatéraux de la disparition des lucioles. A un moment, il va bien falloir stopper cette inconséquence !

Je n'ai pas de solution toute prête, mais j'y travaille.

Je t’embrasse

Sophie

(Pardon, je voulais faire court 😕)


Oh, merci de ton mot, chère Sophie ! 

Si, je la dis un peu, la phrase d’Euripide, presque à la fin du spectacle (et sans doute à d’autres moments) : 

« Je n’oppose rien à la roue qui tourne. Toute mon activité tendait à ce dernier spectacle 

Il y a des voyages qui se font avec un seul bagage : le cœur »

Je t’embrasse, en effet, restons optimistes, non par sentiment psychologique, mais par méthodologie ! 

Yves-Noël


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Tuesday, November 29, 2022

T ITANIC, compte-rendu d'Eve Beauvallet


Stand-up

Yves-Noël Genod, les adieux à la scène d’une «grande actrice»

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Icône des marges, génie de l’incongru, l’ancien acteur de Claude Régy et ami de Marguerite Duras tirait, ce week-end, sa révérence dans «Titanic, hélas», sublime stand-up donné sur une péniche dans l’adoration de son public et l’indifférence des «pros». Touché, vraiment coulé ?



Le spectacle prend la forme d’une adresse drôle et mélancolique d’une génération d’artistes à l’autre. (Photo © Sébastien Dolidon)

par Ève Beauvallet

publié le 28 novembre 2022 à 16h12




Il cite Françoise Sagan et les Grosses Têtes avec la même grâce. Pour un peu, il ferait passer du Patrick Timsit pour du Marguerite Duras. Il aime à la fois le chic et le toc. Quand il «reçoit» au théâtre comme d’autres tiennent salon, il sert toujours aux spectateurs du champagne dans des verres en plastoc. N’est-ce pas la moindre des choses quand on est la plus grande actrice de son époque ?

Ce week-end, à contrecœur et presque en douce, Yves-Noël Genod faisait ses adieux à la scène, sur la Seine. Dans la cale d’une péniche parisienne, ses fans s’entassaient sous des manteaux, des plaids, et quelques gilets de sauvetage pour entendre son Titanic, hélas (c’est le titre), révérence tirée à une carrière qui prenait l’eau. Tandis que l’artiste disparaissait dans le noir, main dans la main avec une vieille dame au dos voûté, maquillée de fards colorés et gantée jusqu’aux coudes comme les chanteuses de music-hall, le froid et l’émotion faisaient naître de la buée sur les hublots. Que s’est-il donc passé, dans la société, pour qu’on doive se passer des dingueries d’Yves-Noël Genod ?


A poil dans les vestiaires


Inoubliable pour son petit public d’addicts, tout à fait inconnu pour les autres, l’acteur, metteur en scène, grand accoucheur d’acteurs (mémorables Marlène Saldana ou Jonathan Capdevielle), avance lui-même des hypothèses en ouverture de ce sublime stand-up de fin du monde. Fin d’un monde, en tout cas. Le spectacle prend la forme d’une adresse drôle et mélancolique d’une génération d’artistes à l’autre. Les temps, constate-t-il, ne sont plus «aux p’tits gars» comme lui. Sans amertume, il en prend son parti. Quand Yves-Noël Genod est monté sur Paris pour jouer dans les spectacles de Claude Régy – un metteur en scène mort aujourd’hui, et dit-il, déjà tombé dans l’oubli –, «tous les garçons étaient homos […] La tendance s’est renversée et c’est normal […] mais, moi, je ne suis pas une petite chanteuse lesbienne de vingt ans, bien entendu ; hélas». Nécessairement, aujourd’hui, face à tous ces jeunes «homos déconstruits», comment ne pas apparaître, poursuit-il avec son élégance de grande dame, comme un «vieux naturiste» quand il prend sa douche à poil dans les vestiaires du théâtre, sous les yeux gênés de ses comédiens qui, tous, bien sûr, ont gardé leur slip ?

Dans sa bouche, les mots «vieux phoque» ou «grosse gouinasse» brillent du même raffinement qu’un vers de Charles Baudelaire. On ne peut pas dire ça ? Alors on ne peut plus rien dire ? Mais Yves-Noël Genod peut tout dire. D’abord parce qu’on n’est jamais sûr que ses mots soient bien les siens. Titanic est un grand jeu de sample, et n’avance que par citations, une polyphonie de voix où s’enlacent, sans que l’on sache vraiment à qui attribuer quoi, les mots de Florence Foresti et de Michel Houellebecq, de Paul Verlaine et d’Elie Semoun, de Vivienne Westwood et de Luc Plamondon.


Jeanne Balibar flanquée d’un dindon


Surtout, rôdent ici en fantômes les voix des plus mégalo des divas d’antan, grotesques dans leur besoin de briller, pathétiques dans leur peur panique d’être oubliées. Et Titanic devient alors une déclaration d’amour à leur verve, leur mauvaise foi, leur art de l’enfumage et du bobard, théâtrales névroses qui n’ont jamais été aussi bien servies qu’ici, avec cette silhouette oblongue qui n’appartient qu’à lui : la tronche d’Iggy Pop avec des yeux de Bambi, un charisme d’Aigle noir de Barbara surmonté du petit carré frangé jaune poussin de Mireille Darc, et cette façon de sembler, perpétuellement, étonné de sa propre incongruité. Une autre star des marges, un ami, le décrivait ainsi : «Un mélange de standing Yves Saint Laurent et de Royco minute soupe».

Yves-Noël Genod, donc, n’arrive plus à se produire et ne remplit pas les salles. Il s’adapte, il ouvrira une «petite boucherie bio dans les Cévennes». Comprenons aussi les programmateurs, toujours face à un sacré merdier avec lui : l’acteur et metteur en scène n’a jamais voulu créer de structure stable, ne travaille que sur commande et livre des projets jamais normés, sans «action théâtrale» répertoriée, jamais «finis». Les spectacles d’Yves-Noël Genod ont parfois ressemblé à ça : un paysage contemplatif nimbé d’ennui, et soudain, surgissant de l’outrenoir du plateau, Jeanne Balibar dans la brume flanquée d’un dindon. C’était sans doute «invendable» et c’était inouï. Fut un temps pourtant, dans le monde du spectacle vivant, des producteurs irresponsables s’acharnaient à faire place pour pareille bizarrerie.

Cette fois, pour la «der des der», Yves-Noël Genod leur facilite la tâche : Titanic dure 1h30 et se pose au parfait carrefour du Jamel Comedy Club et de Claude Régy. Un format parfait pour que ces adieux deviennent un come-back ! Il eut fallu peut-être que l’auteur contacte un peu plus de programmateurs. Au téléphone, Yves-Noël Genod admet qu’il manque peut-être de stratégie mais le pouvoir, dit-il, le «terrifie» : «Je ne sympathise avec les programmateurs qu’une fois qu’ils prennent leur retraite.» Est-il vraiment trop tard pour que les plus jeunes redressent la barre ?

Titanic, hélas d’Yves-Noël était donné à la Péniche POP du 25 au 27 novembre.


© Libé 2022

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Saturday, November 26, 2022

TITANIC, photos de Sébastien Dolidon

Friday, November 25, 2022

F euille de salle TITANIC


TITANIC, hélas


Avec Aymen Bouchou, Mariella Monnié, Yves-Noël Genod

Son : Benoît Pelé

Scénographie et lumière : Philippe Gladieux

Production : Le Dispariteur

Coproduction : La Pop


Durée 1h40


« Dans la rue, dans ta rue, dans la rue de tes représentations, de tes pensées à la volée (pensées: décharges d'humeurs), dans la rue, sans pouvoir sortir, te croyant arrêté, assis, ou étendu, immobile, te croyant dans une habitation, dans un refuge mais en réalité dans la rue, dans la rue depuis ton premier cri de nouveau-né découvrant ceci et cela, l'air, les pays et les langues et les personnes, recevant de tout, broyant n'importe quoi, faiseur d'inutile, voyant grand, agissant petit, faisant ménage hâtif avec ce qui se présente, concevant mal, croyant t'arrêter, te reposer, te terrer, mais toujours poussé en avant, avec l'Histoire, avec leurs histoires, dans la rue qui croise les leurs, qui en a croisé quantité, dans ta rue toujours, ah, c'est fini: ta rue ne va pas plus loin. » 

Henri Michaux Poteaux d'angle



Ce spectacle est un jeu de « samples » souvent non référencés. Vous reconnaîtrez (entre autres) sur votre chemin — ou pas — et pour autant que l’artiste en ait conscience — d’agréables citations plus ou moins déformées de personnalités aussi diverses que : David d’Angers, John Ashbery, Barbara, Charles Baudelaire, Christophe Beaubrun, Jean François Billeter, Robert Bresson, Peter Brook, Wayne Byars, Lord Byron, John Cage, Jeanne Calment, Richard Carrington, Michael Chow, Emanuele Coccia, Françoise Dolto, Marc Dugain, Marguerite Duras, Thomas Ferrand, Charles-Elie de Ferrière, Gustave Flaubert, Cynthia Fleury, Florence Foresti, Serge Gainsbourg, Romain Gary, Philippe Geluck, Jean-Luc Godard, Jean-Jacques Goldman, Gaëtan Goron, Peter Handke, Robert Hirsch, Victor Hugo, Friedrich Hölderlin, Michel Houellebecq, Dominique Issermann, Vladimir Jankélévitch, Elfriede Jelinek, Régis Kiefer, Jean de La Fontaine, Jean-Luc Lagarce, Bruno Latour, Charlotte Lévy, Lucky Love, Stéphane Mallarmé, André Markowicz, Saint Marc, Saint Matthieu, Pierre Michon, Corinne Morel-Darleux, Maxime Morin, Françoise Morvan, Dan Piraro, Luc Plamondon, Paul B. Preciado, Jacques Prévert, Pascal Quignard, Madeleine Renaud, Harmunt Rosa, Jean Sablon, Yves Saint Laurent, Jean-Louis Schefer, Gustav Schwab, Elie Semoun, William Shakespeare, Christiane Singer, Philippe Soupault, Philippe Terrier-Hermann, Tchouang-tseu, César Vayssié, Paul Verlaine, Krzysztof Warlikowski, Christophe Wavelet, Vivienne Westwood, Walt Whitman…


Yves-Noël Genod, interprète, a commencé à signer ses propres spectacles en juin 2003 à l’invitation du chorégraphe Loïc Touzé à qui l’on avait confié une carte blanche au festival « Let’s Dance » du Lieu Unique, à Nantes. Ce premier spectacle — qui s’appelait En attendant Genod — a entraîné dans son succès des dizaines et des dizaines d’autres, toujours présentés dans des lieux et des festivals de formes hybrides. Citons : Pour en finir avec Claude Régy ; Le Dispariteur ; Jésus revient en Bretagne ; Elle court dans la poussière, la rose de Balzac ; Oh, pas d'femme, pas d’cri ; Le parc intérieur ; Chic by accident ; Hotel Palace ; Je m’occupe de vous personnellement ; 1er Avril ; Rester vivant ; Les entreprises tremblées ; Par délicatesse, j’ai perdu ma vie ; Remise Venise ; La Recherche ; La beauté contemporaine ; Hamlet Unlimited ; Phèdre ; J’ai menti ; Sur le carreau… Il aurait voulu s’arrêter à la date des vingt ans de la compagnie (ou au moins en donner une fête dispendieuse), mais le rapprochement de la fin du monde obscurcissant l’horizon — d’après tous les indicateurs —, il a préféré prendre les devants et saluer son public encore vivant, encore debout, quand il en était encore temps. 


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Tuesday, November 22, 2022


 Mariella Monnie

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Tuesday, November 15, 2022

C om' (TITANIC)