Tuesday, September 03, 2013

J oie musicale


« Joie musicale contre les tristesses de la vie — et c’est en fin de compte la musique qui gagne et avec elle l’amour de la vie qui revient de loin et après en avoir vu, si je puis dire, de toutes les couleurs. »

Labels:

L e dénuement


« s’il n’y avait rien dans le monde, on ne pourrait pas tout aimer donc il faut bien que qqch provoque la joie (…) « You need a bare necessity », il en faut peu pour être heureux. (…) la simplicité rigoureuse qui consiste à se contenter de ce qui nous rend contents, à se satisfaire de ce qu’on a, à désirer ce qu’on a. C’est le fameux paradoxe épicurien : un homme riche à qui manque qqch est moins riche qu’un homme démuni à qui rien ne manque… vous savez, c’est Guitry qui dit : « Manquer de qqch, quel embarras, manquer de tout, quel débarras ! » Il y a qqch de cet ordre-là dans la joie : la joie est ascétique. La joie est une forme d’ascèse, mais c’est pas un idéal ascétique, c’est pas une ascèse par calomnie du corps, c’est pas une ascèse par punition, non, c’est un dénuement. (…) C’est un dénuement parce que c’est une manière de se rapprocher du monde et c’est un dénuement parce que c’est une façon de ne pas dépendre, en définitive, des conditions d’existence. Il appartient à chacun d’être joyeux. Ce qui pose d’ailleurs une question qui est redoutable en philosophie qui est la question du caractère. »

Labels:

L a Caverne


« Vous pouvez soit respecter une caverne, soit vous y promenez avec une torche électrique comme Stendhal ou Balzac. »

Labels:

E xplications expérimentales et personnages inexplicables


« Proust peut être comparé à Dostoeïvski qui présente ses personnages sans les expliquer. On peut objecter que Proust ne fait guère qu’expliquer ses personnages, mais ses explications sont expérimentales, pas démonstratives. Il les explique afin qu’ils apparaissent tels qu’ils sont : inexplicables. »

Labels:

« Chacun sait que dans les rêves on ne voit jamais le soleil. »

Labels:

Sunday, September 01, 2013

L ’Homme joyeux



« La joie est étonnement. »

Labels:

Saturday, August 31, 2013

U n poème d’inspiration nervalienne



« Pour moi qui fus roi de Bohême,
Qui fus animal innocent
Désir de vie, rêve insistant,
Démonstration de théorème

Il n’est pas d’énigme essentielle
Je connais le lieu et l’instant
Le point central, absolument,
De la révélation partielle.

Dans la nuit qui dort sans étoiles,
Aux limites de la matière
S’installe un état de prière :
Le second secret s’y dévoile. »

Labels:

C omme des miroirs dans la forêt, l’apparition de l’actrice



« Proust connaissait-il le mot de Péguy (« Homère est nouveau ce matin et rien n’est plus vieux que le journal d’aujourd’hui ») quand il fait dire à Swann : « Ce que je reproche au journaux, c’est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons 3 ou 4 fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles » ? »

Labels:

Friday, August 30, 2013

M ystère et clarté



« Nous savons que sous l'image révélée il en existe une autre plus fidèle à la réalité, et sous cette autre une autre encore, et ainsi de suite. Jusqu'à l'image de la réalité absolue, mystérieuse, que personne ne verra jamais. »

Labels:

Tuesday, August 27, 2013

Q uand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras...



«  Le Christ aux Oliviers



Dieu est mort ! le ciel est vide...
Pleurez ! enfants, vous n'avez plus de père !
Jean Paul.


I.

Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras,
Sous les arbres sacrés, comme font les poètes,
Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,
Et se jugea trahi par des amis ingrats ;

Il se tourna vers ceux qui l'attendaient en bas
Rêvant d'être des rois, des sages, des prophètes...
Mais engourdis, perdus dans le sommeil des bêtes,
Et se prit à crier : « Non, Dieu n'existe pas ! »

Ils dormaient. « Mes amis, savez-vous la nouvelle ?
J'ai touché de mon front à la voûte éternelle ;
Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours !

Frères, je vous trompais : Abîme ! abîme ! abîme !
Le dieu manque à l'autel où je suis la victime...
Dieu n'est pas ! Dieu n'est plus ! » Mais ils dormaient toujours !



II.

Il reprit : « Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;
Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,
Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,
Répand des sables d'or et des flots argentés :

Partout le sol désert côtoyé par des ondes,
Des tourbillons confus d'océans agités...
Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,
Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

En cherchant l'œil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
Spirale engloutissant les Mondes et les Jours !



III.

« Immobile Destin, muette sentinelle,
Froide Nécessité !... Hasard qui t'avançant
Parmi les mondes morts sous la neige éternelle,
Refroidis, par degrés, l'univers pâlissant,

Sais-tu ce que tu fais, puissance originelle,
De tes soleils éteints, l'un l'autre se froissant...
Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle,
Entre un monde qui meurt et l'autre renaissant ?...

Ô mon père ! est-ce toi que je sens en moi-même ?
As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ?
Aurais-tu succombé sous un dernier effort

De cet ange des nuits que frappa l'anathème ?...
Car je me sens tout seul à pleurer et souffrir,
Hélas ! et, si je meurs, c'est que tout va mourir ! »



IV.

Nul n'entendait gémir l'éternelle victime,
Livrant au monde en vain tout son cœur épanché ;
Mais prêt à défaillir et sans force penché,
Il appela le seul — éveillé dans Solyme :

« Judas ! lui cria-t-il, tu sais ce qu'on m'estime,
Hâte-toi de me vendre, et finis ce marché :
Je suis souffrant, ami ! sur la terre couché...
Viens ! ô toi qui, du moins, as la force du crime ! »

Mais Judas s'en allait, mécontent et pensif,
Se trouvant mal payé, plein d'un remords si vif
Qu'il lisait ses noirceurs sur tous les murs écrites...

Enfin Pilate seul, qui veillait pour César,
Sentant quelque pitié, se tourna par hasard :
« Allez chercher ce fou ! » dit-il aux satellites.



V.

C'était bien lui, ce fou, cet insensé sublime...
Cet Icare oublié qui remontait les cieux,
Ce Phaéton perdu sous la foudre des dieux,
Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime !

L'augure interrogeait le flanc de la victime,
La terre s'enivrait de ce sang précieux...
L'univers étourdi penchait sur ses essieux,
Et l'Olympe un instant chancela vers l'abîme.

« Réponds ! criait César à Jupiter Ammon,
Quel est ce nouveau dieu qu'on impose à la terre ?
Et si ce n'est un dieu, c'est au moins un démon... »

Mais l'oracle invoqué pour jamais dut se taire ;
Un seul pouvait au monde expliquer ce mystère :
— Celui qui donna l'âme aux enfants du limon. »

Labels:

Sunday, August 25, 2013

N erval,1808, de la génération Musset (1810)



« La Tête armée



Napoléon mourant vit une Tête armée...
Il pensait à son fils déjà faible et souffrant :
La Tête, c'était donc sa France bien-aimée,
Décapitée aux pieds du César expirant.

Dieu, qui jugeait cet homme et cette renommée,
Appela Jésus-Christ ; mais l'abîme s'ouvrant,
Ne rendit qu'un vain souffle, un spectre de fumée :
Le Demi-Dieu, vaincu, se releva plus grand.

Alors on vit sortir du fond du purgatoire
Un jeune homme inondé des pleurs de la Victoire,
Qui tendit sa main pure au monarque des cieux ;

Frappés au flanc tous deux par un double mystère,
L'un répandait son sang pour féconder la Terre,
L'autre versait au ciel la semence des dieux ! »

Labels:

Saturday, August 24, 2013

L 'Echarpe d'Iris



« Horus



Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers :
Isis, la mère, alors se leva sur sa couche,
Fit un geste de haine à son époux farouche,
Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts.

« Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers,
Tous les frimas du monde ont passé par sa bouche,
Attachez son pied tors, éteignez son œil louche,
C'est le dieu des volcans et le roi des hivers !

L'aigle a déjà passé, l'esprit nouveau m'appelle,
J'ai revêtu pour lui la robe de Cybèle...
C'est l'enfant bien-aimé d'Hermès et d'Osiris ! »

La déesse avait fui sur sa conque dorée,
La mer nous renvoyait son image adorée,
Et les cieux rayonnaient sous l'écharpe d'Iris. »

Labels:

Monday, May 06, 2013

Les Bouffes / la maison


« Ici, en effet, nous touchons une réciproque dont nous devrons explorer les images : tout espace vraiment habité porte l'essence de la notion de maison. Nous verrons, dans le cours de notre ouvrage, comment l'imagination travaille dans ce sens quand l'être a trouvé le moindre abri : nous verrons l'imagination construire des « murs » avec des ombres impalpables, se réconforter avec des illusions de protection — ou, inversement trembler derrière des murs épais, douter des plus solides remparts. Bref, dans la plus interminable des dialectiques, l'être abrité sensibilise les limites de son abri. Il vit la maison dans sa réalité et dans sa virtualité, par la pensée et les songes. »

Labels: