Tuesday, July 24, 2018

L 'Argentin


J’ai été émerveillé de voir débarquer Francisco (mets ton nom, ici) dans le workshop que j’ai donné à l’Ecole d’art de Cergy-Pontoise en février dernier (mets la date, je ne me souviens plus, peut-être en janvier ?). Pour tous, c’était une terra incognita — beaucoup, d’ailleurs, ne faisaient qu’y jeter un œil, par la porte laissée ouverte —, mais, pour Francisco qui venait directement d’Argentine et presque à sa descente d’avion, il semblait qu’il s’agissait d’eau et qu’il y était à l’aise comme on dit d’un poisson. Il jouait comme Gérard Depardieu dit qu’il faut le faire, comme respirer, comme vivre, « Moi, je ne joue pas, je vis ». Dans le difficile comme dans le facile, il était toujours dans le facile, c’est-à-dire qu’il comprenait qu’il faut s’habiller de soi-même, ne pas avancer couvert mais ouvert et que c’est la seule chance de rencontrer le présent, le moment. Il jouait avec tous ceux qui se présentaient comme s’il les connaissait depuis toujours. Il venait d’arriver, mais l’instinct était pur, animal, en même temps discret, léger comme un enfant. J’ai adoré travailler avec lui. C’est de lui dont j’ai gardé un souvenir inoubliable,  
Yves-Noël Genod  

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Wednesday, January 31, 2018

Merci pour les infos !
Et merci pour tes remerciements que je te renvoie. Oui, c’est vrai, j’ai eu le sentiment que je pouvais être sincère. Et, en fait, cet espace est assez rare. La sincérité peut exister quand elle a une chance, ce genre de sincérité. Quand il n’y a pas d’opposition. Parce que cette sincérité n’a rien à voir avec le combat. C’est même tout le contraire : ça n’existe que si on ne lutte pas. Je te remercie donc — et pas seulement toi, mais sans doute aussi l’ « ambiance » de Cergy d’avoir permis cette sincérité. Je lis encore ce livre (court, mais je suis lent) de Pacôme Thiellement La Victoire des Sans Roi dont un ami m’a parlé le soir de la fin du stage et j’y trouve de telles correspondance non pas avec ce que je fais en général, mais avec ce qu’il s’est passé à Cergy, les vidéos aussi (j’ai commencé par les vidéos) dont j’ai tiré les quelques citations que je t’ai envoyées (j’en ai mis d’autres sur mon blog). Tu peux parler de ce livre aux étudiants (ou leur envoyer ce mail), certains seront sans doute intéressés. Nature Theater of Oklahoma, c’est vraiment génial, il faut pas louper ça. Reste le problème de trouver des places gratuites ou pas trop chères. Et Van der Keuken, oui, je veux au moins en voir un. J’ai failli dimanche dernier, mais impossible de trouver le programme sur le Net et je ne sais même pas si ça se joue tous les jours (ça avait l’air de seulement le week-end). Je suis toujours fourré à Beaubourg (mais l’autre entrée, la bibliothèque), je vais essayer d’en savoir plus…
Amitiés, 
Yves-No

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