Monday, April 16, 2018

Une pièce pour effleurer un sujet qui est dans nos racines : Adam et Eve.  Entre forces poétiques et humour nous tenterons de révéler ce quelque chose d’essentiel qui nous interpelle dans cette histoire.
Le commencement est un sujet. Deux de mes dernières pièces en sont inspirées : Initio et C'est déjà le matin.

Cette fois-ci, nous voulons explorer Eve, la mortelle, pour laquelle le temps passe. La beauté de son vieillissement. La pleine maîtrise de ses moyens à l'âge moyen. La fraicheur de sa jeunesse. Des trios vocaux et scéniques de cet archétype qui est Eve dédoublée dans le temps. Parfois, nous apercevons Adam ou le serpent au travers de l'imagination ou du souvenir d'Eve.
Ouvrir l'imaginaire autour de cet archétype et de cette beauté de la première femme mortelle.

Je souhaite aussi que le compositeur ne soit pas le maître absolu du temps, mais imaginer dans l'écriture même de la partition des manières pour que le metteur en scène puisse maîtriser aussi à certains endroits la quantité et la qualité du temps.

Pedro Garcia-Velasquez

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Saturday, March 17, 2018

L e Projet Adam&Eve


L’Amour des choses mortelles

Nous sommes un petit groupe d’artistes émus par l’art des commencements, des genèses, des états d’apparition (comme disait Marguerite Duras), de ce qui advient. Pedro Garcia Velasquez, compositeur (dernière œuvre : Inicio), Philippe Gladieux, artiste de la lumière avec qui je travaille depuis des années, notamment à des son-et-lumière, Fabrice Reymond, écrivain (auteur de Anabase, terme qu'il faut entendre comme « remontée, retour aux origines ») pour le livret ; équipe à laquelle j’aimerais associer, pour la scénographie, le peintre Bruno Perramant. Je me charge de la mise en scène. Voilà donc ceux qui se réunissent depuis deux ans à Paris ou à Vézelay (résidences à la Maison de la Voix) autour d’un projet opéradique (comme l'écrit Arthur Rimbaud) intitulé (titre de travail) : Adam&Eve. Nous cherchons actuellement un (ou une) producteur (trice) délégué (e) (il y en avait un, mais qui nous a lâché). Le projet se définit sous une forme relativement légère, soit six-sept musiciens au plateau (dont un chef), quatre soprano, un ténor et un baryton.  Régisseur général...

L’idée en était venue avec les chanteurs de 1er Avril, aux Bouffes du Nord, pour avoir constaté que le trio formé par la soprano Eve, le ténor Adam et le baryton serpent (celui qui fout la merde) était l’archétype que l’on retrouve dans presque tous les opéras, sans que jusqu’à présent il n’y en ait eu, à notre connaissance, de cette histoire : Adam & Eve 

Ce qui nous intéresse, c’est le temps, c’est la vie unique, l’entrée dans la vie mortelle que connaissent Adam & Eve chassés du jardin d'Eden 
Et ce qui nous intéresse, c’est Eve 
Et, bien sûr, pas Eve, mais la femme réelle, celle qui n’est pas Eve, justement, pas cette image, non, mais la mal connue, respectée par le poète (« Plein de mérites, mais en poète / l’homme habite sur cette terre », écrit Friedrich Hölderlin) pour sa fragilité essentielle, sa non-nécessité, sa mystérieuse douleur, son existence singulière

Plus une Marie-Madeleine, peut-être, qu'une Eve

L’idée est donc de décliner le personnage selon quatre âges. Une adolescente, une jeune femme, une femme mûre et une vieillarde. Pedro Garcia-Velazquez se réjouit d’écrire des partitions adaptées aux possibilités vocales de chaque femme 

Adam et le serpent, ténor et baryton, sont imaginés par Eve, déclinés ; ce sont des rêves d’Eve, des fabrications. Comme dans la nouvelle Les Ruines circulaires de Jose Luis Borges. Ou comme Sylvie Vartan qui chante, après sa mort, en duo avec l'hologramme de Johnny. Après tout, Eve est au centre de l’histoire biblique. Et, après tout, Dieu n’est pas marié. C’est un ensemble sur la beauté, l’apparition de la beauté qui n’est pas un idéal, mais une incarnation dans l’existence terrestre, mortelle (et renouvelée) et c’est un opéra aussi sur la naissance de la musique, son apparition. Comme disait Stephen Hawking récemment décédé : avant, il n’y a pas d’avant puisqu’il n’y a pas de temps. C’est depuis que nous y apparaissons, dans le temps, qu’il y a l'avant, l'après et qu’il y a aussi ce présent qui est peut-être bien notre paradis perdu 

Comme l’écrit Franz Kafka avec une visée très gnostique, (c’est-à-dire proche de la parole de Jésus) : « Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu'elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile ni malveillante, ni sourde ; qu'on l'invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C'est là l'essence de la magie qui ne crée pas, mais invoque. » Dans l’évangile de Philippe retrouvé enfoui dans le désert, Jésus dit : « Ceux qui disent qu’on va d’abord mourir et ressusciter ensuite sont dans l’erreur. Celui qui n’est pas ressuscité avant de mourir ne connaît rien, il mourra. » Très justement


Yves-Noël Genod

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Sunday, October 22, 2017

Œ uvres mystiques de Pedro

Saturday, October 21, 2017

C réer un chœur


Le spectacle sera (forcément, à cause du manque d’argent pour de la construction de paysages ou l'apparition d’animaux vivants ou empaillés, etc.) un spectacle lumière et musique. J’insiste comme je l’ai déjà fait sur la présence de Philippe au plus près du commencement. Ce qu’il faut aussi, c’est s’imaginer un chœur de nous qui travaillont à ce projet et ensuite des spectateurs qui aussi devront — c’est affreux, mais c’est comme ça — eux aussi y travailler (en espérant qu'ils ne s'en rendent pas compte). Tu travailleras à la sueur de ton front (ou de ton sexe, dit Pierre Guyotat). Voici, ci-dessous, les notes que j’ai prises de Philippe au bout du fil l’autre jour à Vézelay. J’insiste aussi sur le fait d’avancer sur la production. On a un tel travail encore ! Ce serait bien de trouver un théâtre qui dise : « Nous on le fait ! on le produit (en producteur principal) ». Ça permettrait de dégager ce temps qui nous manque. Personnellement, je suis extrêmement lent. Ou très rapide. Si on me dit le spectacle est dans quinze jours, ça me va très bien : je trouve les solutions. Sinon je suis très lent. J'ai travaillé avec une troupe (théâtre du Radeau) où on a passé parfois un an à la table avant de monter sur le plateau (puis ensuite presque un an encore sur le plateau). Travailler, c’est sérieux. Soit c’est intuitif et ça va très vite, soit c’est lent. On a choisi la manière lente, mais, pour le moment, par défaut, parce qu’on a tous des choses à faire. Il faudrait de l’argent pour pouvoir ne faire que ça — au moins pendant des moments, des sessions. Pedro qui est un génie a des kilomètres de la matière « Genèse » déjà produits. Il m’a fait écouter — entre Wagner et Ravel — des choses sublimes. Tout l’intérêt de cette nouvelle production, c’est le chœur que nous formerons, qui produira un spectacle qui ne ressemblera pas à ceux déjà explorés par Pedro (qui y ressemblera forcément, mais d'une manière inédite), cet ensemble qui ferait idéalement qu’on ne sache plus qui fait quoi. « C’est là l’essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque », dit Kafka à la fin d'une phrase sur la splendeur de la vie souvent reprise dans les spectacles du Radeau (mais que je n'ai pas entière sous les yeux). On ne devrait pas savoir qui est la naissance de quoi, lycée de Versailles, on ne devrait pas savoir si c’est la lumière qui commence ou la musique, si c’est l’idole ou la robe… Aussi, on devrait comprendre que cette histoire est pour les agriculteurs ! Pour cela il faut beaucoup de synergie, de disponibilité au miracle — mais à rien d’autre, radicalisme, aucun compromis, le miracle sinon rien (donc prévoir le rien). C'est l'imagination qui permet le miracle. Il faut entraîner un gros producteur, le convaincre que le spectacle coûtera de l’argent (lumière, dispositif sonore 3D) et son temps d’élaboration mais qu’il n’en aura pas l’air (d'en avoir coûter), c'est le truc.

Philippe : 
Un spectacle lumière et musique ; la lumière et la musique raconte la même chose ; il faut voir la lumière comme de la fréquence, elle s’arrête pas à la rétine, elle traverse le corps aussi — et aussi elle est dans l’inconscient collectif. Partir de la sensation de la lumière pas de son spectacle. Partir d’elle comme un matériau qui traverse tout le monde. La lumière, c’est une forme d’onde. Incidence sur le corps et sur le décor. La beauté plus dans le cœur de chacun que dans l’esthétisme. La lumière qui vient de l’intérieur de chacun. La lumière transmet ce message-là aussi transmis par le chant, la musique et par la présence de tout le monde parce que ça fait un chœur aussi. Lumière autant sur le public que sur le plateau, un seul espace, pas de différence entre la perception physique de la lumière par les chanteurs et celle des spectateurs (ce qui est difficile à réaliser à cause du manque d’accroches du côté salle). Qu’on touche, spectateurs et chanteurs, ces sensations de « premières fois ». Pas une chose spectaculaire, mais qui touche vraiment les gens. Un état grâce à la lumière pour les mettre dans une écoute de la Genèse. Que la lumière se créé avec. (Ne pas arriver à la fin comme d’habitude à l’opéra et ne plus pouvoir ne faire que des tableaux.) Trouver des moments à trois (aussi à deux, Pedro et Philippe, si trois est difficile) pour parler, prendre des notes...

Yves-Noël

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P edro rêve



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L e dernier repas de Pedro



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Thursday, October 19, 2017

Thursday, June 01, 2017



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Friday, April 14, 2017

Saturday, April 01, 2017

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Sunday, September 11, 2016

N ote d'intention demandée par Emmanuel


Marguerite Duras disait — dans ma jeunesse je la côtoyais et cela m’avait frappé — qu’on ne pouvait pas mieux écrire que cette phrase de la Genèse : « Il y eut un soir et il y eut un matin ». Elle avait dit, je l’entends encore — et cela a pu marquer un enfant : « Qu’est-ce qu’on peut écrire de mieux ?… » Bien entendu, cette genèse est la folie de toutes les histoires ; on ne peut rien, en effet, écrire de « mieux » ; on écrit toujours et encore la Genèse. Rimbaud, Dostoievski. Tout le monde. N’importe qui. Bernard Shaw a qui l’on demandait s’il pensait que la Bible avait été écrite par l’Esprit saint : « Non seulement la Bible, mais tous les livres ». On essaye de l’écrire différemment, on voudrait, mais les personnages d’Adam et Eve nous hantent ad libitum. En y ajoutant le serpent-baryton, nous retrouvons le trio fatal de presque tous les opéras, la soprano, le ténor et l’emmerdeur. Cette remarque, je me souviens que c’est avec Bertrand Dazin et Jeanne Monteilhet, aux Bouffes du Nord, que nous nous l’étions faite, augmentée de la réflexion qu'il n’y avait pas vraiment d’opéra sur le sujet et c’est ce qui nous a fait rêver à une réalisation dont j’ai parlé à quelques personnes dont Emmanuel Quinchez. Une réalisation rêvée. Je veux dire : qui doit rester un rêve. « Le monde n’est pas bien rangé, c’est un foutoir. Je n’essaie pas de le mettre en ordre », disait le célèbre photographe de rue, Garry Winogrand — et c’est encore une phrase sur la Genèse. Je voudrais, moi, que mes spectacles soient comme des poèmes en ébauche à terminer soi-même… Le sujet — d’habitude il n’y a pas de sujet, mais ce sujet, qui appartient à tous, vivants et morts — s’y prête. La poésie, je l’imagine dans un roulement sans fin ; ces poèmes, les imagine aux limites, bien sûr, de la compréhension, au danger de l’incompréhension, que le spectateur et moi, nous nous entraînions tous les deux à nous faire peur, à nous approcher de la douceur, au-delà des mers et de la verte folie. « Il n’y a pas le monde des vivants et le monde des morts, il y a le royaume de Dieu et nous sommes dedans », disait Georges Bernanos. Je ne voudrais pas m’étaler : tout reste à faire. Le sujet est si vaste. J’ai l’impression que Pedro Garcia Velasquez qu’Emmanuel Quinchez m’a permis de rencontrer pense un peu comme moi… Voilà, nous en sommes là, au début de tout. Il y a un énorme travail de dramaturgie à opérer avant de s’engager dans l’une ou l’autre des solutions scéniques et musicales qui ne manquent déjà pas d’affluer. La découverte (aussi par Emmanuel) d’un Journal d’Adam et d’un Journal d’Eve par Mark Twain nous permet d’espérer que l’entreprise ne soit pas, au final, totalement dénuée d’humour — ou même d’esprit.
Yves-Noël Genod, 11 septembre 2016

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Monday, May 16, 2016

J eanne et Bertrand


Je voudrais travailler sur Adam et Eve, j’accumule les images
Par exemple, Benjy, chez Faulkner
Jeanne et Bertrand sont les images
Mark Twain entraîne dans une direction irrésistible
Tant d’images dans la culture subculture, d’un homme et d’une femme dans la nature 
Could Benjy feel love?
Peut-être qu’Adam et Eve sont des débiles ?
Dirty ?

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Monday, May 09, 2016

L e Jardin aux fougères (Adam&Eve)


« Nous avions traversé le jardin aux fougères,
L'existence soudain nous apparut légère
Sur la route déserte nous marchions au hasard
Et, la grille franchie, le soleil devint rare.

De silencieux serpents glissaient dans l'herbe épaisse,
Ton regard trahissait une douce détresse
Nous étions au milieu d'un chaos végétal,
Les fleurs autour de nous exhibaient leurs pétales.

Animaux sans patience, nous errons dans l’Éden,
Hantés par la souffrance et conscients de nos peines 
L’idée de la fusion persiste dans nos corps 
Nous sommes, nous existons, nous voulons être encore,

Nous n'avons rien à perdre. L'abjecte vie des plantes
Nous ramène à la mort, sournoise, envahissante.
Au milieu d'un jardin nos corps se décomposent,
Nos corps décomposés se couvriront de roses. »




« Le premier maillon de l’action est déjà de prendre conscience de notre inconscience. Nous sommes installés dans ce qui est proposé comme une vérité mais qui détruit la vie. » 



« Comme poète j'essaie toujours de me rappeler que si je contemple le monde c'est en même temps une partie du monde qui se contemple. »

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O ui, Adam



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