Monday, July 04, 2016

Je voudrais la force d’un enfant, cette force de l’enfant on la sent dans Rimbaud, c’est pour ça qu’on l’aime, cet arrêt net sur rien d’autre que la force d’un enfant, les générations, le mystère des générations comme des glaciers qui glissent, entraînant avec eux, entraînant, écrasant des générations d’enfants, d’animaux enveloppés, de migrants, tout ça, les glaciers des générations saccagent et saturent

Labels:

Sunday, July 03, 2016

L e Bateau Yves


Beaucoup d’énergie m’a donné l’école des Beaux-arts de Paris ! Le festival d'Elsa Michaud et de Gabriel Gauthier pendant les « Ateliers Ouverts » et la fête après, déguisée, adorable, pleine de beauté, de fierté... Et c’est étrange, infiniment, de séparer (regarder) une génération de la sienne : ils savent tout, mais d’une autre façon que soi. C’est très, très différent, les générations... A ce propos de déguisement, d’ailleurs, voici le costume que m’a rapidement bâti pour la performance mon voisin sculpteur de très bon goût (bien qu’homosexuel) Marc Toussaint (et la photo aussi est de lui). Qu’est-ce que tu en penses, Zineb la chinoise ? C’est l’Angelus Novus, de Klee, pour moi. Le « Berger-Pêcheur », dit Dominique Issermann. Et, moi, je me suis baigné dans le poème de Rimbaud (« le Poème de la Mer ») (Le Bateau ivre) entouré de dix garçons proches pudiquement attentifs et, plus attentif encore, je l’espère, d’un cercle de soixante-douze oreilles (trente-six casques)… Le Bateau ivre, c’est ça, une phrase que je trouve par FB dans un article du « Monde » sur l’accueil exemplaire des réfugiés au Canada. Les réfugiés sont parrainés par des familles ou des groupes pendant leurs premiers mois d’arrivée. Un réfugié syrien explique la transition : « C’est comme si j’avais été sur du feu, et maintenant je suis en sécurité sur de l’eau ». C’est ça, pour moi, Le Bateau ivre, c’est « les péninsules démarrées ». Il a dix-sept ans, il l’écrit avant ou juste après d'être arrivé à Paris — parce que Verlaine lui ouvre les bras, à Rimbaud : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ! » Il a dix-sept ans, mais il n’a pas vu la mer. Mais il a connu les événements heureux épouvantablement réprimés (par le sadique Bernard Cazeneuve) de la Commune de Paris,  « Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? »…

Labels:

Photo Marc Toussaint

Labels:

Saturday, July 02, 2016

Thursday, June 30, 2016

« J e ne crois pas à l'idée même de remède contre la mélancolie »



Bon, j’ai vu la boîte transparente de la performance d’art comptant pour rien que Gabriel et Elsa me demande samedi vers 19h, c’est plus grand que je pensais, il faut plus de gens. Donc l’idée, c’est que je dise un poème (sans doute Le Bateau ivre, de Rimbaud) sur un tas de garçons à poil évidemment un peu comme une meute de chiens ou bien encore, plus dramatique, Le Radeau de la Méduse ou bien encore le film de Patrice Chéreau, dramatique aussi, mais en couleur, La Reine Margot : un tas de chair à canon, de chair à pâté, genre. Donc des garçons de moins de vingt-cinq ans (genre étudiants des beaux-arts, en fait), chevelus bienvenus, des Che Guevara, des Jésus-Christ, des Cochise, des Tarzan, des Bonaparte, des Iggy Pop. Récompense : Jany Lauga offre le champagne ! C’est à l’école des Beaux-arts de Paris dans le cadre des journées ‘Ateliers ouverts’, ça a lieu encore demain vendredi de midi à 20h et, donc, samedi. Samedi on passe en dernier et ensuite il y a une big teuf. Répétition samedi matin de 9h30 à 11h30. Il faudrait entre douze et vingt garçons, je crois, pour que ce soit vraiment beau...

Labels:

Wednesday, June 29, 2016

P arisiens, têtes de chien, Parigots, têtes de veau !


Donc je cherche toujours un ensemble de garçons, de gentils garçons à la beauté délirante et écrasée, l’idéal serait cette photo de mon ami Rémy Artige — évidemment ce genre d’idées, dans la mode, ils ont le cynisme et l’argent de la réalisation. Samedi, on me demande, c’est très gentil, une performance. C’est une manifestation qui s’appelle Ouverture de saison, c’est sur trois jours, c’est aux Beaux-arts de Paris (renseignez-vous). Comme c’est dans une boîte transparente reliée sonorement au public par des casques, j’ai proposé une lecture d’un poème ou deux (Peut-être Le Bateau ivre, de Rimbaud, Le Voyage, de Baudelaire) que je ferai affalé sur un tas de jeunes gens exsangues comme dans Le Radeau de la Méduse, de Géricault, par exemple, ou bien heureux, au contraire, comme une meute de chiens. C’est évidemment ce genre de lévriers clonés et décolorés de la photo qu’on suppose dans l’idée de cette performance. On ne les aura pas. On aura à la place des petits Parigots sympas. Ni beaux, ni laids, des petites gueules. De la chair à pâté dans l'air pollué. Je n’ai jamais aimé (pour moi-même) la réalisation des idées. J’ai eu des idées que je n’ai jamais réalisées et j’ai réalisé ce dont je n’avais pas l'idée. On fera sans doute autre chose. Vaudrait mieux. Répétition samedi matin, performance samedi fin d’après-midi, début de soirée. Inscription en MP ou à ledispariteur@gmail.com

Labels: