Monday, November 04, 2013

R êve


Cher Laurent, je te raconte au réveil : ce soir, je commence les répétitions pour un spectacle à la Ménagerie de Verre dans moins d’une semaine. Assez angoissé car ça tire dans tous les sens (planning) et ce spectacle doit servir de tremplin pour celui des Bouffes (500 places x 10 = 5000) — si ça rate, ça va être un boulet. Plus l’idée de remplacer un spectacle de Jérôme Bel me met la pression, mon Dieu ! comment passer entre les gouttes et faire ce que je veux (seul moyen, comme d’habe) ? Mais : rêve avec toi et scènes de très grande sensualité, métamorphose totale de l’état des peaux (dans l’état amoureux) ; aussi des animaux greffés sur des objets, enfermés dans une chaîne hifi des années 50 : c’est un singe. Etc. Aussi une poupée Barbie, etc. « Ne me dites pas que ce singe existe ainsi à l’état naturel ! » Non, greffé avant la naissance, poussé en poupée Barbie… Mais avec toi (qui sautait dans un trou de sable au point de te noyer, mais je te sauvais), scènes d’amour à l’infini, phosphorescent… Ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé, tiens ! ou alors peut-être sur une autre planète, cette manière d’être. Aimer. Pas de souci : rien à voir avec la réalité ! (sauf la beauté des paysages).
Je t’embrasse (bêtement),
Yvno

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Sunday, October 13, 2013

Y our aunt


Anne, ta tante, me dit que, pour les Blacks, tu as un « détecteur spécial et naturel »... J'en cherche pour la Ménagerie (et la difficulté supplémentaire, c'est qu'il faudrait que j'en trouve qui acceptent d'être seulement « guests » comme tu l'étais au Rond-Point...) et, si c'est des ensembles, couples ou copains, c'est encore mieux car ils peuvent alors tout de suite jouer ensemble sans perdre du temps car il y en a si peu, si peu... Faut qu'ils soient libres entre le 7 et le 14 novembre. Si c'est le cas, on fait des essais en octobre, j'ai un peu la salle de temps en temps... Bises, très chère

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Friday, October 11, 2013

T rop ambitieux...


— Bonsoir,
je m'appelle Joël Kone, j'ai entendu parler du projet de la « Ménagerie », je me permets de vous demander si je peux postuler et comment !


— Oui, bien sûr. Il faut être libre entre le 7 et le 14 nov. Si c'est le cas, il faut que l'on se voit pour faire des essais. Je vous donne le calendrier des poss (où j'ai la salle) (ci-dessous). Ce qui est difficile, c'est que je cherche des ensembles aussi, des gens qui travaillent très bien ensemble comme mari et femme, copains, pour qu'il n'y ait pas à travailler, que ce soit tout fait (ready made), cela à cause du manque de temps et aussi parce que, ce que je recherche, ce que nous essayons de capter, de recueillir, d'appréhender, d'étudier, c'est la vie elle-même, donc ce n'est pas la peine de perdre du temps à tout ce qui n'est pas la vie elle-même (comme si elle était prise dans la rue...) Je suis dans la salle ce soir à partir de 18h30. Venez si vous pouvez (ou demain de 10h jusqu'à 14h). Venez avec de très beaux vêtements, si vous avez : costard, smoking, nœud pap, chemise blanche, pompes, etc. manteau, ou de la couleur, de la sape ou, au moins, avec un beau slip ! très looké, si poss. pour qu'il y ait immédiatement un « personnage » (comme dans la vie), qu'il puisse y avoir presque le vide à l'intérieur de cette apparence, mais, ça, c'est de la poésie, je vous expliquerai, c'est aussi que, quand c'est bien, il n'y a qu'une apparence (« Il est possible que pour le soleil, apparaître, c'est être ») et, à l'intérieur, n'importe qui ; c'est ce qui est émouvant : c'est qq'un et c'est... n'importe qui ! tout le monde… le secret le mieux partagé du monde, c'est ce que je recherche... si ça vous dit ! mon tél : 06 84 60 94 58.

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B oîtier manquant


C’est super de travailler avec toi ! (Ton énergie de soignant.) Cette lumière va être fabuleuse — si seulement j’arrive à la remplir de figurines et uniquement de figurines, ce qui est très difficile… c’est une qualité très volatile à faire apparaître chez les comédiens. Quand elle est apparue, à certains moments de certains spectacles, c’était tellement magique, tellement inattendu que je n’en parlais pas de peur que le ou les interprètes perdent cette magie de Temple (« invoquée ») (cette magie qui venait sans doute du fait qu’ils ne se rendaient pas compte de ce qu’il se passait). Kate en robe rose assise sur une enceinte avec son gosse (Marcus) en train de bouger des tas de cordes au fond de cette immense salle de Gennevilliers et c’était toute l’Amérique et le désespoir d’une fille seule avec son fils dans ces déserts immenses, immenses absolument désespérés, absolument sans espoir comme dans l’éternité… Je ne sais pas ce que Kate jouait à ce moment-là (je ne lui en ai parlé qu’après le spectacle). Ou, au Rond-Point, quand, certaines fois, apparaissaient 3 filles à la fin (la fin de tout), une blonde (Dominique), une brune (Marlène) et une châtain (Valérie). Là aussi, la force de ce trio — on ne savait pas ce qu’elles jouaient et elles ne le savaient sans doute absolument pas (et que jouaient-elles ?) —, c’était le plus beau, le plus mystérieux, le plus vaste. On peut juste prier, pas nommer. Je leur en ai parlé, mais ce n’est pas ça qui a fait qu’elles aient pu le refaire ! La difficulté, pour moi, vient aussi de trouver les personnes disponibles pour ce genre de travail à l’aveugle (il faudrait du temps et faire énormément d’essais dans le lieu et en lumière). Mais, voilà ! Renseigne-toi auprès de Christophe pour les projecteurs où les trouver et aussi pour ce problème du boîtier manquant, etc. Tiens, un poème qui parle de ce qu’on veut faire, il est de Wallace Stevens…



The Glass of Water

That the glass would melt in heat,
That the water would freeze in cold,
Shows that this object is merely a state,
One of many, between two poles. So,
In the metaphysical, there are these poles.

Here in the centre stands the glass. Light
Is the lion that comes down to drink. There
And in that state, the glass is a pool.
Ruddy are his eyes and ruddy are his claws
When light comes down to wet his frothy jaws

And in the water winding weeds move round.
And there and in another state — the refractions,
The metaphysica, the plastic parts of poems
Crash in the mind — But, fat Jocundus, worrying
About what stands here in the centre, not the glass,

But in the centre of our lives, this time, this day,
It is a state, this spring among the politicians
Playing cards. In a village of the indigenes,
One would have still to discover. Among the dogs
and dung,
One would continue to contend with one's ideas.




YN

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Q ui veut travailler avec Stephen Thompson ?


— Aussi dis-moi si tu as une idée de qq'un avec qui tu aurais envie de travailler (ça peut être un immense interprète ou ton frère, je ne sais pas... je cherche des ensembles...) (et des Blacks...)

— My big black brother Antonija Livingstone can come on the 10th just to say. Otherwise at the moment I have no idea. But sounds exciting. Any cute young beautiful boys are also favored !!

— I see... On peut mettre une annonce... (Mais quand j'ai mis une annonce pour les Blacks, j'ai eu des dizaines de mess de... Blancs ! Ça marche pas toujours aussi bien qu'espéré...)

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Thursday, October 03, 2013

L 'heure où nous ne savions rien l'un de l'autre


— Il faut imaginer un spectacle comme je l'avais proposé à Benoît : que de son et lumière (en l'occurrence, ici, plus de lumière, évidemment) et qui se tiendrait comme ça. C'est plus facile pour moi (et pour le faire comprendre aux interprètes éventuels). C'est le lieu, c'est cette place de la pièce de Handke L'heure où nous ne savions rien l'un de l'autre, la place qui est le personnage principal (l'humanité figurante, dérisoire et précise...)

— Le lieu a ses nuages intérieurs. La lumière en sera inconsciemment révélatrice.


— :-) Voilà comment il faut me parler ! T'es un malin, toi...

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Thursday, September 26, 2013

L oulou


Ohhhhh
Bisous alors

— Oui, en tout cas, je peux te dire que j'ai dit à Marie-Thé tout à l'heure que t'étais pas libre et ça la rendait malheureuse. Elle a répété plusieurs fois : Ah, dommage, dommage, dommage... (lol)

— J’en ai marre mon Loulou
J’aurais aimé parcourir tes vapeurs
Et m’y confondre tendrement

— Oui, je t'aurais mis dans le brouillard ou même dans le noir total (puisque, toi, t'es capable d'apprendre un texte) et je t'aurais demander de dire du Nerval ! (Aurélia, par ex) et, là, j'aurais bu du petit lait !!! Ç'aurait été un spectacle rien que pour mon plaisir à moi, rien que ! (comme j'essaye toujours que mes spectacles soient — mais c'est pas facile...) Love

— Tu es un immense artiste
Jardinier sculpteur
Biologiste chimiste

— :-) Toi aussi ! (autoportrait...)

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T u es black ?


Salut Yves-Noël, je crois que ton travail scénique se place exactement là où je voudrais faire des progrès, l'appréhension du rien, lumière suprême de l'acteur, alors, si ça te branche comme moi qu'on bosse ensemble, appelle-moi au 0606766445. Thomas

— Tu es black ?

— Ah, non, c'est Thomas : j'ai fait une journée dimanche avec Maxime Tshibangu. Sorry, j'ai mal compris, j'croyais que les Blacks, c'était pour autre chose... Décidément !


— Ah, Thomas ! mon amour ! Oh, c'est gentil de me dire ça ! Moi aussi, j'ai été touché par toi parce que j'ai vu que ce que je te disais agissait et que tu gagnais en confiance... Et, la confiance, c'est tout ce dont vous manquez, vous les acteurs... Ouaip ! T'as raison de t'adresser à moi. Comment on pourrait se revoir ? Le stage ? Déjà bien plein de postulants, je crois... Ton ami black était vraiment très bien aussi, qu'est-ce qu'il devient ? Ah, je me souviens : pas libre du 7 au 14 nov...

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Wednesday, September 25, 2013

E spejos


— MT m'a fait noter « création », qu'en dis-tu ?


— Pas de problème, ce sera une création pour la Ménagerie de verre, c'est sûr et c'est clair que ça fait partie du projet général 1er avril (ce que j'expliquerai de toute façon aux journalistes si je les rencontre (comme tout à l'heure) parce que — évidemment — c'est un peu compliqué, mais expliqué, ça se comprend : c'est la même matière, mais d'un autre point de vue, ici du point de vue de la Ménagerie de verre comme dans un rêve (peut-être) où tout est pareil et où tout est différent ou comme si je faisais toujours une seule et unique pièce, mais regardée par différents miroirs...

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Saturday, March 24, 2012

Eblouissement sans labeur




(Valérie s’excuse d’avoir tardé à donner son numéro de « congés spectacle », « Ça raconte bien que je suis un peu à l’Ouest », dit-elle.)



A l’Ouest peut-être pour l’administration, ok (et moi donc !), mais alors au Sud… pour le caramel de la peau, à l’Est… pour le Nouveau, au Nord… pour la froideur de la tête et, au Centre, ta présence solaire qui rayonne dans toutes les directions, chère Valérie. Je t’embrasse YN



Voilà, au centre d’une journée de printemps, de quoi se renouveler l’âme… une des plus belles missives reçue d’un metteur en scène. Incroyable comme le spectacle et sa poésie dure, épidermiquement. Ça a quelque chose comme d’une drogue : un éblouissement sans labeur. Je t’embrasse V

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Monday, March 05, 2012

Première journée de reprise. Le groupe (pour la première fois : neuf ! espérons que ça ne soit pas une seule journée...) a l'air de fonctionner. Du coup, je me dis qu'il n'y aura sans doute pas de musique et surtout les chants d'oiseaux merveilleux et infinis que tu fais vont peut-être nous manquer. Même si tu dis que tu pourrais venir de Bordeaux pour ça... Le problème, c'est que c'est si vite. Je vois encore, mais... Il faut envoyer les fliers, le nom de la distrib', je viens de trouver un titre (je pourrais continuer de chercher, mais on est à sept jours, les avant-premières et tout, c'est quand même la limite). Etc.
Et les papillons que tu racontais ? Ça m'étonnerait qu'on puisse les avoir dans ce délai... Mais avant de me coucher, j'avais quand même envie de t'en parler, cher ami – pour rêver...
(Dis-moi comment les avoir quand même si c'est pas trop compliqué – un nom, un téléphone...)

Bises

YN

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Sunday, March 04, 2012

Allez, please...




Dis donc, Emmanuel, y a un titre qui conviendrait absolument à ce spectacle que je prépare pour dans 8 jours et qui n'en a toujours pas. C'est Chic By Accident, bien sûr. Ça, ce serait classe ! Surtout depuis la citation de Friedrich Nietzsche que je t'ai déjà montrée (« Au-dessus de toutes choses se tient le ciel Hasard, le ciel Innocence, le ciel Par Accident, le ciel Témérité, le ciel Exubérance. » ). Tu ne voudrais pas me le prêter ? (Bien sûr, ce serait absolument noté comme un hommage...)
(J'ai auditionné Romain et je l'ai engagé : il est parfait !)

Bises

Yves-Noël

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Wednesday, February 29, 2012

Yves-Noël Genod
Bonjour, Nicolas Maury vient de me parler de vous (« très inspirante »). Vous seriez libre (vraiment libre) du 5 au 17 mars inclu ? Vous pourriez jouer déshabillée (c'est le projet, il y a des vêtements, mais qui ne cessent de circuler un peu comme des papillons sur des fleurs) ? Vous pourriez jouer en groupe ? C'est-à-dire, le projet est de faire circuler le vivant à l'infini ou, comme disait Rimbaud, « littéralement et dans tous les sens ». Souhaitez-vous qu'on se rencontre (très vite évidemment si c'est pour ce projet) ? Mon téléphone : 06 84 60 94 58. Je suis cet après-midi au Rond-Point pour une audition (d'un chanteur) et demain matin à la Ménagerie de verre, auditions aussi. Au plaisir, en tout cas

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