Thursday, January 01, 2015

M arie Collin, Aurélia Dury


Merci !
Merci à chacune d'entre vous, Marie, Aurélia, de m’avoir accompagné dans ce projet réalisé — je ne dirai pas qu’il ait été sans embuches ni chausse-trappes, mais, enfin, qui me donnera encore beaucoup de joie ! Pour cette joie qui est une profonde sensation d’exister, vous avez chacune une place réservée dans mon cœur, réservée et définitive.
Avec la force que m’a donnée Charles Baudelaire, je me sens plus prêt à affronter le monde (je veux dire à le comprendre). Ce sont des mantras, la plupart des choses, et la manière que j’ai eu de les faire résonner a été de les considérer, ces vers, ces choix de mots et d’applications comme des mantras… Le monde est de plus en plus simple si l’on considère qu’il est le même qu’a connu Baudelaire, mais c’est aussi pour ça que Baudelaire est si complexe. Hier, la représentation a été très belle. Une dernière parfaite. On se demande alors pourquoi on n’a pas fait ça à la première. Si la dernière avait été la première, on aurait eu un triomphe. Mais nous abordions la première — tous — plein de doutes. Et ces doutes nous ont empoisonnés. Et, cela, malgré les trois avant-premières (il en faudrait plus). Noyer la première dans un flot d’avant-premières. Ça devrait être possible. J’ai bien réussi cette année à noyer mon anniversaire par le fait que c’était le même jour que cette première, très peu de gens s’en sont aperçus (ça m’a fait des vacances). C’est un spectacle où je dis des choses capitales ; par exemple, cette chose : « Moi, je veux travailler sans argent et sans violence ». J’étais mon propre témoin dans ce spectacle. Je reçois à l’instant ce témoignage (de Monica Espina) : « Bonjour Yves-Noël, je viens vous remercier du moment de pur bonheur que vous nous avez offert hier. Je suis partie vite après parce que j'étais très bouleversée. Comme quand on se réveille d'un rêve intense et que la réalité menace de nous faire perdre l'émotion qui persiste. Le français n'est pas ma langue maternelle. Je garde encore en moi des « zones » où il se glisse avec beauté, mais il ne m'y attrape pas. Je ne parle pas de « sens », mais des échos intimes qu'une langue d'enfance éveille en nous. Pourtant, hier, comme par magie, vos mots produisaient des petits courts-circuits qui réanimaient ces lieux endormis. J'ai vécu un vrai voyage, sensible et généreux. Ceci n'est que mon expérience. Mais j'ai observé que le public sortait aussi transformé, comme « lavé » de l'intérieur. J'ai vu des visages étincelants ; des très jeunes personnes — dont ma fille — les yeux brillants et les traits apaisés. Peut-être que, dans cette obscurité habitée, chacun a trouvé sa propre lumière ». C’est exactement pour ce genre d’« avènement » que je fais ce métier : redistribuer ce qui existe en chacun, enfoui, déjà là. C’est un spectacle important pour moi car un de ceux où l’action du public a été la plus décisive, peut-être celui où elle l’a été le plus. Le public écoute : le spectacle existe ; il n’écoute pas : il n’y a rien. Je crois que c’est exactement la définition de la beauté. Il n’y a rien ou bien il y a quelque chose. Ainsi comme l’inventait (d’instinct) Isabelle Barbéris pour le programme (alors que le spectacle n’était que dans les limbes) : « Indistinct, indiscret (mais secret), indifférent, incommensurable et irrécupérable sont les dimensions du spectacle auxquelles nous ne donnerons pas accès afin de ne pas le rendre a priori éternel. No secret of fabrication ». J’aime être spectateur de mes spectacles, vous le savez, en y participant en tant que metteur en scène, et Dominique Uber me l’a appris hier : jouer ou regarder un de mes spectacles, pour elle, a-t-elle constaté, est la même sensation. Ça m’a touché et ça m’a rappelé cette phrase de Marguerite Duras : « Lire et écrire, c’est pareil ; maintenant, on le sait ».
Tout à vous,
meilleurs vœux,

Yves-Noël 

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Sunday, December 28, 2014

R ester vivant, livre d'or, 9


Jocelyn Cottencin
Cher Yveno,
désolé de ce mot tardif, mais pas vraiment d'espace pour te faire ce petit mail hier soir.
Arasse dit : « On n'y voit rien », on pourrait même dire : On n'y voit rien et on n'entend rien non plus.
Comme cette maxime que j'avais faite lors du Journal d'anticipation : une société qui prévoit tout mais ne voit rien, un journal qui ne prévoit rien mais qui voit tout. Une époque d'amnésie et surdité.
Alors, Restez vivant, c'est tout le contraire, un moment ou l'on retrouve la vue et l'audition, dans ce tunnel qu'a été 2014 pour moi, c'est une belle manière d'enterrer ces 12 mois.
Encore une fois, tu réussis cette facétie de faire partager un moment que l'on croit totalement éphémère et qui ne peut se répéter.
Alors, oui, durant 2h30, j'ai entendu et vu les mille voix et mille visages que tu peux avoir. Je me suis senti extralucide, à voir des choses sortir du noir velours de la nuit, à me laisser vagabonder dans le flot des mots et des sons.
Même le chemin de lumière pour faire sortir les potentiels voyageurs fatigués a pris durant cette brèche une autre couleur. La salle était devenue une sorte d'animal ou mammifère en apnée et les apparitions de ce chemin avait des allures de respiration à la surface pour mieux replonger dans le noir. 
Ce que l'on croit, c'est que tu te déplaces, que tu viens nous dire au creux de l'oreille ces mots. Il y a aussi une récurrence de convocation de forces contradictoires, c'est cela que j'aime. Quand l'on croit être entrainé au fond de la noirceur, il y a toujours une îlot qui émerge de dérision, quand le rire gagne, pointe alors un écueil de désespoir. Nous sommes toujours sollicités pour ne pas rester statiques à un endroit dans cette « carte de tendre » noire.
Et évidemment j'étais très heureux de pouvoir être là durant l'intervention lumineuse de Madeleine.
Je t'embrasse, à bientôt,
Jocelyn
PS : j'étais content aussi d'amener Noé voir cette pièce !




— Ah, jamais tardif ! au contraire... C'est très beau, ce que tu dis, et précis... l'animal mammifère en apnée, la carte du tendre noire... Merci de ta poésie vivante (équivalente à ta vie) et à bientôt ! hâte ! pour de nouvelles aventures avec toi...
Yveno

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Friday, December 26, 2014

R ester vivant, livre d'or, 8


Gilles Collard
Ce que j'ai pu voir de plus beau depuis très, très longtemps. 2h30 dans le noir complet avec le magnifique Yves-Noël Genod et, dorénavant, « son » Baudelaire. Vous marcherez ensuite dans la rue, légèrement fêlé, avec ce sentiment beau et étrange d'avoir des oreilles qui voient. (Au Théâtre du Rond-Point.)

Estelle Chabrolin
Encore un grand bravo ! Yves-No, c'était vraiment très beau, j'étais très émue. Ta voix me hante encore. Je t'embrasse

Sarah Calcine
Cher Yves-Noël Genod,
Merci.
Pour le noir absolu, pour les mots doux et violents, pour le rire de votre voix et la toux vertigineuse, pour votre présence époustouflante et invisible, pour Chopin et les rires d'enfants, pour les erreurs et les reprises, pour les apparitions phosphorescentes, pour la générosité, la lenteur et les silences.
Il m'a fallu ces quelques jours avant de pouvoir vous écrire ces mots, tant Rester vivant m'a bousculée, troublée, perturbée.
Mais ils ne sont rien de l’indicible que j'ai traversé en tant que spectatrice et artiste.
Ils ne disent pas l'angoisse de disparaître dans ce noir absolu et le cauchemar des flashs, ni le besoin de se toucher pour s'assurer de sa présence, ni le plaisir de pouvoir s'allonger et s'endormir comme un bébé, allongée sur le sol, en écoutant, ou plutôt en vivant votre spectacle.
Ils ne disent pas non plus le pouvoir libératoire et les larmes quand vous assumez vos choix de musique, d'extraits sonores ou vos erreurs, si belles.
Ils ne disent pas cet amour retrouvé de Baudelaire.
Ils ne disent pas le bonheur de rester vivante, malgré tout.
Il y a peu de spectacles essentiels dans une vie artistique, et je suis heureuse d'en avoir recroisé un le 19 décembre 2014.
Au plaisir de vous revoir, très vite.
Sarah Calcine

Julie Rossello Rochet
« Ma vie, ma vie, ma très ancienne
Mon premier vœu mal refermé
Mon premier amour infirmé,
Il a fallu que tu reviennes.

Il a fallu que je connaisse
Ce que la vie a de meilleur,
Quand deux corps jouent de leur bonheur,
Et sans fin s’unissent et renaissent.

Entré en dépendance entière,
Je sais le tremblement de l’être
L’hésitation à disparaître,
Le soleil qui frappe en lisière.

Et l’amour, où tout est facile,
Où tout est donné dans l’instant ;
Il existe au milieu du temps
La possibilité d’une île. »
C'est pendant ces mots que ça a été la débandade des larmes qui ont pétri cela…

La Parafe
L'année et le @FESTIVALAUTOMNE s'achèvent en beauté avec Rester vivant d'Yves-Noël Genod au Rond-Point

José Castrillo
Merci et bravo pour incroyable traversée d'une nuit baudelarienne hantée de si beaux fantômes... J'ai dansé avec eux et mes tendres esprits.
A bientôt, cher ami.

— :-) Merci ! Y avait une belle écoute, ce soir, tu y étais pour qqch !

Jean-Marc Adolphe
Depuis Rester vivant, je suis amoureux, comme je ne l'ai presque jamais été, et de surcroît, Israël Galvan me propose de danser dans un prochain spectacle... Anne Teresa me l'avait déjà proposé, en 1987, et j'avais botté en touche... Mais là, devenir à 56 ans un « jeune danseur », quel pied en perspective (je crois qu'ils vont se marreŕ à Pôle emploi...)

Grégoire Diehl
Et bien, félicitation ! c'était hypnotique, drôle, triste, mnésique : on y voit plus clair dans le noir…

Isabelle Moulin
Merci, magnifique !

Nicolas Moulin
Super hier, j’ai adoré. Merci, Yvno !

Grautag Grautrock
Super Spectacle de Yves-Noël Genod au théâtre du Rond-Point, Baudelaire dans les nuées interplanétaires avec des voix dans la tête, baignés dans l'obscurité d'encre du cosmos. Yeah !

Jeanne El Meliani
Hier soir, 23-12-2014, au Théâtre du Rond-Point. A ne pas manquer, ça se passe dans le noir, 2h30 sans entracte et c'est bien plus lumineux ainsi. Instant après instant être emporté. Je salue le talent de cette belle création, déplacez-vous, ça recharge en énergie positive, c'est à cela que je reconnais ce qui est beau et novateur. Impressions et réflexions à noter au calme, y retourner avant le 31-12-2014. Bonne idée de réveillon.

Judith Toledano
C’était super, hier, Yvno, merci ! Je t’embrasse, J

Romain Deneuville
Bonjour Yves-Noël, je voulais te vous, remercier pour la soirée inoubliable d'hier, j'ai rarement participé à un aussi beau et magique moment de théâtre, merci de nous laisser libre, et j'espère pouvoir vous reparler de l’expérience que j'ai vécue  et du « spectacle » aussi une prochaine fois (en février à Bruxelles peut être ?) Dans tous les cas je vous souhaite de rester vivant, bien à toi vous, Romain

Olivier Steiner
Critique rêvée d'un spectacle pas vu
Non, je n'ai toujours pas vu la dernière création d'Yves-Noël Genod, j'irai voir son noir dans le noir le 30 décembre. C'est étrange, c'est un spectacle que je connais pourtant, sans l'avoir vu je l'ai vu, en l'ayant à peine entendu. J'ai un peu peur d'aimer, un peu peur de ne pas aimer idem. Un peu peur de trouver ça un peu trop épate-bobo car désormais on peut le dire, Yvno est en passe de devenir un classique ! Mais voilà, il y a des créateurs qui sont comme des paysages ; ils laissent en nous des traces, des lignes, des couleurs… et un « lointain ». Ils se composent et se recomposent constamment dans notre mémoire secrète ; si on les revoit — et ça fait un bail que je n'ai pas revu Yvno —, ils sont ensoleillés voire noircis d’une autre manière, comme enrichis d’attente, de manque, et en cela plus profonds... plus hauts dans l'âge. La magie du style est déjà là dans la voix, dans l'annonce et dans l'effet d'annonce, on écoute l'opium et sa recherche, l'avidité commence, on porte en soi l’affectation comme une parure, il n'y a pas de sujet autre que ce « noir et ce nu » de Baudelaire. Les événements vont, viennent, s'en vont, de peu ou très loin, toujours « au-delà », c'est-à-dire avec Yvno au-delà du raisonnable, du logique, de l’attendu, ça dépasse l’horizon et ça oblige à considérer ce qui n’est pas là et pourtant présent, la vie sur les veines et la mort qui coule, dedans, hyper fluide la mort. Tout cela et ce « charme » qu’on n’explique ni ne définit baignent déjà, comme une vague indispensable, une partie de nos rivages intérieurs. Jour de Noël today, je suis pompette et bien trop gras ; de cette journée qui ne veut pas s'avouer vaincue je me tourne vers le 30, dans cinq jours, jour pour jour. En attendant, voici la bande-son de la mort qui tue de la vie qui vit. Fermer les yeux sera un bon début.

Alexandra Scicluna
Eteignez vos lumières, allongez-vous ou prenez la position qui vous plait
sur une chaise confortable avec une tasse de thé
ou n'importe quelle situation physique ou vous vous sentez bien
et
ÉCOUTEZ BAUDELAIRE PAR
YVES -NOEL GENOD
ESSAYEZ, VOUS NE RISQUEZ RIEN D'AUTRE QUE LA
BEAUTÉ ET L'APAISEMENT
ET
LA RÉCONCILIATION

Louis Berthélémy
Bonsoir Yves-Noël,
Je veux te remercier pour ce sublime instant poétique aveugle que tu m'as, que tu nous as offert au Rond-Point. Tu m'as rendu cet amour que j'avais pour Charles dans mes années de collégien qui s'est perdu dans la découverte d'autres poètes, d'autres génies...
Plongé dans un rêve comme endormi dans les Fleurs. Touché par ta fièvre comme caressé par le mal.
Merci,
Louis

Anaïs Chartreau
Un très beau voyage à faire dans le noir profond...

Dominique Chauvin
Oh ! Merci pour ce cadeau, dont je n'aurais pas osé rêver… Vive Noël et vive Yves-Noël, dont la voix nous a fait nous sentir tellement vivants pendant une extraordinaire soirée. C'est la plus belle soirée de Noël que j'aie jamais vécue !

Maël Guesdon
Là le 24, c'était magnifique, merci !

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Sunday, December 21, 2014


Chère Marie, chère Aurélia, 
enfin le succès ! Hier (samedi), il y a eu un pataquès entre le haut et le bas, il restait 8 places en haut, ils ont vendu 12 places en bas (en liste d’attente). Donc, Stéphane a rajouté 3 chaises et l’une des personnes a préféré s’asseoir par terre. Je disais que des places meilleures allaient se libérer rapidement, mais c’est justement ce soir-là que presque personne n’est parti, juste en tout (sur les 2h1/2) 3 ou 4 ; donc on peut dire qu’on a été complet jusqu’au bout. Si ça se reproduisait, ce serait donc possible (pour moi) de rajouter qq personnes à la jauge. Ecoute magnifique surtout dans cette deuxième partie qui est celle où depuis toujours (et sauf à cette première sordide) le sens se révèle à chaque seconde : Ah, c’est là qu’on devait en venir, les sons et les parfums sont mêlés, l’érotisme et la mort, les ténèbres et la lumière, etc. indissolublement liés, indestructiblement liés, dans des liens de plus en plus massifs et subtils à mesure que la connaissance (la connaissance anthropomorphique, la poésie est anthropomorphique) progresse. Cette deuxième partie qui — j’en ai déjà parlé — s’est faite d’un trait, en une après-midi, à Bruxelles, et qu’on n’a jamais retouchée —, je me dis qu’elle n’existerait sans doute pas sans la première partie (qui contient autant de beautés que la seconde, c’est pas ça, non, la différence — énorme, pour moi —, c’est que l’une est travaillée (la première) et que l’autre ne l’est pas (et celle de l’effort n’atteindra, par définition, jamais celle du non effort) (et je sais que je suis en contradiction, là, avec ce que pensait Charles Baudelaire). Un public que j’ai pu regarder dans les yeux, heureux comme eux, leurs visages lavés par la nuit et éclairés par l’amour ; un spectacle quoi ! Jean-Marc Adolphe était là, il a adoré, adorable lui-même. Ce matin, il n’a pas fait un vrai article (et il s’en excuse), mais il se déverse en plusieurs posts sur Facebook. Je vous mets le principal (sa dernière phrase est sans ambiguités : « Rester vivant, de Yves-Noël Genod est, de très loin, l'expérience la plus lumineuse (et ténébreuse, tout autant) qu'il m'ait été donné de vivre dans une salle de « spectacle »... » Merci, Jean-Marc ! Ça me console de la honte et de l’humiliation de cette première et des 2 suivantes auxquelles je pensais échapper parce que le Rond-Point avait accepté de ne pas envoyer d’invitations, mais ça n’a pas suffit, ils me haïssent, les pros, et c'est réciproque, c'est la guerre ; à Avignon, je leur foutais déjà mon pied au cul.
Que faire pour le 24 ? Jouer quand même ? Où trouver les orthodoxes, les musulmans, les juifs, les bouddhistes, etc. les athées, les mêmes pas athées, les anti-famille, anti-Noël, anti-obligation du réveillon ? 
Bien à vous,
YN

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R ester vivant, livre d'or, 7


Antoine Thiollier
Une amie venue au Rond-Point hier soir m'écrit ça : « Ça m'a rendue très sereine, ouverte et joyeuse ! Même ce matin. C'est pas psy du tout, c'est comme avoir voyagé. Ça ne m'a pas guéri de la peur du noir, mais j'ai découvert qu'il y avait différents types de noir et, un noir de théâtre, ça fait pas peur même quand y a des trucs qui font peur. C'est comme le train fantôme. Ça te fait plaisir d'avoir peur !... C'est comme avoir voyagé... » = VRAI

Nina-Paloma Polly
Bravo, bravo, bravo ! Le travail sur la voix et le son est magnifique, et les lumières et l'obscurité aussi. C'est drôle, au début, j'étais gênée car je ne savais pas si j'étais mieux les yeux ouverts ou fermés, et finalement, à la fin du spectacle, je n'arrivais plus à me souvenir si je les avais gardés ouvert ou fermés ou si j'avais oscillé entre les 2... J'ai l'impression de sortir d'une méditation ou des abysses, et ce qui au début m'apparaissait inconfortable est petit à petit devenu un endroit agréable que j'ai quitté à regret à la fin du spectacle . Une seule frustration, j'aurais aimé pouvoir m'allonger sur le sol !  Merde pour les autres soirs !

Régina Blaim
Bonjour
Merci beaucoup pour hier soir. Je me suis fait une crise de timidité aussi je n'ai pas eu l'occasion de te saluer. Il y avait de la flamboyance, de la volupté. Le noir permet à la voix de se faire chair. Un moment d'intimité avec moi-même, en sorte.
Un grand merci !
A bientôt, j'espère,
Magali

José Castrillo
Hier soir, j'ai été très troublé et ému... je vais d'ailleurs courir m'offrir la pléiade de Baudelaire...  très troublé aussi quand ton « danseur » a approché sa main de mon visage...
Je récitais in petto les textes que je connaissais par coeur et parfois dans le noir, je me laissais vraiment à danser avec mes bras, des ébauches de gestes que j'ai pu voir chez Pina ou ailleurs... tu devrais porter des lunettes infra rouge pour regarder ce que fait le public... :-D
On pourrait presque faire l'amour avec son voisin / sa voisine sur Les Bijoux

Adrien Dantou
Rester vivant, Très beau spectacle dYves-Noël Genod à voir au théâtre du Rond-Point !

Fabienne Louvat
Être vivant.
J'aime les gens de théâtre... Hier soir, j'étais au Théâtre du Rond-Point. Je pense avoir reconnu quasiment un spectateur sur deux. Personnes que j'ai du croiser sur Avignon au moment du festival... Donc ce sont les mêmes qui jouent et qui vont voir...
Je pense à la chanson de Brel Ces gens-là, juste parce qu'en les regardant, on devine beaucoup de leur vie... De leurs bonheurs et de leurs peines. De leur difficulté avec le monde, de leur difficulté à être et donc paraître. De leur aisance aussi. Les gens du théâtre ont une aisance enviable. Et j'aime les regarder. Parfois, j'aime moins les entendre...
J'attends pour la pièce d'Yves Noël Genod Rester vivant. Hier on me disait, venez directement, on vous trouvera toujours une place. Tout à l'heure on me conseillait de venir malgré le fait que ce soit complet, et, là, on me dit attendez, mais il y a peu de chance qu'on vous trouve une place. Seulement, voilà, Rester vivant, c'est 2h30 dans le noir. Et moi je ne peux pas savoir à l'avance quand je vais être prête à encaisser 2h30 de Baudelaire dans le noir. Maintenant, c'est le moment et je ferais des pieds et des mains pour faire partie du voyage. J'ai passé la journée dans Paris, j'ai vu les lumières, l'opulente consommation due à la période, les petits chalets en bois, les couleurs, les lumières... Je veux du noir, du beau ou du laid (avec Baudelaire, pas facile d'en faire la nuance...) Bref, c'est ce soir.
À la caisse, pas un regard de compassion, l'habitude des caprices de spectateurs sans doute... Mais à l'entrée de la salle, la jeune fille a bien vu mon besoin. Oui, mon besoin, pas mon envie. Après 40 minutes d'attente, la voilà qui me pointe du doigt et je sens la possibilité d'une place. Je l'ai ! Pause clope...
Quand je reviens pour entrer dans la salle, Yves-Noël Genod est là, me tend une coupe de champagne ainsi qu'à la dame qui me précède et qui me pose des questions sur le spectacle. C'est une amie qui lui a donné sa place à la dernière minute. Savez-vous ce qu'on va voir ? Euh... rien. On ne va rien voir.
La salle est déjà obscure et il est impossible de savoir où la rangée de chaise s'arrête. Je tâtonne jusqu'à trouver la dernière chaise. Celle tout au bout, la plus éloignée de la porte par laquelle s'échapper. Je ne sais rien sauf que je veux rester là, peut-être même jusqu'après la fermeture du théâtre. Je m'assois et mesure une première torture. La chaise en bois. 2h30 de chaise en bois. 5 minutes pour se conditionner, faire avec. Faire de cette chaise mon amie. Le spectacle commence.
Être vivant, c'est ça le titre. J'ai mon corps qui fourmille, je suis dans le noir, et mon corps qui ne prend pas la forme de la chaise morte. Je ne me bats pas pour rester vivante, je suis. J'ai l'impression que le spectacle a commencé depuis 15 mn. J'essaye d'abord de comprendre, d'envisager la suite. De me dire que j'aurais été mieux allongée par terre. Que j'avais envie de ce confort-là. Le noir me plonge d'abord à l'intérieur de moi-même. Je mets un certain temps avant d'entendre ce qui se joue. Je ne vois rien. J'entends la voix d'Yves-Noël à l'autre bout de la pièce mais il est là à côté de moi. Je le sais, je le sens. Pour l'instant, Baudelaire, c'est l'alibi de mon expérience. Pour l'instant, Baudelaire, c'est le cadet de mes soucis... J'enlève mes chaussures. J'accepte de fermer les yeux. Et j'entre.
J'entre dans la voix, ses rythmes, ses tonalités. J'entre dans la voix avant d'entrer dans les mots. Baudelaire et moi, c'est pas gagné. Mais Yves-Noël et moi, par contre... Et puis ça se fait, petit à petit... Je ferme les yeux, mais je ne m'endors pas. Pas une seconde. D'ailleurs, la seconde, j'en fais des minutes, pour que ça dure plus longtemps. On s'en fout, on fait ce qu'on veut. Je sais que ça dure 2h30 mais je ne sais pas à quelle heure ça finit. Je voudrais avoir 4 oreilles pour ne rien manquer. Bien sûr qu'on tend l'oreille quand on ne voit pas. Je regarde le noir du plafond. Je me tends. Pour entendre, pour que ça passe jusqu'au bout de mes orteils qui fourmillent. Pour que ça ne reste pas coincé dans ma gorge, dans mon ventre. Je sais que Baudelaire et Yves-Noël me veulent du bien. Pas peur du contre-effet. Je me laisse traverser, et ainsi je passe à mon voisin... Comme cette voix qui s'éloigne de moi jusqu'à ce qu'elle revienne.
Je pense divin, sublime.
Un point rouge dans le noir m'indique qu'il est 1h15 de spectacle (toujours pas l'heure qu'il est). Je peux partir. Je reste. La chaise n'est toujours pas mon amie, mais je l'ignore. Elle n'a plus d'effet sur moi. J'ai perdu mon corps. Il est quelque part dans les mots de Baudelaire.  Je suis dans ma tombe, parfois dans la sienne. Je ne sais plus, ça m'est égal et je suis bien. Volontaire, présente.
Cela fait un moment que le voyage a commencé et j'en redoute déjà la fin. Comment vais-je me sortir de là ? Comment vais-je pouvoir retrouver les chalets de Noël, le métro et l'autre réalité ?
J'ai déjà vécu le spectacle ultime, et celui-là est à haut risque. Seulement, il ne ressemble pas à l'autre. Je ne suis pas pressée de savoir...
Je sors de la salle, erre quelques minutes dans le théâtre, mais je ne suis pas ailleurs. Je suis bien là, au milieu des gens qui dînent encore. Je cherche les toilettes et ça ressemble bien à des toilettes. Les chalets sont les mêmes qu'avant et le métro est supportable.
Mince alors... C'était donc léger... C'était donc juste une douceur, un sucre... Une flûte de Champagne.
Être vivant, perdre le temps, abandonner le corps... seraient comme être mort.
Ce matin, c'est la paix.

Yuming Hey
Encore merci pour ton spectacle, il me reste beaucoup de mots, d'images fortes, de lumière !

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Thursday, December 18, 2014

R ester vivant, livre d'or, 5


Elie Mirdain
J'ai été stupéfait par ta force et l'incarnation « Baudelaire » dans ta voix ! MERCI YVNO !!!... Ah… les nuages, les merveilleux nuages… Vivement quelques nuages ! Au plaisir vrai de te revoir !

Anna Perrin
J'ai passé un bon moment avec moi-même, moi qui arrive si peu à me concentrer. Comme une grosse séance de travail, un brainstorming, après, je suis rentrée écrire, j'ai eu plein d'idées, plein d'envies pendant.
Plein d'images projetées sur ce fond noir.
Des fois complément dedans, des fois totalement au dehors.
Au-dedans une voix, la tienne mais ça devient la mienne ou celle de Baudelaire, je sais plus trop, on y est en tous cas, baigné dans la matière, palpable presque de sa poésie.
Parfois au-dehors, absente, en conversation avec moi-même, plongée dans  du velours sonore parfait pour méditer et créer, on y reste accroché (à ses poèmes ) par des fils sensibles, et des mots, des phrases nous parviennent encore par-ci par-là, une réponse, une piste, que sais-je.
BON MOMENT QUOI
MERCI Cooki.
On se voit bientôt,
Pis c'est quand qu'on retravaille ensemble Yvno ?
Love
Anna W. Perrin
Xxx

Thomas Louis
Je suis ravi de venir vous écouter, vraiment, vous le magicien des plateaux... j'ai tellement aimé nombre de vos spectacles !!!! Vous rendez visible l'invisible, et dissimulez le trop visible, pour le rendre intelligible. C'est une expérience rare, je vous souhaite le meilleur, et vous dis, à samedi dans le noir...

 C'est joli, « dissimuler le visible pour le rendre intelligible »...

Dominique Jeanne Dolores Moni Grego
Vous qui faites ce que vous faites, vous savez ce que vous faites, vous savez -à peu près- où vous êtes dans ce grand chemin du théâtre qui se perd dans l'huile bouillante des guerres (qui inventa tout de même les frites ! ). Molière le disait déjà : Si vous entrez en grâce, prenez immédiatement tout ce que vous pouvez prendre. Ne perdez pas de temps. Battez le fer tant qu’il est chaud. Inventez, créez, dépêchez-vous ! Et… juste avant que le vent tourne, car il tournera, éclipsez-vous sans attendre ou vous serez jetés dehors comme des malpropres. Vous êtes dans un théâtre et vous faites du théâtre profitez-en dans la joie de cela et pleurez oui. C'est beau un homme qui pleure. « Cette même envie de pleurer à chaque fois, devant cette chose qui chemine et qui change, qu’on reconnaît tout de suite et qui n’a jamais exactement la même forme, longue phrase tenue, à travers les temps, à travers les corps différents, ô cette même chose ! Longue, si longue phrase, impossible à achever… oui… »

Julia Palombe
Belle (beau) ou pas, dans le noir je n'ai rien vu. Mais qu'est-ce-que j'ai ressenti! Des flots d'images et de frissons, bien plus que si tout avait été éclairé. Yves-Noël Genod, tu fais briller Baudelaire dans le noir, et ça me plaît.

Alain Herzog
Bonjour Yves-Noël
Juste un mot pour vous dire que j’étais désolé de ne pouvoir attendre plus longtemps hier soir pour que l’on se croise après le spectacle.
Il fallait que je parte et j’étais très frustré de ne pouvoir parler de suite.
Heureusement, dans le métro, j’ai rencontré Pierre Notte à qui j’ai pu dire de suite quel plaisir j’ai trouvé à l’écoute originale de Baudelaire que vous proposez.
Pour être franc, au début on est désespéré à l’idée de passer 2h30 dans le noir et, en fait, tout au long du spectacle on comprend que, pour rester vivant, il faut vous accompagner jusqu’au bout, ce que j’ai fait en passant par toutes les humeurs les plus diversifiées que vous proposez.
Hier soir, j’ai découvert Yves-Noël Genod et redécouvert Baudelaire.
Alors merci et j’espère à bientôt,  
Alain H

Aurélia Arto
Bonsoir, j'étais là à la générale, j'ai effectivement été très émue par la proposition, le texte, par votre présence. J'ai du mal à comprendre qu'un « bide » ait pu avoir lieu. Mais, moi, je vous remercie sincèrement de votre témérité et de votre liberté, elle est contagieuse, je crois, en plus, ce qui est de bonne augure vu la sécheresse. Merci.

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Sunday, December 14, 2014


Sandrine Brunner
... et bravo !
Je t'ai remercié pour ce voyage comme s'il était terminé alors qu'en réalité je n'en suis pas encore tout à fait revenue...
Peut-être même n'ai-je  nulle envie d'en revenir...
Merci...
Ce fut un de ces moments qui se gravent très fort en soi et qui participent et influent sur la vie qui reste à venir...
Merci. Bravo

Julia Palombe
Bravo et merci à toi, Yves-Noël, de présenter un tel spectacle. De la poésie dans le noir pendant 2h30 en 2014, c'est un acte de résistance ! Quelle expérience j'ai vécue... tant de beauté, de sons, d'images, d'inspirations... Un volcan de sensations, avec un surplus d'âme. J'aurai aimé t'offrir un verre, mais j'étais tellement encore dans Baudelaire bercée par le son de ta (tes) voix, que je suis sortie sans te le proposer... Au plaisir de te revoir, Julia

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Saturday, December 06, 2014

U ne spectatrice d'Avignon

Après Avignon ...

J'avais vu le spectacle à la Condition des Soies.
Voici ce que j'avais écrit alors :

Dans le noir absolu, nous ne sommes plus qu'écoute, c'est évident.
Quelle belle idée, à croire que c'est ainsi qu'il convient d'entendre de la poésie…
Une vraie révélation pour moi. 
Alors, on retrouve des poèmes que l'on connait, on en découvre d'autres…
C'est une expérience unique, je vous encourage à la vivre.
Et Yves-Noël est un artiste délicat, sensible, élégant….

Expérience unique : amis de Paris et des environs, n'hésitez pas, courrez….!



Merci Michèle !
C'est encore une nouvelle version, because la salle n'a rien à voir... Là, on imagine des voix enregistrées (comme des voix de radio anciennes), mais c'est toujours dans le noir... au milieu du marché de Noël des Champs-Elysées...
A bientôt, 
Yves-Noël

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