Tuesday, January 04, 2022

V ersion pirate


J’avais vu une expo Jean-philippe Delhomme au musée d’Orsay. Un coup de bol, je passais par là et comme c’était proche de la fermeture, ils m’avaient laissé entrer. Mais j’avais eu le temps aussi de voir les Manet. Sauf le Déjeuner sur l’herbe, je ne l’avais pas trouvé (et personne pour demander). J’avais pris un Lagavulin avec Philippe Tlokinski à l’hôtel de l’Echiquier. Philippe n’était plus le jeune premier que j’avais connu, mais je l’aimais encore — à moins que j’aimasse ma jeunesse (perdue). Mais j’avais immédiatement imaginé un spectacle avec lui. Dont le titre aurait pu être : Hôtel de l’Echiquier. Il s’agissait pour lui de parler polonais. Ça durait deux heures et c’était ça, sans sous-titres. Il pouvaient improviser (ou écrire) ce qu’il voulait, changer le spectacle d’un jour à l’autre. Peut-être devait-il s’adresser toujours à l’éventuelle Polonaise (ou Polonais) qui allait comprendre son message. Tout son travail aurait consisté — pour tous les autres — à ce qu’il n’y ait pas de message, tâche ardue. Surtout à cette époque où il fallait un message « politique » (sans qu’on comprenne jamais à quoi ça servait). Mais, là, tout le contraire, du vrai théâtre, du vrai poème. De toute façon, le théâtre que j’aime — et ce sera pour toujours — était le mien : le poème. Et quand c’était celui des autres, il se pouvait que ce soit aussi le poème. Et maintenant, je lisais Michel Houellebecq. Zakari m’avait procuré une version pirate (peut-être un peu inexacte) de ce livre qui ne sortait que vendredi : j’allais prendre de l’avance

 

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Tuesday, April 02, 2019

C 'était un 1er Avril 2011 (exigez que je revienne en Belgique)


— oui
— oui quoi ?
— à ce voyage exceptionnel, à cette épaisseur de maquillage au sol, pour ce rêve bleu couleurs du ciel grill, un temps pour lequel les artifices seront isolés, c'est un infini, c'est une liberté, c'est beau, c'est un oui

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Monday, April 01, 2019

C 'était un 1er Avril (exigez que je revienne)


Photo Marc Domage. Simon Espalieu, Jeanne Monteilhet

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Thursday, August 31, 2017

Monday, May 25, 2015

I f only


Jean-Pierre Thibaudat. Je lis sur son blog une critique de La Mort de Tintagile, aux Bouffes du Nord, et, du Mexique, comme une hallucination, mon nom apparaît. « mais on ne pose pas impunément des musiciens sur scène à côté d’acteurs comme des potiches. Dans une fosse d’orchestre ou en coulisses, ils peuvent bayer aux corneilles entre deux interventions, sur scène ils deviennent des acteurs. Ce qu’ont parfaitement compris des habitués [if only] de la scène des  Bouffes du Nord (de Jeanne Candel à Yves-Noël Genod, la liste est conséquente) qui ont changé la donne du théâtre musical. »

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Tuesday, April 28, 2015

(R erun)


Louis Laurain

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Monday, July 14, 2014

Un bonjour d'Avignon ! où je rencontre tant de gens frappés par 1er Avril aux Bouffes, en particulier Nicolas Struve qui me réenvoie ce texte — très bon, il m’a dit qu’il avait l’impression d’avoir assisté à la naissance du théâtre — qu'il avait publié sur son mur et qui m'avait échappé. Il y a un engouement. Le phénomène décrit par Régy (depuis La Chevauchée) qui fait que beaucoup plus de gens parlent du spectacle, « connaissent » le spectacle, que ceux qui l'ont effectivement vu. Beaucoup de gens me demandent, tous les jours, si ce que je présente ici est la même chose qu'aux Bouffes, me disent qu'on leur en a beaucoup parlé, qu'ils aimeraient tellement voir ça (qu'ils n'ont pas pu voir, étant de Marseille, etc.)
Je dis qu'il s'agit là des Bouffes du Nord du pauvre. Je suis certes dans une salle à l'acoustique très belle, mais tout seul à dire du Baudelaire dans le noir total ! (mouvement des intermittents oblige).
Je ne regrette qu'une chose à ma présence à Avignon : ne pas voir Judith Chemla chez vous !
Au plaisir, 

Yves-Noël

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Monday, June 23, 2014

A quoi bon cette perte ?


Cette fille que je rencontrais dans la rue me disait Hello ! et qu’elle pensait à moi, qqch à propos du luxe qu’elle avait lu dans L’Evangile selon Saint Matthieu, peut-être, elle n’était pas sûre, en tout cas dans la Bible (bonne lecture de fille) : c’est quand je ne sais qui va mourir (le Christ ?) et qu’on l’oint de parfums onéreux. Qq’un dit : Pourquoi des parfums onéreux pour qq’un qui va mourir, pourquoi dépenser l’inutile ? Et le Christ (est-ce lui qui va mourir ?) de s’exclamer : Si ! des parfums onéreux, des parfums de luxe ! Elle avait pensé à moi encore d’une autre manière. Elle me demandait si je connaissais le type de la Gare du Nord qui ressemblait tellement à mon chanteur (de 1er Avril)… Au début, quand elle l’avait vu (et encore maintenant, elle n’en était pas sûre, elle me demandait si mon chanteur n’avait pas mal tourné), elle avait pensé que c’était lui et en le revoyant plusieurs fois (au niveau des RER), elle avait pensé que je m’étais inspiré de lui, certainement, que je l’avais copié à vrai dire tant était complète la ressemblance. Pieds nus, la même immense parka parachute, les cheveux dégarnis, la barbe à peu près… Voilà comment cette fille pensait à moi. Et elle, qu’est-ce qu’elle faisait ? Elle faisait un remake de RoboCop, selon la technique déjà utilisée pour un ou plusieurs précédents films : on garde la bande-son et on retourne des images (il s’agit pour les acteurs de bien bouger les lèvres). J’étais émerveillé par ce projet, je n’avais jamais entendu parler de RoboCop, enfin presque jamais… C’était un plan drague… D’ailleurs, elle me quittait parce qu’elle avait r-v pour boire une bière avec une copine. Lesbos, lesbos… Pour le luxe, c’est vrai, je suis comme Charles Baudelaire, j’aime « à la fureur » « les choses où le son se mêle à la lumière »… Le spectacle 1er Avril, perdu — et c’est injuste —, a créé des hallucinations. Bien sûr. Des poisons, des venins. Vénus. Olivia Grandville me disait l’autre soir à la Ménagerie combien elle l’avait aimé et aussi particulièrement ce début avec la fumée et les voix et l’apparition d’un être dans le mur, tout d’un coup, elle avait vu Louis XIV, habillé comme un Louis XIV et qu’elle s’était demandée assez vite devant la parka à présent sortie du brouillard comment ç’avait été possible, comment elle avait pu voir Louis XIV alors qu’il s’agissait d’un SDF, ou si c’était elle ou si c’était une astuce de mise en scène.

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Alexandre de Dardel

Cher Yves-Noël
En hommage à la fumée rheingoldienne du début de ton 1er Avril aux Bouffes du Nord, voici en pièce jointe mon texte paru dans l' ouvrage collectif : La Brume et le Brouillard, dans la science, la littérature et les arts, éditions Hermann, janvier 2014
1er Avril  :  La porte à jardin, il s’y passe toujours des choses intéressantes : le moine qui se déshabille avant d’y entrer, avec le son des cloches à l’intérieur. Une sorte de rentrée au couvent, mais inversée (on y entre nu). Par ailleurs et souvent (comme chez Olivier Py), le sacré et le profane sont mélangés, comme ce final où un moine et une religieuse cohabitent, avec l’explosive Ana Pi (robynorlinesque) et ses gants (de gardien de but ou de cuisine ?) Renversement des rôles : un homme nu sous un tulle à paillettes de mariée. Ça pourrait être infini ces apparitions et disparitions, fantômes de théâtre, lambeaux de spectacles que nous ne verrons jamais. À la fois célébrer la religion, transformer inlassablement le théâtre en église, et au cœœur de cette église, cracher sur elle ! (l'érotisme, le discours ultra-athée de Cioran). Une stratégie sadienne. 

Bien à toi, Alexandre

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Saturday, June 14, 2014

R emplis de nostalgie et de gratitude


Cher YvNo,
tout d'abord excuse-moi de n'avoir pas plus répondu à tes derniers mails,
ils sont très beau, remplis de nostalgie du temps qu'on avait presque réussi à arrêter en ce 1er Avril, et remplis de gratitude envers la troupe, donc je voudrais te renvoyer aussi ma part de gratitude, et te dire que j'ai été vraiment honoré de travailler à nouveau avec toi, avec Philippe, et ces superbes interprètes. Je réalise souvent en retard la chance que j'ai (eue) : quelle chance en tout cas d'avoir habité un mois Les Bouffes du Nord à tes côtés ! et la petitesse de la régie était inversement proportionnelle à la grandeur de l'espace sonore, suggestif, et métaphysique que tu me proposais d'investir, ou plutôt dans lequel tu m'as permis de vivre. Ce fut une étonnante parenthèse dans ma vie, je réalise aujourd'hui que nous marchions alors tous quelques centimètres au-dessus de la réalité. La lecture du livre d'or semblant d'ailleurs corroborer cette théorie !
Je comprends ta frustration concernant l'absence de perspective de tournée ou de reprise, je trouve ça bien dommage également, mais je me réjouis à l'idée de retrouvailles, un 1er Avril ou un 12 Octobre.
Je t'embrasse bien fort.
A bientôt,
Benoît

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Friday, January 24, 2014

Un peu de com’


Récemment, le cinéaste Vincent Dieutre essayait de décrire — en ma présence — à quelqu’un qui ne les connaît pas le genre de mes spectacles : « Ce n’est pas facile à décrire… » Puis : «  Des cérémonies rituelles d’une sorte de religion inconnue de la beauté » — ce qui, pour moi, a soudain résonné assez juste car cela rend compte de ceci : je ne sais pas, non plus, ce que je fais. Je ne sais pas d’où ça me vient — puisque je le fais depuis tout petit, mais sans antécédents aucun. Ma mère avait regardé une fête d’école où les acteurs-enfants portaient des masques de singes… voilà tout ! Il n’y a rien d’autre. Rien d’autre. Il est clair que les théâtres sont pour moi comme des temples. Des espaces protégés qui permettent quelque chose qui est de l’ordre du recueillement, de l’intériorité. Oui, je vois les théâtres comme des espaces matriciels, des grottes, des temples et, si je le pouvais, j’en rendrais l’entrée absolument libre et chaque fois que je le peux, je le fais, qu’au moins les pauvres ne soient pas laissés à la porte (les dons des riches sont traditionnellement acceptés). Le théâtre, pour moi, je le dirais d’une manière presque provocante, c’est l’espace où — presque — la démocratie se tait… Vous savez, les défauts… je ne reviens pas là-dessus… de la démocratie… Une autre chose qui se tait, au théâtre, se calme, s’apaise souvent — je ne sais pas par quel miracle —, c’est toute entière la Société du Spectacle. Dans mon théâtre tout au moins — mais beaucoup de mes collègues se retrouvent dans ce que je dis — , nous évidons le « Spectacle » que la Société produit à flux continu. Nous déconstruisons, nous « disparaissons » le Spectacle Permanent Pénible et Indolore de la Société et, si je le pouvais, pour ma part, je plongerais systématiquement les théâtres dans le noir total ! (C’est un combat, bien sûr, avec les « commissions de sécurité ».) Oui, comme le chante Alain Souchon : « On a soif d’idéal » — et de pas grand-chose d’autre ! Maintenant, un peu de com’ : Un opéra immobile, une illumination des voix, un éclaircissement du voyage, une frayeur de l’immensité pure, voilà ce que j’aimerais proposer aux Bouffes du Nord, tout ce qui y est déjà — car c’est dans les murs. Le fait même, pour moi, d’inscrire un travail aux Bouffes du Nord — théâtre insensé tant il est proche du rêve —, vaut manifeste ! Et je reprends à mes amis du Zerep cette formule : la 
« terre promise du spectacle »…

Yves-Noël Genod, 24 janvier 2014

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Monday, January 20, 2014

P hilippe et Felix




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Sunday, November 03, 2013

D ans la savane


Photo de Marc Domage (Felix Ott dans 1er avril).

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Sunday, June 02, 2013

Rerun : 1er avril



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Sunday, May 19, 2013

Pour les aficionados, quelques rushes de 1er avril


Pour les aficionados, quelques rushes de 1er avril (fameuse pièce de Bruxelles) qui complètent le montage qu’avait proposé Jean Biche (César Vayssié n’ayant pas le temps de s'y mettre vraiment). On y voit de délicieux (presque) éphèbes qui se battent (Felix Ott et Philippe Philipski), Marlène (Saldana) avec une barbe qui engueule en créole un petit garçon avec une robe jaune (Bram Droulers), un clown à poil (il me semble, probablement le père de l’enfant, Pierre Mégos), l’enfant-travesti devenu adulte (Jean Biche), une star qui chante — ou qui répète — (Jeanne Balibar), habillée en Lido ou en Balenciaga (chansons merveilleuses ou peut-être n’y en a-t-il qu’une, ici) Lorenzo de Angelis est plus visible dans le montage de Jean Biche. Code d’accès de ce bout à bout : yng

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Sunday, May 12, 2013

Le Réel et le bordel (dramaturgie 1er avril)


La Question des images 
« Quel est le rapport ou le non rapport entre cette extériorité événementielle pure et le champ des images où vient presque toujours se perdre — ce champ des images — dans une représentation sans pensée, la puissance latente de l’événement ou le sens encore non révélé de la révolte ? (...) le rapport ou le non rapport entre la patience du réel et l’excitation impatiente que les images tentent d’imposer afin que chacun puisse se résoudre à passer sans lien, dans le décousu de l’impatience, d’une chose à une autre, un peu comme on passe d’un modèle de voiture à un autre. La question de la pièce *, c’est l’existence ou l’absence d’un désir qui, comme le disait Lacan, ne serait pas du semblant. Un désir animé par le réel, et non par les images. »



Le Balcon, de Jean Genet.



« Peut-on se soustraire aux images ? La révolution peut-elle se soustraire aux images ? »  



La Nostalgie du désir fantasmé



Le Meurtre du pur présent 
« Il en résulte que, pour nous, s’avancer dans les images du temps présent, c’est, en grande partie, tenter de saisir ce qui n’a pas d’image. Le présent du présent n’a pas d’image. Il faut désimager, désimaginer. Mais, voilà le piège, c’est que le pouvoir nu qui se cache derrière la subtile plasticité et la séduisante obscénité des images du monde démocratique et marchand n’a pas lui-même d’image. Il est bien un réel nu. Mais qui, loin de nous délivrer des images, en garantit la puissance. Le réel du pouvoir, comme pouvoir qui certes se tient dans le présent, mais n’est pas, lui, soumit aux images de ce présent, voilà ce qui se dissimule derrière l’imagerie démocratique contemporaine. Le personnage de la pièce de Genet qui montre, sur scène, cette puissance sans images de l’image elle-même est très normalement le chef de la police. Toute situation, nous dit ici le théâtre, a son chef de la police. »



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Wednesday, April 04, 2012

Hollywood




Personne ne veut donner d’argent pour que je fasse bosser Jean Biche ? Avec lui, nous serions sûr d’aller tous à Hollywood ! Il a fallu qu’il se torde la cheville ce week-end pour déprimer vaguement devant son ordi et pondre une page sublime sur ce spectacle certes sublime et éternel (mais qui n’a joué qu’une fois), inachevé, qui plus est (il manquait un acte), 1er AVRIL, à Bruxelles. Recommandé ! (Cliquer sur le titre.)

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Friday, October 28, 2011

Chanson, bagarre, texte, feu du ciel (rushes 1er avril)








Filmé par César Vayssié. Philippe T. Felix Ott. Jeanne Balibar. Marlène Saldana. Lorenzo de Angelis.

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Saturday, August 20, 2011

Melancholia (Rushes 1er avril)




Melancholia, c’est immense ! Le film est vraiment pas mal, mais c’est Kirsten Dunst qui fait quelque chose d’incroyable, de sidérant, surnaturel et de définitif sur le thème de la dépression (disons, après Marilyn…) Ici, Lorenzo De Angelis, dans le rôle de Charlotte Gainsbourg et Jeanne Balibar, dans celui de Kirsten Dunst. Cadeau.









Filmé par César Vayssié.


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Friday, August 19, 2011

Séquence dite de la chaise (Rushes 1er avril, après-midi)


Filmé par César Vayssié.

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