Saturday, March 27, 2021

T on livre


Je ne voulais pas acheter ton livre par peur (que j’ai toujours) de redescendre dans des émotions, des comportements trop usés, mais je l’ai feuilleté chez Colette Kerber et je suis tombé sur des pages si bien écrites, si légères, si magiques, si romanesques, sans lourdeur, sans l’organisation  du romanesque (les pages sur le garçon qui voit chez Depardieu de son balcon) qu’elles m’ont accompagné toute cette semaine à Paris indépendamment des autres lectures que je poursuivais et que je suis (bien sûr) finalement retourné chez Colette Kerber prendre le livre aujourd’hui… Ça y est, j’admets donc être tombé en ta religion et je suis sans défenses. Bravo ! 




Merci

Je me souviens du garçon voyant chez Depardieu

C'est drôle j'y songeais hier

Ton message est très beau !




J'aime (déjà) beaucoup ton livre immense




Merci.

Je suis totalement abattu depuis quelques jours, prenant conscience que j’ai vécu et écrit ça, une sorte de scrupule indescriptible, donc ton mot me fait très plaisir




Ça ! Je suis sidéré de cette entreprise. Une sorte de travail d'Hercule... Tu peux te permettre une petite dépression... Mais, pour nous, lecteurs, maintenant c'est à nous, c'est fort, ça ramasse, par exemple, tout Paris (ce terrain de jeu) et toute la France — et toute cette sorte de vie : l'époque, le passage, la jeunesse, la vitesse, la pérennité... Enfin, évidemment, c'est peu de dire qu'« on s'y reconnaît », mais c'est ça qui est généreux, c'est qu'on s'y reconnaisse tout de suite... comme un film intérieur... rêve-veille




Tu trouves toujours des mots et les mots

Je te souhaite une belle nuit et file vers ma dépression désormais méritée, et son sommeil précoce

(Je t’identifie comme quelqu’un qui vivrait une jeunesse perpétuelle, vive, ça m’étonne presque que tu écrives passage de la jeunesse !)


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Saturday, July 28, 2018

L es Magazines


J'entre seulement à la bibliothèque, j'ai traîné, Paris belle lumière moins de pollution. J'ai même été dans une boutique de mode et — alleluia ! — j'ai rien acheté : tout est plus beau dans les magazines alors pourquoi faire semblant. Si tu veux, viens avec moi à Aubervilliers ce soir chez Valérie Osouf et après on va ailleurs...

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Sunday, June 24, 2018

L e Mâle et le bien


J'avoue, oui, que c'était bien improbable. J'avais croisé Florent Ruppert dans la rue en rentrant chez moi. Mais il ne se passe jamais rien pour moi parmi les pédés, même quand j'étais jeune, c'est trop normé, je regarde ça comme une autre race d'animaux. Du coup, j'avais l'impression de rêver en rencontrant dans cette ambiance... des amis ! (des amis venus avec des filles). Très étrange et sympathique (et, toi, t'es quand même très sympathique ! Il avait l'air de te plaire le petit torse de gorille...) J'ai beaucoup plus aimé la dernière Péripate dans le même lieu (mais à tous les étages), beaucoup, beaucoup plus ouverte et mélangée, libre, pleine de beauté et d'MDMA...
Oui, Péripate, c'est plus festif, plus joyeux (plus drogué aussi, oui)
C'est ça qui manque aux pédés, il devraient prendre de la MD, ça les rendrait plus gentils (mais, bon, je comprends bien que le trip, c'est de se montrer dur, de « vrais » mâles, nom de Dieu on n'est pas des pédés !)
Oui, c'est toujours très normé, c'est clair, ça me gêne aussi pas mal. Bon, au début, après, j'avoue, je rentre dans l'ambiance
Oui, avoue. Je t'aime
Rhoo... tu exagères toujours !
Ben, si, je t'aime bien. Mais pourquoi rajouter le « bien » ?

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Tuesday, January 30, 2018

D éboires sexuels


Bon, alors, une histoire pour vous. Aujourd’hui (ce soir) au cours de danse je me suis trouvé assez sexy pour une fois, j’étais dans une culotte de fille (je ne sais pas comment j’ai ça, c’est peut-être à toi, Sylvie) et, comme il faisait chaud, j’étais tout transpirant torse nu (en bas de maillot, quoi). Je me suis beaucoup regardé dans le miroir pour une fois et puisqu’en danse classique, il faut le faire (je n'y arrive pas trop quand je me trouve moins sexy). Mais, à la fin du cours, une vieille folle (je grossis le trait, elle est sûrement sympathique) est venue me voir, j’étais au sol les jambes par-dessus tête en train de m’étirer, elle s’est collée à moi (oui, il s’agit d’agression sexuelle ou, disons plutôt comme Deneuve, du beau droit d’importuner) et m'a dit : « Tu es nu sous ta veste ? » J’ai fait répéter plusieurs fois « Tu es nu sous ta veste ? »  « Tu es nu sous ta veste ? » Quelle veste ? quelle veste ? avec quelle veste je suis venu ? Ah, le gilet en grosse laine Comme des garçons acheté à -60 à Londres... Ça et ton pantalon en velours à grosses côtes Jean Colonna, ça lui plaisait, ça lui rappelait sa jeunesse. Et elle me sort, toujours collante : « Toi et moi, on doit être de la même génération, je suis de 58 ». « Je suis de 72, madame ! » « Ah… Ah oui, t’es plus jeune alors… » Cougar, va ! Et que je t’y reprenne pas ! (Je dirai rien sur Fakebooz pour ce coup-ci...)

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Saturday, December 16, 2017

« E n manque », de Vincent Macaigne


C’est sublime, ton spectacle ! ça m’a fait un choc. J’en ai vu, des choses, mais je me suis aperçu ce soir que j’étais bouche bée et les yeux écarquillés (et les oreilles bouchées, mais, bon…) Ce qui me fascine — et c’est ça, ta virtuosité —, c’est que tu as le goût du réel. Et, moi, j’aime bien ça aussi ! Le théâtre me fait peur quand il cache le réel (le naturalisme). Quand le réel est là, je suis de plain-pied et c’est aussi l’étoffe des songes. Chapeau bas !

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Saturday, October 14, 2017

S erena, je crois n'avoir jamais rien vu d'aussi beau que ton expo ! Ce musée te va comme un second vêtement, c'est sublime ! Yvno

Saturday, November 19, 2016

T rump is coming !


Bon, j’ai plein de choses à dire alors on va expédier ça. 
D’abord, les cours d’interprétation JOUER COMME GERARD de lundi et mardi prochains et ceux des deux semaines suivantes restent au même horaire : 14h30-17h30. Les deux derniers cours, les 5 et 6 décembre sont ouverts au public. (Donc 14h30.) (1, rue Berthier, Pantin, 5€.)
Deuxièmement, je joue à Lyon à la fin de la semaine, du Proust, la soirée est dans un appartement privée, à la Croix-Rousse, samedi 26, très chère (25€) et sur invitation, il me reste personnellement deux places pour cette soirée du 26 à 25€. En revanche, j’ai davantage de places la veille pour la générale gratuite. Faites-moi signe. La soirée s’appelle : QUELQUES PAGES ET PUIS AU LIT. Sinon les élections sinistres : Il faudrait éliminer Sarkozy qui, en ce moment, est plus à droite que Le Pen (et par la même occasion Hollande qui espère que Sarkozy soit désigné pour paraître plus à gauche — il y rêve toujours). Alors, ça veut dire, eh bien, oui, qu’il faut aller voter à la primaire de la droite. Il faut trouver son bureau de vote, il faut 2€ et il faut signer une phrase que mon frère m’a dit que ce n’était pas se parjurer que de la signer. La phrase, en effet, n’est pas bien méchante : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. » (Je mets la lettre de mon frère en commentaire parce qu’on voit qu’il est intelligent.) Si on ne vote pas maintenant et si Sarkozy est désigné, on peut faire confiance à l’élection présidentielle pour que Le Pen l'écrabouille, peut-être même dès le premier tour ; pour ça, il n’y aura pas besoin de se déplacer. En tout cas, moi, je me déplacerai pas. Ni pour Hollande ni pour Sarkozy. Et ce sera Le Pen, tant pis. Je prendrai des cours de tir et de secourisme... 
Sinon la photo qui n’a rien à voir, c’est pour montrer que j’étais content de retrouver Nicolas Moulin à Berlin, personnage de mon spectacle Pour en finir avec Claude Régy — et excellent artiste, par ailleurs (ici, avec son fils Viktor). 

« La démocratie, c’est du boulot et nous sommes quelque peu distraits. »



Bonjour Yves-Noël,
Tu te parjureras toujours moins que les hommes politiques. Comme disait Pasqua, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
Dans le détail :
— on peut facilement, s'engager pour l'alternance afin de réussir le redressement de la France. Quelle alternance ? Mélanchon et EELV en proposent une, aussi.
— on peut partager les valeurs républicaines de la droite et du centre, s'il ne s'agit que des valeurs républicaines (au sens restrictif) : la démocratie, le respect de la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, l'indépendance de la justice, la déclaration des droits de l'homme...
La question que je retournerais au rédacteur de cette charte est la suivante : les valeurs de la droite sont-elles toutes républicaines ? (sachant que de par la constitution, la République est sociale (entre autres) :
Article 1
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »
Donc, à parjure, parjure et demi.
Fais donc comme tu l'entends.
Jean-Philippe

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Thursday, February 18, 2016

L a Sélection


Sur sa note d'intention il écrit un joli truc qui te ressemble un peu : « Cinquante acteurs. Cinquante spectateurs. Pas de décors. Pas de costumes. Pas d'éclairage. Pas de scène. Et une infinité de possibles. »
Il faut sans doute appeler pour réserver (numéro sur le lien ci-dessus).
Ensuite si tu as déjà payé ton billet pour Sharunas, vas-y ! Tant pis pour le spectacle. C'est sur le même principe que tes spectacles dans le noir. En soi, c'est juste qu'il y a une force incroyable due à ces 50 présences, ce qui est assez rare. Mais c'est pas non plus indispensable, la majeure partie de l'humanité qui ne le verra pas survivra très bien ! C'est une sorte de sélection naturelle dans ton agenda culturel.
R.

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Monday, April 29, 2013

Rêverie


Rêverie... J’ai laissé Clara Chabalier, je l’ai accompagnée, mais je n’avais pas envie de voir le film. C’est toujours étrange de laisser une fille qui vous propose d’aller au ciné. Ça s’est vu tant de fois (au cinéma). Ça ne se fait pas. Ou alors. Pas facilement. En ce moment, elle est à voir Side Effects, de Steven Soderbergh. Il était dit dans « Libé » que je lui ai lu à haute voix entre le café Jaurès (où nous avions rendez-vous) et le cinéma Quai de Seine — quel printemps, d’ailleurs, les oiseaux strient la rue, les vaguelettes, le ciel, les feuilles trop vertes, tout bouge — il était dit : « la mécanique mercantile d’un monde de coquins antipathiques ». Avec Clara, on s’était vu parce que je l’avais admirée dans The Four Seasons Restaurant, de Romeo Castellucci — spectacle qui m’a bouleversé au-delà de toute mesure ; c’est pour moi le symbole de toute beauté : c’est comme si je ne l’avais pas vu, c’est comme si je ne l’avais même pas rêvé, je ne sais pas d’où m’en vient la mémoire — et — en même temps —, je n’arrive pas à croire que je ne vais pas le revoir (la tournée, en tout cas en France, est achevée, me dit Clara). Clara ajoute à mon désarroi, à mon incompréhension de la portée sublime de ce que j’ai vu — la portée sublime intime —, le récit de son travail avec Romeo Castellucci : en fait, elle n’a rien à dire, il n’y a rien à dire. Elle a travaillé à Berlin sur ce spectacle : répétitions : 2 jours. A Paris, elle est venue pour un remplacement (un autre rôle) : répétitions : 4 h seule (avec Romeo Castellucci) et une après-midi avec tout le monde. Ma raison vacille. Comment est-ce possible ? Comment ce que je compare, par ex, à La Callas, pour dire la beauté surnaturelle, ne nécessite pas de travail ? C’est invraisemblable. Du coup, on n’a plus rien à se dire, avec Clara. Clara est très belle. Maquillée, les lèvres. Avec un peu de dentifrice à la commissure (je n’ose le lui faire remarquer parce que je ne l’ai pas fait au début, au commencement, à son arrivée...) Elle est exactement aussi belle que dans ce spectacle où je l’ai vue belle au milieu de cet ensemble de femmes toutes aussi belles sauf qu’elle est la seule blonde. « Etait », je devrais dire, si c’est fini... « Banalité du théâtre, dit Eric Vautrin, opposée à la permanence de la  poésie littéraire. » On ne devrait pas dire de Steven Soderbergh, mais réalisé par Steven Soderbergh, de même que Promised Land est réalisé par Gus Van Sant. C’est tout. Ce sont des films de genre. De bouts de ficelle, de bonnes volontés. C’est si vulgaire, le cinéma américain, si, si vulgaire... C’est du divertissement et ça ne dit pas grand chose. Divertissement de quoi ? Ils se divertissent en regardant l’Amérique. Mais ils sont l’Amérique. Ils s’inventent quoi ? Rien.






(Peut-être Clara pour travailler avec Thibault le 8, 9...)







(...)
Au cinéma, le type m'a dit qu'il ne restait qu'une seule place dans la salle. Quand je suis entrée, le film était en train de commencer, je n'ai pas trouvé la dernière place libre. J'avais peur de déranger les gens. Alors je me suis installée sur l'escalier, et j'ai regardé ce film comme je regarde les films de ce genre, en cherchant les erreurs de raccord, en regardant les figurants au fond, parce que, vraiment, il n'y avait rien d'intéressant. On avait déjà tout lu, et même l'idée du film que je m'en faisais d'après Wikipédia était mille fois plus folle que tout ce que Soderbergh aurait pu faire. Edouard Levé a une phrase très belle : « Je préfère qu'on me raconte une exposition plutôt que de la voir de mes propres yeux ». J'y pense souvent. Et j'ai aimé comment tu m'as parlé du spectacle, car aujourd'hui je suis si triste que cette expérience soit finie. J'aime bien le revivre à chaque fois à travers la vision des gens. Et c'est ça aussi qu'un spectacle vit encore : c'est quand on le raconte. C'est d'ailleurs pour ça que je ne pouvais aller voir qu'un film nul : pour regretter encore un peu plus.



T'en fais pas... tu vas le porter encore longtemps sur ton visage, ce spectacle... Content qu'il n'est plus resté qu'une place, j'ai moins de regrets de t'avoir laissée (ou alors tu l'inventes par gentillesse à mon égard). (...) 


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Wednesday, February 13, 2013

L’Art de ne pas raconter



La Vie de Paolo Uccello, par Grand Magasin, est une reprise d’un spectacle de 1984. Une reconstitution dont il manque 90%. Il est temps pour moi d’abandonner toute grandiloquence car ici, ici absolument, mais « absolument » est de trop, il s’agit de la transparence. C’est-à-dire la poésie et — pas son contraire — la vie. Je ne puis même pas m’avancer pour dire quoi que ce soit sans déformer — comme le fait l’observateur en microphysique qui modifie, de manière décisive, ce qui est observé. C’est secret, c’est indicible ou, en tout cas, ce que je ressens, je veux le garder pour moi car — peut-être — dans le meilleur des cas — je ne le sais pas moi-même. Hautement conseillé (mais le mot « hautement » est de trop). (Seul bémol : le temps n’a pas passé.) (Deuxième seul bémol (exceptionnellement) : Jérôme Bel n’a pas aimé.)



« Paolo, dis-nous ce que tu aimes dans les paysages. — Les mottes. Les fossés. Les cailloux. Les touffes. Un petit buisson. Et chaque détail de la nature dans son style sec et cassant. »







Pascale Murtin
Bien sûr que si le temps est passé, il est juste passé devant, devant nous tel un caillou philosophale, perpétuel et angulaire, juste, devant nous dans la flaque verte, verte, vert clair, vert cassant, qu'à cette époque on négligeait presque toujours.

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Saturday, January 12, 2013

Dernière d'Electre à 21h, 78, rue du Charolais...


Encore une très jolie et très gentille phrase de Marie Plantin à mon propos dans cette critique dithyrambique du travail de Renaud Boutin  : 

« Quant à Yves-Noël Genod, il façonne des espaces / temps performatifs, mouvants et infiniment vivants, ouverts à tous les possibles. » 



Sinon Renaud Boutin lui-même m’écrit (c’est aussi très gentil, je ne voulais pas le mettre là parce que Jean-Pierre Thibaudat est un dieu, alors, ça fait genre... Enfin, ça n’a rien à voir, quoi...) :

« Bonjour,
Je suis un fidèle lecteur du Dispariteur, que j'estime avec les papiers de Thibaudat un des rares lieux de critique théâtral résistant et moderne : merci.
Je vous écris sur les conseils de Guillaume Barbot pour vous inviter à découvrir le travail du collectif au sein duquel je travaille : Le Foyer. Nous avons actuellement une carte blanche au théâtre de l'Opprimé et jouons dimanche 13 en clôture une intégrale des quatre spectacles présentés cette semaine. La semaine prochaine nous nous attaquerons à une création quasi improvisée créée pour l'occasion.
J'ai personnellement mis en scène Electre, d'Euripide — nous jouons donc la dernière dimanche à 21h. Partant d'une traduction sur mesure de Florence Dupont, nous avons essayé de retrouver la radicale étrangeté de la performance... Son aspect dérangeant et musical. Kantor, Müller, Marin nous ont guidés dans cette réécriture.
Je serais très heureux de vous faire découvrir ce travail. 
Bien cordialement, Renaud Boutin »

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Thursday, May 03, 2012

La délicieuse homosexualité-miroir

(trois écoles)


Thomas Gonzalez me dit que Michel Fau lui a demandé s’il couchait et qu’il lui a répondu qu’il était de la vieille école (« Il faut coucher pour réussir »), que maintenant, il suffisait d’allumer pour réussir. C’est toute l’astuce de Michel Fau que de chanter la vieille (et merveilleuse) école. Alexandre Styker que je rencontre plus tard sur un trottoir du Marais et à qui je raconte cette histoire d’ancienne et de nouvelle école, me dit que, non, il ne faut même pas allumer, il faut simplement correspondre « exactement au rôle ». Je lui dis qu’il parle là d’un cas extrême, cher nouvel ami, « correspondre exactement au rôle », mais j’admire sa foi en ce métier (qui semble lui réussir).







Enchanté de t'avoir rencontré, mon petit loup, tu as un nouveau fan ! (Et comme tu m'as donné le tien : 06 84 60 94 58) Love


Mais le plaisir a été pour moi mon cher.... et apparemment nous avons qq amis communs...


Couche avec Robin Causse, il est trop mignon ! (Et ça me ferait plaisir...)

J’ai pas du tout envie de coucher avec Robin Causse !!!

Ah, merde, mauvaise pioche, alors...

Je couche plus de toute façon !!

Oh, ça, comment veux-tu que je te crois ? On n’a pas le choix, ça, on couche, c'est instinctif

Oui, c'est vrai...
Et c'est tellement bon lorsque tout est compatible

Petite salope ! (j’avais deviné)

Evidemment tu avais deviné !
Tu ne pouvais que deviner
Je suis un livre ouvert !

Love. Passe une bonne nuit alors

Je vais essayer, c'est pas gagné...
Toi aussi passe une agréable nuit

Pourquoi, t'es énervé ?

Je dors pas bien en ce moment depuis que je suis revenu d’Italie

Ah, t'étais en Italie, toi aussi ?

Oui et je vais y retourner parce que je vais jouer là-bas

En italien ?

Oui, Monsieur

Ah, ça, c'est chouette !

Je suis mort de trouille surtout !

Tu tiens au courant, je descendrai te voir, si je peux. J'adore l'Italie !

On va jouer à Milan et ensuite Perugia et end
Suite 4 mois ds toute l’Italie
Mais je t’invite avec plaisir
Je suis le diable !

Tu joues le diable ?!

Oui

Bon, arrête, là, tu m'as trop allumé, j'ai déjà l'impression d'avoir ton sexe dans ma bouche...

Et, moi, je viens te voir à la fin du mois !

Ah, oui, c'est vrai. Je t'embrasse, te désire et te souhaite quand même une bonne nuit

Douce nuit...   

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Friday, March 30, 2012

la Bombe




Tu crois que ça va pas m'ennuyer, demain, 21h, le film de Dieutre à Beaubourg ? Tu l'as vu ? Tu y vas ?

YN



J'y vais mardi (projo au Mk2 Beaubourg, à 20h) avec Camille Laurens… Demain, ça va être blindé (mais y a Romain Brosseau !)



Celui que je prenais pour John Malkovitch, il a écrit Jayne Mansfield 1967... Paraît que c'est un beau livre... Je connais rien, putain !

YN



Ah, c'est lui ??? Pas lu moi non plus mais entendu parler (en bien).
Vois avec Vincent si tu as bien deux places, auquel cas je viens avec toi (et j'y retournerai mardi s'il faut).
Tu as vu le texte sur mon blog, genre pastiche de Truman Capote ? Paris est une blonde



Yes, à l'instant. Tu aurais peut-être pas dû dire que je pense que Laura est folle, elle me refait pas signe... De toute façon, je suis nul, je pense que tout le monde est fou. J'ai quand même très peu profité de la soirée d'hier ! T'imagines si on avait posé une bombe ? Je m'aperçois qu'il y avait 40 000 fois plus de célébrités que je pensais (y a des photos qui paraissent...) Au lieu de ça, je m'empiffre... J'ai redemandé à Vincent s'il m'avait mis deux places pour demain, te dis...

YN



Je passe mes journées à dire à Laura qu'elle est folle, t'inquiète pas… C'est une belle folie… Et je suis fou, et tu es fou toi aussi, alors !

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Wednesday, February 22, 2012

« Comment être absolument vivant et ne pas en mourir ? »




Pardon de vous le dire, maintenant, si je l’avais vu hier, j’aurais pu vous en parler pour aujourd’hui. Spectacle somptueux, dur-doux, sur le Liban, par Sandra Iché, immense comédienne, singularité absolue, calme, souveraineté, bien que sa voix, ce soir, m’ait rappelé un peu celle de Bulle (Ogier). Un voyage fulgurant, inoubliable dans une réalité entièrement architecturée, destruction-construction, qqch de La Jeté, de Chris Marker. Art extrêmissime. J’imagine qu’un spectacle pareil ne peut pas ne pas rebondir, mais – j’en vois peu rebondir, cela dit… C’était à La Villette et ça s’appelait Wagons libres.

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Monday, February 06, 2012

Le Plus beau cadeau




Juliette Bineau qui ne m’écrit jamais m’envoie soudain au milieu de la nuit, du gué :

j'écoute Christophe
http://www.deezer.com/fr/#/music/christophe/aimer-ce-que-nous-sommes-747846
tu ressembles à Christophe, en fait (le meilleur de toi-même, quoi)
bise

juliette


Je suis dans la Saison en enfer – de notre célèbre enfant – et j’écoute ébloui ce que j’entends : je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau, je crois, les yeux écarquillés. On dirait positivement Arthur, nom de Dieu, silence, ce Christophe ! Jamais entendu rien d’aussi beau… Olivier m’envoie une vidéo des Doors, demain, pour demain et me dit de lire Philippe, de Camille Laurens, après-demain… Il va faire venir Patrice Chéreau, aussi, à La Mort d’Ivan Ilitch. Sûr, ça devrait lui plaire… Chéreau, quand même… Je suis ému plus que Catherine Deneuve…

Si Patrice Chéreau vient, peut-être Marguerite Duras va venir... Claude Régy, Luc Bondy, Bulle Ogier, la grande époque... Yann Andréa...

Vous avez écouté 5 heures ce mois-ci. L'écoute est bloqué à 30 secondes. J'ai dû l'écouter 5 heures la nuit dernière...


et le monde j'ensemence
roses au lieu de douleur.

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Saturday, March 12, 2011

Réelle

(Sur Facebook.) Une pièce incroyablement réelle de Pascal Rambert, à Gennevilliers, sublime, en vérité. Du niveau de Shadows de Cassavetes. Ça s’appelle 16 ans. Une des choses les plus mystérieuses que j’ai vues de ma vie. Je suis très jaloux – et je recommande, bien sûr.

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Tuesday, January 11, 2011

Choisy-le-Roi et Bourg-la-Reine

Je n’aime pas les homosexuels. Je pense : par misogynie. Les homos ont toujours une femme dont ils ne décollent pas. J’ai envie que les hommes soient là, avec moi, pas avec leur mère à qui il faudrait les partager. (Autant choisir l’originale.) J’ai toujours trouvé qu’il y avait beaucoup plus d’homosexualité réelle chez les hétéros que chez les pédés. D’ailleurs les hommes s’embrassent de plus en plus, comme ça. Embrasser et dormir ensemble, c’est, pour moi, l’homosexualité. Rajoutez le foot (le rugby), la complicité, les clins d’œil (si on baise la même fille), la joie d’être ensemble... S’il faut tout le temps amener sa maman avec soi, quel ennui ! Enfin, je les aime bien, dans la vie, les pédés, mais, au fond, je n'les aime pas et eux non plus ne veulent pas d'moi, d'toute façon. C’est réciproque. François Chaignaud, c’est pareil que moi : on pense pareil. On n’aime pas les pédés et p’is c’est tout. Tout à l’heure, je projetais de sauter Arnaud. Sa copine venait de le quitter. C’est souvent le moment où un homme est prêt à se laisser aimer... Alors, voici ce qu'il se passe : je suis déjà chez François qui a organisé une petite fête de dimanche après-midi et Arnaud doit m’y rejoindre. « C’est vrai, il est pas mal, Arnaud... », dit François gentiment quand je lui parle de mon projet. « ‘Of… Tu sais, moi, j'prends tout c’qui s’présente... », je le coupe. « C'est comme moi, renchérit François, la seule chose pour laquelle je n'suis pas difficile, c’est les garçons ! » On rit. François se transforme en fille deux soirs par semaine pour aller se faire mettre dans un club de travelos, rue des Dames. Par des « vrais » hommes. Enfin… ceux qui sont attirés par les travelos, c’est peut-être un genre spécial, ça, je ne sais pas. Je n’y suis encore jamais allé, malgré la recommandation de François. C’est-à-dire, c’est beaucoup de boulot, quand même, à mon âge… Donc, à un moment – Arnaud n’arrive pas, je lui envoie un sms – je discute avec Viviana – et, à un moment, tout le monde est parti. Il doit être dix-huit heures, dix-huit heures trente et François doit prendre un train. Une tournée : Genève, Brest, New York. Ce sont les gens qui tournent le plus que je vois le plus souvent à Paris, j’ai constaté. Jonathan Capdevielle, François Chaignaud, Philippe Quesne. Ça s’explique d’une manière simple : ils ne sont jamais à la maison, partout autour du monde ; alors, dès qu’ils ont une pause, quand ils sont de passage, ils organisent une fête où ils invitent leurs amis pour les voir tous à la fois. Les autres – les chômeurs – on croit toujours qu’on se voit et on ne se voit jamais... Donc François a son train à prendre, mais il insiste en disant : « Vous pouvez rester. » Et tout le monde part sauf… Viviana et moi ! Hors Viviana rêve de me sauter depuis plusieurs années. Ça sent le traquenard. Je me retrouve donc seul avec Viviana… Pas longtemps. Arnaud arrive avec sa galette des rois (une de plus…) Il a croisé les autres dans l’escalier. Je l'embrasse avidement, Viviana aussi. Le pauvre bande tout de suite, c’est foutu ! On est à califourchon sur lui assis sur une chaise qui menace de casser (Viviana n’est pas légère). Arnaud propose de rejoindre le canapé, ce qui lui permet aussi de souffler un peu (et de fumer une cigarette). Abdel arrive, mais on est déjà cul nu. Il porte un appareil photo. C’est étrange de le voir là – et il fait plusieurs passages (c’est le voisin, il a les clés). A un moment, mes deux partenaires se plaignent de me voir toujours habillé. Je suis en effet assez content de mon costume, ce dimanche-là, que j’ai beaucoup travaillé parce qu’on devait faire une photo dans une entrée d’immeuble encore décorée d’un sapin, quai de Valmy, avec Arnaud et sa copine photographe – ce qui est tombé à l’eau (du canal) à cause du clash entre eux. Pas une dispute ordinaire, non, le clash définitif. Arnaud m’a appelé deux heures avant, j’ai gardé le costume, juste un peu simplifié, délesté du sac de ses accessoires pour aller chez François. « Mais si, mais si, je veux bien me déshabiller. » J’offre ma queue à Viviana. C’est exactement là que la jeune fille apparaît (sortie de la chambre ?) Devant notre air ébahi (on ne l’a pas vue de l’après-midi), elle dit : « Y a pas d’problème… », en s’enfilant dans la cuisine. Mais, là, moi, fou rire, quand même. On veut bien jouer comique, mais parfois on rit soi-même. J’assure pas. Fou rire, au lieu d’inviter la jeune femme. Donc la soirée se poursuit jusqu’à l’arrivée de Christophe qui sonne à l’interphone. Arnaud dit : « C'est un hôtel de passe, ici… » Mais, lui, c’est prévu. Je savais. François m'a dit, c’est quelqu'un qui va loger à sa place pendant son absence. On se rhabille pendant qu’il monte. (C’est idiot, j’aurais dû lui ouvrir à poil – manque d’ambition, quand j’y pense…) Je lui dis tout de suite qu’on partouze, je lui montre les photos. (Elles sont toutes floues car, dans ces circonstances, je tremble, je n’ai pas assez l’habitude, et puis la lumière est basse et les gens ne veulent pas poser.) Il dit : « Qu’est-ce qui me prouve que ça vient d'se passer ? » Je dis : « Le T-shirt d’Arnaud ! (Un horrible T-shirt des Smiths.) Et puis, sinon, ils vont te rejouer les scènes immédiatement ! » Moi, je voulais partir, en fait, c’est pour ça que j’ai désorienté l’affaire (en faisant rhabiller tout le monde). Je veux aller au cinéma voir The Swimmer, avec Burt Lancaster, d’après la nouvelle de John Cheever dont m’avait parlé Hélèna : un type qui rentre chez lui par les piscines des propriétés de ses voisins. C’est Alexandre, hier, qui me l’a conseillé. (Je suis passé faire coucou à Claude à la Ménagerie.) Je laisse Christophe encore bien froid entre les quatre mains trop tièdes de Viviana et d’Arnaud, j’ai confiance en eux. Clin d’œil à Arnaud… Après le film, je les rappelle. Ils n’avaient pas osé, figurez-vous ! Ils avaient laissé Christophe en plan, avec son p'tit air de provincial, et ils étaient partis chez Viviana, porte des Lilas. Bon, je les rejoins. Viviana finit de faire cuire une soupe au lard, Arnaud m’avoue qu’il a très faim car ils m’attendaient pour manger. (Mais, pour le reste, ils avaient su se passer d'moi.) Il y a des cœurs rouges sur le canapé.



Il faut du temps, pour moi, pour écrire quelque chose à partir de ma vie. Je n’ai pas le temps (de vivre deux fois). Le lendemain, je pense à ce texte. Il faut compléter. Je suis au cours de danse. Je voudrais dire qu’Arnaud a cru que Viviana était la femme de ménage de François Chaignaud (qu’elle était portugaise). C’est moi qui le lui avais dit et je crois que c’est ça qui l’a excité. Je lui ai dit aussi que c’était une pute, mais sur un ton qui impliquait que l’un n’empêchait pas l’autre… Je voudrais dire aussi que j’ai montré les photos à Viviana. Elle ne voulait pas que je garde celles où on la reconnaissait. Mais elle en aimait bien une où on la voyait de dos (et où Arnaud se cachait le visage), avec toute sa chevelure. Que j’ai dit qu’en effet, là, on ne la reconnaissait pas, on croyait que c’était Marlène Saldana. Plus tard, au théâtre, j’ai montré cette photo à Robin horrifié en lui disant que c’était Marlène Saldana. Il ne voulait pas voir ça ! Mais il l’a cru. Pauvre petit bout d'chou… Au cours, à la barre, je suis placé assez près de Claire Chazal pour, à un moment, lui toucher le pied par mégarde. Et seulement presqu’à la fin du cours, je m’aperçois que Viviana est là aussi, la mine particulièrement défaite. Je la salue d’un signe de tête, c’est tout. Dès la sortie du cours, elle m’enverra un mail – que je lirai chez Jeanne Balibar, l'après-midi – , pour me dire je ne sais quoi* et qu’elle m’invite finalement à sa fête de vendredi prochain où il y a aura mon ex-femme (Hélèna)... Le matin, avant le cours, j’avais encore raté une photo, un casting pour une pub, cette fois, où on m’avait demandé de m’habiller en rocker. (Mais le directeur de casting n’était pas à l’heure.) Je me demandais quelle était cette tendance des photos annulées… Après le déjeuner, dans le bel appartement de Jeanne Balibar, je suis seul un moment avec la femme de ménage dans sa blouse rose… (Jeanne est partie acheter un câble qu'elle ne retrouve pas pour qu'on visionne la captation de son concert.)






* « Cette soirée délicieuse, c'était exactement ce dont j'avais besoin. Mieux que l'alcool, mieux que n'importe quelle drogue. Quand vous êtes partis, je me suis encore branlé deux fois avant de m’endormir.
Par contre le cours de Wayne était trop dur pour moi. Je suis épuisée.
J'ai pensé à ce que tu as raconté avoir lu dans le livre de Catherine Millet, des gens qui sont au courant et d'autres qui vont l'être à un moment donné de la soirée... Moi, ça me tente... Je pense à certains et certaines qu'il me plairait bien d'inviter...

Aussi, je voulais te dire que tu es le bienvenu chez moi le vendredi 14 pour fêter le nouvel an russe. Vodka, Bortsch, etc.
Je t'embrasse »

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Wednesday, September 15, 2010

Tout se recoupe


Maintenant une photo apparaît (l'enquête continue) et ce message de François :

(en objet) ouille ouille ouille

et

On n'a pas fait la fête à moitié ...

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Photos Philippe Quesne, message Philippe Katerine



Photos Philippe Quesne.



15 sept. 10 04:11

C était inouï toi sur scène avec tes camarades, j ai adoré! Philippe



Un article bientôt suivra dont le titre sera : Que s'est-il passé ?

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