Sunday, December 28, 2008
J’avais posté un texte un peu paumé que j’ai enlevé, mais en lisant « Lacrimae Christi » de Pierre Courcelle, je suis de nouveau en sécurité.
Saturday, December 27, 2008
Sur la scène immense, noire et dépouillée, il s’avance à pas lents
Sur la scène immense, noire et dépouillée, il s’avance à pas lents...
Un Hongkong stylisé et chatoyant…
Un écrivain au manteau d’Arlequin, dit-on de Salman Rushdie dans « Télérama ». Les « informations » que je dis que nous cherchons à nous échanger avec Pierre, ce sont les secrets de famille, dit Salman Rushdie, ce qui fait tenir les familles ensemble. « D’ailleurs les pièces rapportées, votre beau-frère ou votre belle-sœur ne sont intégrées que lorsqu’on leur a confié les secrets de famille. »
Tous ces personnages shakespeariens de la rue, les pickpockets, les prostituées, les bandits, les hommes des bas-fonds…
Akbar, le monarque éclairé de L’Enchanteresse…, ouvre une « maison de tolérance » où ses sujets ont le droit de tout dire – y compris de nier l’existence de Dieu.
Le contraste entre la vie monastique – la discipline de l’écriture – et la vie grégaire me va très bien, dit encore Salman Rushdie, ce mot dont je dois toujours sortir la définition de ma tête (il a le son de son contraire, pour moi).
L’écriture permet le contraste.
« Mais je reconnais que la lecture a un effet sur l’inconscient : quand nous aimons un livre, la sensibilité qui s’en dégage s’unit à la nôtre, et nous voyons le monde à travers les yeux du romancier. Simplement, c’est un effet du hasard, c’est comme tomber amoureux, on ne peut rien programmer : vous ouvrez un livre, et bing ! Moi, je sais quand ça m’arrive parce que ma lecture se met tout d’un coup à ralentir : je ne veux plus que ça se termine, je veux rester dans cette relation… » Ma rencontre avec Pierre ? Un effet du hasard, etc. Ralentissement, relation… Ralentissement infini… (Heureusement, c’est les vacances…)
Un grand espace et c’est le théâtre. Pierre, l’écrivain. (Au manteau chatoyant, bigarré, baroque, mathématique…)
Tous les insectes tombent en pierres.
De l’encre, des plumes et des pierreries… Jewels, feathers and ink.
27 déc. 08.
Un Hongkong stylisé et chatoyant…
Un écrivain au manteau d’Arlequin, dit-on de Salman Rushdie dans « Télérama ». Les « informations » que je dis que nous cherchons à nous échanger avec Pierre, ce sont les secrets de famille, dit Salman Rushdie, ce qui fait tenir les familles ensemble. « D’ailleurs les pièces rapportées, votre beau-frère ou votre belle-sœur ne sont intégrées que lorsqu’on leur a confié les secrets de famille. »
Tous ces personnages shakespeariens de la rue, les pickpockets, les prostituées, les bandits, les hommes des bas-fonds…
Akbar, le monarque éclairé de L’Enchanteresse…, ouvre une « maison de tolérance » où ses sujets ont le droit de tout dire – y compris de nier l’existence de Dieu.
Le contraste entre la vie monastique – la discipline de l’écriture – et la vie grégaire me va très bien, dit encore Salman Rushdie, ce mot dont je dois toujours sortir la définition de ma tête (il a le son de son contraire, pour moi).
L’écriture permet le contraste.
« Mais je reconnais que la lecture a un effet sur l’inconscient : quand nous aimons un livre, la sensibilité qui s’en dégage s’unit à la nôtre, et nous voyons le monde à travers les yeux du romancier. Simplement, c’est un effet du hasard, c’est comme tomber amoureux, on ne peut rien programmer : vous ouvrez un livre, et bing ! Moi, je sais quand ça m’arrive parce que ma lecture se met tout d’un coup à ralentir : je ne veux plus que ça se termine, je veux rester dans cette relation… » Ma rencontre avec Pierre ? Un effet du hasard, etc. Ralentissement, relation… Ralentissement infini… (Heureusement, c’est les vacances…)
Un grand espace et c’est le théâtre. Pierre, l’écrivain. (Au manteau chatoyant, bigarré, baroque, mathématique…)
Tous les insectes tombent en pierres.
De l’encre, des plumes et des pierreries… Jewels, feathers and ink.
27 déc. 08.
RELIGIONI ET BONIS ARTIBUS
(A descent into drunkenness and sexual dissipation)
Les noms marrants. Je regarde Pierre Richard dans Les naufragés de l’île de la Tortue et je me souviens que Depardieu avait appelé Claude Régy pour lui dire qu’il fallait qu’il change ses goûts, que Pierre Richard était fabuleux (avec qui il jouait La Chèvre ou quelque chose comme ça). J’ai offert le coffret de DVD des cinq films de Jacques Rozier à mes parents en leur disant que c’était les plus beaux du cinéma français. De loin. C’est vrai. Enfin, peut-être qu’il y a de très beaux films, mais en ce qui concerne « la vie », Jacques Rozier est, certes, le sorcier – comment fait-il ? Comment fait Pierre Courcelle ? Ça me repose un peu qu’il n’y ait pas que Pierre… Je crains de ne pas arriver à suivre… Il faudrait que je lui dise… que je vais devoir revenir bientôt à mes petites affaires – ça peut pas être les grandes vacances tout le temps… Si j’étais à niveau dans mon domaine, celui de Jacques Rozier au cinéma ou de Pierre, il faudrait que je sois Klaus Michael Grüber (ou rien…) (au théâtre). Bon, j’en suis loin…
Bien sûr, ça me fait plaisir que Pierre parle de moi sur son blog, mais c’est un peu douloureux aussi. Et peut-être en est-il de même pour lui (il parle de « trouble »). Je préfèrerais qu’il ne parle pas de moi et je préfèrerais ne pas parler de lui. Ce serait plus pur. Ce que je préfère lire, ce sont les notes anciennes, quand il ne pouvait pas savoir que j’étais là – absolument pas.
Un spectacle, c’est comme une caisse de résonance, alors, bien sûr, il suffit d’un rien… (Solal hurlant en coulisse.)
Chez Émilie Borgo, je note le début d’un poème sur une affiche : « Moi, j’ai rien contre les anges / Mais ni pour non plus ». Puis elle me montre un programme – et la prochaine personne qu’elle invite est un artiste plein de promesse, anglais. Il écrit : « Humains vs animaux. Un homme en colère dans une robe. Silence brisé. Comment pouvez-vous désirer et être désolé pour quelqu’un en même temps ? Comment sonne la musique des oiseaux ? » Elle me propose de donner un stage. « …des trisomiques, des gens comme ça… » « Y en a un très handicapé. Il est dans un lit roulant, il ne bouge que la tête et les yeux. » Chose rigolote : en sortant de chez elle, sur une devanture : « Pascal Bourreau, maître d’œuvre ».
Très pauvre, très pauvre partout, je vais vivre très pauvre… (But… with lovely shoes.)
L’argent de la culture ne sert qu’à payer de l’administration, Émilie Borgo me le confirme.
À la librairie Montbarbon, je note la citation sur « la belle page blanche ». Charles-Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne.
…Mais qui ont tous… – Tout s’recoupe ? – Oui.
OBSÈQUES DE LA POSTIÈRE TUÉE : L’ÉMOTION DE TOUT UN VILLAGE
Retrouver – sur « apparaître » – Wallace S. : il est possible que paraître soit être.
APRÈS LA NEIGE, LE SOLEIL A ILLUMINÉ LA VILLE
VENGEANCE, FRIC, UN PEU DE SEXE…
Des kiwis de leur jardin ! Ramassés en octobre, mûrs à point en décembre.
L’ART À LA PORTÉE DE TOUS : DES COURS POUR APPRENDRE LE PLAISIR (Avec.)
Tireur d’élite, une question de concentration. C’est mon père qui commence à me parler de cette question qui aujourd’hui m’intéresse – à cause sans doute de la résonance de ce mot, « concentration », qui a le sens, que je ne comprends pas vraiment, de la citation d’Emerson que donne Pierre : « The one prudence in life is concentration; the one evil is dissipation. » Donc, l’histoire à la fin du repas, c’est qu’il a failli être tireur d’élite. Il était bon au tir, « c’est une question de concentration ». « Et, en plus, ils s’étaient aperçus que j’avais l’cœur qui battait lentement. » Ils s’en étaient aperçus parce qu’il fallait courir très vite sur huit kilomètres, puis ensuite passer « à un endroit où normalement on aurait dû avoir peur, une espèce de musée des horreurs, moi, ça n’m’a rien fait du tout. » « – Pour être pas pris comme tireur d’élite, tu avais fait exprès de tirer à côté. Tu te disais : où ils vont m’emmener ? », dit ma mère. Et mon père m’explique pourquoi ça ne l’intéressait pas d’être tireur d’élite : « Tu sais c’qu’ils faisaient, les tireurs d’élite, en Algérie ? Ils descendaient des mecs à d’ces distances… » « On était dans l’p’loton de sergents, on était toute une bande dont deux professeurs de gym, on s’était entraîné à tirer dans les jambes. » « Si le commandant passe par là, vous tirez un peu plus haut… » « On avait des silhouettes des fois qui se dressaient ou qui passaient… » « Oh, ben, y a des folklores à l’armée... »
IL N’Y A PAS DE MÉCHANCETÉ DANS LE FILM ET L’HUMOUR N’EST PAS CORROSIF.
Le petit journal de Bourg-en-Bresse.
« …La déchirure… – La quoi ? »
LE VIAGRA EST PROPOSÉ NON PAS À DES JEUNES (ET VIRILS) CHEFS QUI N’EN ONT PAS L’USAGE…
« Ferdinand » me fait penser à « fer blanc ».
Les chiens, toujours à proximité, pour l’écho, la résonance, la résonance à proximité… l’amitié… de la forêt ou de la ville.
Pierre en chien husky ? (Rassemblement.) Mais ce que l’on cherche, Pierre et moi, c’est à se donner des informations l’un sur l’autre, des informations essentielles – à se connaître, se rassembler. Frappé à quel point c’est incroyablement lent, de rassembler (dans mon cas ?) Les chemins de traduction, de raccourci ne sont pas compris. Dans quel cas les prendre ? Au théâtre, on est censé ne faire que ce qui peut être compris immédiatement. J’ai fait des choses si différentes que je me retrouve avec toute une famille très nombreuse comme des formes d’ubiquité que je ne sais pas rassembler. D’où l’idée de cette fête, en janvier, donner du champagne à tout le monde… et fermer boutique. C’est vrai, j’ai lancé des pistes partout et rien ne se ressemble. En ce moment, je m’occupe de Pierre – mais on commence à voir…
Est-ce que la dissipation ne serait pas extraordinaire ? C’était ma sœur.
Le soir, au chalet, on dirait que quelqu’un marche sur le toit.
Le chemin que lui trace la rivière.
« Au moment où Joseph levait la tête, le rose s’est éteint sur le glacier, qui est devenu pâle dans toute sa longueur, en même temps qu’il semblait s’avancer à votre rencontre.
Il parut venir à votre rencontre avec une couleur méchante, une vilaine couleur pâle et verte ; et Joseph n’avait plus osé regarder, il s’était mis à marcher plus vite encore en baissant la tête ; heureusement que bientôt la belle lumière jaune clair du feu brûlant sur le foyer s'est montrée en avant de lui dans l’ouverture de la porte ; et Joseph a tenu ses yeux fixés sur le feu sans plus les en détourner. »
26, 27 déc. 08.
Les noms marrants. Je regarde Pierre Richard dans Les naufragés de l’île de la Tortue et je me souviens que Depardieu avait appelé Claude Régy pour lui dire qu’il fallait qu’il change ses goûts, que Pierre Richard était fabuleux (avec qui il jouait La Chèvre ou quelque chose comme ça). J’ai offert le coffret de DVD des cinq films de Jacques Rozier à mes parents en leur disant que c’était les plus beaux du cinéma français. De loin. C’est vrai. Enfin, peut-être qu’il y a de très beaux films, mais en ce qui concerne « la vie », Jacques Rozier est, certes, le sorcier – comment fait-il ? Comment fait Pierre Courcelle ? Ça me repose un peu qu’il n’y ait pas que Pierre… Je crains de ne pas arriver à suivre… Il faudrait que je lui dise… que je vais devoir revenir bientôt à mes petites affaires – ça peut pas être les grandes vacances tout le temps… Si j’étais à niveau dans mon domaine, celui de Jacques Rozier au cinéma ou de Pierre, il faudrait que je sois Klaus Michael Grüber (ou rien…) (au théâtre). Bon, j’en suis loin…
Bien sûr, ça me fait plaisir que Pierre parle de moi sur son blog, mais c’est un peu douloureux aussi. Et peut-être en est-il de même pour lui (il parle de « trouble »). Je préfèrerais qu’il ne parle pas de moi et je préfèrerais ne pas parler de lui. Ce serait plus pur. Ce que je préfère lire, ce sont les notes anciennes, quand il ne pouvait pas savoir que j’étais là – absolument pas.
Un spectacle, c’est comme une caisse de résonance, alors, bien sûr, il suffit d’un rien… (Solal hurlant en coulisse.)
Chez Émilie Borgo, je note le début d’un poème sur une affiche : « Moi, j’ai rien contre les anges / Mais ni pour non plus ». Puis elle me montre un programme – et la prochaine personne qu’elle invite est un artiste plein de promesse, anglais. Il écrit : « Humains vs animaux. Un homme en colère dans une robe. Silence brisé. Comment pouvez-vous désirer et être désolé pour quelqu’un en même temps ? Comment sonne la musique des oiseaux ? » Elle me propose de donner un stage. « …des trisomiques, des gens comme ça… » « Y en a un très handicapé. Il est dans un lit roulant, il ne bouge que la tête et les yeux. » Chose rigolote : en sortant de chez elle, sur une devanture : « Pascal Bourreau, maître d’œuvre ».
Très pauvre, très pauvre partout, je vais vivre très pauvre… (But… with lovely shoes.)
L’argent de la culture ne sert qu’à payer de l’administration, Émilie Borgo me le confirme.
À la librairie Montbarbon, je note la citation sur « la belle page blanche ». Charles-Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne.
…Mais qui ont tous… – Tout s’recoupe ? – Oui.
OBSÈQUES DE LA POSTIÈRE TUÉE : L’ÉMOTION DE TOUT UN VILLAGE
Retrouver – sur « apparaître » – Wallace S. : il est possible que paraître soit être.
APRÈS LA NEIGE, LE SOLEIL A ILLUMINÉ LA VILLE
VENGEANCE, FRIC, UN PEU DE SEXE…
Des kiwis de leur jardin ! Ramassés en octobre, mûrs à point en décembre.
L’ART À LA PORTÉE DE TOUS : DES COURS POUR APPRENDRE LE PLAISIR (Avec.)
Tireur d’élite, une question de concentration. C’est mon père qui commence à me parler de cette question qui aujourd’hui m’intéresse – à cause sans doute de la résonance de ce mot, « concentration », qui a le sens, que je ne comprends pas vraiment, de la citation d’Emerson que donne Pierre : « The one prudence in life is concentration; the one evil is dissipation. » Donc, l’histoire à la fin du repas, c’est qu’il a failli être tireur d’élite. Il était bon au tir, « c’est une question de concentration ». « Et, en plus, ils s’étaient aperçus que j’avais l’cœur qui battait lentement. » Ils s’en étaient aperçus parce qu’il fallait courir très vite sur huit kilomètres, puis ensuite passer « à un endroit où normalement on aurait dû avoir peur, une espèce de musée des horreurs, moi, ça n’m’a rien fait du tout. » « – Pour être pas pris comme tireur d’élite, tu avais fait exprès de tirer à côté. Tu te disais : où ils vont m’emmener ? », dit ma mère. Et mon père m’explique pourquoi ça ne l’intéressait pas d’être tireur d’élite : « Tu sais c’qu’ils faisaient, les tireurs d’élite, en Algérie ? Ils descendaient des mecs à d’ces distances… » « On était dans l’p’loton de sergents, on était toute une bande dont deux professeurs de gym, on s’était entraîné à tirer dans les jambes. » « Si le commandant passe par là, vous tirez un peu plus haut… » « On avait des silhouettes des fois qui se dressaient ou qui passaient… » « Oh, ben, y a des folklores à l’armée... »
IL N’Y A PAS DE MÉCHANCETÉ DANS LE FILM ET L’HUMOUR N’EST PAS CORROSIF.
Le petit journal de Bourg-en-Bresse.
« …La déchirure… – La quoi ? »
LE VIAGRA EST PROPOSÉ NON PAS À DES JEUNES (ET VIRILS) CHEFS QUI N’EN ONT PAS L’USAGE…
« Ferdinand » me fait penser à « fer blanc ».
Les chiens, toujours à proximité, pour l’écho, la résonance, la résonance à proximité… l’amitié… de la forêt ou de la ville.
Pierre en chien husky ? (Rassemblement.) Mais ce que l’on cherche, Pierre et moi, c’est à se donner des informations l’un sur l’autre, des informations essentielles – à se connaître, se rassembler. Frappé à quel point c’est incroyablement lent, de rassembler (dans mon cas ?) Les chemins de traduction, de raccourci ne sont pas compris. Dans quel cas les prendre ? Au théâtre, on est censé ne faire que ce qui peut être compris immédiatement. J’ai fait des choses si différentes que je me retrouve avec toute une famille très nombreuse comme des formes d’ubiquité que je ne sais pas rassembler. D’où l’idée de cette fête, en janvier, donner du champagne à tout le monde… et fermer boutique. C’est vrai, j’ai lancé des pistes partout et rien ne se ressemble. En ce moment, je m’occupe de Pierre – mais on commence à voir…
Est-ce que la dissipation ne serait pas extraordinaire ? C’était ma sœur.
Le soir, au chalet, on dirait que quelqu’un marche sur le toit.
Le chemin que lui trace la rivière.
« Au moment où Joseph levait la tête, le rose s’est éteint sur le glacier, qui est devenu pâle dans toute sa longueur, en même temps qu’il semblait s’avancer à votre rencontre.
Il parut venir à votre rencontre avec une couleur méchante, une vilaine couleur pâle et verte ; et Joseph n’avait plus osé regarder, il s’était mis à marcher plus vite encore en baissant la tête ; heureusement que bientôt la belle lumière jaune clair du feu brûlant sur le foyer s'est montrée en avant de lui dans l’ouverture de la porte ; et Joseph a tenu ses yeux fixés sur le feu sans plus les en détourner. »
26, 27 déc. 08.
Friday, December 26, 2008
La maison où vivent mes parents
Qu’est-ce qui est terminé ? Qu’est-ce qui commence ? Qu’est-ce qui est ouvert ?
Jour de neige, jour de sang. Qu’est-ce qui s’est passé, se mélange ? Les bateaux sur le papier peint de ma chambre se balancent sans drogue, sans ivresse. La neige, la neige comme une pellicule de nuit, beaucoup de gens, peu de neige… S’il fallait raconter, ne serait-ce que cette journée dont la mémoire serait d’une journée… Une journée comme une unité de mesure – comme une louche, une… – comme ma mère qui dit : « Il a une puissance, une force qui renverserait les pyramides. » Comme je m’étonne de cette expression et que je lui demande où elle l’a trouvée, elle répond : « Je viens d’l’inventer. » C’est une chose. Voilà une chose.
Deuxièmement mon frère et sa femme (sont-ils mariés d’ailleurs ? je n’crois pas) m’offrent un livre de Paul Auster en américain dont la première phrase est très belle :
« I am alone in the dark, turning the world around in my head as I struggle through another bout of insomnia, another white night in the great American wilderness. »
Troisièmement les enfants. C’est inimaginable. Je ne peux rien en dire. Se référer à Pierre.
La beauté. La beauté des enfants... – bon, on est allé, sinon, juste se poser juste en contact avec la beauté, c’est à dire, les heures dans les paysages de neige, les heures qui deviennent roses.
J’ai revu Jean Guillet, le prêtre qui m’avait emmené dans les Alpes quand j’avais quatorze, quinze ans. Il est maintenant curé dans mon village natal. Il est allé chercher des photos et on a bien dû constater que cet adolescent longiligne, joyeux, presque carnassier (alors qu’en ville je suis efféminé), c’était ce que j’avais été, celui que j’avais été dans ces voyages qui m’ont tant marqué. Je dis au pluriel bien que je ne m’en souvienne que d’un seul (mais alors si nettement, comme la référence absolue). Mais les photos… Il y a donc eu deux voyages, un en Vanoise, un autre dans le Mercantour – je ne m’en souviens que d’un seul. Je me souviens de l’émerveillement suprême et que, de retour dans la plaine (après – j’imagine une dizaine de jours), je ne voulais plus parler à personne, plus renouer aucun lien et que ça avait duré au moins un jour – où j’étais cloîtré.
Pierre est très, très fort pour tout rassembler. Je voulais ressortir pour lui la citation de Duras où elle parle de quelqu’un comme moi, dans une solitude sans rites, sans lectures, une solitude terne. J’avais des pensées comme ça à cause de la puissance d’embrassement de Pierre.
La maison de mes parents se situe dans un lotissement à la lisière de la ville et de la forêt. Du coup, le ciel est séparé en deux : pas d’étoiles à gauche dans la partie au-dessus de la ville et plein d’étoiles à droite dans celle au-dessus de la forêt.
26 déc. 08.
« J’ai quand même raconté l’histoire. Hein, Yann, je crois que j’ai raconté l’histoire aux comédiens. Et j’ai parlé du caractère, de la nature, plutôt, d’Ernesto. Parce qu’il ne peut pas arriver au personnage, Ernesto ; il est trop vaste. Il est nommé, parce que c’est pratique. Ça m’émeut beaucoup, ce que je dis, parce que c’est ce que je pense de lui, ça. On le nomme, parce que c’est pratique, mais à tous les noms dont on le chargerait, il répondrait. Il ne sait pas qu’il s’appelle comme ça. Il ne faut pas, il ne faut pas dire le mot, mais c’est l’être humain, avec Yves-Noël, peut-être, qui est le plus proche de la sainteté, que j’ai jamais rencontré. Une sainteté aride, complètement solitaire, et probablement sans lectures, sans rites, sans messe, uniquement accompagnée de solitude, et d’une solitude terne. Voilà. Mais je crois que si on arrivait à dire des phrases comme ça, ça serait aussi fort que de nommer. Plus fort, je dois dire. Vous n’êtes pas convaincus ? »
Marguerite Duras, extrait d'une interview publiée dans « Le Journal de Pandora » à l’occasion de la mise en scène de La pluie d’été par Éric Vigner au Théâtre de la Commune à Aubervilliers.
Jour de neige, jour de sang. Qu’est-ce qui s’est passé, se mélange ? Les bateaux sur le papier peint de ma chambre se balancent sans drogue, sans ivresse. La neige, la neige comme une pellicule de nuit, beaucoup de gens, peu de neige… S’il fallait raconter, ne serait-ce que cette journée dont la mémoire serait d’une journée… Une journée comme une unité de mesure – comme une louche, une… – comme ma mère qui dit : « Il a une puissance, une force qui renverserait les pyramides. » Comme je m’étonne de cette expression et que je lui demande où elle l’a trouvée, elle répond : « Je viens d’l’inventer. » C’est une chose. Voilà une chose.
Deuxièmement mon frère et sa femme (sont-ils mariés d’ailleurs ? je n’crois pas) m’offrent un livre de Paul Auster en américain dont la première phrase est très belle :
« I am alone in the dark, turning the world around in my head as I struggle through another bout of insomnia, another white night in the great American wilderness. »
Troisièmement les enfants. C’est inimaginable. Je ne peux rien en dire. Se référer à Pierre.
La beauté. La beauté des enfants... – bon, on est allé, sinon, juste se poser juste en contact avec la beauté, c’est à dire, les heures dans les paysages de neige, les heures qui deviennent roses.
J’ai revu Jean Guillet, le prêtre qui m’avait emmené dans les Alpes quand j’avais quatorze, quinze ans. Il est maintenant curé dans mon village natal. Il est allé chercher des photos et on a bien dû constater que cet adolescent longiligne, joyeux, presque carnassier (alors qu’en ville je suis efféminé), c’était ce que j’avais été, celui que j’avais été dans ces voyages qui m’ont tant marqué. Je dis au pluriel bien que je ne m’en souvienne que d’un seul (mais alors si nettement, comme la référence absolue). Mais les photos… Il y a donc eu deux voyages, un en Vanoise, un autre dans le Mercantour – je ne m’en souviens que d’un seul. Je me souviens de l’émerveillement suprême et que, de retour dans la plaine (après – j’imagine une dizaine de jours), je ne voulais plus parler à personne, plus renouer aucun lien et que ça avait duré au moins un jour – où j’étais cloîtré.
Pierre est très, très fort pour tout rassembler. Je voulais ressortir pour lui la citation de Duras où elle parle de quelqu’un comme moi, dans une solitude sans rites, sans lectures, une solitude terne. J’avais des pensées comme ça à cause de la puissance d’embrassement de Pierre.
La maison de mes parents se situe dans un lotissement à la lisière de la ville et de la forêt. Du coup, le ciel est séparé en deux : pas d’étoiles à gauche dans la partie au-dessus de la ville et plein d’étoiles à droite dans celle au-dessus de la forêt.
26 déc. 08.
« J’ai quand même raconté l’histoire. Hein, Yann, je crois que j’ai raconté l’histoire aux comédiens. Et j’ai parlé du caractère, de la nature, plutôt, d’Ernesto. Parce qu’il ne peut pas arriver au personnage, Ernesto ; il est trop vaste. Il est nommé, parce que c’est pratique. Ça m’émeut beaucoup, ce que je dis, parce que c’est ce que je pense de lui, ça. On le nomme, parce que c’est pratique, mais à tous les noms dont on le chargerait, il répondrait. Il ne sait pas qu’il s’appelle comme ça. Il ne faut pas, il ne faut pas dire le mot, mais c’est l’être humain, avec Yves-Noël, peut-être, qui est le plus proche de la sainteté, que j’ai jamais rencontré. Une sainteté aride, complètement solitaire, et probablement sans lectures, sans rites, sans messe, uniquement accompagnée de solitude, et d’une solitude terne. Voilà. Mais je crois que si on arrivait à dire des phrases comme ça, ça serait aussi fort que de nommer. Plus fort, je dois dire. Vous n’êtes pas convaincus ? »
Marguerite Duras, extrait d'une interview publiée dans « Le Journal de Pandora » à l’occasion de la mise en scène de La pluie d’été par Éric Vigner au Théâtre de la Commune à Aubervilliers.
Thursday, December 25, 2008
My questions echo in my mind
Aimer lourd liquide
Et encore « À tes souhaits ! »… Pan ! Pan ! Pan ! Tu veux la moitié avec moi, Nathan ? Pardon ? J’vais la vider parce que j’en ai besoin. Elle est où ton écharpe, toi ? Dans l’sac à dos ? Un gonflement de l’appareil génital. Faire scandale, répondre à une commande. Le déjeuner sur l’herbe. Prop’e tôt. On voit le sol comme la mer. Sur cette Terre Sainte qui n’a pratiquement pas connu la paix depuis deux mille ans. Le miracle des enfants. Tant de monde. Une immense fiesta. Les animaux qui, ben, qui divaguent sur l’autoroute. Dans le crépuscule des grands fonds glissent d’étranges poissons aux yeux noirs. Effiler les aubergines en languettes translucides. Ça s’rait pas mauvais, une bonne soupe ! De l’huile d’olive qui vient de Palestine…
Pierre a toujours une longueur d’avance, une longueur de grand frère (dans mon imagination – je ne parle pas de la réalité, mais de celui, bien sûr, que – malgré moi – je m’approprie – malheureusement). Par exemple, le poème de Duane Michals, « What I wrote », y a qu’à lire ! (Plus l’œuvre de Duane Michals.) Aussi, il a changé le titre de sa liste de citations sur l’amour, il avait d’abord choisi celle de Louis-Ferdinand Céline, l’infini des caniches, bon, mais maintenant, le cœur du sujet : Jean Rostand, « Qu’il faut donc aimer quelqu’un pour le préférer à son absence ! » Nous y voilà…
Oui, le poète… Le calme centre de la connaissance. « The absolute » est un nom de parfum. (Vous noterez que je suis anosmique…) Acknowledgement : acceptance of the truth or existence of something. « My pride enjoys the false luxury of vanity ». L’accomplissement de ma propre ignorance… « En être complice. » Le verre de l’attention. La loupe magnifique. « My personality has the permanence of fog. »
Je suis chez mes parents, c’est agréable. Hélèna est à Paris, c’est drôle. Qu’est-ce qu’elle fait ?
25 déc. 08.
Et encore « À tes souhaits ! »… Pan ! Pan ! Pan ! Tu veux la moitié avec moi, Nathan ? Pardon ? J’vais la vider parce que j’en ai besoin. Elle est où ton écharpe, toi ? Dans l’sac à dos ? Un gonflement de l’appareil génital. Faire scandale, répondre à une commande. Le déjeuner sur l’herbe. Prop’e tôt. On voit le sol comme la mer. Sur cette Terre Sainte qui n’a pratiquement pas connu la paix depuis deux mille ans. Le miracle des enfants. Tant de monde. Une immense fiesta. Les animaux qui, ben, qui divaguent sur l’autoroute. Dans le crépuscule des grands fonds glissent d’étranges poissons aux yeux noirs. Effiler les aubergines en languettes translucides. Ça s’rait pas mauvais, une bonne soupe ! De l’huile d’olive qui vient de Palestine…
Pierre a toujours une longueur d’avance, une longueur de grand frère (dans mon imagination – je ne parle pas de la réalité, mais de celui, bien sûr, que – malgré moi – je m’approprie – malheureusement). Par exemple, le poème de Duane Michals, « What I wrote », y a qu’à lire ! (Plus l’œuvre de Duane Michals.) Aussi, il a changé le titre de sa liste de citations sur l’amour, il avait d’abord choisi celle de Louis-Ferdinand Céline, l’infini des caniches, bon, mais maintenant, le cœur du sujet : Jean Rostand, « Qu’il faut donc aimer quelqu’un pour le préférer à son absence ! » Nous y voilà…
Oui, le poète… Le calme centre de la connaissance. « The absolute » est un nom de parfum. (Vous noterez que je suis anosmique…) Acknowledgement : acceptance of the truth or existence of something. « My pride enjoys the false luxury of vanity ». L’accomplissement de ma propre ignorance… « En être complice. » Le verre de l’attention. La loupe magnifique. « My personality has the permanence of fog. »
Je suis chez mes parents, c’est agréable. Hélèna est à Paris, c’est drôle. Qu’est-ce qu’elle fait ?
25 déc. 08.
Conte de Noël (du 25)
Pierre, ni pierre ni chair, volatile. Vivant. Mais une idée du vivant si étrange, si spirituelle, si moderne (du futur ?)… J’avais une formule qui m’est venue ce matin pendant mon sommeil au côté d’Hélèna sur cette histoire de « chair », une formule intéressante, un pas, un bouquet – mais je n’m’en souviens pas. Je m’en souvenais absolument, pourquoi noter quand on se souvient absolument ? Parce qu’on dort. Tu vas t’en souvenir ? Oui. Au moins assez pour te souvenir de l’oubli… On dit que Pierre est brillant. Certainement, mais ce n’est pas seulement ça. C’est transparent aussi. La brillance… d’une présence. C’est totalement fantomatique. Dire que Pierre n’a pas été là – dans ce qu’il décrit – serait aussi vrai que de dire qu’il l’a été. Il l’a été comme un ectoplasme, un voile passe invisible entre des présences, une membrane, une paroi insensible. Écrire, Marguerite Duras en a tellement écrit d’écrire, s’y reporter ? Ce n’est pas ça… Ce serait la musique, le théâtre, la peinture aussi bien… Et quoi d’autre ? La religion : non. Le cinéma : oui. La chirurgie : oui. La boucherie : sans doute non. L’enseignement : inimaginable. Le ministère… Le livre : plus tard, évidemment. L’astrophysique : je n’sais pas. L’écologie : je n’sais pas. Le commerce : possible. La finance : possible… La présence, cette paroi insensible, ce mélange. Ce que nous cherchons – et touchons – au théâtre…
25 déc. 08 (cliquer sur le titre).
25 déc. 08 (cliquer sur le titre).
Wednesday, December 24, 2008
Conte de Noël
Chanter et puis rire... Laissons le divertissement nous envahir...
« J’écris comme je vis, je crois. », dit Pierre. « Vécu ou imaginé. » Il m’explique la simplicité en écho. Et la littérature mélo... J’ai connu Duras, j’tenais à vous dire, là. À vous dire aujourd’hui. Il parle des rencontres de chair qui le trouvent toujours disponible avant les rencontres de pierre (monuments, statues) dans des villes étrangères (et fabuleuses). Il parle de son ami, Renato, qui lui fait écho au plus proche. C’est incroyable comme on peut sentir quelqu’un à travers des mots juste déposés, il est vrai sur cet objet de l’intimité, l’ordinateur (plus qu’un livre). Ce n'est d'ailleurs pas question d’actualité. Le texte que je lis date d’avril. Mais c’est un ange. La sensibilité, c’est la chair, c’est la photographie. Femmes, hommes ont des sueurs différentes...
24 déc. 08 (cliquer sur le titre).
« J’écris comme je vis, je crois. », dit Pierre. « Vécu ou imaginé. » Il m’explique la simplicité en écho. Et la littérature mélo... J’ai connu Duras, j’tenais à vous dire, là. À vous dire aujourd’hui. Il parle des rencontres de chair qui le trouvent toujours disponible avant les rencontres de pierre (monuments, statues) dans des villes étrangères (et fabuleuses). Il parle de son ami, Renato, qui lui fait écho au plus proche. C’est incroyable comme on peut sentir quelqu’un à travers des mots juste déposés, il est vrai sur cet objet de l’intimité, l’ordinateur (plus qu’un livre). Ce n'est d'ailleurs pas question d’actualité. Le texte que je lis date d’avril. Mais c’est un ange. La sensibilité, c’est la chair, c’est la photographie. Femmes, hommes ont des sueurs différentes...
24 déc. 08 (cliquer sur le titre).
Tuesday, December 23, 2008
Écrire, c'est une maladie que j'n'ai pas
(Suite de : « Mon insensibilité au malheur ».)
En haut du blog de Pierre (folie minuscule),
bloc de pierre, il y a une publicité pour Meetic avec plein de visages, ceux des garçons lui ressemblent tous, forcément. « L’âme sœur », disent-ils. « Chattez en vidéo avec des millions de célibataires. » Les par nature esclaves, les par nature libres… Mise en commun de la matière grise. La diplomatie du panda. Celle qui crachait dans l’oreille criait à la fois : « Don’t spit ! »
Je suis aveugle, mon bon Seigneur – Depuis quand ? – Depuis tout petit…
Une voiture fait le tour de Paris, c’est Saint-Simon. Just do something.
Quelques pièces ont réussi à transpercer le temps. La chatte sur un toit brûlant.
Why so many allusions to Rainbow Hill, baby ? Kate… Cat…
Pourquoi à peine avons-nous commencé de vivre, sommes-nous déjà gris ?
Si tu veux exprimer la folie, l’amour, la peur, l’effroi, le désir, la chanson, la danse…
L’air de néant. Les toutes petites heures du jour. …De politique, de sexe, de musique… On perd trop d’temps à ne pas écrire… Toutes les écrivaines le draguent… J’suis la cinquième roue du carrosse. Le monde serré, sorti, sorti serré… Chaque fin d’année… Dans son époque. En regardant la télé, en sortant dans la rue – et la nature : absente. Et ses belles dents !
Les comédiens parfaits. Je m’suis fait baiser ? – Comment, dans quel sens ? – Ah, tu veux dire qu’il m’a enculé ? Ce temps « mort ». L’art de s’avancer et de parvenir… Moi-même, n’être rien. Cette route, ces maisons, en vélo ou en voiture (de location). Route en pente, de lotissement… Quand on aime, c’est la moindre des choses d’aimer. Mais pas seul’ment les vedettes populaires… Toucher, on a des sensations, on a l’impression de toucher…
Toucher Pierre. Par exemple. Je ne vais pas y rev’nir trop souvent, mais enfin… Cette fin d’année. Après tout. On est d’passage. Que d’passage. Alors pourquoi pas ? L’artiste.
Contraint – et heureux. C’était juste un premier jet. Est-ce que la demande qui leur a été faite pendant des années… ? Moi aussi, j’avais juste été à l’école… Le mot « amour »… (du dictionnaire). Sans souffrir de la faim, de la soif, du froid, du chaud, de la pluie, ni d’aucun mauvais temps. À Poitiers, dans une ville de province… Écrire, ce n’est pas vivre, c’est une maladie que je n’ai pas. C’est le passage, le passage par Poitiers – ou Angers – ou je-ne-sais-quoi – où. Hélèna dans la maison d’à-côté dort quand je dors. Dormira quand je dormirai !
23 déc. 08.
En haut du blog de Pierre (folie minuscule),
bloc de pierre, il y a une publicité pour Meetic avec plein de visages, ceux des garçons lui ressemblent tous, forcément. « L’âme sœur », disent-ils. « Chattez en vidéo avec des millions de célibataires. » Les par nature esclaves, les par nature libres… Mise en commun de la matière grise. La diplomatie du panda. Celle qui crachait dans l’oreille criait à la fois : « Don’t spit ! »
Je suis aveugle, mon bon Seigneur – Depuis quand ? – Depuis tout petit…
Une voiture fait le tour de Paris, c’est Saint-Simon. Just do something.
Quelques pièces ont réussi à transpercer le temps. La chatte sur un toit brûlant.
Why so many allusions to Rainbow Hill, baby ? Kate… Cat…
Pourquoi à peine avons-nous commencé de vivre, sommes-nous déjà gris ?
Si tu veux exprimer la folie, l’amour, la peur, l’effroi, le désir, la chanson, la danse…
L’air de néant. Les toutes petites heures du jour. …De politique, de sexe, de musique… On perd trop d’temps à ne pas écrire… Toutes les écrivaines le draguent… J’suis la cinquième roue du carrosse. Le monde serré, sorti, sorti serré… Chaque fin d’année… Dans son époque. En regardant la télé, en sortant dans la rue – et la nature : absente. Et ses belles dents !
Les comédiens parfaits. Je m’suis fait baiser ? – Comment, dans quel sens ? – Ah, tu veux dire qu’il m’a enculé ? Ce temps « mort ». L’art de s’avancer et de parvenir… Moi-même, n’être rien. Cette route, ces maisons, en vélo ou en voiture (de location). Route en pente, de lotissement… Quand on aime, c’est la moindre des choses d’aimer. Mais pas seul’ment les vedettes populaires… Toucher, on a des sensations, on a l’impression de toucher…
Toucher Pierre. Par exemple. Je ne vais pas y rev’nir trop souvent, mais enfin… Cette fin d’année. Après tout. On est d’passage. Que d’passage. Alors pourquoi pas ? L’artiste.
Contraint – et heureux. C’était juste un premier jet. Est-ce que la demande qui leur a été faite pendant des années… ? Moi aussi, j’avais juste été à l’école… Le mot « amour »… (du dictionnaire). Sans souffrir de la faim, de la soif, du froid, du chaud, de la pluie, ni d’aucun mauvais temps. À Poitiers, dans une ville de province… Écrire, ce n’est pas vivre, c’est une maladie que je n’ai pas. C’est le passage, le passage par Poitiers – ou Angers – ou je-ne-sais-quoi – où. Hélèna dans la maison d’à-côté dort quand je dors. Dormira quand je dormirai !
23 déc. 08.
Mon insensibilité au malheur
La mélancolie, je ne sais même pas ce que c’est. De quoi me suis-je amputé pour ne pas réagir ? Je ne réagis pas. La musique, j’y suis insensible. Gros bourrin. La beauté, le noir qui coule, déjà Hervé Guibert, je ne comprenais pas. Insensible – mais Pierre écrit si bien*. Je m’en fous, je récolte, c’est lui l’artiste, c’est lui que j’exploite. Y a un filon. Sa sensibilité. Je comprends les poèmes. « Larmes mêlées » je comprends, et le mot « absolu », je comprends. Et le soleil par la fenêtre, je comprends. Et le manque d’être dehors quand on est dedans et le manque d’être dedans quand on est dehors, ça, je comprends. La vie dans un sac, je comprends, « quelle vie emporter dans ce grand sac ». Ce que je comprends, c’est qu’il me parle de quelque chose que je ne peux pas comprendre – à cause de ma proximité, je me suis approché trop près. Le feu, l’eau… Il parle de marges… Verlaine, Rimbaud, messieurs dames. Alain, Bilal… Je voudrais aller à la neige et noyer tout dans le sexe et la neige, noyer tout dans la pleine santé, noyer tout à l’infini. Marre de ces rues parfaites, ces tranchées parfaites à Paris. Ces couloirs d’appartements. Déception de Versailles de ce point de vue : c’est des chambres et des fenêtres. Des portes, des enfilades. Les miroirs sont jolis, c’est vrai, et les verres, les cristaux… Et le très peu de lumière qui laisse encore venir la nuit des chandelles. Versailles déserté (envahi par les foules égale déserté). Il faut que je me mette à la musique. Même un peu. Quelqu’un me renvoie à son blog**, il écrit : « Dans l’exemple jour / nuit… » Il parle des ténèbres spirituelles et de nouvelle aube… Je me demandais si j’allais aller voir « Picasso et ses maîtres » les nuits de fin janvier… Voulais revoir Valérie Lemercier avec Hélèna demain le 24. Il écrit cette phrase : « C’est la saison de l’homme. »...
…Mais non, Messieurs, plus sonore et puis plus étincelant ! L’éclair – avant la foudre !
A carnation, un œillet qui dépasse, a carnation is exceeding… Des fruits préservés.
Tonight it will be nice. Les aviateurs anglais. Du côté des winners.
Moi, je… je cherche un… un ami qui s’est perdu dans le… dans l’brouillard. Femmes, jamais commander ! maris porter culotte ! même quand culotte trop large !
Les acteurs, porteurs du secret.
Oh, j’ai une idée ! Les réconciliations. Les livres qui sont bons. Les lumières de l’autobus en flamme.
En haut du blog de Pierre...
*http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
**http://connaissancedesoi.blogspot.com/
23 déc. 08.
…Mais non, Messieurs, plus sonore et puis plus étincelant ! L’éclair – avant la foudre !
A carnation, un œillet qui dépasse, a carnation is exceeding… Des fruits préservés.
Tonight it will be nice. Les aviateurs anglais. Du côté des winners.
Moi, je… je cherche un… un ami qui s’est perdu dans le… dans l’brouillard. Femmes, jamais commander ! maris porter culotte ! même quand culotte trop large !
Les acteurs, porteurs du secret.
Oh, j’ai une idée ! Les réconciliations. Les livres qui sont bons. Les lumières de l’autobus en flamme.
En haut du blog de Pierre...
*http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
**http://connaissancedesoi.blogspot.com/
23 déc. 08.
Monday, December 22, 2008
Enquête sur Pierre Dupont
J’ai vu faire mon père.
Les fêtes au moment des fêtes.
Sur une table noire laquée sont dispersées des plumes blanches et des paillettes.
…Guetté par les médias à sensation.
Philippe Le Guillou qui travaille au ministère de l’Éducation lui aussi m’a dit que oui, il voyait qui était Pierre Dupont (« Il s’occupe du théâtre ? ») et il s’est adressé à Marielle pour dire : « C’est un ami de Dimitri. »
Hélèna en sortant de chez sa psy me laisse un message dont je réécoute plusieurs fois le début pour savoir si elle me lance un « Salaud ! » ou si c’est simplement « Allo ! »
Apparemment, le temps, il est beau.
Le magicien qui faisait disparaître la morosité de son public.
Il entend les applaudissements, mais il entend pas la musique.
Je m’permets d’vous dire que vous êtes encore plus jolie depuis… votre… nouveau bonheur.
Je pense à des escargots cuits dans un p’tit plat.
Felix Ott, le jeune acteur cascadeur allemand qui a donné son nom a la pièce de Berlin cet automne, Felix, dancing in silence veut venir travailler avec moi à Chaillot au printemps. On espère que l’école donnera un peu d’argent. Tous les acteurs veulent travailler avec moi à Chaillot – et, pour le moment, je n’ai d’argent que pour me payer un one man show… Que faire ? Organiser une grande fête ? En tout cas, lui, Felix, j’aimerais tellement vous le faire connaître, amis parisiens… IL EST MERVEILLEUX. Je lui conseille, d’ici là, de travailler son français. Il m’écrit : « Juhooo un printemps a paris il va tres bien, et un nouvelle experance pour moi, voila. » « Experance », mélange d’expérience et d’espérance, c’est joli. C’est exactement lui. C’est lui, tout à fait.
J’ai fini de lire le texte d’Hélèna, il n’est pas si mal finalement. J’ai fait mes corrections en marge, mais pas au crayon feutre rouge comme elle me le proposait (m’ayant fourni et le manuscrit et le crayon), mais avec le crayon à papier marqué « château de Versailles » qu’elle m’a offert samedi. Elle est assez bonne à décrire un type obsédé sexuel qui n’est pas du tout moi, j’ai l’impression, mais qui m’amuse beaucoup, une espèce de faux vieux obsédé du cul et névrosé du reste, un type très « théâtre », en fait. Il manque un chapitre comme à son habitude… toujours un petit peu paresseuse…
Jessica Batut qui vient de triompher dans la pièce de Latifa Laâbissi et dont on fêtait l’anniversaire hier en même temps que celui de Benjamin me souffle au moment où je pars : « Et, n’oublie pas, je travaille avec toi quand tu veux, même sans argent. » Les acteurs ont besoin de travailler « même sans argent » parce que sinon « le sol se dérobe sous leur pied » comme disait Isabelle Huppert pour expliquer pourquoi elle, elle n’arrêtait pas. Comment faire pour fonder une entreprise (comme l’entreprise Huppert) qui donnerait du travail à tous ces acteurs extraordinaires qui ont juste besoin de vivre, de respirer et que je connais et j’aime tant ? J’aime les acteurs (ici un texte que je reprendrai plus tard)…
Une anecdote en passant, Jessica s’est baladée toute la soirée dans une tenue à la fois incroyable et d’un goût exquis (les couleurs…), vêtue de colliers en bonbons et en soutien-gorge de plumes et en arborant sous un tissu l’épaisseur en érection d’un gode ceinture sur lequel elle plaquait immédiatement la main de tous ceux qui venaient pour l’embrasser et grâce auquel elle m’a, quant à moi, proposé de m’enculer (« en dix minutes ») et y est presque arrivée – j’ai vu l’image du viol – parce que je me suis retrouvé dans un sous-sol entouré d’amis transformés qui scandaient mon nom comme en place de grève tandis que cette walkyrie* de choc me chevauchait en exigeant d’abord que je suce l’affreux gode noir. Je pensais à Hélèna. Je voyais Yvonnick le superbe, lui aussi d’abord alléché, pourtant là avec sa femme, qui cherchait une porte de sortie à la situation scabreuse, je revoyais quelques humiliations enfantines, les bizutages que je n’ai pas vécus…
On crie « Omar » dans la rue. (Homard ?)
Que j’aime ce temps des fêtes et de Noël qui me ramène toujours en montagne dans la lumière neigeuse comme celle de l’installation d’Yves Godin à la Ménagerie de Verre dans laquelle je viens de donner mon vingt-cinquième et dernier spectacle… avant le renouveau (qui est déjà commencé) !
* Littéralement, cela veut dire « qui choisit les abattus ».
22 décembre 08.
Les fêtes au moment des fêtes.
Sur une table noire laquée sont dispersées des plumes blanches et des paillettes.
…Guetté par les médias à sensation.
Philippe Le Guillou qui travaille au ministère de l’Éducation lui aussi m’a dit que oui, il voyait qui était Pierre Dupont (« Il s’occupe du théâtre ? ») et il s’est adressé à Marielle pour dire : « C’est un ami de Dimitri. »
Hélèna en sortant de chez sa psy me laisse un message dont je réécoute plusieurs fois le début pour savoir si elle me lance un « Salaud ! » ou si c’est simplement « Allo ! »
Apparemment, le temps, il est beau.
Le magicien qui faisait disparaître la morosité de son public.
Il entend les applaudissements, mais il entend pas la musique.
Je m’permets d’vous dire que vous êtes encore plus jolie depuis… votre… nouveau bonheur.
Je pense à des escargots cuits dans un p’tit plat.
Felix Ott, le jeune acteur cascadeur allemand qui a donné son nom a la pièce de Berlin cet automne, Felix, dancing in silence veut venir travailler avec moi à Chaillot au printemps. On espère que l’école donnera un peu d’argent. Tous les acteurs veulent travailler avec moi à Chaillot – et, pour le moment, je n’ai d’argent que pour me payer un one man show… Que faire ? Organiser une grande fête ? En tout cas, lui, Felix, j’aimerais tellement vous le faire connaître, amis parisiens… IL EST MERVEILLEUX. Je lui conseille, d’ici là, de travailler son français. Il m’écrit : « Juhooo un printemps a paris il va tres bien, et un nouvelle experance pour moi, voila. » « Experance », mélange d’expérience et d’espérance, c’est joli. C’est exactement lui. C’est lui, tout à fait.
J’ai fini de lire le texte d’Hélèna, il n’est pas si mal finalement. J’ai fait mes corrections en marge, mais pas au crayon feutre rouge comme elle me le proposait (m’ayant fourni et le manuscrit et le crayon), mais avec le crayon à papier marqué « château de Versailles » qu’elle m’a offert samedi. Elle est assez bonne à décrire un type obsédé sexuel qui n’est pas du tout moi, j’ai l’impression, mais qui m’amuse beaucoup, une espèce de faux vieux obsédé du cul et névrosé du reste, un type très « théâtre », en fait. Il manque un chapitre comme à son habitude… toujours un petit peu paresseuse…
Jessica Batut qui vient de triompher dans la pièce de Latifa Laâbissi et dont on fêtait l’anniversaire hier en même temps que celui de Benjamin me souffle au moment où je pars : « Et, n’oublie pas, je travaille avec toi quand tu veux, même sans argent. » Les acteurs ont besoin de travailler « même sans argent » parce que sinon « le sol se dérobe sous leur pied » comme disait Isabelle Huppert pour expliquer pourquoi elle, elle n’arrêtait pas. Comment faire pour fonder une entreprise (comme l’entreprise Huppert) qui donnerait du travail à tous ces acteurs extraordinaires qui ont juste besoin de vivre, de respirer et que je connais et j’aime tant ? J’aime les acteurs (ici un texte que je reprendrai plus tard)…
Une anecdote en passant, Jessica s’est baladée toute la soirée dans une tenue à la fois incroyable et d’un goût exquis (les couleurs…), vêtue de colliers en bonbons et en soutien-gorge de plumes et en arborant sous un tissu l’épaisseur en érection d’un gode ceinture sur lequel elle plaquait immédiatement la main de tous ceux qui venaient pour l’embrasser et grâce auquel elle m’a, quant à moi, proposé de m’enculer (« en dix minutes ») et y est presque arrivée – j’ai vu l’image du viol – parce que je me suis retrouvé dans un sous-sol entouré d’amis transformés qui scandaient mon nom comme en place de grève tandis que cette walkyrie* de choc me chevauchait en exigeant d’abord que je suce l’affreux gode noir. Je pensais à Hélèna. Je voyais Yvonnick le superbe, lui aussi d’abord alléché, pourtant là avec sa femme, qui cherchait une porte de sortie à la situation scabreuse, je revoyais quelques humiliations enfantines, les bizutages que je n’ai pas vécus…
On crie « Omar » dans la rue. (Homard ?)
Que j’aime ce temps des fêtes et de Noël qui me ramène toujours en montagne dans la lumière neigeuse comme celle de l’installation d’Yves Godin à la Ménagerie de Verre dans laquelle je viens de donner mon vingt-cinquième et dernier spectacle… avant le renouveau (qui est déjà commencé) !
* Littéralement, cela veut dire « qui choisit les abattus ».
22 décembre 08.
Reading by touch
On était dans un fauteuil alcôve où on pouvait être à deux sans pouvoir s’en extraire (et se parler, sourdine). Bilal me raconte justement – mais un blog, est-ce une alcôve ? – sa rencontre avec Alain, je le lui demande. Bilal est caissier à la Fnac, Alain passe un jour, échange de regards, Alain passe la semaine suivante, échange de regards, tous les deux se souviennent bien sûr du premier passage, puis Alain emprunte un stylo à un homme de la sécurité, écrit son numéro de téléphone et revient sur ses pas. Ils sont ensemble depuis un an et demi, Alain a vingt-deux ans, mais en paraît dix-sept. Il ressemble à ces adolescents que photographie Hedi Slimane*, qu’est-ce qu’il fait ? du piano. Je lui demande s’il est virtuose, il me répond : je ne peux pas dire, moi, si je suis virtuose, je lui demande si c’est ce qu’il vise : oui. Tout se tient. Il est encore au conservatoire, il joue en Normandie le lendemain une Mephisto-Walzer de Franz Liszt et une sonate de Beethoven extrêmement difficile dont Bilal ne se souvient plus du nom. Il a manqué de force, selon lui, au concert de Normandie la veille parce qu’il est un peu malade, c’est pour ça qu’il n’est pas à l’anniversaire de Benjamin (m’explique Bilal), mais Bilal lui-même est merveilleux, inoubliable, tactile et c’est une joie de pouvoir parler d’Alain avec lui. Je pense à la phrase de Maeterlinck qui dit que le tragique commence quand le bonheur est assuré. Bilal, il a cette dimension métaphysique là, c’est pour ça que c’est si agréable, si beau. Il n’est rien, ni homosexuel ni rien, comme Pierre** peut-être… (mais il est comme toi et moi).
Les choses négatives :
Vincent me dit : il est plutôt léger, non, Jean-Luc Verna ? je lui réponds qu’il pèse quatre-vingt-cinq kilos – mais qu’est-ce qu’on peut dire ?
Vincent me dit que Bilal gâche sa vie en étant caissier à la Fnac, je lui réponds : tu crois ? – mais qu’est-ce qu’on peut dire ?
Rémy me demande si « putain la Waternaux elle a l’air d’une folle, doesn’t she ? », je me demande comment lui répondre depuis deux jours qui me paraissent une éternité…
La bonne nouvelle, c’est que je supporte de moins en moins les choses négatives.
When something is « tactile », it means you can understand it through your sense of touch.
* http://www.hedislimane.com/
** http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
Les choses négatives :
Vincent me dit : il est plutôt léger, non, Jean-Luc Verna ? je lui réponds qu’il pèse quatre-vingt-cinq kilos – mais qu’est-ce qu’on peut dire ?
Vincent me dit que Bilal gâche sa vie en étant caissier à la Fnac, je lui réponds : tu crois ? – mais qu’est-ce qu’on peut dire ?
Rémy me demande si « putain la Waternaux elle a l’air d’une folle, doesn’t she ? », je me demande comment lui répondre depuis deux jours qui me paraissent une éternité…
La bonne nouvelle, c’est que je supporte de moins en moins les choses négatives.
When something is « tactile », it means you can understand it through your sense of touch.
* http://www.hedislimane.com/
** http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
Sunday, December 21, 2008
The absurdities of sexuality
Une voiture roule, c’est Saint-Simon. Jean-Luc Verna : « On tape sur les Nazis, comme ça, mais ils étaient très bien habillés. » Phrase que je décrète immédiatement « phrase du jour ». Nous sommes à un débat, Jean-Luc et moi où il n’y a personne que nous, sur le thème : « La nudité dans la danse contemporaine. » J’explique à Jean-Luc que si on est là, lui et moi, c’est parce que tous les autres ont déclinés l’invitation et que les gens du public n’en sont pas, ce sont en fait le personnel de la maison qui fait figuration. La rime camp de concentration / érection, c’est encore Jean-Luc, je la note. « Le soleil, parce que c’est la lumière toute nue », dit, quant à lui, Jérôme Bel dans un film sur lui. Puis Sabrina Weldman, la modératrice (payée cinq cents euros, dit Jean-Luc), parle du Dispariteur, le spectacle que j’ai créé en partie dans le noir total : « Une pièce où on est à la fois dans du spectacle et en même temps dans des zones d’ombre étonnantes. » « Le sujet de la musique », est un titre qui s’éloigne du sujet, mais me rapproche sans doute de Pierre* (ou d'Alain, peut-être), c’est aussi l’une de mes notes. Jean-Luc Verna : « Moi, j’étais très content d’être un effet. » Il cite Quatremer de Quincy : « Le héros ne peut-être que nu. » Il dit : « Quatre mères… » et, moi, je dis : « Quel nom ! ». « Un corps trans-historique est nu », d’un côté (Jean-Luc), « la cicatrice du nombril », de l’autre (Jérôme). J.-L. V. : « Moi, elle (Gisèle Vienne) m’appelle « ma grosse poupée », donc je suis content qu’on me traite comme j’ai toujours été. » J.-L. V. : « L’effet pénis, ce que j’appelle « l’effet quenelle ». « Le phénomène vestiaire, l’homme montre plus facilement ses organes, qui sont extérieurs, si c’est la promesse de quelque chose ou si la taille… »
Comment guérir du narcissisme ?... Ok, voilà, j’ai guéri de cette maladie (dont j’ai la nostalgie) de l’homosexualité – mais – et c’est Jean-Luc Verna qui me (re)met la puce à l’oreille : comment guérir du narcissisme ? « Plaisir morbide », me dit Jean-Luc (ou plutôt le dit-il au « débat », mais il me parle et je lui parle (pas assez, je le regrette, pas assez à cause justement de ce narcissisme exacerbé dont Hélèna aussi fait dénonciation : Monsieur Tourné-vers-lui-même). Je parle à Jean-Luc de la disparition prochaine de mon association « Le dispariteur » pour en créer une nouvelle, je cherche un titre, il me dit : « Ah, oui, après l’ombre, quelque chose de plus tourné vers la lumière. » Sur la ligne 14, j’aperçois, gravée sur un pavé, la citation de Pascal que je lui montre : « Combien de royaumes nous ignorent ».
Il y a peu de lumière.
Le mythe de la misère ( le mythe de la richesse, le mythe de la misère).
« D’étendre les liens de notre conscience », c’est l’argument de Tartuffe. C’était aussi mes propres mots, quasiment, sans que je le sache, à Thomas, l'ami, il faudra que je lui en reparle. (Sur la conscience.)
Elle marche… avec ses grands pieds.
Taisez-vous. C’est le mot qu’il vous faut toujours dire.
*http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
Comment guérir du narcissisme ?... Ok, voilà, j’ai guéri de cette maladie (dont j’ai la nostalgie) de l’homosexualité – mais – et c’est Jean-Luc Verna qui me (re)met la puce à l’oreille : comment guérir du narcissisme ? « Plaisir morbide », me dit Jean-Luc (ou plutôt le dit-il au « débat », mais il me parle et je lui parle (pas assez, je le regrette, pas assez à cause justement de ce narcissisme exacerbé dont Hélèna aussi fait dénonciation : Monsieur Tourné-vers-lui-même). Je parle à Jean-Luc de la disparition prochaine de mon association « Le dispariteur » pour en créer une nouvelle, je cherche un titre, il me dit : « Ah, oui, après l’ombre, quelque chose de plus tourné vers la lumière. » Sur la ligne 14, j’aperçois, gravée sur un pavé, la citation de Pascal que je lui montre : « Combien de royaumes nous ignorent ».
Il y a peu de lumière.
Le mythe de la misère ( le mythe de la richesse, le mythe de la misère).
« D’étendre les liens de notre conscience », c’est l’argument de Tartuffe. C’était aussi mes propres mots, quasiment, sans que je le sache, à Thomas, l'ami, il faudra que je lui en reparle. (Sur la conscience.)
Elle marche… avec ses grands pieds.
Taisez-vous. C’est le mot qu’il vous faut toujours dire.
*http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
Friday, December 19, 2008
Je suis à Paris aujourd’hui
On parle du désir, avec Pierre, avec Frédéric, j’espère que j’en ai un peu, j’aimerais tant en avoir un tout petit peu quand même pour Pierre, pour Frédéric. Pierre est homosexuel, Frédéric est hétérosexuel. On croyait ces catégories ouvertes, eh bien non, finalement pas du tout, c’est le constat que je fais maintenant, à mon âge, je suis obligé de renoncer à ce rêve. Pierre, j’aurais tellement aimé tout quitter pour lui, seulement voilà : ce n’est pas possible, y a pas d’désir. Et Frédéric, qui normalement excite en moi plus de désir (il est hétérosexuel), eh bien là aussi, c’est fini, ce n’est pas possible : pas assez d’désir. On est allé au Sunset City l’autre soir, je l’ai dit à Isabelle Waternaux ce matin, elle a dit : « Ils vous ont sautés dessus ? » Que non, ils nous ont foutu la paix, mais la paix ! On aurait pu dormir sur place. Avec Danos on était bien dans la vapeur rose, jaune, bleue, on s’est étreint (ça, ça fait toujours du bien), on s’est touché (pourquoi pas ?), on s’est sucé (j’ai fait un effort, pour voir, il fallait quand même voir : eh bien, non, ça nous a engagé à rien). Être dans un lieu homosexuel juste pour avoir la paix, c’est la nouvelle tendance. Frédéric avait envie de revenir avec sa copine, mais, là, j’ai été obligé de lui dire que ça poserait sans doute problème. On ne nous remarquait pas, mais avec sa copine, je pense que oui. Évidemment tout ceci serait plus clair si les filles nous aimaient… On n’en serait pas là… Mais que fait Hélèna ? Et que font les autres ? Mec, quarante ans, disponible pour les fêtes. Je me demande ce que va voir Pierre à l’Opéra ce soir. Et je me demande s’il vaut mieux que je dorme un peu pour être heureux ou que je reste éveillé. Je suis heureux que reviennent les fêtes. Les fêtes, les vacances, toujours moins de stress. Et la musique ? Et Charline ? Tout le monde est merveilleux sur Facebook.
http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
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Thursday, December 18, 2008
M’échappe en corps
Pierre est de 1975 (je viens de comprendre). Je pense à toutes ces années qu’il va encore vivre, que j’ai vécues. Je me retourne avec nostalgie sur ces années (qui nous séparent) et je pense : c’est chouette, il va les vivre, cette insouciance, il va la vivre encore.
Bénédicte, fanatique et surtout une actrice (de textes – qui en cherche à jouer comme un animal sa nourriture) me demande : alors, tu vas monter les textes de Pierre ?
Monter les textes de Pierre ? non, je vois pas comment : les poèmes au théâtre, ça n'intéresse personne – et puis pour une fois qu'il y a une forme qui ne passe par rien ni personne ni éditeur ni rien, un blog, faut laisser, rien ne se perd de ce qui est donné, rien ne vaut la peine d'être gardé ni dans un livre, je crois, ni la (fausse) publicité du théâtre – la seule chose qui m'importerait serait de te donner à toi du travail, ça oui ! – mais peut-être plus Les Frères Karamazov, j'adorais ce moment dans le spectacle (on sortait enfin de la Liliane-story) et tu le faisais très, très bien...
Ici un message pour Hélèna : envoie ton texte sur moi à Marlène, je l’ai eue au téléphone, j’ai pensé que ce serait possible qu’elle, elle joue ça. Au moins, déjà, elle le lira et elle te dira si ça la fait rire ou pas. (Mais y a peut-être une idée.)
Et puis donc on ira à Versailles samedi, pendant que Pierre sera à Valencienne…
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Bénédicte, fanatique et surtout une actrice (de textes – qui en cherche à jouer comme un animal sa nourriture) me demande : alors, tu vas monter les textes de Pierre ?
Monter les textes de Pierre ? non, je vois pas comment : les poèmes au théâtre, ça n'intéresse personne – et puis pour une fois qu'il y a une forme qui ne passe par rien ni personne ni éditeur ni rien, un blog, faut laisser, rien ne se perd de ce qui est donné, rien ne vaut la peine d'être gardé ni dans un livre, je crois, ni la (fausse) publicité du théâtre – la seule chose qui m'importerait serait de te donner à toi du travail, ça oui ! – mais peut-être plus Les Frères Karamazov, j'adorais ce moment dans le spectacle (on sortait enfin de la Liliane-story) et tu le faisais très, très bien...
Ici un message pour Hélèna : envoie ton texte sur moi à Marlène, je l’ai eue au téléphone, j’ai pensé que ce serait possible qu’elle, elle joue ça. Au moins, déjà, elle le lira et elle te dira si ça la fait rire ou pas. (Mais y a peut-être une idée.)
Et puis donc on ira à Versailles samedi, pendant que Pierre sera à Valencienne…
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Monday, December 15, 2008
Daimer
« les taches de sang sur le mouchoir d’Estelle »
Amoureux, oui, c’est le mot (forcément le mot, me dit Bénédicte), ça propose l’amour – alors l’amour, volontiers, il y a un type qui parle de la rue des Vertus, de l’antiphrase, de l’antithèse… Il a raison de dire que ça passe par les mots, l’arrangement des mots, mais – pour soi… on passe par la rue des Vertus pour toujours – et avec les gens qu’on aime en plus, les vivants comme les morts, comme en rêve – et on s’aperçoit – pour la première fois ? – qu’on est capable d’aimer… qu’on était capable d’aimer tout le long de sa vie. Et la vie maintenant offre plein d’espoirs, plein d’espaces, les anciens comme les nouveaux forment un sens, un sens de communication – enfin ! ça faisait longtemps, longtemps que j’attendais un signe… Je me disais, je me disais : à un moment il y aura bien un signe, un ange, un cygne… À un moment, bien entendu, toute thérapie sera finie, une thérapie sera finie, une thérapie. Et ce qui était dit – déjà – dans des livres, Kafka, la splendeur de la vie se tenant à côté – on le ressentira. Depuis toujours je sentais ça : qu’il s’agissait de ressentir. De ressentir comme les engouffrements de colombes dans l’hiver et la rue des Vertus – par antiphrase. À Paris lu aussi, bâti de coquillages, lieu magique, aquatique…
Quel livre emporteriez-vous sur une île ? Aucun livre, le souvenir des livres.
Il y a longtemps que Thomas me disait ce n’est pas une thérapie, plutôt un accompagnement.
Le roi froid
15 déc. 08.
http://guarantyofsanity.hautetfort.com/
Amoureux, oui, c’est le mot (forcément le mot, me dit Bénédicte), ça propose l’amour – alors l’amour, volontiers, il y a un type qui parle de la rue des Vertus, de l’antiphrase, de l’antithèse… Il a raison de dire que ça passe par les mots, l’arrangement des mots, mais – pour soi… on passe par la rue des Vertus pour toujours – et avec les gens qu’on aime en plus, les vivants comme les morts, comme en rêve – et on s’aperçoit – pour la première fois ? – qu’on est capable d’aimer… qu’on était capable d’aimer tout le long de sa vie. Et la vie maintenant offre plein d’espoirs, plein d’espaces, les anciens comme les nouveaux forment un sens, un sens de communication – enfin ! ça faisait longtemps, longtemps que j’attendais un signe… Je me disais, je me disais : à un moment il y aura bien un signe, un ange, un cygne… À un moment, bien entendu, toute thérapie sera finie, une thérapie sera finie, une thérapie. Et ce qui était dit – déjà – dans des livres, Kafka, la splendeur de la vie se tenant à côté – on le ressentira. Depuis toujours je sentais ça : qu’il s’agissait de ressentir. De ressentir comme les engouffrements de colombes dans l’hiver et la rue des Vertus – par antiphrase. À Paris lu aussi, bâti de coquillages, lieu magique, aquatique…
Quel livre emporteriez-vous sur une île ? Aucun livre, le souvenir des livres.
Il y a longtemps que Thomas me disait ce n’est pas une thérapie, plutôt un accompagnement.
Le roi froid
15 déc. 08.
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