Thursday, January 01, 2009

Nouvelle année neuve

Le scénario au départ.
Le sens du cinéma. Ce qui me fait pleurer, c’est quand ça pèse rien. « Une voiture à dix-neuf ans ! », ça pèse rien (d’ailleurs je l’avais pas entendu la première fois). Et ces gens qui disent, 1960, de la télévision : « Ah, en c’moment, surtout, qu’est-ce qu’on peut s’farcir ! » Les « acteurs » sont libres, ils ne sont pas ce qu’ils sont, ils ont pourtant été choisis sur casting, mais c’est la technique, comme ça, bien choisis, pas besoin de faire d’effort, un casting d’amateurs.

La voiture facile à garer qui tousse !

La peau chargée, la peau sérieuse… et liquide comme le vin (je mets ça pour Pierre, il aime bien ces images de vin…)

« On est amies, on s’dit tout. »

J’envoie mes vœux à plusieurs personnes la nuit dernière, la formule qui revient le plus souvent est : Amours, projets, réalisations (sans doute ce que je me souhaite).

C’est un très grand orgueil qui me fait dédaigner les livres. L’orgueil d’écrire ex nihilo le seul livre important, celui de ma vie. (Heureusement que Pierre me ramasse sur la bas-côté, mémoire du religieux.)

Que me dit aujourd’hui Charles d’Orléans ? En yver, du feu, du feu !





Chez Agathe, je vois une reproduction (« achetée chez Tati ») d’un esclave de Michel-Ange. Je pense à Pierre (bien sûr), le désir, la nostalgie d’être homosexuel. Agathe fait remarquer la « féminité de la posture ». Agathe fait des sculptures magnifiques, des femmes qu’elle jette dans un saladier. Elle montre aussi son « premier homme ». « Mais il est raté. », dit-elle. Elle l’a fait dans une mauvaise terre (qui sèche trop vite), elle va le refaire. L’homme est néanmoins très beau, sans bras comme la Vénus de Milo. Très belle tête avec des oreilles percées, le trou de la bouche (comme un chant…) Comme une moustache, les fesses parfaites comme pour la marche, le sexe maladroit.






Phrases entendues cette nuit :

…Elle vient… de je n’sais plus quel pays de l’Est… Mais elle vit en Italie depuis longtemps…

…Moi, j’suis d’origine turque par ma mère…

…Et toi, t’es dans la campagne campagne ?...

…Si tu bouges, tu vas où, là ?...

Nouvelle année neuve.

Et Hélèna : « Oh, excuse-moi, je ris, mais c’est par compassion. »






Dans le métro, j’ai eu un sentiment de classe. Je me suis aperçu qu’aucune de ces affiches n’avaient d’impact sur moi et j’ai essayé de me souvenir d’une seule qui en aurait eu, sans résultat. Je me suis demandé si elles avaient un impact sur d’autres personnes et j’ai pensé que oui, sinon elles ne seraient pas là. Oui, elles avaient un impact sur des gens dont je ne faisais pas partie et je me suis senti « prétentieux ».

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Wednesday, December 31, 2008

Le macho 2 (ou L’essentiel : le progrès moral)

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente







Tout commence avec un rêve qu’Hélèna ne veut pas me raconter. – Parce que c’est un cauchemar ? – Non, parce que tu te moquerais. – Tu en as trop dit, maintenant, raconte ! Elle couchait avec son frère (adolescent) qui devenait son fils. Ensuite, je fais remarquer que nous sommes habillés comme pour aller en forêt. Dehors, le quartier africain dans lequel vit Hélèna vaut la forêt. Hélèna s’achète un tee-shirt représentant Barack Obama and the first family À LA MAISON BLANCHE. Nous traversons Paris en vélo, l’idée étant d’aller manger des huîtres rue de Buci. Il y a certaines lumières où Paris est aussi beau que Venise.

« Les ébats amoureux, les terrasses des cafés, les déambulations dans Paris… » J’ai commencé d’écrire (c'que j’vous raconte là), mais, déjà, je m’interromps – parce que Pierre écrit très vite, en c'moment, et qu’il y a deux nouvelles entrées sur son blog – et que c’qu’écrit Pierre, en c'moment, c’est toute l’histoire – que je lis chez lui. Nous prenons quelques photos. Je signale, pour plus tard, qu’il n’y a pas, à ce moment, le moindre doute ou la moindre distance avec la notion de bonheur – ou de liesse, ce nouveau mot que j’ai appris hier de Charles d’Orléans.

(Hélèna va encore dire que je suis prétentieux. – Tu l’as appris de Charles d’Orléans ? – Oui, hier, et je t’en ai dit ce matin, ma chérie, des vers de Charles d’Orléans, à toi qui prétends ne rien ressentir de la poésie et tu as aimé – souviens-toi – souviens-toi au long de cette journée qui se déroule encore, qui n’est pas finie, qui est la dernière de l’année, que tu as aimé ces vers sur l’eau de liesse qui rafraîchit et, mélangée au soleil de France, nettoie aussi le moisi de la tristesse.)

« Je ressens tout à la fois comme dans le bateau du temps. » La phrase (de Philippe Sollers) recopiée à La Hune, résonne sans doute avec la définition de Marcel Proust que me rappelle Pierre : « La réalité, c’est cet ensemble de sensations et de souvenirs qui nous entourent simultanément. » Du moins en est-il ainsi pour moi à ce moment là.

Elle a le projet – que j’ai accepté volontiers – que nous travaillions sur le texte qu’elle a écrit en me prenant pour modèle. Nous nous promenons, nous allons dans un café, elle sort son magnétophone et je reraconte les anecdotes qu’elle a transcrites de mémoire dans son texte.

Ensuite nous commandons des huîtres. Mais ça commence… Elle se prépare, elle rentre dans un état...

Hélèna pense que je n’aime pas ce texte. Ce n’est pas que je n’aime pas ce texte, ce que je n’aime pas, c’est l’état qu’elle est obligée de rejoindre pour écrire ce texte, mais le texte lui-même, « aucun problème ». Je pense que la nouveauté pour moi, la rencontre avec Pierre, c’est la nouveauté (qui agace Hélèna) qu’on puisse écrire pleinement sur un blog, c’est ça, c’est qu’il n’y a pas besoin de se mettre dans un état particulier pour écrire. Marguerite Duras a dit au moment de L’Amant (à « Apostrophe ») : « On peut aussi écrire dans le bonheur. » (précisant qu’elle reprenait le mot de de Kooning). Elle disait encore : « Je crois que l’écriture courante que j’ai cherché à rejoindre toute ma vie, je l’ai atteinte là, avec L’Amant. » Quelque chose comme ça. Elle parlait comme ça, Marguerite Duras, facilement prétentieuse…

– de même que j’ai découvert pendant ces cinq ans et demi – vingt-cinq créations – qu’il n’y avait pas non plus besoin de se mettre dans un état pour jouer et que, même, si on y arrivait sans état et sans subvention, sans administration, directement, c’était mieux ! Ce qu’on voit la plupart du temps avec ces spectacles subventionnés à coups de centaines de milliers d’euros, ce sont des états. Les spectacles ne sont que des états, ils sont, déjà, dans l’état d’avoir été subventionnés à coups de centaines de milliers d’euros. Voilà. Ce que l’administration demande en échange de tout cet argent qu’elle octroie, ce sont des états (l’administration d’État). Même un spectacle que j’ai vraiment aimé comme le dernier spectacle de Daniel Jeanneteau dont je n’ai pas encore parlé ici, qui nous fait découvrir un auteur extrêmement vivace (August Stramm) avec des acteurs qui prennent beaucoup de plaisir à jouer (c’était la dernière) dans une mise en scène d’une grande finesse, une chose très complexe et très réussie, ça se voit : il y a quand même l’état de la convention, l’état des subventions, ça se voit, ça se sent, on ne peut rien y faire, c’est du théâtre d’états, sans mouvement, c’est ça qu’on demande au jeune gens d’accepter, c’est du formatage de cerveau en forme d’une certaine idée de la France, la France d’états (le contraire de ce que proposent Gwénaël Morin – qui commence demain à jouer pendant un an aux Laboratoires d’Aubervilliers – et quelques autres parmi lesquels j’ai la « prétention » de me tenir, nommés ici, rapidement : les anarchistes.)

Donc ça commence à monter, l’état particulier d’Hélèna… Je fait un signe des mains pour l’inviter à mettre la sourdine… mais… (étonnée) quand c’est parti, c’est parti (ça fait plusieurs fois qu’on essaye de corriger ce texte). Puis elle me demande si je sais changer un réglage de son appareil photo qui l’embête, je réponds que je ne sais pas, mais que je peux essayer, que j’y arriverai certainement (je pense comme récemment avec mon père, on a trouvé des solutions empiriques bien qu’électroniques) et la phrase tombe du ciel : « Non, je préfère le faire moi-même et que ce soit toi qui t’emmerdes à me regarder. » Je supplie à voix basse de faire attention à la vulgarité, je ne sais plus ce qu’elle me répond, je me lève et je la plante là.

Je me retrouve un peu plus tard à La Hune. Sans doute sous l’influence de P.C. qui a cru, quand il est parvenu à mon blog, que j’étais « grand lecteur », je feuillette et j’achète quelques livres (je n’en ai pas achetés depuis plus de vingt ans et très peu lus, je ne dis pas ça pour me diminuer, grand lecteur de rien du tout, c’est encore mieux !), je rapporte : de Nathalie Sarraute, Tropismes (celui-ci lu déjà) et de Jorge Luis Borges : Le rapport de Brodie ; Cours de littérature anglaise ; Conférences ; L’art de poésie – et d’Alberto Manguel : Chez Borges. Le tout pour soixante et un euros quatre-vingt, le prix d’une séance chez mon psy (soixante).

Au passage, j’apprends, à la caisse, que Solange, très rieuse, a décidé aujourd’hui de dormir jusqu’à minuit (puis de se réveiller alors) « pour ne pas se faire emmerder », c’est un homme noir séduisant qui l’annonce à tous en lui faisant du charme et qui dit : « Ça ne m’empêchera pas, ce soir, de penser à toi. » Quand il est parti – et moi aussi, encore dans la porte – j’entends Solange : « J’espère quand même (pour lui) qu’il pensera à autre chose (qu’à moi). » Je traverse au milieu de la route dans la lumière grise. Hélèna m’a envoyé un texto : « Désolée. » (C’était prévu.) Je lui réponds que ce n’est pas grave, que je l’aime quand même, qu’on se retrouve le soir, que je m’occupe du champagne.

Plus tôt, Hélèna avait dit cette phrase, je ne sais plus à propos de quoi, une photo dans une vitrine, je crois, que j’ai notée dans mon carnet : « Un monsieur à moustache qui valse avec une femme prête à tomber. »

Encore une chose, Hélèna me demande souvent ce que j’appelle la vulgarité. Pour elle, rien n’est vulgaire. Mais ce que j’appelle la vulgarité, nom de Dieu, c’est seulement ça, pour moi, c’est quand une femme devient laide. À quoi bon ? – Bon réveillon à tous, à demain !

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Tuesday, December 30, 2008

2009

L’hôtellerie de Pensée

Je suis partout. Passage de la nouvelle année. J’écris et j’aime les filles comme les garçons, les filles chez les garçons. Je flirte toujours avec Pierre, et avec d’autres. Mais avec Pierre, c’est plus facile, il raconte tout, on peut se balader dans sa vie comme dans un roman. Il écrit : « Il ne faudrait pas que j’aime trop de personnes donc, je risquerais… » Il en aime un, il en aime un autre, en ce moment c’est moi qu’il aime – entre autres. Ça me fait plaisir d’être aimé. Maintenant il parle d’un poème, d’un recueil qui s’intitule : En la forêt longue attente, les troubadours… J’ai lu une fois son poème au miroir, je le relirais bien, mais c’est compliqué. Il faut que je trouve un bout de miroir dans mon taudis, j’en avais trouvé un, mais il s’est brisé. Et, moi, je suis avachi au fond de ma paillasse... Il va souvent dans le Nord.

L’écolier de mélancolie

En verrai ge jamais la fin,

De voz œuvres, Merancolie ?
Quand au soir de vous me deslie

Vous me ratachez au matin.



Il écrit : « les mots sont là, et ce n’est pas pour rien que je les choisis. » Encore une fois, je fais le jeu de tromper la dame (que je vais retrouver tout à l’heure). Le texte écrit sur elle, dans son style, lui a plu, l’a apaisée : elle est gentille, rassérénée. Mais je me suis méfié quand même de sa proposition sans arrière-pensée de regarder le film avec cet acteur anglais qu’elle aime tant.

L’Amoureuse Déesse

En sousriant, par sa tresgrant humblesse

C’est un poème sur le désir réfléchi par un miroir. C’est une transparence, l’entre-deux d’une transparence, une buée. Mais voici un haïku :

« À la sortie du MacDo, ses frites se répandent sur le sol. »

Pierre, Pierre Courcelle. Retenez son nom ! Nous sommes bientôt en 2009 et j’ai jeté à la corbeille toutes les cartes de vœux que j’ai reçues avant l’heure, ça porte malheur.

Alors chargay en la nef d’Esperance
Tous mes souhaitz, en leur priant d’aler

Adonc seray en l’eaue de liesse

Tost refreschi et, au souleil de France,

Bien nettié du moisy de tristesse


Rien n’est plus beau que Charles d’Orléans (qui a vécu très vieux et eu des enfants très tard). Voici encore :

La nef de bonne nouvelle

Dieu vueille celle nef garder

Des robeurs escumeurs de mer,

Qui ont a Dangier aliance ;

Car, s’ilz povoient, par rudesse

M’osteroient ma desirance

Et le tresor de ma liesse.

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Jeu d’l’amour et du désert

« Plus on aime, moins on est à l’aise. », dit Nicole Kidman… Elle est touchante, cette actrice, je vais m’en occuper, moi…






La Corse liquide et crépue. La forêt, le monstre. La fille, l’attraction. Quand le coït a lieu, pleurs – ou musique. Ce n’est pas possible que le personnage dise : « Oh, qu’est-ce que ça m’fait chier de bander maint’nant ! » (Je repasse la scène plusieurs fois – la bande.) Et la fille répond : « Maint’nant ? Maint’nant quoi ? » (Elle comprend : maint’nant qu’il a couché avec l’autre.) La caméra enregistre la beauté, enfin, le bonheur, très bien. Elle enregistre aussi les autres sentiments, elle enregistre aussi l’amertume, la tristesse, l’écrasement, le temps. C’est pour ça que je souffre au cinéma et c’est pour ça que j’arrête toutes les trois secondes le film sur mon écran d’ordinateur – la seule manière que je supporte de voir un film depuis des années – mais je vois que la situation empire : je mets quatre jours à voir un film de deux heures, en ne faisant que ça – je ne parle pas du cinéma Hollywoodien, seul cinéma de genre, seul supportable, ou – mieux – des séries. Hélèna aime le cinéma, aime les livres et aime le cinéma, moi je ne lis quasiment plus (à part le blog de qui vous savez) et je déchiquette les films en confettis. Ici, il s’agit d’Adieu Philippine et, le précédent, c’était Les Naufragés de l’île de la Tortue. « Oh, Michel, impossible de manger cette pêche, hein ? c’est vraiment terrible. Ah, y a trop d’guêpes ! » La vie d’jeunesse. C’est une question de sensibilité. Nicole Kidman, elle est comme une enfant, il faut la protéger ; moi, j’suis comme quoi ? C’est quoi ma sensibilité qui fait que je ne supporte pas les histoires de la vie ? Qu’elles me font peur ?
Aimer, vouloir des filles. Et le mot « fille » n’est pas la fille. On prête la fille pour le Corse. J’aime tous les styles. Il y a tous les styles pour filmer la mer. Et admirer. La route de Calvi, la route d’Ajaccio. L’amour se porte sur l’une ou l’autre. L’homme aime deux femmes. Les filles sont des enfants. L’homme est un grand. Forcément. (On lui reproche sa faiblesse.)

« « À ma place », « à notre place », et la mienne alors ? »
L’échancrure que dessine, d’une manière irrémédiable, le bateau avec le quai. L’eau des bassins, la pluie de la lumière. Et le dernier plan fait pleurer.

C’était le garçon, c’était la jeune fille, qui l’accostait. Adieu tristesse.
Lorsque le Cyrnos s’éloigne du rivage et prend son cap vers le large.
Les ombres et la musique, sur la route. L’art du cinéma. De la vague.



Une forme au monde. Aimé, être aimé.
Le temps passe, c’est une agréable musique. Petits oiseaux somnambules. C’est le jour.
Je n’ai plus de place. Donc cette chanson s’appelle : « Je n’ai plus de place ».






30 déc. 08.

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Le macho

(…pourtant je lis comme expression…)






Chut ! Hélèna est jalouse… Mais je l’aime quand même. Sandra lui a dit que c’est moi qui veut qu’elle soit jalouse. En fait, peut-être, oui… Ce matin, elle s’est tellement débattue (pour ne pas rentrer dans le moule de la définition) que je voyais tous les muscles de son dos vibrants et vivants, très sexy – elle m’a trop excité ! Puis elle m’a giflé. Et, ça aussi , ça m’a excité car j’ai vu tout de suite qu’elle avait la grosse tehon, elle a filé à la salle de bain… puis elle est revenue maladroitement m’embrasser. Elle est jalouse, en ce moment, de ma relation avec Pierre, évidemment (c’est du roman). Elle me parle de Marie, sa locataire, qu’elle voit souvent, à la peau si douce, si rose, si fraîche, les dents de porcelaine, si gentille... et que, elle aussi, elle aurait bien envie… Elle m’excite encore plus. En fait, Hélèna est infiniment moins jalouse que si j’aimais une autre femme, y a cet interdit entre nous. Quand oserai-je passer aux choses sérieuses ? Si j’sortais avec Angot (que Pierre adore…) ? Elle voulait aller à la piscine, elle voulait que je l’accompagne. Elle m’a dit que c’était pour moi qu’elle allait à la piscine. (Et, en effet, les muscles du dos…) Elle voulait organiser sa journée autour de moi, elle voulait organiser la nouvelle année autour de moi, les voyages que nous projetions, j’ai dit non à tout. Elle m’a dit : « Eh bien, tant pis, moi, en février, je vais à l’île de Ré (dans la maison de Sandra), j’invite plein de monde et t’auras trop envie de venir ! » J’ai dit non que j’en avais rien à foutre. Elle m’a dit qu’en tout cas, la nouvelle année, ça allait changer, que j’allais faire la vaisselle, que j’allais faire à manger et que j’allais faire le ménage chez moi parce que dorénavant ce serait chez moi qu’on irait ! J’ai râlé, presque abattu, presque brisé, mais je suis resté sous la couette tandis qu’elle partait à la piscine dans la grisaille et le crachin pour me plaire tant que je restais à batifoler avec des garçons virtuels… (et si doués). Que faire d’Hélèna ? Adopter un enfant ? L’effet papillon. Bénabar me fait penser à Alain Klinger.






30 déc. 08.

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Monday, December 29, 2008

Primum vivere, deinde philosophari

Découvre le film à mesure…
Deux amis discutent.
Un homme à qui il n’arrive rien, ou très peu…

Bon, virtuosité de Pierre C. Je ne peux que lui tresser des fleurs… comment dit-on ? des lauriers… Je pourrais, si je lui envoyais un mail (qui de toute façon ne serait discret que le temps de n’être pas ramasser par le fourgon du blog), lui dire : « T’es trop mignon, j’t’adore. » En tout cas, il dit c’que j’pense. Ce n’est pas seulement que je peux voyager dans ses sensations comme si c’était les miennes, ça, après tout, comme le fait remarquer Salman Rushdie (voir en amont), c’est un phénomène connu de la littérature qui montre souvent des passions (entre les lecteurs et l'écrivain) qui nous semblent à nous, acteurs, plus fortes que celles que nous vivons avec les fans – c’est que, maintenant, il me ramasse sur le bas-côté, comme un bon Samaritain, pour me relever de son amour, de sa clarté, de sa pénétration – il connaît les risques de l’écriture, les risques de se confier, les risques de l’amour, les risques de la religion, de la philosophie (d’abord vivre, ensuite philosopher, me dit mon père pour lancer la conversation à table), il connaît tous les risques, il voit très bien (et s’en amuse), les risques de la neige (la glissade), de la glace (la fissure, la chute), de la disparition (la tentation), les risques de la solitude (la sainteté) et de la mer (l’infini) – ou alors, c’est que « le dispariteur », le personnage un peu pesant dont je voudrais me débarrasser – d’où thérapie –, a donné plus d’indices sur son état délabré qu’il ne le pense, assez d’indices pour permettre rapidement à un esprit habile, agile, sexy, à la folie minuscule, d’achever le tableau (au sens de Picasso : « Achever un tableau, c’est l’achever !») Hélèna m’envoie : « Ah, au fait, le petit livre de Christophe Pellet que j’ai trouvé dans l’entrée de mon immeuble, il est pas tombé de ta valise ? » Si ! Je découvre tous les jours les choses manquantes qui me sont tombées de la valise qui n’était fermée qu’à demi quand je suis parti en courant de chez Hélèna le 25 décembre. A priori, rien d’essentiel. Crème solaire, fil dentaire, cordon de reliement de l’appareil photo à l’ordinateur, des DVD (de Sophie Laly) des trois derniers spectacles... et, donc, le petit livre de Christophe Pellet s’est aussi faufilé par la béance, par l’échancrure, mais il a eu la bonne idée de le faire sur le palier d’Hélèna. Ce qui fait qu’Hélèna l’a lu. Hélèna a un point commun avec Pierre, c’est qu’elle lit. Pas les mêmes livres, bien sûr. Y a le choix de lire un peu c'qu’on veut. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas le choix (quand on fréquente Duras, on lit les livres que lit Marguerite Duras et surtout pas les autres), mais Hélèna pense qu’il y a le choix. Elle lit, par exemple, la littérature contemporaine (les best-sellers) anglaise et américaine et uniquement en traduction et elle lit vite. Hélèna peut donc me dire deux mots sur cette pièce de Christophe Pellet que j’avais commencée sans rien comprendre (il faut dire qu'entre le moment où j’ai rencontré Christophe et où il m’a offert son petit livre – « Ça s’lit en deux heures. » – et le moment où j’ai commencé à le lire, j'étais déjà tombé sur l'écriture de Pierre qui a – comment dit-on ? (se référer à Barthes, Fragments d’un discours amoureux et, franchement, à tout ce que j’ai écrit récemment) – fait le vide tout d’un coup et ôté la possibilité à Christophe). « Si, on comprend très bien. », me dit Hélèna. « Trois personnages. » « C’est genre universel, y en a un qui s’appelle L’un et l’autre qui s’appelle L’autre. » Et encore : « Ça m’a fait comprendre un truc sur le théâtre, c’est que le théâtre, c’est universel, et puis voilà ! » (Hélèna, tant qu’elle me fréquente – cela durera-t-il ? – songe à écrire pour le théâtre et, comme elle n’y connaît rien de rien, songe même à se renseigner. Elle s’émerveille de tout, s’ennuie quand c’est trop abstrait et se réjouit quand les acteurs sont doués – sauf dans le cas d’une fille trop belle qui pleurerait et qui crierait, ce cocktail l’angoisse, semble-t-il… Elle a découvert un livre qui dit qu’il n’y a que vingt-et-une histoires dans le monde – ou douze, je n’sais plus, avec lesquelles toutes les pièces, tous les romans, tous les films sont bâtis.) J’embrasse Pierre, j’embrasse Hélèna, j’embrasse Christophe, aussi, tiens !

(Et je vais prendre le train…)






29 déc. 08.

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Sunday, December 28, 2008

Les hauteurs

Nouvelle

Darling, je reprends une nouvelle commencée il y a longtemps et qui raconte l'histoire d'une espèce d'ivrognesse que sa soeur héberge dans la salle de ping pong de sa maison de banlieue. Je peine un peu, nul manteau d'arlequin ne vient recouvrir mes épaules (ça caille, pourtant) et je n'atteins pas le quart des hauteurs auxquelles toi et ton copain Pierre évoluez quotidiennement. Pourtant, ça me plait. À un point tel que je passerais volontiers les jours qui viennent à écrire dans mon lit, chez moi. Pas envie de bouger pour le 1er de l'an, sauf pour aller dîner chez Agathe (au fait tu es invité, un p'tit diner sympa avec des étudiantes chinoises et japonaises, David, Enrico, etc.) qui va préparer un très bon repas. Moi aussi, j'ai envie de voir ma famille. Faudra décider, après, si on part en France ou à l'Ile Maurice ou en Chine. Tout m'attire ! Bientôt ! Le plus tôt possible ! En janvier, hein ? J'ai envie d'un voyage avec toi. Je t'embrasse. H.

Mon lit...

...t'est ouvert en permanence, pour travailler ou dormir ou ce que tu veux. H.

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