Friday, January 19, 2018

E n situation de handicap


Bien sûr que je suis ok pour que paraissent des photos de moi ou de mon travail, chère Emilie. Voici mon adresse : 8, rue Jacques Kablé 75018 Paris, mais, le mieux, c’est que tu l’envoies (ou le déposes) chez ma mère, 5, rue des Charmes à Bourg parce que ma boîte aux lettres à Paris n’a qu’une fente pour les lettres… J’écris quelques lignes. Tu pourrais me rappeler les choses ? Dans mon souvenir, je suis intervenu à deux occasions, une des occasions a débouché sur un spectacle dans un lieu dont j’ai oublié le nom et où les handicapés étaient mélangés à, il me semble, Marlène Saldana et mon père (et peut-être d’autres acteurs non handicapés ?) et une autre (avant ?) où il ne s’agissait que d’un stage (de deux jours ? un week-end ?), dans mon souvenir à la MJC de la Reyssouse (si elle s’appelle comme ça) et quelqu’un s’était perdu à la fin du stage… Bref, j’ai le souvenir de deux (je crois) expériences extraordinaires, inoubliables, la première mélangeant des handicapés mentaux et moteurs (dis-moi la bonne formulation) et des non handicapés (idem), mais ma mémoire manque de précision. Si tu en as…
Bises et bonne année, 
Yves-Noël 

Bonjour Yves-Noël
Bonne idée pour ta mère, comme ça je la verrai !
À Bourg, pays de misère artistique (je suis en colère en ce moment, la situation se gâte)
La première fois, les 18 et 19 septembre 2009, tu as donné un stage dans un gymnase et un spectacle au théâtre Arphonème que tu appelais « grange », tu m'as fait amener des poules, aurais aimé un bébé que je n'ai pas trouvé (ma soeur a refusé de nous prêter sa fille), ton père et ma mère se sont retrouvés sur le plateau avec Marlène Saldana. La pièce était magnifique comme toujours.
Je te joins deux photos du stage et un lien de photos qui ont été prises par Pascal Lesimple d’Artphonème le samedi soir :
Je me souviens avoir été impressionnée en allant te chercher à la gare.
Nicolas a détesté se retrouver dans la situation du mariage avec Patricia la princesse dans un train, tous les autres ont adoré ton travail qui nous emmène au creux de nos imaginaires.
La seconde fois, tu as donné un stage intitulé « L’Automne à Pékin » (photo d’Yvette Louis ci-jointe qui sera publiée) à la MJC de Bourg, samedi 24 et dimanche 25 novembre 2012 dans le cadre du festival l'Irrégulier. Nous avons emprunté des costumes blancs au théâtre Artphonème.
Un autre Nicolas s'est perdu à la fin en allant à la boulangerie en face, nous l'avons cherché longtemps pour finalement apprendre qu'il avait été ramené à Treffort, son foyer de vie, par la police, il me semble... 
Là encore, tu as déstabilisé certains participants dits valides pendant que d'autres m'ont surpris par leur intensité, engagement et créativité.
Je t'embrasse fort et ai hâte de lire la suite... j'aime bien la forme dialogue
Ps : Si tu passes par Bourg, fais signe (06 61 94 04 44) à l'occasion j'aimerais te parler d'un projet qui me tient à cœur et que je ne peux pas réaliser seule... Stéphane mon compagnon m'a fait pensé à toi, et ça m'a paru évident !

Tu en parles très bien, de mon travail — que c’est beau, la mémoire ! Ma mère, semble-t-il (les médecins le disent), l’a maintenant très dégradée, mais la mienne l’est sans doute aussi ! Je me souviens que de travailler à ces deux occasions avec des personnes en situation de handicap m’a mis au cœur du théâtre dans des raccourcis extraordinaires. Ça n’a été, chaque fois, que quelques heures (ce sont sans doute les stages les plus courts que j’ai donnés), mais : aucune déperdition. Tout d’un coup, tout de suite, dans tout le théâtre, toute la matière savante et naïve, au moins depuis les Grecs. Une vitesse extraordinaire. Pas du tout ce qu’il se passe normalement dans les stages ou dans les cours, « tourner autour de la piscine », comme on dit, cette impression d’avoir du temps. Non, il n’y a pas de temps, on y est ou pas. C’est une idée fausse qui vient presque automatiquement avec l’idée d’atelier, de cours : l’idée d’apprentissage. Cette idée est trop lente. J’y échappe complètement dans les répétitions de mes spectacles à cause principalement de leur brièveté (pour raison financière) : il n’y a pas le temps de chercher, le spectacle est presque fabriqué en temps réel, le premier geste sur le plateau est celui que l’on garde, on n’a pas le temps d’en chercher un deuxième. Eh bien, cette vitesse — qui est la vitesse de la vie, si on ôte ce qui l’entrave —, je l’ai trouvée pure, intacte, absolue, avec des personnes justement très entravées, plus ou moins entravées, parfois très entravées qui constituaient les groupes que tu m’as proposés. On n’est pas ailleurs qu’immédiatement dans le théâtre. L’imagination est très intense. C’est un grand éblouissement pour celui qui se sent lui-même, dans sa propre vie, sauvé par le théâtre de s’apercevoir que le théâtre est si réel qu’il en soigne d’autres. En fait, les personnes en situation de handicap avec qui j’ai travaillé grâce à ton invitation ont révélé des qualités de grands « professionnels », pas du tout d’ « amateurs ». Ça se relie à l’art brut. Quand tu m’as proposé de donner un spectacle dans ce que j’appelais donc cette « grange », j’ai pensé à demander à deux de mes acteurs les plus « libres » et les plus « professionnels » avec qui je travaillais à ce moment-là de m’accompagner : Marlène Saldana et mon père. Ces acteurs-là (mon père : complètement amateur) étaient capables d’être de plain-pied avec des acteurs en situation de handicap. Cela n’a rien à voir avec la perfection, mais avec l’excellence. L’excellence, c’est la liberté, c’est le plain-pied avec le monde, c’est ce que j’essaye de montrer avec mes spectacles. Je donne un cours à Paris que j’ai intitulé « Jouer comme Gérard » à cause de Gérard Depardieu qui dit : « Je ne joue pas, je vis ». C’est ce que j’ai rencontré, cette intensité de vie avec tes acteurs. Ils ne « jouaient pas », c’était autre chose. Vraie, nécessaire, comme respirer. Imagination fabuleuse, à couper au couteau, tout autour d’eux flottant comme un brouillard. Un brouillard brillant. Par exemple, « la forêt » est inoubliable — imaginons « la forêt » —, c’est le plus beau poème de toute ma vie et il a été écrit instantanément comme sur l’eau, sur l’air…
Tu sais, il faut que tu m’expliques ton projet ; je t’appelle si je passe à Bourg, mais je ne passerai pas tout de suite, ma mère est sortie de l’hôpital, ça a l’air d’aller… Tu peux peut-être m’en parler au téléphone (06 84 60 94 58). Bien entendu, c’est oui, tout de suite !



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Monday, April 27, 2015

« Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n'en puis présenter que l'ombre. »


Vincent Gatel
Bonjour Yves-Noël, je tenais à te redire que j'ai vraiment apprécié la présentation publique des stagiaires à La Maison du Comédien. Parfois déroutante, mais toujours généreuse. Ce voyage dans le royaume des ombres (en tous cas, c'est ce que j'ai perçu, des entrées des personnages en contre-jour à la mort de Didon et Enée, faisant écho à la mort du petit oiseau d'Hervé) m'a vraiment touché. Bien cordialement. Vincent


Tu as parfaitement perçu ! J'avais déjà senti la sincérité de ton appréciation... C'est vrai, nous sommes très fier, les stagiaires et moi, de ce qu'il s'est passé dans la maison dont tu as charge. Quelque chose s'est ouvert avec les feuilles. D'ailleurs, ce soir, une partie de l'équipe dîne ensemble à Paris (moi, je suis dans le train...) Avec toute mon amitié, YN

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Friday, April 03, 2015

L 'Amour


Bonjour à tous !
Comme vous avez peut-être eu vent, ce stage a bien failli être annulé, il n’y avait personne. L’Afdas nous a porté le coup fatal en l’affichant sur son site le jeudi précédent le lundi de la deadline d’inscription. Personne n’a donc été choisi. In extremis, après avoir, avec les Chantiers Nomades, décidé d’ouvrir quand même avec le minimum d’inscrits et en ayant accepté les absences nombreuses des uns et des autres — ce que je n’accepte jamais —, de tout le monde peut-être, j’ai renoncé à savoir s’il y avait même une personne qui restait la totalité du temps à part Erik et moi —, j’ai lancé un appel à des garçons pour compléter en « auditeurs libres » le groupe exsangue et nous arriverons péniblement (et un seul jour sur le papier) à seize personnes (nous commencerons à huit ou neuf). Bref, ça a ramé fort. C’est pour moi la dernière fois que je travaille avec l’Afdas, ce ne sont pas des professionnels. Je crois qu’il y a un détournement massif de l’argent lié à la « formation continue », ou, tout au moins, une gabegie. Il s’agit de dizaines de milliards. Mais on n’en parle pas, on ne parle que de l’intermittence ; on ne parle pas de ça parce qu’une grande partie de cet argent, me dit-on, va financer les syndicats... Bref, ce que nous avons à faire, c’est exactement de transformer cette situation « de merde », comme dit Zlatan, en situation « de luxe ». Inverser. Alchimie. C’est ce que je fais quand je produis un spectacle : nous n’avons pas d’argent, pas de temps, etc., tout un lot de contraintes diverses et variées, que du plomb, mais nous devons exactement substituer à l’avarice du monde un luxe impénétrable, désiré, volontaire, mettre toute la faveur de la défaveur en notre faveur, la décharger à nos pieds et « aimer ce que nous sommes » (Christophe). C’est ce que je vous propose. Chaque stage est une réinvention. Pourquoi pas cette situation ? Cette cacophonie que nous aurons sûrement (le projet initial que nous portions depuis un an, les Chantiers Nomades et moi, n’ayant pas porté ces fruits), cette disparité dans les présences et les niveaux (que j’imagine), tout cela qui nous retiendrait, nous semblerait cache-misère, le gruyère des absences, toute cette pénibilité, cet impossible même doit, au contraire servir. Idéalement servir une situation rêvée, paradisiaque. Pourquoi cet impossible serait-il de l’or ? Eh bien, parce que nous travaillons avec le hasard. Sans le hasard, ce n’est rien, l’art, croyez-moi sur parole. Donc cette situation ô combien de hasard, si nous gardons ce cheval entre nos jambes, peut nous enchanter. « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », dit le grand poète allemand Hölderlin. Car nos atouts sont énormes aussi. Nous voulons, à partir du désastre, réinventer une disponibilité nouvelle, une clarté. Je vous y aiderai, ce sera facile. Il suffit de déprogrammer ce pour quoi nous sommes socialement programmés : le découragement. Nous serons aidé par trois personnes. Erik Billabert, sondier — avec qui j’ai joué Monsieur Villovitch, Blektre, Yves-Noël Genod, Haschich à Marseille… Wagner Schwartz (la première semaine), danseur et comédien avec qui j’ai joué Chic by Accident, Un petit peu de Zelda (version Vanves), Thomas Gonzalez (la deuxième semaine), chanteur et comédien avec qui j’ai joué La Mort d’Ivan Ilitch. Trois personnes de très grand talent — de ce côté-là, rien à redire : distribution parfaite — et trois amis merveilleux. N’oubliez pas vos partitions, vos textes, ce dont vous aurez besoin. Vos films. Mais ne prenez que ce qui est le plus beau, Shakespeare, la Bible, Homère ou Tchekhov (etc.), pas les contemporains de derrière les fagots qui ne nous aideront pas, les pauvres (en règle générale). En peinture, allez voir Velázquez, par exemple (j’en sors), les autres, c’est juste pas la peine. Prenez les plus belles scènes (les plus connues), les plus beaux airs, n’ayez pas peur : ce sont les plus faciles. Apportez des vêtements, pareil, ce que vous avez de plus beau, robes de peinture ou tenues de Gala, Velázquez, Manet, Zurbarán, smoking pour les garçons ou costard chemise blanche, chaussures, cravate ou papillon, etc. perruque, armes, armures, robes de moine, animaux, tout ce qui est beau, rare et menacé. Si vous n’avez rien, venez avec rien, slips blancs sans logo si possible (à l’ancienne, c’est rare). Tout est possible, cela dit, Andy Warhol a bien fait de l’art avec les produits bidon de cette société « de merde » (et, après lui, Ryan Trecartin…) De toute façon, ne vous chargez pas — ou pas trop. Que de l’utilisable, si vous avez un doute ne prenez pas. Perruques (mais belles), maquillages, etc. Ce qui vous va, haute couture ou haute simplicité. Dans le spectacle qui a inspiré ce stage, il y a un an, 1er Avril, aux Bouffes du Nord, j’avais l’habitude de répéter aux interprètes : « L’idéal, ce serait des costumes avec personne dedans ». Oui, le costume est important, l’apparence ; pour le reste, « l’homme est le songe d’une ombre * » (Pindare) ; ce qui n’empêche pas les intensités. Au contraire. Les morts. Les orages. Vous vous laisserez vivre, vous ne chercherez à faire que ce que vous savez déjà (c’est bien assez !) Instruments de musique souhaités. Vous n’apprendrez rien. Vous ne tricherez pas. Vous jouerez (= vivre). Vous ne pourrez pas faire semblant d’être mort. Ce sera immédiat. Le stage sera fait en un jour (et ensuite le Seigneur se repose). Chaque jour des nouvelles arrivées sera donc de nouveau le premier jour. On ne décollera pas du premier jour. Nous n’aurons jamais le temps de décoller du premier jour. « L’état de l’apparition » (Duras). Vous vous mettrez dans cet état : tout, tout de suite et n’en sortirez pas. Rien d’autre que l’état de l’apparition. Aucune recherche, aucun arrangement avec la vérité, que pénètrent dans vos «  cœurs l’amour de la concorde, l’horreur de la guerre civile » (Pindare encore) — passez de bonnes fêtes de Pâques !

Yves-Noël

* « Êtres éphémères ! L'homme est le rêve d'une ombre. Mais quand les dieux dirigent sur lui un rayon, un éclat brillant l'environne, et son existence est douce. »

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Sunday, January 18, 2015



Bonjour, juste un petit mot, on se voit demain, j'ai aucune idée de ce que l'on va faire, mais c'est pas mauvais signe, il est trop tard pour préparer quoi que ce soit, maintenant, c'est la force de la page vierge qu'il faudra invoquer. Il y a ce texte de Michel Houellebecq qui peut vous servir d'appui, ce serait rigolo qu'on puisse en faire qqch, rigolo parce qu'on serait alors certainement les premiers ! à essayer de sortir une forme à partir d'un texte si neuf (et si polémique, etc., ancré dans le réel, en tout cas), mais c'est peut-être hors de notre portée, trop ambitieux. On verra...
Le temps va passer très vite. 
L'essentiel, c'est demain. 
Souvent, j'ai construit mes spectacles presque en temps réel. Comme je manque de temps de répétition, le premier geste est le bon, le premier pas sur le plateau, il faut le refaire, on n'a pas le temps d'en chercher un deuxième. Je vous en parlerai demain. C'est cette qualité de la première fois qui me touche et que je demande de retrouver, d'être capable de refaire. 
Idéalement tout devrait se faire demain et, les autres jours, on se contenterait de refaire, de repasser notre copie, de célébrer ce même endroit. C'est si rare que les choses apparaissent. (C'est pourtant la vérité.)
A une époque où j'étais sans doute plus en forme, on construisait, dans les stages, plusieurs spectacles, on jouait tous les soirs le spectacle de la journée.
Je suis fatigué et c'est agréable, c'est vrai, ces temps de stage où l'on peut chercher plutôt que toujours immédiatement trouver. Ça change. 
Mais j'ai la nostalgie, souvent, de ces vitesses de répétition et je m'ennuie souvent des lenteurs (des fausses résistances) des stages. Il me semble que la vitesse est plus exacte (plus inconsciente).
Les auditions sont toujours chez moi des splendeurs. Et il y a qqch qui se perd ensuite, parfois à jamais.
C’est le désespoir.
L’année dernière, pour le stage Casser une noix, où il y avait 10 places, mais 200 demandes, j’ai, au dernier moment, décidé de prendre 60 personnes pour travailler précisément cette excellence de l’audition (un groupe de gens bien habillés ou déshabillés qui se retrouvent dans l’espace et c’est parfait, on a tout, dans tous les sens) et comprendre si on pouvait la faire perdurer plus longtemps. Je prenais les gens toujours par groupe de 10 ou 12 toutes les 2 h, et ça tournait, etc.
L'idée, c'est toujours de tourner autour du réel, évidemment, c'est-à-dire de qqch qui n'est pas qqch et dont on ne sait rien (sauf que c'est réel, mais rien de plus). Il faut beaucoup de ruses, d'invocations et de chance.
Surtout la chance.
Il faut mettre le hasard dans le coup. 
Ça demande une grande santé.
Croire au hasard.
(Au sens où Francis Bacon dit qu'il peint avec le hasard.)
Je suis en mauvaise santé en ce moment, très mal au dos et au bras droit, de l'arthrose, et il faut encore que je le vois comme une chance. 
J'ai repris un cours de danse avant-hier et ça m'a plutôt fait du bien (ça n'a rien empiré, en tout cas). Si vous avez des pratiques que je pourrais rejoindre pour me mettre un peu plus en forme, en mouvement, ou des soigneurs vraiment bien sur Bruxelles, vous me direz.
Vêtements : important. Ne venez pas avec (simplement) vos vêtements de travail. Je trouve que ça ne donne jamais rien. (Et comme je veux tout tout de suite...) Quelqu'un de vous dont m'a parlé Léa, mais dont le nom m'échappe encore se propose de s'occuper de costumes. Ce sera très apprécié ! En attendant, demain, venez avec vos plus beaux atours*. Je dis toujours que je ne mets les gens nus sur scène que parce qu'ils sont mal habillés ; quand ils sont bien habillés, je ne les déshabille pas. Mais c'est un peu vrai. C'est si rare, le vêtement… Ce que nous nous proposerons de faire s'apparente de toute façon à la haute couture : la présence (partir de la personne) et l'habiller. La présence est première et son habit de lumière.
Tenez, une citation de Gilles Deleuze (sorti de l'Abécédaire, R comme résistance (et non pas religion)) qui en parle mieux que moi :
« moi, je crois que, à la base de l’art, y a cette idée que — ou ce sentiment très vif —, une certaine honte d’être un homme qui fait que, l’art, ça consiste à libérer la vie que l’homme a emprisonnée, hein ? L’homme ne cesse pas d’emprisonner la vie, ne cesse pas de tuer la vie. La honte d’être un homme… L’artiste, c’est celui qui libère une vie — une vie puissante, une vie plus que personnelle, c’est pas sa vie... Libérer la vie, libérer la vie des prisons que l’homme… Et c’est ça, résister. C’est ça, résister — je sais pas, moi… c’est… On le voit bien avec ce que les artistes font… Je veux dire : y a pas d’art qui ne soit une libération d’une puissance de vie. Y a pas d’art de la mort, d’abord. »
A demain, 11h, à la Raffinerie, salle des Machines
YN

* B. (Le plus souvent) au plur., et parfois iron. Tout ce qui entre dans la parure des femmes; en partic. parure riche et/ou surannée. Beaux, grands, riches atours 

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Wednesday, September 03, 2014

Salut Yves-No,
Je trouve que c'est une super idée de faire le film d'un faux stage, ou un stage imaginaire, comme si on était ailleurs on ne sait pas où, seuls, perdus loin de la civilisation (ce sera peut-être pas très éloigné de la réalité mais tant mieux !)
Je vois aussi que je mets du temps à apprendre du texte, on pourrait aussi penser des scènes où on lit, répète, apprend du texte, où on répèterait une fausse scène qu'on ne verrait finalement jamais achevée.
Je suis en train d 'apprendre le passage à la fin où Richard est dans la prison et qu'il dit qu'on sera content que quand on sera soulagé de n'être rien. J'imagine de pouvoir aussi parler de l'histoire de Richard sans dire les mots de Shakespeare discuter, analyser en groupe ce « n'être rien » dont il parle. Je le vois aussi comme un état de méditation, un truc un peu bouddhiste, être au rien au sens n'être pas plus qu'une plante ou un animal.
Let's see !
Je t'embrasse,
M



Oui, tout est possible, évidemment, mais le côté texte en main est vite rebattu (je veux dire : pour un film hollywoodien). On cherche un « whiteboard » pour écrire en gros les textes et les répliques qu'on veut dire pendant le plan et, bien sûr, toutes les astuces seront les bonnes si elles produisent qqch...
Il faut que tu penses aussi à des personnages, ces jeunes filles aux cheveux longs, tu dois bien en connaître quelques-unes... Et aux cheveux courts (avec une perruque) ? Etc. Souvent la justesse d'un comédien lui vient d'un vêtement qui surgit... 
Bises, 
YN

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Thursday, October 31, 2013

P uissance de la douceur


Ciao Yves-Noël,

En revoyant Le Feu Follet, ce jour, je vois ton ouverture de plateau de Vitry dans cette filiation. Haut lignage et peut-être trop lourd, trop noir, trop tragique, me diras-tu. Oui et non. Oui, car, d'évidence, tes créations existent sans origine. Et cela m'agacerait, moi, si l'on m'assignait toujours à un héritage. Et, cependant, il faut voir la sculpture de la lumière du film de Malle, ce qu'elle crée de l'atmosphère palpable d'une pulsion mélancolique, il faut voir Maurice Ronet avancer ses mains vers le visage d'Alexandra Stewart avec cette phrase — limbe du film : — « Je n'arrive pas à toucher les choses ». Il faut voir sa voix aussi, une certaine fêlure ivre de douceur pour comprendre une gémellité de style avec ton travail de vendredi, les irruptions se chevauchant des langues ou voix des acteurs, les glissements toujours en osmose avec le fragment du jour, la lucidité de qqch que tu saisis en suspens. On est toujours à Calculta Song, même à Vitry-sur-Seine, avec tes œuvres, Yves-Noël. Tout ton peuple de comédiens nous regardant innervés par un feu follet intérieur, spectres de Pina, follement vivants d'être à la crête de l'immobile et de la douceur.

Bravo encore à toi,

VV

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Sunday, October 27, 2013

B elles et précieuses semaines


Carine Piazzi
Cher Yves-Noël, je voulais te remercier pour ces jours passés à découvrir ton travail et ta personnalité, à chercher à entrer dans ton univers. Toutes ces tentatives d’entrer, de se jeter dans les bras multiples du fleuve. Merci pour tes citations, pour ta douceur, ta folie, ton exubérance, tes silences, tes mots choisis. Je ne t’ai pas beaucoup parlé, je ne suis pas très confortable avec les mots, les miens. J’espère plus avec ceux des autres. A vite, je t’embrasse Carine

— Très gentils mots, au contraire ! Oui, à vite !






Floriane Comméléran

Merci infiniment Yves-Noël pour toutes ces cimes, toute cette poésie et toute cette beauté, ce fut fou, ces 2 semaines, Bénédicte, toi et tout le monde !

(P.S. : tu me fais beaucoup penser au Petit Prince mais qui aurait peut-être grandi trop vite, je sais pas...)

Je t'embrasse fort et à bientôt !


— Oui, on a bien partagé de choses, à nous tous... J'étais heureux d'être mélangé à tant de filles de bonne volonté. Très agréable ! Bises, à bientôt







Cher Yves-Noël,
je garde en mémoire ces deux semaines à Vitry, entre ces murs oranges vastes comme un monde, comme si, tout autour, il y avait les champs, des bêtes et la campagne, des bottes de pailles et aussi la banlieue, tout ensemble réunis, le théâtre et la vie, sans que l'on ne sache plus très bien les distinguer. Sans être condamné au besoin de les distinguer.
Et l'écriture aussi toujours présente, solidement.
Je n'avais encore jamais éprouvé cela aussi fortement : cette sensation qu'être au bord du jeu ou au bord de l'écriture, tout à coup, c'était la même chose, exactement, que ce plaisir à se tenir là aurait pu donner lieu à un geste ou un poème tout aussi bien. (J'aurais d'ailleurs dû, le soir, me précipiter sur mes carnets ou lieu de rêvasser à la journée.)
Il y avait une grâce inlassable à regarder des êtres que nous ne connaissions pas se laisser traverser par des histoires sans linéarité, à combinaisons multiples, aux enchaînements aléatoires, partout des ébauches de récits se déployaient, des rencontres inattendues avaient lieu.
Alors que je n'ai pour ainsi dire rien écrit, juste barbouillé quelques notes, je n'ai sans doute jamais autant écrit que durant ces quinze jours ; c'est étrange.
Et ce plaisir invincible à rejoindre les autres et vivre ensemble ces instants hors du temps parce que tellement accordés au présent...
Laisser voir et ne rien montrer, c'est une des phrases incontrôlées qui me vient quand je repense à ces 2 belles et précieuses semaines.
Je t'embrasse. D(iane Regneault)







Cher Yves-Noël,

C'était Beau.
Merci.
Les gens, beaux. Les murs, beaux. Les loges, belles. Les robes, aussi, belles. Toi, beau. Les phrases, les silences, et leurs pensées. Tes salades du déjeuner, le rire de Soleïma et le Paon. Un grand festin de lumières humaines, dans cet écrin de brique et de bois. Que dis-je, écrin ? Cette vallée de forêts ensoleillées, torrents frais, vents capricieux et de pluies diluviennes, oui !
Ah, merci !
Avant de jouer, j'ai ressenti ce que je n'avais plus ressenti depuis mon tout premier spectacle : l'inexpérience la plus totale. Pas la moindre idée du « comment on fait ». Incroyable envie de sauter partout, le rire à fleur de gorge et malgré tout un soupçon d'expérience (tout de même) qui dictait la recommandation d'une concentration tranquille... Et après, je ne savais rien. Bien ? Pas bien ? Aucune envie d'analyser, juste dans le plaisir de s'être laissée faire. Les mots de Céline sont justes : comme si j'avais fait l'amour avec quelqu'un qui ne le fait pas comme moi. Mais quand même...
Merci.
Tu es une vraie mère. La grâce féminine de celle qui chérit ses enfants, les nourrit, qui aime à les regarder, qui devient folle quand on ose toucher un seul de leur cheveu. Beau et protecteur avec ses acteurs comme une mère avec ses enfants. (tu es un peu une femme, en fait... non ?)
Merci !


Je t'embrasse
Marion (Jeanson)

— Lol ! (« Tu es une vraie mère. ») Oui, c'est un peu con... Je tiens en effet (probablement) quelques secrets de quelques vies antérieures où j'étais une femme, une femme au clavecin, par ex... J'en ai bien peur... Ce qui m'ennuie un peu — ces mémoires qui me donnent mon talent — parce qu'elles sont très jalouses et ne supportent que les beaux garçons (les cochonnes) et éloignent délibérément les femmes de mon chemin pourtant ici si nombreuses, je n'aurais eu qu'à me baisser pour vous baiser (au sens ancien…), non ? C'est en tout cas, ce qu'un astrologue m'a raconté un jour... Je t'embrasse, chère Marion, à bientôt dans cette vie,

Yvno







bonsoir Yves-Noël,

j'ai adoré te rencontrer et j'ai adoré le groupe rencontré. quel bel espace de travail que tu proposes… liberté, créativité, exigence, bienveillance, douceur, humour… amour, mort, vie… dans la lignée de tes spectacles… mais, quand même, qu'est ce que c'est géant quand les illusions/projections rencontrent une réalité…! je me sens tellement pleine de toutes nos images vues ou entendues que j'ai l'impression de faire un pléonasme en te disant merci car il me pendait aux lèvres tous les jours, mais c'est toujours mieux en le disant, ou en l'écrivant. ça faisait longtemps que j'avais envie de te rencontrer et de travailler avec toi, et j'en ai été ravie… merci. un bisou et un merci à Bénédicte aussi. le fleuve aux bras multiples coule à flots. j'espère à bientôt pour de multiples sauts. en attendant, bonne route en Ménagerie, je viendrais voir. ah, le Studio-Théâtre me manque déjà, encore une belle mélancolie qui pousse sous la peau, et puis hop, ressauter par-ci par-là comme un chiot ! je t'embrasse, Patricia (Morejon) 

— Eh oui, c'est bizarre pour moi aussi que ça soit passé si vite... Je t'embrasse, très chère, 

Yvno


(Sorry encore pour les erreurs de prénom...)







Elodie Ségui
Yves-Noël, je voulais te remercier infiniment. Je repars les bras chargés de cadeaux. Je me suis sentie comme une fleur dans un jardin de fleurs à côtés de mes copines. J'ai appris des choses qui me manquaient beaucoup. Je t'embrasse

— Ah, moi aussi ! A l’ombre des jeunes filles en fleurs… Je pense toujours à tes gosses pour une apparition à la Ménagerie (12, 13, 14, générale le 11, plus filage photos, vidéo 10 et 11, ce serait possible ou ?)






Cher Yves-Noël,
Je ne sais pas si j'avais jamais eu la sensation de murs aussi murs, entre dehors et dedans, entre nous, entre donc, de sol aussi sûr, sur le silence, sous nos pas, de lumière aussi fine, de sons aussi inévitables, d'entourage aussi délicatement indifférent, ils, tu, vous, ça, me manquez, je n'arrive à rien saisir, tout s'échappe du bout de ma langue, et pourtant c'est comme si je dansais tout le temps, en marchant, ce que tu as dit des frontières, des bras multiples, de ce qui est déjà arrivé, en marchant, je ne sais pas dire quoi mais une chose un cadeau vraiment, vraiment très, très précieux, comme un trait d'union, je ne sais pas, c'est comme un rêve peut-être dont on essaie de se souvenir, il faut laisser percer des choses très ténues jusqu'à l'explosion d'une image complète où il y a à la fois la durée et l'instant ?
En attendant je veux bien sûr te dire merci, et encore, et comme elle dit : « Let me sit here for ever with bare things, this coffee cup, this knife, this fork, things in themselves, myself being myself » (et si on travaillait sur ça)
So long
Anaïs (les bottes!) (de Courson)

— C'est très gentil ! Oui, il nous reste Virginia Woolf. Moi aussi, je suis un peu perdu (pourquoi je dis « moi aussi » ? tu n'as pas l'air perdu du tout !) J'ai le spectacle de la Ménagerie à faire, mais je cherche de l'argent (et n'y arrive pas) parce que je me suis habitué au grand groupe et j'en voudrais 18, 20 aussi qui passent, c'est dur à trouver des centimes d'euros... 

Bisous, 


YN

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V isages



Claire Ruppli
Hello ! encore bravo pour hier, très touchée par ta poésie et la douceur...
J'aurais pu regarder ces visages pendant des heures !
Du coup, c'est comme quand tu sors d'une expo où tu vois les perspectives autrement ; là, ce sont les êtres que tu regardes autrement !

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Friday, October 18, 2013

Q ui est Pierre ?


Cette lettre écrite un peu rapidement, sur le retour, pour vous témoigner combien passer aujourd’hui quatre heures de stage en votre compagnie, ou sous votre direction, s’est avérée une expérience humaine riche en émotions (peur, joie, appétence sexuelle, tendresse, colère, etc.) et prises de conscience… et je dois l’avouer aussi en « beauté » ou quelque chose que l’on ne pourrait reconnaître que comme « beau ».
Sans doute me suis-je trouvé perdu ou désemparé sur ce grand plateau vide, mais d’entrée vous êtes parvenu à générer une ambiance propice à la relation. Jean-Jacques Pauvert a écrit dans ses Métamorphoses de l’Érotisme qu’après toutes les tentatives de définition de l’érotisme, la seule simple qu’il retient, c’est l’érotisme en tant que relation amoureuse. Peut-être trouverez-vous ça un peu naïf, mais il me semble avoir éprouvé quelque chose de cette ordre-là entre tous les stagiaires… avec douceur et humour.
Vous nous rappeler que le théâtre est une leçon d’humilité. Un lieu où l’égo doit s’effacer, ou plutôt être sacrifié à ce(ux) qui nous entoure(nt). Du peu d’auteurs de théâtre que j’ai lu, dramaturges ou gens de théâtre qui écrivent sur le théâtre, je crois avoir saisi un peu au cours du stage ce que Jean-Louis Barrault dit de la vie, du théâtre comme la vie. D’ailleurs, en parlant de vie, la plupart des gens feraient du théâtre par défaut de vie, mais vous c’est par excès de vie. Votre intérêt pour les théories scientifiques aussi rappelle Barrault et bien d’autres encore. Les grands scientifiques et les grands artistes ont en commun d’avoir beaucoup d’imagination.
Avant de finir cette lettre, une dernière pensée, le rapport à la nudité dans ce que j’avais entendu de votre travail m’intriguait, mais d’après ce que j’ai éprouvé au cours du stage, l’état de nudité avait beaucoup moins d’importance que la « dénudation ». C’est quelque chose à laquelle je vais continuer de réfléchir.
Bref, votre capacité à stimuler l’imagination, à établir la relation, à faire de rien ou presque un tout qui raconte à la fois le sublime et le terrible de l’humain est fascinante. C’était une belle expérience. Merci.
Je ne manquerai pas de suivre vos prochaines créations,
En vous souhaitant une très agréable soirée, et le courage pour la suite,
Bien cordialement,
Pierre
P.s. : Désolé de vous envoyer ce message par Facebook, c'est moins élégant que par papier, mais c'est aussi plus « pratique »



— Oh, Pierre, cette lettre est bien belle ! Merci ! Tu m'as intrigué (il me semble que je t'ai tutoyé) pendant ces 4 h. Je me demande, par ex, si tu es comédien, si tu veux l'être ou si tu  es là parce que tu as envie d'explorer — après la théorie — des pratiques « corporelles ». Sorry, tu as déjà dû m'expliquer tout ça dans ta lettre de motivation (que je n'ai pas sous les yeux)…



Cher Yves-Noël,
Oui, tutoyons-nous, ce sera plus agréable.

Pour répondre à ta question, tu vois juste. Dans mon cas, il s'agit d'une part d'explorer concrètement, réellement, le terrain, d'autre part de revenir plus aux études théâtrales que j'ai délaissée lorsque j'enseignais en STAPS (sport). Parenthèse (explorer oui, mais pas du tout avec l'idée d'une observation participante ou d'une participation observante, c'est détestable cette posture anthropologique, donc plutôt explorer dans le sens de découvrir des territoires qui me sont inconnus ; et — exploration aiguillée par une quête d'indépendance (au moins de penser), même minuscule). Et s'il s'agissait de faire de la théorie, derrière toute théorie il y a un chercheur et lui me semble plus intéressant que sa théorie. Cependant je suis toujours rattaché (administrativement) au département d'études théâtrales, et plus spécialement au laboratoire d'ethnoscénologie, de l'université Paris 8 où j'ai soutenu ma thèse en décembre 2012 sur le lieutenant de vaisseau Georges Hébert (1875-1957), l'inventeur de la Méthode Naturelle d'Éducation physique, virile et morale. En 1909-13, ses détracteurs le surnommaient : « L'Homme Nu » !
Comme tu l'as sans doute remarqué, mes compétences ne sont pas celle d'un comédien. J'ai fait un tout petit peu de théâtre avec Noël Casale quand j'étais au Lycée, puis sur sa création d'Homme à Homme. Donc ça n'est pas mon but d'être comédien, mais la matière théâtrale m'enchante : ses grands espaces, vides, en friche, à « cultiver », mais aussi ses artifices, ses paillettes, ses plumes, ses danses et ses chants. Et puis, c'est quand même un des seuls lieux où l'on peut librement voir du nu vivant !
Me concernant, je dois t'avouer qu'une fois sur scène, il m'est très douloureux de me sentir aussi coincé, raide, incapable d'incarner mon imaginaire ! De me sentir comme un pantin, un mannequin en bois, la moins articulé des marionnettes. Et, par conséquent, dans l'impossibilité d'être dans le flux des énergies, des actions et de saisir la relation. C'est un véritable handicap que j'avais oublié me cachant « derrière le bureau d'enseignant » où l'exécrable, néanmoins parfois utile d'un point de vue pédagogique, rapport dominant-dominé permet de se cacher (grand lieu de mensonges, de frustrations et de médisances l'univ.). J'ajoute encore, sur ce point, d'après mes impressions d'hier, une espèce de dichotomie entre le rôle d'universitaire qu'il m'a fallu forger ces dernières années (ne venant pas de ce milieu) et... comment dire... ??? Le costume d'universitaire est en quelque sorte devenu une camisole mentale, en même tant qu'une carapace protectrice à la façon des scarabées. Un exosquelette qu'il s'agirait de faire voler en éclat, de déchirer en mille petits morceaux, sans pour autant perdre la rigueur univ. acquise, mais en lui insufflant la vie. C'est que les universités par lesquelles je suis passé stérilisent le sensible, la vie, le corps et par suite l'imaginaire ! En fait, ça doit être pour ça que je m'intéresse non pas à la nudité, mais à la dénudation ou à l'effeuillage (strip-tease). Et, évidemment, c'est aussi pour ça que l'idée de ton stage avait excité ma curiosité.
Et là encore la séance d'hier m'a particulièrement troublé, devant ton aptitude et celle des stagiaires à émerveiller le plateau. Si je peux me permettre, je crois que le mot « émerveillé » va bien à ce que j'ai entraperçu de ton travail. Ton théâtre est un théâtre émerveillé ! Les êtres qui s'y animent aussi. Et ça redonne un sens au théâtre, parce qu'on ne s'y ennuie pas et qu'on y prend plaisir intellectuellement, poétiquement et corporellement !
Voilà, j'espère que tu m'excuseras de m'être ainsi épanché, ne sachant même pas si j'ai vraiment répondu à ta question.
En te souhaitant un très agréable après-midi,
Bien cordialement,
Pierre




— Si, si, tu analyses très bien la situation !... Il paraît que les comédiens ont un truc dans le cerveau que les autres n'ont pas, je l'ai lu dans un livre sur les animaux, je ne sais pas si c'est vrai, qui disait que certains individus de certaines espèces animales, singes dans les cirques, vaches de concours, etc. l'ont aussi : la capacité de s'imaginer dans le regard de l'autre. Peut-être que si c'était douloureux pour toi, c'est que tu ne l'as pas... Il y a une chose que je voudrais te conseiller, déjà en te voyant l'autre jour et aussi avec ce que tu dis dans ta lettre, c'est l'haptonomie. J'en ai fait pendant des années. Avec 2 psychiatres (un homme et une femme), docteur Thomas Gelber et docteur Dominique Décant. C'est ce que je peux te conseiller de mieux pour ce que tu décris très bien : insuffler la vie. Je te donne leurs coordonnées, si tu veux...

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Friday, October 11, 2013

T he Unconceivable Idea of the Sun (lettre aux stagiaires de Vitry)


Mes centres d’intérêt, en ce moment : Nerval. Aussi, cette pièce de Peter Handke : L’heure où nous ne savions rien l’un de l’autre… J’aimerais que ce soit la vie… C’est-à-dire des personnages ultra dessinés comme dans la rue et en même temps vidés, désinvestis comme dans la rue aussi. (Les gens ne sont pas ce qu’ils sont… il paraît que c’est sartrien.) Les dessins sont nets, littéraux, mais dans tous les sens (selon la phrase de Rimbaud). J’aime aussi la pièce de Botho Strauss Grand et petit, que je connais par cœur et que je viens seulement de retrouver dans la traduction du spectacle de Claude Régy qui a bouleversé ma vie (vu à Lyon quand j’étais encore un enfant). Et que je vous apporterai (celle que l’on trouve n’a rien à voir, très mauvaise). Vous pouvez vous intéresser à Wallace Stevens, c’est exactement ce que l’on cherchera à faire. Il y a pas mal de poèmes en anglais (en français, je ne sais pas) sur le Net. Par ex, cette phrase est de lui : « La vie est une affaire de personnes et non de lieux. Mais pour moi la vie est une affaire de lieux et voilà la difficulté. » Oui, c’est ce sur quoi nous allons travailler : « I am what is around me ». (Par ailleurs, dans ce poème intitulé Theory, il dit pourquoi les femmes sont meilleures en général dans ce métier : « Women understand this. / One is not duchess / A hundred yards from a carriage. ») Je me permets donc de ré-insister sur les costumes, l’extrême précision de l’apparence car, ce que nous voulons dire, c’est que l’apparence est tout et qu’à l’intérieur, l’être, c’est n’importe qui. Quand c’est vraiment beau, on a vraiment l’impression qu’il s’agit de n’importe qui, « le secret le mieux partagé du monde parce qu’il l’est par tout le monde », dit François Tanguy, le comédien (ou l’auteur, le peintre, etc.) a disparu. Wallace Stevens le dit aussi, bien sûr, beaucoup, et aussi dans une phrase que je n’ai pas retrouvée, qqch comme : « Il est poss que, pour le soleil, apparaître soit être ». C’est ce que nous faisons, nous aussi, du show. Tchekhov, bien sûr, très apprécié, Shakespeare, toujours… etc. Tout et rien. Car c’est la rue. Révisez ce que vous avez déjà traversé, c’est-à-dire les matières, des scènes dont vous avez déjà la mémoire. Les « talents cachés » doivent être partagés ! Si vous pouvez danser, chanter, jouer d’un instrument, faire le clown, marcher sur les mains… vous êtes bénis des dieux ! Si vous êtes beaux, vous l’êtes aussi. Mais créez la beauté autour de vous (ça ne devrait pas être trop difficile à Vitry) et glissez-vous-y comme dans un gant, c’est facile et ce n’est rien car c’est impossible et, si ça arrive, c’est que vous serez bénis ! Celui qui a un chien vient avec son chien, celui qui a un bébé vient avec, celui qui a la musique vient avec, celui qui a la vie vient avec,

YN

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Wednesday, October 02, 2013

U ne lettre d'une certaine motivation


Cher Yves-Noël Genod,

Je suis Blanche,
que mi-naine,
j'ai couché avec…
j'oublie toujours qui,
je sais crier, 
je sais marcher seulement avec mes cannes,
mais je suis prête à coucher avec vous pour être prise dans ce stage non rémunéré.
Je ne sais pas ce qui m'intéresse le plus, si c’est le stage ou plutôt la possibilité de vous faire l'amour avec mes mains.
Puisqu'il faut donner, autant tout donner…
Je sais d'une personne bien renseignée que vous êtes un bon amant, même s'il n'en faut pas trop vous demander.
Cela me suffit.
Si en plus nous pouvons travailler ensemble sur une scène ce sera aussi avec plaisir. Évidemment.


Karine Jurquet

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Friday, August 17, 2012


Hallo, Falk ! J'ai trouvé le lieu idéal pour lire tes pièces : une plage en Corse. Ça m'amuse beaucoup ! Aurais-tu Trust en fichier Internet ? C'est la seule que je n'ai pas (et donc pas transmise aux stagiaires...) (Si tu l'as pas, pas grave, je ferai des photocopies quand je rentrerai à Paris.) Bisous

Bonjour Yves-Noël ! Pas mal, pas mal... une plage en Corse ! J'ai un balcon à Prenzlauer Berg avec beaucoup de bruit en ce moment... J'ai déjà envoyé un email à ton assistante :-) Il faut écrire à L'Arche pour une version en fichier Internet, parce que je n'ai pas un ici.

Je voudrais bien que tu lises ma pièce Jeunesse blessée – est-ce que tu as une adresse email ? – je vais t'envoyer... Je pense, il y a des scènes très intéressantes pour ton workshop.

Bises,

Falk

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Tuesday, July 24, 2012

Incendie


Mon cher Yves-Noël,
j'ai ouvert les yeux ce matin, j'étais content d'exister d'encore, j'étais inondé de lumière dans mon lit parisien, j'avais très chaud, j'ai regardé par la fenêtre :  un large coin de ciel sans problème, quelques arbres et le métro aérien et alors je me suis dit que nous ne nous voyions pas assez. Je ne sais pas d'où m'est venue cette pensée, comme si tu étais dans le paysage aussi, dans ma fenêtre. Alors, voilà, je te fais part de cette réflexion matinale et te demande d'y réfléchir aussi un de ces quatre matins prochains !
Je décolle tout à l'heure pour Madagascar, je vais faire un peu de tourisme sexuel, je te ramène de la vanille. Je reviens en août, je ne peux pas postuler pour le stage à Pontempeyrat, que j'aurais bien aimé refaire, j'ai du travail du côté de Marseille.
Mais je t'envoie des copains. Un certain Tommy Luminet (un gars cousu d'or) et une Charlotte Ligneau (que j'adore) m'ont dit qu'ils t'avaient écrit… Ils sont cool tu verras, ils sont balèzes !

Je t'embrasse fort, grand échalas, j'espère que tu vas bien, et qu'au-dessus de toi le ciel est bel et bien et bleu,
Vincent






Ah, c'est gentil ! 
Tu me proposes de nous voir quand tu pars à Madagascar ! Je pointe cette contradiction, mais, moi aussi, je m'envole (pour Berlin...)
Je vais voir pour tes copains, mais… Il y a eu (contrairement à l'année passée) 35 demandes, alors… Il y a de la casse… 

Tommy Luminet ne s'est pas manifesté et Charlotte Ligneau n'est pas dans la première sélection (mais j'essaie de la rajouter si désistement).

Bisous

Yvno

Tiens, une émission qui donne des nouvelles de la belle Bénédicte Le Lamer. Cette année, je retravaille avec l’assistant que j’avais avec moi la première année, Arnaud Bourgoin, un autre genre…  – une autre sexualité, pour aller vite, mais tous les goûts sont dans ma nature, comme tu sais (comme tu ne sais pas assez, d’ailleurs). C’est lui que je vais rejoindre à Berlin pour préparer le stage.

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Tuesday, May 25, 2010

Tout ce qui va vous faciliter la vie

Tout ce qui va vous faciliter la vie

Chers participants,

Veuillez préparer, cette semaine... le plus possible. Enfin, disons : tout ce qui va vous faciliter la vie. Le stage n'est pas un stage technique (vous l'avez compris), mais un stage de fabrication d'une matière qui s'appelle jouer (dont on voit des exemples au théâtre et au cinéma, mais qui, bien sûr, a son royaume non pas aux Cieux mais partout dans la vie).
Tout est bon dans le cochon, nourrissez-vous de ce dont vous avez envie, textes, poèmes, cinéma, imitations, accents, styles, virtuosités, désir ou impossible, grandeur et petitesse, animaux ou plantes, abstraction et observation. Maquillage, accessoires, costumes, masques, travestissements sont (évidemment) très importants.
Je ne sais pas si tout le monde connaît mon travail (non, en fait, pas tout le monde), il y a sûrement mille manières de l'apprécier, mais je crois qu'on peut voir, dans mes spectacles, des comédiens capables de tout. Ce n'est pas forcément (jamais, en fait, jusqu'à maintenant) qu'on les voit faire des choses particulièrement trash ou difficiles, non, on n'a pas l'impression qu'ils fassent grand chose, en général, mais on les sent capables de tout. C'est très important : je suggère aux comédiens que mes spectacles puissent être perçus comme des leçons de liberté. Jouer, c'est innombrable. Nous les comédiens, nous connaissons le rapport entre jouer et la beauté. Ce que nous voulons, c'est la beauté. Tout ce qui vous rend beau vous sera rendu au centuple. Etre heureux maintenant vous rendra beau (et élargira d'ailleurs sans doute le champ de la beauté qui ne demande que ça). N'ayez pas peur de vous nourrir des plus grands poètes : ça aide. Aimez les clichés : ils ont raison. Apportez le répertoire (pas de bibliothèque ni vidéothèque ni discothèque sur place, malheureusement). Chargez-vous un peu ou venez nus, c'est pareil, but with lovely shoes. (Cette note n'est que d'encouragement.) La nature sera là, mais c'est la culture que nous voulons y mélanger. Textes du répertoire et aussi - si vous voulez - toutes les problématiques actuelles et futures : nous vivons - nous le pressentons, nous le constatons - une époque de grands futurs, très vite, bouleversements (de pensée, de comportement, peut-être même d'apparence et d'incarnation), nous ne pouvons pas ne pas en tenir compte (même à la campagne). N'importe quoi d'intelligent, c'est plus facile (y a pas à chercher, du coup, l'intelligence, c'est ce qui trouve).

Vous pouvez m'appeler au 06 84 60 94 58 ou communiquer avec mon assistant, Arnaud Bourgoin (06 89 63 74 48) à qui j'ai demandé de réviser aussi ses classiques (il a des capacités de dramaturge, n'hésitez pas à lui dire ce sur quoi vous travaillez ou aimeriez travailler).
Pour les paresseux qui n'ont pas lu le paragraphe précédent : tout Shakespeare (copier trois fois) et tout le reste, de Calderon à Thomas Bernhard ou Pierre Guyotat. Il y a des auteurs contemporains que je n'aime pas, pas mal, en fait, tapez pas trop dans le contemporain (sauf les films, les séries...) Pourquoi pas aussi L'Astrée puisque nous serons dans la région où ce roman fleuve du XVIIième siècle se déroule... Enfin, tout ce qui vous passionne sera bien (le racisme aux Etats-Unis...), tout ce qui a du sens sera bien, tout ce qui permettra à votre splendeur de se répandre parmi l'air, l'herbe, l'eau, le soleil ou la nuit sera bien ! Vous ferez tout, je ne serai là que pour arranger un peu l'espace (comme je me contente de faire pour mes spectacles).

A bientôt


Yves-Noël

(La liste des participants n'est pas close, mais j'envoie déjà ce mot à ceux qui ont déjà été retenus, le temps va vite...)






Lea dans le bleu du ciel

Léa me demande pour Le Bleu du ciel de Georges Bataille, j'ai rien contre, j'adore, mais ça demande un tel travail d'adaptation (c'est un roman) - à moins que ce travail soit déjà très avancé (transformer ça en scénario ou en pièce, en sortir un ou plusieurs personnages...) Occupez-vous du répertoire - et même du répertoire mainstream, il y a tant de merveilles, y a qu'à se baisser. Et c'est conçu pour être jouer facilement, pour être perçu (par le public) facilement... Pourquoi s'en priver ? Les grands acteurs ne s'en privent pas, pourquoi les plus petits devraient-ils se tordre dans les figures abstraites d'un Kâmasûtra expérimental ? En plus, l'époque actuelle n'est en rien, mais rien du tout, expérimentale. Laissez tomber l'expérimental : non, non, Hollywood !... Le grand, le facile, tout ce qui pourrait plaire, Un tramway nommé Désir, si ça vous dit (à condition d'avoir les robes...) Les films de David Lynch. Tous les films américains, c'est bien, ils surjouent tout, c'est très facile - ou par exemple, pensez aussi à Woody Allen. Une exception peut-être à ce que je dis des romans, ce serait le personnage de Don Quichotte, tellement fameux (aussi célèbre qu'Hamlet ?) que, ça, ça ne serait peut-être pas si difficile non plus de l'extraire de son roman qui a très souvent d'ailleurs été adapté au cinéma, théâtre, opéra, chanson). Ou même Jeanne d'Arc, c'est possible et facile (là aussi, nombreuses adaptations du personnage merveilleux). Ou Frankenstein que je viens de jouer, très facile. Imaginaire collectif. Ou tout ce qu'on voit à la télé, les sketchs... Les sketchs comiques. Le général de Gaulle. J'ai vu, il y a quelques années, Jean Rochefort reprendre des sketchs de Fernand Raynaud, eh bien, c'était encore mieux que par Fernand Raynaud ! Il les jouaient mieux (il a en cela réussi son coup). Beckett, ce serait génial. Groland, les Deschiens... Jouer en langues étrangères, ce que j'préfère ! Etc. En fait : c'qu'on veut ! Du moment que ça vient facilement.
Justement Pascal s'inquiète de l'ambition parce qu'il se sent dispersé. Il cherche un sablier. Ne vous inquiétez pas, ne changez rien, Pascal ! Si vous êtes dispersé, surtout restez-le, j'ai rien contre. Oubliez le sablier. C'est juste un stage, c'est du cool.
Mon père que j'emploie quand il le veut bien (plus difficile à avoir que Sharon Stone !), il vient, il répète pas, il vient un quart d'heure avant la représentation, il me vient alors une idée, je lui dis tu n'as qu'à faire ça si tu veux et... il le fait tellement bien, à la perfection, excellence, y rien à dire. Bon, évidemment, je peux pas lui demander d'apprendre quelques lignes d'un texte - impossible - et, pour son entrée, il faut que quelqu'un le pousse des coulisses - et il faut aussi que quelqu'un aille le rechercher pour le faire sortir de scène. Mais sinon : parfait !



Yves-Noël

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Thursday, April 22, 2010

Lol

OK, essayons de nous appeler dimanche...
Je peux t'en dire un peu plus par mail :
En fait, au moment de gérer les premières inscriptions pour ton stage, l'AFDAS s'est penché sur le texte présentant le stage, et ça leur pose problème. Pour eux, cela ne ressemble pas à une formation, et ils n'estiment pas avoir à soutenir trois semaines de travail qui ne reléverait pas de la formation professionnelle...
Le titre* aussi leur a poser problème. ("Dérive sectaire", m'a t'elle dit... Là, ils vont un peu loin, je trouve.) En gros, ils redoutent que ce stage soit une bonne tranche de rigolade et de délire entre artistes, mais en rien une formation pro.
Pour rattraper le coup, je pense qu'il faut réécrire un contenu de stage qui colle plus avec leur attente (après on fera bien ce qu'on veut dans le stage). C'est-à-dire :
1 - Expliquer le titre.
2 - Quels objectifs pour ce stage (en gros, sur quelles notions artistiques veut-on faire travailler et rechercher les stagiaires ?)
3 - Parcours : où "prend"-t-on les stagiaires et ou veut on-t-on les amener en fin de stage.
4 - Quelles méthodes pédagogiques pour atteindre cet objectf (par exemple : travail en solo ou en groupe, expérimentation par groupe puis rendu sur le plateau devant les autres, y-a t-i l des trainings de prévu, décontextualisation par le travail in situ dans tous les lendroits de l'Hostellerie, travail du son, de l'image etc...)
5 - Je pense qu'un petit déroulé jour par jour (même succint) rassurerait l'AFDAS.

Voila, en gros, il faut les rassurer en leur montrant qu'il y a des ojectifs à ce stage et des méthodes qui ont été réfléchies par les formateurs...

Si tu es d'accord on peut s'appeler dimanche dans l'après midi.
Je te donne mon numéro de cellulaire : 06 63 96 61 73.
Désolé de te mettre un peu la pression, mais Sébastien étant encore en vacance pour 10 jours et injoignable, et l'AFDAS étant au taquet (le stage est dans un peu plus d'un mois), je ne me sens pas tout seul de leur expliquer mieux le contenu de ton stage et de les rassurer...

Je suis disponible par mail d'ici là si tu as des questions....

A dimanche
Cordialement,

Nicolas LIGEON - Codirecteur
Regards & Mouvements
Hostellerie de l'Ance
Pontempeyrat
42 550 Usson-en-Forez



Lol !!!

Bon, on va essayer d'arranger ça. Il faut ! C'est drôle, pour moi, ce matin, c'est comme la version comique d'une autre histoire qui m'arrive en ce moment (l'ex-femme de mon ami m'attaque en justice pour la diffusion sur mon blog des photos de sa fille, se basant sur "le droit à l'image" et la nécessité d'obtenir l'autorisation écrite des deux parents dans le cas d'un mineur - tiens, de l'écrire comme ça en fait aussi un événement comique, si ce n'était d'y ressentir mêlée une enfant de six ans). Bien sûr, la connerie n'a pas de sexe, mais il y a quelque chose de plus terrible dans le cas des femmes. C'est-à-dire, c'est comique parce qu'on a essayé (tout récemment, après deux millénaires d'hésitation) de faire entrer les femmes dans la démocratie, mais, évidemment, on a oublié d'en sortir certaines du malheur. Malheur et démocratie, ça ne va pas ensemble. Ce qui donne ce genre d'événement.

De toute façon, je voulais réécrire un autre texte. (Je vais le faire.) Pour donner une couleur plus sérieuse, en effet. C'est-à-dire afin d'amener à postuler des gens de plus haut niveau (je veux dire de plus d'ambition). Plus le niveau - ou l'ambition - ou la jeunesse et la fraîcheur aussi bien - ou la vie - est fort, plus on peut, en effet, s'amuser. S'amuser, c'est cela, le sérieux. Sinon traiter les problèmes (comme celui de cette femme) n'est pas fun.
Bon, mais on va pas essayer de le lui expliquer, certes, veux pas passer ma vie à ça. Les femmes qui viennent à peine d'être libérée de l'esclavage, c'est un problème trop vaste... Si vaste que personne n'ose s'y attaquer. Et qui peut créer de gros, gros emmerdes au niveau d'une vie individuelle (Cf la Suisse...)

Le titre, j'en ai un nouveau que je préfère : Jouer Dieu. (Enfin, c'est la même idée, la pauvre.) Si ça passe pas non plus, y a qu'à prendre le sous-titre (qui a d'ailleurs disparu du flier actuel, je ne sais pas pourquoi) : Rêver les mondes pluriels, alors, là, c'est sûr que cette brave femme, ça lui plaira grave. (Mais fais-lui comprendre que si elle veut postuler, c'est inutile, je ne la prendrai pas dans le stage !) Ou sinon, prendre n'importe quoi : Shakespeare et Molière enfin main dans la main (stage bilingue avec subvention européenne), etc.

Pour tous les objectifs, trainings et tout ça, je vois très bien ce que tu veux dire. Le mieux, c'est que tu récupères un truc de ce genre quelque part, je le relirai et le signerai (comme un contrat). Ça n'a aucune importance, mais je ne me sens pas d'inventer le monde de l'administration, ça ne m'intéresse pas. Si tu ne trouves rien, j'ai encore la possibilité de demander à Pierre, mon ami, qui travaille au Ministère de l'Education de sortir un prospectus type. Son job est justement d'en produire.

Tu me diras si cette femme a vraiment les moyens de nuire (si elle peut décider de l'arrêt du stage) et donc connaître les recours possibles ou si c'est juste pour elle, sa demande, lui faire plaisir à elle gentiment (et modérément). Tu me diras aussi si des inspecteurs vont passer pendant le stage, ce qu'il faudra leur montrer, si faut faire des compte-rendus, demander aux stagiaires de le faire. Je compte sur toi pour rassembler toutes les garanties (légales) de protection. J'ai assez de l'autre problème à régler !

A dimanche, avec plaisir, au téléphone

Yves-Noël



*Est-ce là l'image de Dieu ?

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