Tuesday, December 23, 2008

De Lucien Johnson

Bonjour Yves-Noel
Je voulais te souhaiter des bonnes fetes et de te remercier pour m'avoir pris dans le spectacle a la menagerie de verre. Cette spontanteite est quelque chose que j'ai rarement vu en France et je l'appreciais beaucoup. Sans doute c'est cette qualite qui fait ta force: la capacite de rassembler les gens qui viennent des parcours differents et de faire confiance en eux. Aux meme temps c'est de montrer la confiance que tu as en toi-meme, parce que tu suis ton instinct et les choix que tu fait, sans laissant la possibilite de rentrer dans les doutes.

J'aimerais bien te donner un CD de mon travail de compositeur; parce que meme si tu connais un peu mon saxophone, l'univers de mes constructions musicales est nettement different.

Avant de partir de Nouvelle Zelande en Aout j'ai fait cette enregistrement The Night's Plutonian Shore avec une orchestre de neuf personnes basee sur les textes d'Edgar Allan Poe. C'est un melange de brass band et electronique, de romantique et de science fiction, de gothic punk a pychadelic, de la poesie et la matiere. J'ai l'impression que tu vas l'aimer.

Demain je pars a la campagne pour les vacances mais peut etre on peux se voir dans le nouvel ans autour d'une tasse de cafe.
Amities
Lucien



oh avec plaisir ! je viens de regarder le dvd de Mamzelle Poésie (notre spectacle malheureusement n'a pas été filmé) et j'ai été content de te voir dans l'assistance (à ce moment là je ne te connaissais pas encore) quand Bénédicte va te donner un macaron. tu as raison, la spontanéité, la mienne, est rare en France ! mais c'est une chose que je défends avec passion parce que, même si elle ne me rapporte que peu d'argent, elle me fait tant plaisir ! oui, tu vas me faire connaître ton travail, nous n'avons passé que deux jours ensemble ! et j'aime déjà imaginer la suite. appelle-moi (06 84 60 94 58) ou envoie-moi un mail dès ton retour. passe de bonnes fêtes !

Yves-Noël

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Thursday, December 18, 2008

Une lettre à Boris Charmatz

Boris, je viens de visionner le DVD d'un spectacle dont j’ai vu cet été une version dans une petite et blanche église de village perché en Bourgogne et qui représente pour moi, sans aucun doute, CE QUE J’AI VU DE PLUS BEAU DE MA VIE. J’ai eu, pour le dire simplement, l’impression absolue d'avoir devant moi la réincarnation même de Nijinski – puisqu'il s'agit d'un poème de Nijinski au bord de la raison, de la terreur et de la beauté. Ce spectacle est porté par Bénédicte Le Lamer avec qui je viens de travailler à Vitry et à la Ménagerie et qui est, pour moi, la plus douée des actrices de théâtre de France que je connaisse. Pascal Kirsch et Bénédicte ont réalisé, avec les musiciens, plusieurs versions (absolument minutées) de ce travail de deux ans, celle que j'ai vue dans la petite église était la plus dépouillée (mais il en existe, je crois, une plus courte encore) puisqu'elle ne concernait que Bénédicte et un saxophoniste (excellent), Florent Manneveau. C'est celle que j’ai tendance à préférer puisque c'est celle que j’ai vue (et pour toujours : jusqu'à ma mort), mais toutes les versions doivent être merveilleuses.

Je pense que ce travail ne peut que te passionner.

Évidemment le DVD (de qualité) n’est qu'une pâle lumière de ce que j’ai vécu - mais n'est-ce pas pour cette lumière spéciale de la vie que nous faisons des spectacles plutôt que des images ? Je vais demander à Pascal de te faire parvenir ce DVD.

Les gens pensent que la vie dépend du soleil, je sais que la vie dépend des gens.

Pascal et Bénédicte reçoivent un accueil presque glacé comparativement à ce que – nous, quelques-uns – pensons d'eux. Je crois savoir pourquoi, j’en ai une théorie en tout cas. Bénédicte a le génie instinctif – et ne peut-on dire : la santé ? – dans sa vie suprême – de ne parler – quant au sens – que de la mort et de la folie et c’est de ce diapason qu’elle fait sonner – de ce don – qu'elle crée, par déflagration stupéfiante, un espace de liberté et de vérité qui semble insupportable pour certaines personnes – parmi lesquelles (pour ne pas toujours accabler ces pauvres programmateurs) se comptent même des artistes, comme François Tanguy, par exemple, qui, nous le savons, ne peut supporter rien de vrai, de puissant qui soit autre que ce qu’il fait lui-même et qui était littéralement hors de lui, comme une bête enragée, prêt à tuer, prêt à brûler dans la nuit qui a suivi le spectacle présenté à la Fonderie du Mans. Je n’avais pas encore vu le spectacle quand on m’a raconté ça, mais j’ai pensé : ça veut dire que c’est quelque chose d’immense. Je n'ai pas été déçu, ce que j’ai vu, comme je te l’ai dit au début de cette lettre, a dépassé tout ce que j’aurais pu imaginer.

Je pense qu’il s’agit d’une forme qui pourrait se présenter dans le cadre d’accueil-studio ou des ouvertures des centres chorégraphiques plutôt que du côté des théâtres traditionnels – à cause de son sujet, Nijinski, et de son aspect performatif. J’imagine aussi que ce sujet résonne peut-être avec tes dernières recherches.
Tu es en tout cas le premier à qui j’en parle.

Réserve à mes amis ton meilleur accueil, ces gens le mériteront.
Voici leurs coordonnées : cie.pequod@free.fr

Bien à toi

Yves-Noël

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Saturday, December 06, 2008

Jean Pierre Ceton

*Hello Yvno,
Un petit mot d'après Vitry pour te dire que je me souviens de ton spectacle avec jubilation.
Je ne sais d'ailleurs si spectacle est le mot, plutôt expérience de théâtre ou même voyage carrément esthétique dans un au-delà finalement proche (possible donc)...
Comme je te disais, il y a beaucoup de choses que j'ai aimé dans tout ça.
Depuis, j'ai regardé la vidéo et donc écouté avec plus d'attention le texte que j'avais tort de rejeter l'autre soir.
En fait il me heurte car il me semble porter ce contre quoi mon travail doit affronter pour se développer.
J'y entends une sorte de complainte obligée et rituelle, une forme de révolte historique contre les dieux.
Ce qui empêche à mon avis de voir ce que l'on devrait voir de ce temps, par exemple l'accroissement des connaissances et des possibilités que j'essaie en effet de mettre en avant.
Du coup je reprochais à ce texte de ne pas s'envoler comme je le voudrais et vers où je crois il le faudrait.
Je sais qu'en cela je m'affronte à fort et très fort, et pourtant jamais la pensée et l'écrit n'ont été autant présents.
Merci en tout cas et grand bravo, j'espère découvrir bientôt d'autres travaux de toi et en parler à l'occasion.
(salut d'amitié à Hélèna)
bises,
jpc
*



oui, ce texte, il est ce qu'il est – sans doute assez faible (mais il s'énonce ainsi). C'était circonstanciel de le faire – et sans doute nécessaire aussi (saisi au vol). Au début je pensais qu'on y mettrait ce qu'on veut, Liliane disait : tu peux couper tout ce que tu veux, tu peux mettre d'autres textes à la place ou de la danse, etc., mais finalement on s'en est servi comme d'un exercice de théâtre (où peu importent les mots...), donc on n'a rien coupé et on a rajouté que les deux extraits de poèmes de Paul Verlaine et l'article du magazine "Mademoiselle" sur l'hystérie... Je crois que dans l'idée de Liliane, ce texte, c'est détruire – détruire la poésie (une mort de théâtre) pour qu'elle renaisse de ses cendres autrement. Détruire la personne aussi. Un titre qui avait été envisagé était : Tuer la dernière. Je conçois très bien comment, quand on s'aperçoit du sens (de ce sens), on peut en être dégoûté. Moi-même... Toute l'ambiguïté – comme on dit "le fil", "sur le fil" – de ce spectacle a été (et encore ce soir et demain) de manipuler les éléments morbides du texte (qui pullulent), comme radioactifs – et de les désamorcer pour empêcher la contamination d'une seule personne du public si proche et si rare et ne faire advenir que la seule ouverture qui, elle, n'a pas même besoin d'advenir parce qu'elle est déjà là, depuis toujours et qu'elle peut résonner de personne à personne indépendamment du théâtre des mots et des personnages, de l'amertume des histoires fragmentaires, des folies... Parfois ce spectacle me fait penser aux conférences que Groddeck donnait à ses malades - j'ai l'impression qu'il "marche" sur un public "malade" (c'est à dire "démuni") et qu'il leur fait du bien alors - parce qu'ils n'ont rien à perdre. Les gens qui ont réussi à se perdre jusqu'à Vitry avaient sans doute cette disponibilité au soin - ou au sens - ou au pas trop à perdre... Je pense moi aussi que la société est beaucoup plus active et diverse et réelle que ne le dit le texte de Liliane (les morts préférés aux vivants, etc.) C'est étrange de faire ce travail car tout ce qu'on en dit semble toujours contenu, dit, dans les mots de la pièce, "J'ausculte pour améliorer." Comme si le commentaire était dans – et à la place – du texte.

Bises

À bientôt

Yvno

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Tuesday, October 28, 2008

« Cacher la beauté »

De : alainklingler@hotmail.fr
Objet :
Date : 28 octobre 2008 12:22:10 HNEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr


Mon cher Yves-Noël,

Je relisais ce matin quelques pages des Conversations avec John Cage et je trouve ceci, page 125, que tu connais peut-être :

« Vous avez dit que la fonction des compositeurs est de cacher la beauté.

Il s'agit de nous ouvrir l'esprit, parce que l'idée de beauté est simplement ce que l'on accepte. Si l'on cache la beauté au moyen de la musique, on aura agrandi le domaine de l'esprit.

Je ne comprends pas bien.

Cela me semble clair ! Si je faisais que tout soit « beau », ça ne serait utile ni à moi ni à personne d'autre. Il ne se produirait aucun changement.

Vous pensez donc vraiment aux autres en écrivant.

Pas particulièrement, non. Je ne sais pas à quoi ma musique ressemble avant de l'avoir entendue. Je ne sais pas comment je composerais si je pensais à ce que quelqu'un d'autre va entendre. J'essaie de faire mon travail le mieux possible. Si je pensais à ceux qui l'écouteront, je ne saurais pas auxquels penser. »

J'espère que tu vas bien. Je viens bientôt à Paris et je te ferai signe pour voir si on peut se croiser pour un café.

Je t'embrasse,
Alain.



ah oui ! non, connaissais pas... à Berlin, quelqu'un a joué du piano désaccordé (mais vraiment : un piano trouvé sous la pluie), on aurait dit du John Cage. cette personne, comme je l'explique ailleurs sur le blog, en a joué « vite et mal » selon le mot de Paul Claudel à Jean-Louis Barrault (pour la création du Soulier de Satin) et c'était MERVEILLEUX...
il faudrait que je trouve ce texte en anglais, c'est le même titre ?
bises, à bientôt

YN



Conversing with Cage by Richard Kostelanetz.


Le « piano John Cage » (dans la pièce : Felix, dancing in silence). (Photo Sophie Laly.)

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Dans le mot « vague »...

De : guillaume.allardi@orange.fr
Objet : Rép : labyrinthe et vagues
Date : 28 octobre 2008 11:09:25 HNEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr
Répondre à : guillaume.allardi@orange.fr


Dans le mot « vague », il y a l'aller du va, et le g d'une agonie. Pourquoi les photos de mer marchent toujours. Un personnage, sur une plage, comme ta troupe nue sur tes photos, donne toujours l'impression d'hommes ayant vaincu l'espace, dominé toute distance. Touristes / colons / congés payés. Ils sont sur la terre comme sur la tête d'un animal qu'ils viendraient de tuer. Avec l'innocence heureuse des chasseurs, de ceux pour qui la violence n'a jamais rien eu à faire encore avec la haine. J'ai lu ton texte sur le ballet de Chaillot, où je trouve que tu cernes bien ce type de présence que tu appelles « l'humanité ». Ou la souveraineté. Il y a, je sais, une image des Bienheureux chrétiens représentés par des corps d'hommes avec des têtes d'animaux, comme les dieux égyptiens. De la possibilité d'une nudité, d'un nouvel à-jour de l'homme. On pourrait dire aussi une certaine forme ultra-généreuse de l'indifférence.

éloge du brouillard

du sujet perdu entre la main et l'épaule

de la continuité monstrueuse des têtes qui surnagent

des bites seules

de la confusion des voix et du vent

du possible

de l'horizon respiré

de la gestation folle des formes

de l'humanité des apparitions


Allez,

à vite, va

G.



ah, t'es gentil !
j'suis content que ce texte-projet passe (pour toi). parce qu'Hélèna, elle, elle (prétend qu'elle) n'y comprend rien à tout ça ! et je lui ai demandé de m'écrire ce « propos recueilli » parce que c'est quand même mieux, ça m'amuse, même s'il y a des formules pas vraiment chouettes du genre « ce qui m'interpelle dans... »
j'essaie de trouver de l'argent pour Chaillot (où y en a vraiment pas), j'ai loupé la Drac théâtre, trop tard, alors j'essaie encore un truc pour la Drac danse où la deadline est vendredi, d'où l'invention rapide de ce projet « danse » (les deux dernières fois que j'ai demandé, ils avaient dit : « c'est pas de la danse ») qui n'est sans doute pas ce que je ferai – mais l'idée aussi me vient de rédiger des projets comme des objets en soi – puisqu'il y en a tant... et peut-être d'en faire ensuite un texte plus vaste – en regroupant ces textes-projets destinés à diverses commissions.
toi comme danseur (surtout nu avec une tête d'animal !), c'est oui tout de suite ! si tu pouvais m'amener la plage et la mer en sus, alors... ou la lune et mars...
à Berlin, j'ai encore fait dansé un comédien (le dénommé Felix) et je pense que pour mon idée de la danse, les comédiens dansent infiniment mieux que les danseurs parce qu'ils sont capables de baigner ça dans l'imaginaire – et pour moi, l'imaginaire, c'est l'humain, on peut pas faire sans (et y a qu'à voir Thomas...)
à Vitry, je vais retravailler avec Patrick Laffont (vidéaste Gennevilliers), je voudrais faire du film, peut-être même, au final, une installation vidéo, tout est ouvert encore évidemment, mais l'envie semble aller dans ce sens, sortir du cadre de la représentation (que j'ai déjà bien exploré jusqu'à maintenant)... en tout cas, comme Patrick semble libre les après-midis (il travaille le soir avec Hubert Colas), en profiter pour filmer, filmer, filmer... lui est incroyablement rapide (pour Gennevilliers il n'a été là que deux fois trois jours avant les représentations), tu aurais du temps ? des envies ? tout ce que tu dis sur la souveraineté est pour moi très très clair et c'est dans ce sens que j'ai envie d'enfoncer le clou, lourdeur et bonheur, matière-esprit, force-beauté – et même cette formule : « une certaine forme ultra-généreuse de l'indifférence », oui.
Vitry, j'y suis du 3 nov au 5, 6, 7 décembre, représentations actuellement annoncées.
bises

Yvno

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Monday, October 27, 2008

Fiorenza Menini

Ouah ! J'ai la mer en bas de mon balcon, elle descend et elle monte avec la lune, parfois très tôt le matin, alors que je dors encore, j'ouvre la fenêtre et je l'écoute, et j'attends que le soleil se lève.
Prends soin de toi, sous un rayon de paillettes...
A + Fiorenza

Fiorenza Menini vit à Douarnenez.

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Friday, September 26, 2008

Claire Chazal

Entre Olivier Martinaud et Vous


Yves-Noël Genod
Aujourd'hui à 00:20

ben bien sûr, Claire Chazal est une personnalité qualifiée dans le domaine culturel, infiniment plus que beaucoup d'autres, elle sort beaucoup, tu sais, elle adore le théâtre, elle était avec Torreton à un moment et en plus de tout, elle prend des cours de danse classique avec moi. alors pas touche à Claire Chazal !

Yvno



Olivier Martinaud
Aujourd'hui à 10:55

Moi je l'aime bien Claire Chazal… j'avais discuté avec elle dans son ascenseur avenue de la Bourdonnais… à l'époque où je donnais des cours de français à de jeunes bourgeois du 7ème arrondissement. Elle était au bras de Torreton, et elle s'était extasiée en apprenant que je terminais mes études au Conservatoire…
Tu la connais vraiment ? quel mondain, ce Yvno ;-)

Bon, il fait beau à Berlin ?
Tu me redonnes les dates de tes représentations avec tes étudiants là-bas ? Faut que je vois.. j'étais censé aller à Berlin une semaine mi ou fin octobre..

Bises !

O.



ps : j'ai adoré Jean-Marie Patte à Chaillot…



Yves-Noël Genod
Aujourd'hui à 22:15

ben oui, tu vois, elle est passionnée de théâtre. c'est très bien qu'elle soit à l'Odéon. et puis s'il y a une personne en France qui peut être qualifiée de "personnalité", c'est bien elle ! à part ça, non, je ne la connais pas plus, je la vois au cours, c'est tout. à Berlin, nous jouons les 15 et 16 octobre à 8h (probablement une générale le 14). C'est bien que tu aies aimé Patte, je pense aussi que c'est réussi, moi, ça m'a passé à côté, mais le peu qu'il m'en reste, je peux dire que ça me reste ! à Berlin, c'est l'automne, mais c'est joli, oui... (j'habite dans une ferme - en plein Berlin ! - je te jure que c'est vrai.) bises

YN

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Clothilde Floret

Entre Vincent Cavaroc et Vous


Yves-Noël Genod
Aujourd'hui à 00:24

c'est vrai qu'elle est belle, Clothilde Floret, c'est qui ? Elle est très belle, j'aimerais la connaître, mais toi aussi... (et comment fais-tu ? )
bises

YN



Vincent Cavaroc
Aujourd'hui à 00:28

Ah, Clothilde... craquante. Entre elle et moi, cela s'est arrêté à une nuit de tendresse. Maintenant elle est avec un ami ! Elle organise des soirées, bosse dans la pub, fait de la musique (première partie de Peaches au Showroom dans 15 jours)... Les femmes si belles ne sont pas pour moi... Et toi, toujours marié?


Yves-Noël Genod
Aujourd'hui à 01:24

première partie de Peaches ! c'est quelque chose. dans 15 jours, je suis encore à Berlin (normalement), dommage... me fait rêver... sinon oui, je suis marié, on s'est retrouvé après mon aventure adultère avec Thomas Ferrand, il s'est rien passé, faut dire, comme quoi j'avais raison de comparer ça aux deux Annie, on a dormi ensemble, lui, il suçait son pouce et moi je bandais à moitié, il est reparti dans l'idée que j'avais un gros sexe, ce qui est flatteur - mais tout ça est répugnant, j'arrête (j'ai toujours la libido très perturbée à l'arrêt (toujours brutal) d'un travail et Oh, pas d'femme, pas d'cri, en juin, c'était très fort. j'ai cru que tu étais l'auteur de ta vidéo super chouette, mais tu en es seulement l'acteur principal, ce qui est bien, mais je t'aurais demandé des cours, dans l'autre cas, car j'aimerais bien savoir filmer comme ça, c'est joli. bises, mon chéri très beau moins que Clothilde, c'est vrai YN

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Saturday, September 20, 2008

Une lettre et sa réponse

Bonjour,

J'ai vu votre adaptation de Hamlet, il y a quelque temps, à la Ménagerie de Verre.


J'ai alors été interpellé par ce spectacle, dans une double mesure: parfois la surprise et l'étonnement, parfois l'exaspération...
Chaotique, désordonné ; des trop claires références à Régy, parfois aussi difficilement insoutenables que chez lui...
mais au bout d'un certain temps, une certaine logique, une constante s'insinuait...
J'ai pu sentir, dans tout ce chaos, un mouvement, un rythme donc, des obsessions, une sincère empathie pour les acteurs, chacun jouant un rôle, une fonction bien particulière et personnelle.
Finalement, je me suis rendu compte que vous preniez Hamlet comme une sorte de départ, ou bien d'autres fois comme une certaine référence, plus ou moins connue, fantasmée, imaginée.


Et c'est bien cela, l'imagination : il y a l'imagination collective, cette idée de Hamlet, stéréotypée, superficielle et apparente, mais l'apparence « peut être le début de la vérité ». Et il y a surtout cette imagination personnelle, la vôtre, qui se nourrit de vous-même, qui rencontre les acteurs.

Difficile pour moi de dire si vous êtes très directif ou totalement libre vis-à-vis des acteurs avec qui vous travaillez, mais il me semble difficile de construire et élaborer un spectacle comme ce Hamlet sans une participation, sans une présence réelle de chacun de vos acteurs.


Cette démarche me semble alors très intéressante, et votre univers personnel riche et singulier. Ce spectacle possède finalement une signature personnelle, presque plus forte que celle de Hamlet, que celle de Shakespeare ; tout honneur à cet auteur fondamental et majeur, et qui fournit ce point de départ duquel vous vous emparez, et que vous faites propre, et que vous donnez aux acteurs qui, à leur tour, en font leur histoire personnelle. Une petite symphonie de théâtre.



C'est pour cela que je vous envoie ce mail pour vous proposer mes compétences de comédien, ou acteur (je préfère ce dernier terme, dans le sens de "acter").

J'ai une expérience professionnelle de plusieurs années, avec un travail pluridisciplinaire axé sur le Corps Global: voix (parole, chant), mouvement (énergie, danse, rythme). J'ai ainsi travaillé et travaille pour plusieurs compagnies de plateau (interprétation contemporaine et de recherche) et de rue, en danse contemporaine, percussions, échasses, et l'enseignement, avec un travail méthodique sur l'Art de l'Acteur, notamment à partir de certaines traditions et des pratiques d'investigation.

Je m'intéresse, par là, à toute expression contemporaine du théâtre, et votre travail se développe résolument sur ce terrain.
Vous pouvez voir les détails sur mon CV ci-joint.


En vous remerciant de votre attention, souhaitant la possibilité d'une future collaboration artistique,
Bon Travail.

Bien Cordialement,
Rodrigo Ramis












Je vous remercie beaucoup d'avoir pris la peine de m’écrire une telle lettre. Ça fait plaisir, d'autant que ce que vous dites est juste. Sur le directif ou la liberté des acteurs, c'est les deux à la fois – puisque je ne peux obtenir ce que je veux, 100 % de ce que je veux que si l'acteur est totalement libre – c'est à dire à 100 % dans le plaisir. (David Lynch, dans son livre récent, le dit aussi clairement que ça.) C'est le deal de départ, clairement énoncé : il faut que ça fasse plaisir – et finalement le fait qu'il y ait très peu d'argent, bien que nous le regrettions tous, aide en ce sens : les acteurs savent qu'ils ne sont là que pour ça : le plaisir – vu que gagner sa vie n'est décemment pas la motivation. Mais il faut alors être capable de la gagner ailleurs, ce qui est un problème, évidemment, et qui, pour nous, réduit le temps des répétitions au minimum. Ce qui fait – devoir travailler vite – qu'il n'y a pas de recherche, pas d'essai, qu'on est plutôt dans le « Je ne cherche pas, je trouve. » de Picasso – qui travaillait très vite, un chef d'œuvre par jour –, qu'on doit alors faire confiance à ses intuitions. La première chose qu'un acteur me montre est alors, en général, celle que je lui demande de refaire, parce qu'elle me plaît et qu'on n'a pas le temps d'aller voir ailleurs. Je dis aussi : « Ne faites que ce que vous savez faire. » C'est pas facile de retrouver une improvisation, une première fois, mais ça se travaille. C'est tout le travail (méthode qui a été valable pour tous mes spectacles pourtant très différents) qui consiste à recueillir cette qualité, cette « disponibilité », réimproviser en fait à chaque fois en gardant la forme (qui est mon travail à moi). (Je n'invente rien, c'est exactement l'art du théâtre, Bob Wilson : « Jouer, c'est improviser. ») L'exemple peut-être le plus visible dans Hamlet, c'est Lauriane Escaffre qui arrive au bout d'une heure avec sa valise de fringues et de chaussures et qui rejoue exactement l'audition qu'elle m'avait déployée si agréablement la première fois où nous nous sommes rencontrés (souvenirs de rôles déjà joués, bouts de pièces, changement de costumes, anecdotes de travail...) où elle se présentait sous différentes facettes, un peu superficiellement comme ça, puisque nous ne nous connaissions pas. Hamlet, c'est un ensemble de solos que j'ai superposés. Je pars demain pour un mois à Berlin enseigner et faire une pièce (qui sera présentée le 15 et 16 octobre) avec les étudiants d'une école de danse, je rentre le 17 octobre. Essayons déjà de nous croiser à partir de cette date si vous voulez.
Au plaisir en tout cas

Yves-Noël Genod


(Curieusement je n'ai pas pu ouvrir la pièce jointe de votre CV, mais c'est pas très grave.)

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Friday, August 08, 2008

...potache, suicidaire et à consonance amoureuse...

(À Christian Rizzo, à propos de Elle court dans la poussière, la rose de Balzac.)






Christian, Florent me dit que tu penses que je me suis sabordé, que c'est triste, etc. D'où tu sors ça ? Du filage de juillet ? Mais, c'est pas ça que j'ai donné, finalement. À la reprise du travail, j'avais l'impression d'être l'assistant des problèmes de Jonathan et de Julie, je m'ennuyais, je me suis dit : "Flute, c'est mon dernier spectacle, j'ai quand même le droit de dégager ma puissance" - et je l'ai fait. C'est géantissime, La rose de Balzac ! Voici l'avis de l'auteur (autorisé !) J'ai pris un homme, une femme et un enfant et, simplement, le plus simplement possible, j'ai parlé du crime. Je savais que je laisserais pas mal de gens sur la touche - le crime, c'est justement ce qu'on essaie d'éviter -, mais je voulais prendre le plus grand bord possible pour la liberté, l'avenir - et parler de ce que je savais pour une fois directement comme si c'était possible sans me soucier de chacun. (Et ça l'a été pour quand même pas mal de gens, possible.) Depuis trois ans que je fais quelque chose, j'ai toujours entendu "suicidaire" ou "sabordage", c'est un mot qui me poursuit depuis le début et qui m'oblige a toujours démentir et défendre, mais l'œuvre est là, seize spectacles, qui dément (et si je devais être le seul à m'en apercevoir - ce qui n'est pas le cas - je serai encore celui-là). Heureusement que Pierre Guyotat dit que la défense de l'œuvre fait partie de l'œuvre, ça me donne un peu de pêche ! Bien-sûr ce que j'ai fait là, ce n'est pas Guyotat, ce n'est pas Shakespeare, Mozart ou Picasso, mais ce n'est pas ailleurs non plus. C'est précisément du même endroit qu'il s'agit. À cet endroit, chacun fait ce qu'il peut avec sa propre puissance, mais c'est le même endroit. Pour moi en tout cas, pour toi aussi, pour quelques uns. Les autres reproches qu'on m'a toujours fait - toujours, toujours - c'est "potache" (transformé depuis l'expo Dada à Beaubourg en "pas sérieux") et "consonnance amoureuse" (l'affectif, blabla...) Sur ces trois points j'ai toujours violemment démenti (après tout, pourquoi ne pas faire une œuvre potache, suicidaire et à consonance amoureuse ?) parce que je sentais l'évident danger de la destruction de mon travail opérée par ces mots. Non, mon travail est sérieux (l'un des plus sérieux), construit (l'un des plus construits), et froid (l'un des plus conscients et de très loin), et maintenant que c'est fini, la preuve est là : ça a eu lieu. On peut toujours dire que ça n'existe pas, mais ça existe, j'en suis le témoin privilégié. J'ai réussi à faire œuvre là où personne ne le voulait (on te demande juste le contraire). Maintenant, j'ai plus rien à faire (sauf un stage que je vais donner à Arbecey au mois d'août) et je ne suis pas du tout sûr de faire encore quoi que ce soit parce que je me suis aperçu (c'est ce qui m'inquiète), que je n'ai fait en trois ans que répondre à des commandes (en les détournant au profit d'une œuvre, certes) et jamais je n'ai pris d'initiatives. Peut-être que je n'en suis pas capable - mais ce qui a eu lieu a eu lieu - et ne soit pas "triste", moi je suis plutôt dans un état d'euphorie, là, en tout cas de te parler. Sans avenir financier, certes, sans travail, mais néanmoins euphorique. Libre. Depuis trois ans, j'ai fait ce que je voulais ; la liberté, je ne l'ai jamais, jamais négociée. Évidemment, c'était sans moyens. Ça devrait être merveilleux d'être libre avec des moyens, mais, ça, pour moi, en tout cas, c'est une autre affaire... On verra bien. J'y pense pas trop pour le moment... Si tu vois passer des plans boulots, des choses que tu ne peux pas faire, etc., branche-moi...
Mark Tompkins qui a vu deux fois La rose de Balzac m'a demandé de le mettre en scène dans un projet (j'ai pas d'idée pour le moment, ni de débouché) et Antonia Livingston qui a pourtant vu la représentation du 13 qui était sehr hard et que j'ai détestée (elle était dégueulasse) est venue dans la loge et me l'a aussi proposé. Je t'envoie quelques photos.

Bien à toi. Au plaisir



Yvno

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Saturday, August 02, 2008

L trchn brl vc Thms Frrnd

espèce de genou
espèce de hibou
espesse de caillou
express de fou
tétoufrou toi, hein?
tétoufrouté du zob, hein?
moi mon patelin il é pourri, cé ça ktu di? hein?
t'insulte mon patelin? t'insulte ma vie? hein?
été fier. Il é fiereu en plus de ça, hein?
ilé fier le gamin d'dire ke mon patelin il é pourri.
ha bah ça...! ha bah ça y a du monde pour insulter les gens, hein?
mais pour dire des gentillesses ça non hein? ça non y a pu personne.
ha bah voila. On invite les copains à la campagnes et pi il veule vous boucher l'trou pis vous jetter dans l'o du bain.
ah bah ça merci. trobon troconne. et pis on fait miroitter des voyage dans la californie et dé fornication dans lé li avec des femmelles siliconées et sportive pi après on di ha bah non j'ai pu envie en fait té plu mon ami té pourri et jpar pu en californi.
ha bah ça trobon trocon é pa assez de fellation
ah bah ça, ça felationne pas des mass, ça cé sur
ha ça non. ça devrai felationner davantage ça débouch'rai tout ça ferai l'ménage
ha ça oui ! comme j'vou l'di moi madame
halalalalala
halalala
non mais !

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Guillaume et la nature

La nature est douce comme un berceau. Nous nous demandons souvent, peut-être, ce que nous faisons à nous agiter, à performer, à mettre en forme. Mais à te voir dans le jardin, la dernière fois, je me disais, ben voilà, y a qu'à être. Nous sommes des gardiens qui ne gardons rien. Des bergers de l'enfance, du possible, du voir-le-beau. Nous nous tenons nous-même, nous faisons forme, nous ne débordons pas, nous nous rattrapons sans cesse, c'est lent et doux, souvent, ça n'a l'air de rien, de se tenir, mais notre fond d'inquiétude est notre effort constant, presqu'inconscient de faire forme. Être c'est faire. Il me semble que tout l'homme est là. L'action est peu. Nous n'avons pas beaucoup plus à faire que des tigres, ou des paons. Soigner son pelage, manger, aimer, et dans aimer il y a transmettre et mourir (mourir dans le sens de donner, de se désinformer).

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Wednesday, July 30, 2008

L'amoureuse

Ça fait trois jours que je te dis que j'ai envie de voir Trisha et, toi, t'as qu'une idée en tête, c'est de me filer des rencards merdiques, loin, chiants, pénibles, qui ne prennent aucun compte de "là où j'en suis" et qui n'ont que le but de t'auto-satisfaire.
Ça fait plusieurs fois que je te dis que je suis à Paris pour voir des expos, des spectacles, et pour travailler. Mais t'en as rien à foutre, ce qui t'intéresse, c'est d'avoir une cruche collée à tes baskets quand t'as envie de les enfiler... Parce que monsieur est tellement buzzy buzzy dans son merdier de fuite...
Tu ne penses à l'autre que dans le fantasme au service de ta poésie merdique. Ton plaisir est tout a fait égoïste et si c'est cela que tu recherches, c'est très réussi, continue...
T'es même pas capable d'assurer des retrouvailles, à force d'être multiple, y a rien, nulle part. "Chuis dans l'potage..." Mon cul, ouais...
Tu peux même pas voir une expo avec moi... faut que t'y retournes plus tard, tout seul comme un con... Ça, c'est du savoir partager... c'est du savoir écouter... n'est-ce pas...
T'es qu'une brute mon pauv' Genod... mais tu bouffes comme un nourrisson qui aurait perdu son téton.
Pour septembre, je suis bien contente que tu partes à Los Angeles, j'aurai pas à me taper tes crises de chien battu au bord de l'eau. Tant pis pour toi. T'auras pas de cours pour apprendre à caresser les femmes.
Ça aurait pu être magnifique mais ça se pourrit dès qu'on est au coeur.
Comment peut-on parler d'amour... Je n'y vois qu'une triste illusion. Que c'est triste, bordel...
annn

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Saturday, July 26, 2008

Antonija Livingstone + Antonia Baehr





De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : agenda
Date : 12 avril 2007 15:19:27 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

dear beauty,
i am in a german cemetary doing a photo shoot now...
i am in paris this weekend...
then oklahoma..
great news from you,
lets meet in paris and i can propose to you something
terrible and specific..
xx
anton



--- yves-noël genod wrote:

Musée Zadkine, jeudi 26 avril, 19h
100 bis, rue d'Assas, métro Port Royal, Vavin
Yves-Noël Genod chante l'amour



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : xx
Date : 27 avril 2007 23:03:38 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

dear princess
thinking of you
merde.
drinking all the eve
with jonathan c
here in ghent::
lets speak soon
about adventure
travel and swedish orgy possibilities::
xx
anton



--- yves-noël genod wrote:

Saw Laurent Vinauger at lunch. It works for november at Belfort !
Isn't that great ?
Very kind, very kind Laurent...
I'll do another show in the attic... It will be
extraordinary... I'm
so happy !

So one thing with you, already...
No, the second, I've also decided to go to New York
in february...

Kisses

Y N





De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : rememnovember
Date : 5 mai 2007 03:58:24 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

bebelien!
we miss you terribly
we are here with the monarchy mama
who has 9 big juicy tits flowing vodka for us to suck...
our film maker lady who was working with us in oklahoma..
we wish you were there too
but you would have been lynched..

we love you in the attic
we love you in sweden
you must call me
and we figure out your escape to the magic island !!!

001 5145165454
they await you and need you to help with laughter rejuvenation
and cooking
ssoon ssoon!
oh and i didnt want to jump on your bed
only wear your clothes
the little wolf boy is always the best place to stay for me in gay paris..
the most freee..
call me darling!
anton



-- yves-noël genod wrote:

VOILÀ. I have a ticket to Stockholm may the next 16th, come back the 30, 2 weeks. (by Air France) arriving : Arlanda, Stockholm, Suède

after that, I didn't even notice the name of the island...
only : Angela

mais pas le quai où les bateaux vont, sorry, et demander aux gens je ne sais quoi que tout le monde connaît
j'ai noté : station centrale, Stockholm ? subway ? train ?

need some writing help, you see
be kind...
but I'm so happy to have bought my ticket in this just a bit sad evening in Paris (Sarkozy elected)

It was, also for this reason, nice to have your voice in the Nouveau Monde earlier


Yves-Noël





Le 7 mai 07 à 23:54, antonija livingstone a écrit :

-
darling
you always say
ca va
but we knew you were depressed
even if you are in love
will you take your love to sweden too..
or find a new one in your work on the island...

you will go into to central station
and then towards
the grand hotel
stromkaejan
is the name of the quai
the island is called
norra tynningo
which is in the mellan skarsgard
middle archipelago.
this boat ride is fantastic..
do not miss it.
you can take the bus which is ok
but not so beautiful
do not bring lots of stuff

beacuse you have to go off at norra tynningo and
then
walk 5 minutes down a dirt road to the house
HEDVIGSDAL!!
the house is obvious
my little cabin is red with a green door
and on the side
this is your room
i will tell you more soon
you must be in contact with angela
for when you arrive
but she is super busy rehearsing her cowboy circus
show out there all the time...
look out!!
we squish you and kiss you
and look forward to more strange
guest host contracts...
we send you a letter
love
anton



My love won't come to Sweden, too late for her to plan...

Depression, you say, that's right. Some psychiatrists told me it will be like that all my life. So : JE M'EN FOUS. We tried some medecine, for a time, but it didn't work at all (some funny things with the secondary effects...) So : ça va ! When I'm working, I am totally happy (or I don't feel the contrary). When I stop working, sometimes I know that I have to do something against that kind of thing that some other people don't have to do. L'effort. When I'm in love it's wonderful and fragile... etc. etc. I sometimes did some performances with this theme...

Thank you for the little guide. Two questions : is there electricty somewhere near the house (if not I don't take my computer) ? And where can I find the provisions ? Shall I have to take with me from Stockholm or from another island ? Shall I have to take with me something to sleep ?

I'm so "dreamer" to go there... Thank you !




Than some other thing :

I come back from Avignon where I rented some nice places to live in July. So, I can now officially propose to you to come and play with me in Avignon (festival) this July. Would be so great ! It is suposed to be (in the context) a solo of myself (actually, "directed" by another "autor" but it doesn't work like that when it's good) about the theme of course of "la rencontre". The meaning is the meeting. Bref. Good. I have some others theme too. The plants, the green, grass, weeds... Ok. So, you come and you'll be on stage with me whatever you have to do or feel... Sure. if you are on stage with me, it'll work, no ? Obviously. Easy. Pleasure. Whatever happened, don't you think ?

Blablabla, a lot of things can be said. I think of you. The important thing is that you should come !!! Darling... Hope so.

It is supposed to be 30 minutes. Can be a little bit more. It plays during daylight, out, at 6 pm. Maybe a child (the one you know) will be with us. There's money, not a lot as usual, but enough to eat and to be paid when we'll be playing, 8 times : 16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24. July. The title is : La descendance, as you already know. I'll be in Avignon from the 11th (possibly to stay until the 26th morning). Will you come ?

I remember you are still somewhere in France the 12.
Could you join me as soon as you can ?

All the best, chérie


Yvno




De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : bettr
Date : 13 mai 2007 05:57:36 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

yyyyyvvvvvvvvvvnnnnnnnnnn...
such an incredible day here in montreal!!
so many beautiful electric encounters of chance..
gorgeous people...
working like crazy with heather and enjoying the big challenges....
finding the best yound musicians in canada to be our chamber music ensemble...
so sexy. i always thought barber adagio was kind of melodramatic and lame...this was big food.
yes big music food instead of mental meds
nature
and free events...

awkward humours etc...like us
need other than paris with government and attitude problems..
like swedish islands and idealists..
you will find electricity in my cabin and in the house in general
do take your computer it will be your companion
there are usually extra bed things in my cabin..
but there are extra in the upstairs middle room in the big house..
and the electric heater in my room..
i dont know what condition it is in as there have been mysterious guests fucking in there
in my absence...
i wish i could host you properly the first days....it is usually easier for first timers....but with the usual crew you will meet and find out your ways of being there...
with angela and ruby nalle and wille : itinerant
beautiful energetic social worker/ circus worker people
very very well travelled and sincere and who laugh and make others laugh a lot. good to walk and drink and
work with.
these lovely members of my family have almost no idea of what i do professionally, and have never seen my
work.
they are also living dual identities and mostly without irony.
the old man is excellent to study, and good to befriend, he is my adoptive father.
heiki and milvi are the old estonian couple who work very hard in the garden everyday and will try to make you help...
you should sometimes..
therese and anthony will be in and out they are the most normal but also extremely well travelled therese speaks french.
mat and del will be in and out
pelle and his various boyfriends also...
sarah : who you met in belfort and
anna karin and various girl friends...
this is the big list of possible other animals at the zoo.
but you can feel fine about being alone.
and you will probably be alone a fair bit.
when you arrive in stockholm it is a good idea to find
a supermarket in the centerstation and get a few
things for a few days..
everyone shares food there,
you will too.
then,
when you need more
you take the little ferry boat from
norra tynningo to vaxholm- 5minutes and go to the
market in the square or the super market .consum.
this is not france you will be disappointed about market life as i am.
however, enjoy the pink rocks and small lake and
swans and purity and escapism.
you can also please visit with my darling lady
anna koch who runs the experimental dance lab in the
city
weld.
46704643665
and
my dear room mate at the house
angela wand
46703605768

that is all i can think of at the moment
lovely news about avignon... i will write you about that
soon,
now i go to lesbians on ecstacy and peaches making a rock opera at the biennale here in mtl...
hhmmm.
xxxxxxxx
anton



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : ticket : ok
Date : 27 mai 2007 19:39:43 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

dear mister darling!!
thanks for all your sweeet little sms fragments and
confirmations of your presence and enjoyment of
hedvigsdal
we are full full times here in montreal
happy mostly and running
looking forward to running into our performance for
shelter..
looking forward to seeing you and other favorites soon
this summer...
i am in berlin from june 8-16th ish and then in uzes
for that show with laurie young..
could we possibly meet there
its only a few days but it could be a delight..
to have a reunion and storytelling
wishing you so
well
my phone has changed here but i will be back on my
swedish in 10 days..
now is 5146674151
love
anton



--- yves-noël genod wrote:

Back in Paris. Hedvigsdal was great, I will tell you later. It's all in my heart, for a long time... I also wrote something, mostly in French...

A mail from Laurent Vinauger : it doesn't work for me to be with you in November. Too bad... He didn't say exactly why, don't know, he was enthusiastic...

Uzès ? Of course, I can come and see you. Great ! (I was thinking of that.) When, exactly ?

Avignon, still proposed !

Going now to Bordeaux for something as a reading-show. Never done that before. Don't know if it's possible... We'll see...


Love


Yvno





De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : ret urn
Date : 6 juin 2007 19:19:55 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

so glad for your ggood times in sweden
and bordeauxness
im in berlin tomoro letstalk on the phone soon!
xxx
anton



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : yes
Date : 13 juin 2007 02:17:40 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

oh my darling you are a beast
and thank you for putting the xxxxxxxx on the line !!!
now is the time...
i am in uzes merc- lundi
with show at 5 on dimanche
our friend esther shares the show,
would be so great to see you in the flesh and hear
your stories and
figure out the rest of our summer together
x
anton





--- yves-noël genod wrote:

Dear Antonija, great you'll be there !

But, darling, you should come as soon as possible... to work with Marcus. He deserves that, you know.
...

Je pense à toi tous les jours is the title of my wife's book, but it
is true for us too...


Kisses


Yvno





De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : Je pense à toi toi toi
Date : 21 juin 2007 20:06:28 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

hello love
yes in deed,
oh yes in deed...
i will do my best. to be with you as soon as i can...

already i know that my presence in the piece will be controlled by an outside timer. when the timer goes off, i go off. for rehearsals i am there all the time. i will practice the song starting tomorow, i havent listened to it yet...

also i will like to practice the" william forsythe workout" from a video tape on a tv, as i am sometimes your wife in L.A. who needs to do "select" excercises to stay skinny. so i will need this for my excercise regime when i am in avignon with you and marcus and marlene... in plein air in your solo written by monsieur biduletrucmachin
love
antonija



--- yves-noël genod wrote:

Darling, I'm a bit worried about your time in Avignon. Now the show is done. I imagine you as an imagination, as a guest, as a poem (of Wallace Stevens). But What will you do all the time in flesh ? Drink and cry ? It is a very strange meeting I proposed you. Only your body, only your spirit and nothing to do. So just for me to say that if you decide it's better for you to go on holydays, I don't mind. I can propose you a lot of other experiments (actually two : Marseille the first week of october and Paris in december). This work is tragically peculiar. The text is (apparently) stupid, so : difficult to say. The song is worse. The images should be very kitsch. And all above it, this very short show must be perfectly succeeded or it will be a disaster !

Would you be a blonde ?




Would you do the swan, the large waterbird with a long flexible neck, short legs, webbed feet, a broad bill and tipically
all-white plumage (dictionary, beautiful language) when I say : "Exactly, darling, tu fais très bien le cygne" ?
Would you give champagne to people in the audience ?
Would you give hand to Marcus ?
Would you sing a bit on this song I have to sing ?

Kisses


Yvno



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : descendance
Date : 15 juillet 2007 18:57:49 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

dear husband ;
AS i said on the telephone the other day dont worry and i still love you : but ; you were right, i need a break from all of these things for my blondeness and my body to be busy with and nothing for my spirit to be engaged with : and so it is with a cry of ecstacy that i i regret to inform you that i am too in love with antonia to leave her luxurious company. Here together she feeds me gives me a beautiful place to live and pays for everything : to join you in Avignon will be impossible this week : i know that the children will be disappointed and need therapy. i know some very good professionals who will be able to help. together we will do much drinking and crying and it will be a pleasure* call me when you are ready to dance together again ; either at my house or in my village.
ps new york is postponed until may
i must go and eat many cakes now
kisses to marlene and helene...
the keys to the handcuffs to marcus
yours,
livingstone




The spectacle has been done in a few days. I suddenly had the possibility to work 10 days in the space au début de septembre. I asked a lot of people to come. Four of them could. And they did a fucking beautiful work !!! It's not me. I'm here for nothing (almost). It seems it's a quatuor. It seems so... Maybe what was working 10 days ago won't work next week ! (oh, it's already next week ?), but after a lot of hésitations, I prefer to sustain this possibility, the possibility that I saw one time as it was that, not something else. I have something else in Marseille the 11th (rehersal : 8,9,10 (and after in Paris : the 20th, rehersal 17, 18, 19) : a piece we will read in a kind of performance about a very very interesting world from a very young guy. If you have the possibility to be there, I'll send you the links... Its name : Blektre.

I'll try to call you later (about 12 for you).


Lot's of thinking and love as usual



Y N



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : franglais...
Date : 26 septembre 2007 07:25:23 HAEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

so glad for your news congrats on playing fellini and making the conditions for something to happen
my warm fat hugs to jonathan et marlene etc
lets just keep flirting until we find each other

you are in my dreams, well.
xx
anton



--- yves-noël genod wrote :



Nice to hear your voice when I just come back from Sardegna !

Where are you ?



Yvno



Le 5 nov. 07 à  18:50, antonija livingstone a écrit :

mon cher old chap!!
please come be our hearty eater in belfort
19h nov 8th
we would like to exhibit your elegance
please wear light coloured clothes
you can bring your lovers and stay in the
apartments
below us.
xx
anton et heathcliff



--- yves-noël genod wrote:

oh dear ! tempting...

I'll see. normally Julien (see picture) is coming to Paris to play with me, this particular afternoon... maybe we could go together...
I begin a new work tomorrow. I have no idea because the space is ugly, I have no space yet. so, let everything be open as it is the beginning (as I would do until the end if Icould)...

the title of my new play is : Hamlet.
you'll be perfect in it as usual...

but you know how I work : I do the minimum with what (and who) is there, already there. this time, the space is ugly, nothing there to eat. so, I am in the merde.

hope to come on Thursday

bises


Yvno



De : antonijanadir@yahoo.com
Objet : Rép : holi days of the dead
Date : 7 novembre 2007 00:47:37 HNEC
À : yvesnoelgenod@wanadoo.fr

dear diaper genie
as you know
i am hamlet and gertrude his dead dad
all wrapped up into one
it will be ridiculous not to find a way for that
come see us with whoever you want work all day on the
train and in the apartment and then come for dinner
and talk to other friends
meanwhile
let me know where when and how much.
love
elmers glue all



Am 04.12.2007 um 12:04 schrieb yves-noël genod:



Bonjour Antonia, c'est Yves-Noël, je prépare un spectacle Hamlet et une comédienne s'est trompé dans une date, elle ne peut pas jouer le 13 décembre. Alors il faut que je la remplace. J'ai repensé à toi parce que je ne t'ai plus vue sur une annonce du spectacle de Vincent, je me suis dit que tu n'en faisais peut-être plus partie. Mais je me trompe peut-être. J'avais pensé à toi dès le début, mais renoncé à t'appeler car Antonija Livingstone m'avait dit que tu étais sur le Vincent Dupont aux mêmes dates.
Peux-tu me joindre de toute urgence par mail ou par téléphone : 06 84 60 94 58 ?



bonjour yves-noel, heureuse d'entendre de toi et du hamlet, mais malheureusement, nous ne sommes pas encore assez modernes ici : antonia baehr se partage un corps bio avec le monsieur werner hirsch, danseur pour vincent dupont. alors il y aurait quelques problèmes d'emploi du temps. puis je joue direct à bologna après. dommage dommage !
je t'embrasse
antonia

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Friday, July 25, 2008

Crisse

allez, je te donne (récré) ce qui me fait pleurer (c't'après-midi)
http://www.youtube.com/watch?v=QxGiZL03n-4&NR=1
visage de la fille à 4:06
http://www.youtube.com/watch?v=K6O9Oa47kVs
et puis, tiens, une phrase de moi :
besoin de toi, envie de toi... (j'en ai presqu'un air dans la tête...)
yn

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Wednesday, July 23, 2008

En tout premier lieu

Bonjour Hubert,

Tu vas bien ? Je viens de voir un des plus beaux, des plus incroyables spectacles de ma vie. Hier. Ici à Pisy, en Bourgogne. Pascal Kirsch m'a dit que vous projetiez de vous rencontrer la semaine prochaine, je tenais à te faire part de mon sentiment. L'impression d'avoir vu se matérialiser vivant, dans ce petit bout d'église de village perché, portes ouvertes, la personne même de Nijinski. Dans ce dispositif en bifrontal dans cette petite église crayeuse, crépuscule au dehors sur la colline perché, avec ce public (qui ne s'attendait à rien), avec cette actrice que j'ai employée dans Hamlet version de la Ménagerie, Bénédicte Le Lamer, qui est actuellement l'actrice en France la plus forte que je connaisse (puisque Valérie Dréville s'est plantée à Avignon) et ce musicien, Florent Manneveau (plusieurs versions existent du même travail, certaines avec tout un orchestre), je crois qu'il y a longtemps que je n'avais pas eu la sensation de toucher l'extrême naturel d'une réussite théâtrale absolue. Je voulais te le signaler en tout premier lieu, comme je partagerai avec tous mes amis de cette profession l'adhésion totale dont j'ai été moi-même le théâtre.
Porte-toi bien. Passe un bel été

Yves-Noël

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Ne jamais contrôler

Ben t'en parles très très bien, Vautrin, t'as tout compris. Moi, je peux te donner le texte d'Olivier (à propos de Oh, pas d'femme, pas d'cri) qui lui aussi en parle très très bien. "Ne pas prendre la responsabilité de la composition", qu'il dit. Ben oui. Mais si je développe pourquoi, je vais passer pompeux. Dorénavant, c'est que les gens intelligents qui parleront de ce que je fais ! Moi aussi, j'essaie d'être le plus inconscient possible quant à ce que je produis. Ne jamais contrôler le sens. Transmettre au public, au spectateur ce qui n'est pas achevé, ce qui n'a pas (encore) de sens. (Et déjouer l'attente, chez le spectateur, par différentes techniques, prise de vitesse.) Paraît que le cerveau humain est programmé pour faire du sens, de toute façon. Tout ça, dans mon cas, vient de Duras plus encore que de Régy et Tanguy (ces deux-là pour l'artisanat) : laisser le lecteur écrire le livre, laisser le spectateur faire le spectacle à partir de la contemplation, au-delà de lui-même, de son propre monde intérieur. Je ne sais pas par quel mystère (le seul mystère du théâtre, d'ailleurs)  : que ça se fasse chez lui. Au risque d'accepter aussi la production de "monstres", de contresens complets, inversion. Rien n'ayant eu lieu, au final, que le lieu (comme l'a repéré Olivier). Me revient aussi un bout de poème que cite souvent Pierre Soulage :

Ferai un vers sur le rien :
Ne sera sur moi ni autre gens,

Ne sera sur amour ni sur jeunesse
Ni sur autre chose ;
Je l'ai trouvé en dormant

Sur mon cheval.
(...)

J'ai fait ces vers, ne sais sur quoi ;
Et les transmettrai à celui
Qui les transmettra à un autre
Là-bas vers l'Anjou,
Pour qu'il me fasse parvenir, de son étui

La contre-clé.


Guillaume IX, duc d'Aquitaine


Enfin, mais ça n'a peut-être pas de rapport ("Ici il faudrait peut-être une autre question.", comme disait Duras), je suis tombé récemment sur un extrait de biographie de Coco Chanel, belle salope raciste par ailleurs, qui aux journalistes qui lui demandaient comment serait sa nouvelle collection quand elle s'était mise à recommencer dans les années 50, répondait : "Comment voulez-vous que je le sache ? Je fais mes robes sur les mannequins." Moi aussi, je fais, littéralement, mes spectacles sur les comédiens et j'ose souvent rêver qu'il s'agit là uniquement de haute-couture ("La dernière mode" de Mallarmé). Tout ce que je raconte là, c'est banalité sur banalité, dans un certain courant de l'art en tout cas, c'est très répandu, cette manière de faire. Malheureusement pour moi, cette manière de faire qui, dans mon cas, est obligatoire parce que si ce n'est pas le cas, pour moi, ce n'est pas de l'art (isanat) est totalement et naïvement inconnue chez les fonctionnaires du ministère ou les programmateurs. Là, il ne faut au contraire que tout définir d'avance !

Le texte d'Olivier Normand :

Il produit des effets, invente des choses, mais c'est comme s'il ne voulait pas assumer la responsabilité de leur composition. En apparence, il préfère les laisser flottantes, pariant sur leur capacité propre à trouver chacune leur juste place.

On sait que les pierres ne sont jamais si belles que lorsqu'elles ne sont pas serties. Le bijou - bague, collier, rivière - leur ôte souvent cette eau qu'on ne connaît que dans le creux de la paume, à la faille des doigts (préciosité de la métaphore).

Ici les gemmes aussi sont si peu serties. À l'anneau, à l'alliage, on préfère l'écrin. Ici c'est l'écrin (bien sûr, la boîte noire) qui compose. Comme d'un coup de dé, secoué. Et de parier sur la capacité des pierres, dans l'écrin remué, à se rencontrer peut-être, et à composer par elles-mêmes, le spectacle de leurs feux secrets, et conjoints.


Bises



Yvno

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Les dieux tout court

on prend un train pour une gare inconnue.
est-ce que ça coûte cher de louer une voiture ? on loue une voiture - au passage tu m'apprendras un peu à conduire ! - on prend une tente, et on va camper dans le Morvan qu'est la plus jolie région de France quand même monsieur i' paraît, on fait des ballades, on mange sur des feux de camp improvisés, pas d'femmes, pas d'cris, voiture, voiture, à pied, à pied, voiture, voiture, à la nage, à la nage, on revient vidé, décontracté, prêt à tout, et à affronter n'importe quels cons, nous rois comme des dieux, ou des dieux tout court nous sommes (peut être sans le tout court d'ailleurs) / alors t'en dis quoi, hein ?
les histoires, les histoires d'Hélèna, de quoi s'agit-il donc ? (l'indiscret)

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Saturday, July 19, 2008

Trois poèmes d'Hélèna mis ici pour donner envie à Thomas Ferrand de venir en Bourgogne

délicieuse ballade à vélo avec souris des bois, gibisbur, vieilles dames casquées, fontaines d’eau fraîche, pause. h



de jeunes garçons sautent dans le canal du haut du pont, en slip et en chaussettes. h



toutes les maisons sont des châteaux et les vaches des paquebots. h

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Poème pourri

Cette nuit j'ai écris un poème pourri. Je voulais le partager avec toi. Et c'est "moribord" et "prale" qu'il faut lire :






il fait se les fracasser
les corps
l'un l'autre au dessus du sol
ils se décharnent sous la violence des chocs
il moribord la chair
qui ne veut n'apparaître
il sait faire il sait prendre
il fait se les fracasser répétitivement
alors les tibias craquents et tombent comme une pluie d'osselets
il regarde et prale : c'est beau la mour qu'i dit
ha ça oui! ha ça oui...
et tout pareil






Thomas Ferrand

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