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Sunday, June 17, 2018
Bon, j'ai regardé les vidéos (qui sont superbes) et, effectivement, vous êtes à fond dans le casting Hamlet, en plein dedans. Au départ c'était l'idée de faire une « troupe shakespearienne », que d'hommes donc et très physiques (comme j'imaginais les acteurs de l'époque). Manque d'argent, ça s'est transformé en ce que vous avez aperçu dans le film de Vivianne (un acteur, deux circassiens et un groupe de bénévoles). J'ai une préférence pour la vidéo des palettes, j'aime beaucoup cet objet, mais sans doute aussi parce que vous y êtes deux. C'est vrai que dans le cirque, les duos, les trios ou les quatuors (etc.) sont sans doute plus faciles à advenir, plus réels, parce que plus nécessaires (l'attention) que dans le théâtre où ils sont plus rares. C'est ce que je cherche, cette idée de troupe emportée comme inconsciente (et consciente) dans une aventure légendaire. Donc on ne va pas se perdre de vue. Je retourne à Lausanne du 27 août au 7 septembre. D'ici là, je suis un peu en vadrouille (mais sans doute pas en Suisse comme j'espérais y être encore un peu en juillet). Pour l'autre travail aux mêmes dates, je ne peux que vous encourager à la prendre, c'est ce que je dis depuis le début aux interprètes : si vous avez qqch de payé, prenez-le et, en général, ceux qui travaillent avec moi (pour si peu d'argent), c'est seulement grâce à une disponibilité de planning, entre deux choses, ou alors, c'est qu'ils ont réussi à se mettre de côté assez d'argent pour être à l'abri de l'inquiétude financière au moins le temps du spectacle. Très heureux, en tout cas, de faire votre connaissance, merci. Let's keep in touch !
Sunday, April 15, 2018
C’était chouette, Jean-Marc, cette après-midi dans le réel ! Considère-toi libre de faire un film d’images, j’insiste, sur lequel on pourrait réénregistrer du off, comme un clip (avec, par moment, des bouts de direct). Je dis ça parce que je n’ai pas pu diriger Aidan sauf à la fin, je n’entendais rien, donc la qualité du jeu « Hamlet » va laisser à désirer sur presque la totalité des prises qui, pourtant, à l’image, vont être riches, j’imagine… le jeune alcoolo, etc.
YN
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Sunday, April 01, 2018
Bonjour Hubert,
Est-ce qu’il y a encore de la place dans ton festival de cet automne ? Je dois faire une création à l’Arsenic à Lausanne les 1er, 2, 3, 4 novembre, sans doute le développement sur 4-5h de ce que j’ai fait à Vanves sur 2h20 (sur Hamlet). Et Rennes me propose une reprise le week-end du 22, 23, 24 novembre (le Proust ou le Baudelaire). Entretemps j’aimerais bien, si c’est possible faire une pièce chez toi. Je travaille en ce moment avec un jeune comédien surdoué (celui qui se tape tout Hamlet), j’ai une grande amplitude de possibilités. T’embrasse
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E n marge de la société
Salut Lætitia,
J’ai retiré mon post où je m’étonnais de ton KissKissBangBang. J’ai été choqué parce que je viens de faire un spectacle — sublime et très ambitieux — avec (à Vanves, je n’ai jamais eu moins), 5 000 €. Alors, tout d’un coup, bien sûr, quand j’ai vu que tu faisais la quête pour 12 000 € sur un budget de 240 000, j’ai avalé de travers. C’était pourtant facile à comprendre : je n’ai jamais accédé à une production, j’ai toujours fait avec de l’argent d’accueil, sans pouvoir payer les gens en répétition, mais, toi, avec ta notoriété, tu es obligée d'en passer par le montage d'une production, c’est comme ça. Et l’argent de production — quand il y en a —, c’est tout de suite beaucoup d’argent (et ton budget est même très raisonnable) parce que le système (capitaliste, faut-il le rappeler ?) fait que tout le monde doit se nourrir sur la bête avant même qu’il y ait « création » de quoi que ce soit. De même pour les livres, avant même qu’il y ait un livre, il y a tout un tas de gens qui vivent du marché du livre. Et, ça, c’est toujours pour moi quelque chose de pas évident. Mais, bien entendu, quand on pense comme ça, on ne travaille presque jamais, personne n’a envie d’être en marge de la société, on sent qu’il y a aussi quelque chose de faux dans cette attitude (si c'est une attitude). Je te souhaite donc le meilleur pour toi et ton cheval ! Bisous,
Yvno
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Wednesday, March 28, 2018
Merci Yves-Noël, pour ce Hamlet somptueux, jubilatoire, jouissif, reconstituant.
D’habitude je trouve que Shakespeare c’est toujours mieux de le lire que de le voir jouer
et là, on lit par-dessus ton épaule et c’est formidable.
Tu arrives à susciter une attention, une écoute et une tenue dont je ne trouve pas d’équivalent
actuellement (on sent qu’on n’a pas intérêt à tousser ou à faire craquer son fauteuil).
Il ya — et ça s’fait rare — une véritable autorité.
Par-dessus tout, j’admire ton art de la syncope, du changement de régime, du zoom arrière-zoom avant.
On voit défiler l’actor studio, Twin Peaks, Kafka, Chaplin, Pina Bausch et c’est exactement ce qui se passe
dans une tête qui lit.
Tout est à la fois tendu et relâché, libre et rigoureux, hiératique et fantasque, drôle et terrible.
L’acteur qui joue Hamlet est absolument génial. J’ai eu la chance de tenir sa main et d’être par lui dirigé dans
un rôle muet. Une énergie folle, une plastique démentielle (en un geste il passe de Nick Cave à Tom Cruise),
une précision démoniaque. Et pourtant, comme tu le sais, je déteste les adjectifs.
Et ces hommes qui avancent, the walking alive on se dit, la splendeur de la lumière, le livre qui est son et lumière.
Non, vraiment bravo, merci, merci.
Et des bises admiratives.
C.
Oh, merci Christophe ! Tu écris si bien !
J’ai des problèmes avec mes mails, je ne reçois le tien qu’aujourd’hui — et aussi la moitié de ceux que j’envoie n’arrive pas… On est peu de choses (moi) dans ce cas…
T’embrasse,
Yvno
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Tuesday, March 20, 2018
Merci infiniment, Jean-Pierre, pour votre papier que je n’avais pas vu passer. Rien à dire, écriture sublime as usual qui semble produire le spectacle. C’est un spectacle que je relis à travers votre papier et que j’aimerais voir. Je me souviens qu’il y avait Michel Cournot, dans mon enfance — vous étiez là aussi —, et que ses papiers à lui ne me permettaient pas du tout, moi, de savoir si j'allais aller voir le spectacle dont il était question, si ce spectacle pouvait m’intéresser, mais, en soi, comme rêverie, c’était chaque fois extraordinaire et c’était déjà entièrement une représentation nocturne. [...] un projet, ce serait aussi la place à la littérature. Mais tout ceci est très compliqué car, si on en fait, du théâtre, c’est aussi qu’on sent qu’il y a une poésie irréductible liée au fait même de la représentation — et c’est Peter Brook qui, en ce moment, le montre (et en parle) le mieux.
Quand je n’ai pas de travail, ce qui m’arrive très souvent, au bout d’un moment, toutes les nuits, je me mets à faire des rêves de spectacles, des rêves de mises en scène (je suis toujours spectateur de mes mises en scène) et je me réveille le matin souvent très heureux, très content de moi (de la représentation). Ça aussi, c’est de la littérature.
A un moment, au cours d’une des avant-premières ou de l’unique représentation, Aidan a parlé de la pudeur qui devenait rouge, je ne sais plus comment Shakespeare et son traducteur disent cela, mais j’ai vu la couleur rouge envahir le plateau pendant une mili-seconde et ça m’a presque fait venir les larmes (c'est que, si c’est si bien, c’est que l’acteur ne peut pas être conscient de ce qu’il fait).
Je vous sert la main avec admiration, Jean-Pierre,
c’est très beau d’avoir repéré que tous mes spectacles avaient en exergue ce que dit sa mère à Hamlet, défais-toi de cette couleur nocturne…
etc.
Yves-Noël
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Monday, March 19, 2018
Isabelle Ingold
Quel plaisir de travailler sur les images du spectacle et de revoir à l'envie — au ralenti, image par image ou en mouvement, d'observer les variations d'un jour à l'autre, tes larmes, ta colère, ton humour, ta douceur, ta rage — les métamorphoses : tu es tour à tour un homme, une jeune femme, un vieillard, un extra-terrestre, une mère, un fils et ici, dans cette image, un enfant. Merci Aidan et Yves-Noël de votre confiance et nous avoir laissées partager ces deux filages avec vous !
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Thursday, March 15, 2018
Bonjour Laurent,
Je travaille sur Hamlet, le personnage et sa rêverie plus que la pièce, j’ai très peu de temps, c’est pour le 13 mars. Si tu as une suggestion à me donner (comme tu m’avais dit que, pour toi, Dom Juan à qui tous reprochent de mentir était le seul pourtant dans le vrai, puisqu’au théâtre). Bien sûr, il y a cette formule, Out of joint…
A bientôt en tout cas,
YN
Malheureux celui qui comprend trop Hamlet !
Regarde la relation de Hamlet à l'émotion — on ne sait jamais ce qu'il ressent. Il le dit lui-même dans un monologue : que l'assassinat de son père ne déclenche rien en lui.
Hamlet aime les acteurs mais pas les femmes ou du moins leur féminité grivoisée. Hamlet misogyne ?
Évidemment j'adore ce texte...
Et malheureusement il me touche trop.
C'est bien pour toi —
En collant noir !
Tu seras magnifique.
Mais pas de tête de mort —
Plutôt un portable.
C'est la même chose.
Je t'embrasse,
Laurent
La mère de Hamlet est extraordinaire, je trouve.
Oh, je ne le fais pas moi-même… Moi aussi, j’adore ce texte et il m’impressionne de trop (ou à l’infini). Mais j’ai trouvé un jeune acteur brillant que je convaincs de se charger du boulot. Il me dit qu’il fait des cauchemars la nuit, mais, là, je ne sais pas quoi lui dire car je vois bien qu’Hamlet mérite en effet quelques cauchemars, je ne vois pas trop comment éviter… Il travaille avec la méthode Actors Studio (« be yourself » , dit Elia Kazan), il est très fort à ça. Je lui transmettrai pour le téléphone à la place de la tête de mort (j’ai compris téléphone, mais tu veux peut-être dire ordinateur), ça lui plaira, il est aussi inquiet de n’avoir pas le temps d’apprendre le texte, il pourrait le lire… Il travaille très bien. Rien n’est grave dans le spectacle qui apparaîtra, ce sera l’état de l’apparition.
A propos, tu as compris pourquoi le roi ne réagit pas à la pantomime et seulement à la pièce parlée ?
Je parlé de toi aujourd'hui (comme souvent) parce que je donne un workshop à l’école d’Arts de Cergy. Je raconte toujours les mêmes expériences de ma réception de tes spectacles, en disant que je ne sais pas comment tu fais. Il serait temps que tu m’en apprennes un peu plus, si tu veux que j’approfondisse...
A bientôt, très cher,
YN
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B anqueter
Les gars, comme j’ai dit à certains, j’ai adoré travailler avec vous et ne pas vous connaître. Je trouve ça miraculeux : prendre les gens comme ils sont et ne pas les changer. Evidemment, je suis sensible au fait qu’il n’y ait que certaines personnes (très peu) par rapport à la masse et à la multiplicité de ceux qu’on rencontre — et qu’on admire — tous les jours dans la rue qui peuvent trouver en eux la disponibilité de « se laisser faire ». Ce n’était donc pas gagner, je n’y croyais qu’à moitié, au début, à cette histoire d’annonce pour des bénévoles — et c’est évidemment grâce à Sarah qui a soutenu l’idée que j’avais initiée — comme si elle y croyait, elle — et pas seulement par le simple hasard — que nous avons réussi à faire ce que nous voulions. J’ai aimé ne pas vous connaître, mais j’ai aussi aimé retrouver ceux que je connaissais déjà, Orélien et Sébastien — qui me connaissent bien parce qu’ils ont passé des heures à m’écouter au cours de Pantin —, plaisir aussi. Donc, voilà, je vous proposerais bien qu’on se voit encore, au moins une fois, si on pouvait trouver une soirée pour un diner, par exemple, je me disais même (c’est pour ça que je te mets en copie, Kataline) que ça pourrait peut-être être un soir de fermeture au café Pas Si Loin (où je donne les cours), non ? On pourrait apporter de la nourriture à partager, à réchauffer éventuellement et de la boisson (il me reste un peu de champagne) et ça ferait une soirée ou, disons, peut-être, ce banquet que j’avais un moment rêver de faire sur scène… et peut-être rêver d’avenir. Il y a un savoir que vous avez eu, dans cet Hamlet, dont je ne sais pas trop quoi faire, mais, je me dis, quand même… Je ne sais pas…
Yves-Noël
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C atalogue raisonné
Hello Yves-Noël,
Un petit mot pour te remercier encore pour cette aventure. Je ne sais pas si tu le sais, mais ce que j'ai préféré était t'écouter parler pendant les répétitions. Toi, assis face à nous, parlant de façon limpide des gnostiques, de Laura Palmer ou de Madonna, était pour moi le plus beau des spectacles. J'aurais aimé que ces répétitions ne s'arrêtent pas et que tu continues à nous citer des phrases, ou à nous raconter des anecdotes sur tes anciens travaux (le 31 décembre à Lyon c'était super !). Tu ne voudrais pas faire un catalogue raisonné en revenant sur tes anciens travaux (de façon unlimited, ça va de soi) ?!
En tout cas si un jour tu cherches à nouveau des figurants, je suis hyper partant !
À bientôt,
R
Oh, ça me fait plaisir que tu me parles comme ça ! J’étais déjà très touché de ta gentillesse (vertu suprême) et de l’attention que tu avais à mes propos… Oui, le catalogue raisonné, je devrais le faire avant que la mémoire s’éteigne. Je l’avais commencé il y a des années, j’avais trouvé un ton pour une perfomance de 20mn dans un festival de poésie Poésie / Nuit (je crois) initié par Eric Vautrin (je le mets ici pour la mémoire, justement), je pensais continuer et en faire un spectacle entier, mais je n’ai jamais poursuivi et ce « ton » s’est perdu, je crois… Je ne sais pas où le faire… En tout cas, si on trouve une idée, tu seras mon assistant (ou œil extérieur) !
Bises,
Yvno
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Wednesday, March 14, 2018
Salut David, je pense (souvent) à toi parce que je me souviens que tu avais aimé mon Hamlet de Vanves (si tu t'en souviens). Je viens d'en fabriquer un nouveau, encore très différent, mais plus proche, me semble-t-il, de la matière « Hamlet » originelle (quatrième version, j’ai dit que j’en ferai toute ma vie). Il est en anglais et en français, esprit très brut (mais c’est toujours pour moi une question de lumière et d’espace) et il rassemble — comme souvent mes spectacles — un peu tout ce que je sais et que je pense de tout — c’est-à-dire aussi un peu de ta pensée à toi… Je l’ai intitulé Hamlet, poem unlimited pour le distinguer des trois précédents (Hamlet Villette, Hamlet Ménagerie et Hamlet Vanves). C’est le 13 mars à Vanves, à 21h, et, comme le spectacle est prêt, nous rajoutons des avant-premières : le 5, à 20h, le 6, à 14h, le 11, à 20h, le 12, à 20h. Il dure 2h1/2. Si jamais tu avais l'occasion de passer (ou d'envoyer quelqu'un de confiance), ça me toucherait. T'embrasse
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Bonjour Jean-Pierre,
je pense toujours à vous lorsque je fabrique un nouveau spectacle, mais celui-ci, Hamlet (quatrième version, j’ai dit que j’en ferai toute ma vie), je ne vois que vous pour l’inventer. Il est en anglais et en français, dans un esprit très brut (mais c’est toujours pour moi une question de lumière et d’espace) et il rassemble — comme souvent mes spectacles — un peu tout ce que je sais et que je pense de tout — c’est-à-dire aussi un peu de votre pensée à vous… Je l’ai intitulé Hamlet, poem unlimited pour le distinguer des trois précédents (Hamlet Villette, Hamlet Ménagerie et Hamlet Vanves). C’est le 13 mars à Vanves, à 21h, et, comme le spectacle est prêt, nous rajoutons des avant-premières : le 5, à 20h, le 6, à 14h, le 11, à 20h, le 12, à 20h. Il dure 2h1/2. J’espère que vous aurez un moment.
Bien à vous,
Yves-Noël
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A vec Amélie
Il m'a rendue triste, ton spectacle, dis moi que ce n'est pas le dernier ?
Je t'embrasse. Mais où as tu déniché ce comédien capable de tout jusqu'à l'épuisement ?!
Triste ? Oh, mon Dieu, il faut que tu m'expliques. Je m'en rends pas compte. Bien sûr, c'est une tragédie... Peut-être la représentation d'hier était-elle triste. Pour nous, c'était en fait, plutôt qu'une première, la dernière. Ou peut-être aussi cette dispersion du public. Jusqu'à maintenant tout ce que j'ai fait, c'était plein à craquer. Mais, là, on ne sait plus comment atteindre les gens, Facebook ne diffuse plus et je m'aperçois que ça fonctionnait vraiment là-dessus. Tout le monde est isolé, submergé d'informations... On s'est immergé — avec Aidan surtout — dans cette matière d'une manière intensive depuis deux mois (ce qui est bien peu, d'ailleurs). Aidan, je l'ai formé ! C'est bien la première fois (enfin, d'une manière intensive comme ça). J'ai senti qu'il aurait la ténacité, qu'il ne lâcherait pas. Au début il était terrorisé. J'ai pensé que comme il y avait incroyablement peu d'argent, la manière de travailler était sans doute avec une personne qui en aurait l'envie, l'ambition (et en étant très peu payé de toute façon). Je l'ai rencontré l'année dernière, au moment de La Beauté contemporaine. Il a une énorme ambition (et talent), donc je pouvais insister. C'est la première fois que je fais travailler quelqu'un. On a le projet, à Lausanne, à l'Arsenic (les 1er, 2, 3 et 4 novembre) de continuer ce travail, ce qui donnerait sans doute un spectacle de quatre-cinq heures…
Je t'ai fait un papier que Caroline Breton trouve beau et juste.
Tu me rassures.
Il y avait là comme des adieux !
Et oui le nouvel algorithme de Facebook ne montre rien.
J'ai beaucoup aimé ton spectacle !
Il est très subtil (et très précis), ton papier, merci beaucoup ! Oui, peut-être, hier soir, il y avait un côté cérémonie funèbre (et un peu religieux, c'est une note que j'ai faite à Aidan (un défaut) : « un peu la messe », je l'ai senti). Tu sais, il faut que je t'avoue, j'ai toujours (ou très souvent) la sensation que je présente mon dernier spectacle. C'est un tel boulot, il faut faire face à tellement d'opposition pour que quelque chose comme ça puisse exister (malgré le soutien et la bonne volonté de tous), je me dis toujours : impossible qu'il y en ait un autre. En fait, ça vient aussi du faible nombre de propositions. Là, on se raccroche à celle de Patrick de Rham, enthousiaste (mais sans beaucoup d'argent). Et je me raccroche aussi à l'ambition et à la jeune énergie d'Aidan qui est, en effet, comme tu l'as bien remarqué, un avatar. Quelqu'un qui fait ce qu'il veut, mais qui me permet aussi de faire de que je veux (commen toujours quand ça se passe bien entre un interprète et un directeur). Je t'embrasse, chère Amélie, merci encore !
Labels: correspondance hamlet
J ean-Luc
Jean-Luc, je ne pouvais pas imaginer meilleure antichambre à mon Hamlet, meilleur préambule que tes photos et tes dessins, ici, à Artdanthé ! Tu es l'ultra Hamlet ! Amitiés
Labels: correspondance hamlet
Salut Benoît ! J'aimerais bien qu'on retravaille ensemble (évidemment : toute ma vie) et j'ai une opportunité — si tu n'es pas déjà réservé : 1er, 2, 3, 4 novembre, à l'Arsenic et quinze jours ou même trois semaines avant (déjà, si tu peux quinze jours, c'est top). Il y aurait aussi une autre période en amont, mais, bon, ça... Ou alors si tu ne pouvais pas en novembre, alors voir avec cette période pour créer et transmettre ensuite… Ce serait sur Shakespeare. Je présente en ce moment un Hamlet à Vanves (banlieue parisienne) que je suis obligé de limiter à 2h30 (!) à cause des derniers métros-correspondances, mais, à Lausanne, ce serait possible de faire un spectacle de 4-5 heures (j'en ai déjà parlé à Patrick enthousiaste). Là, à Vanves, il y a moins d'argent que jamais, donc pas de son ni de lumière — et c'est beau, je trouve —, mais dimanche matin dernier, il y a eu, pendant un assez long moment, au loin, des cloches et ça marchait très, très bien (tu penses !), et j'ai pensé : Tiens, y a Benoît qui pointe son nez... Hehe... Bon, tu ne seras sans doute pas libre, alors tout cela n'aura été qu'une belle histoire…
Yvno
Si jamais tu veux le voir d’ailleurs : dimanche 20h, lundi 20h (filage film dans les après-midis) et représentation mardi 13, 21h
Labels: correspondance hamlet
Anne-Lise Heimburger
Ah non ! Pas la dernière chance ! Pas possible pour ceux qui, comme moi, n’ont pu ni ne peuvent être des 3 représentations privilégiées. On m’écrit tard hier soir pour me dire d’Hamlet Unlimited : « une merveille absolue » ! Donc, THE question est : être ou ne pas être dans le public quand il sera repris. Quand ? Où ?
Odile Heimburger
Je confirme, une merveille… objet volant non identifiable fascinant de grâce, de poésie, et même d’humour
Joana Preiss
Hamlet unlimited by Yves-Noël Genod
Fantastic & pure Hamlet / Sublime Aidan Amore
Vivianne Perelmuter
Je ne sais toujours pas ce qu'est un acteur/une actrice, c'est-à-dire ce qu'il/elle peut, comment il/elle procède.
J'aime bien ne pas savoir.
Et j'aime de plus en plus filmer les gens au travail, dans un processus.
Hier, cela a commencé dans la loge.
L'odeur de l'infusion qu’Aidan Amore se prépare, le son de la bouilloire, puis de sa respiration, ses geste précis, ses petits rituels.
Le voir se regarder dans le miroir, et se métamorphoser sous mes/nos yeux.
Comme les peintres chinois préparent longuement leur encre et, se faisant, se concentrent ou se vident (je ne sais pas non plus, ni même s'il y a une différence — peut-être selon ce qui doit être fait) afin, le moment venu, d'atteindre, en un seul mouvement, le geste juste.
Puis, sur le plateau, avant le filage, Yves-Noël Genod réunit ses comédiens et leur donne moins des indications qu'il ne les infuse avec quelques paroles et des citations.
Décidément, infuser est un verbe qui m'accompagne. Et comme tout ce qui vit, il est à la fois actif et passif, et contemple.
Le spectacle c'est ce soir à 21 heures. Au théâtre de Vanves.
Edmonde Gogotte
Encore ce soir à 21h au Théâtre de Vanves, Yves-Noël Genod t’invite à un flottement, un plongeon, une méditation souterraine ; il dessine un chemin sourd entre dilatation et dilution temporelle, Babel, Maeterlinck... Noir, néons et brouillard, Hamlet tout en un (plus fort que le shampooing) a la séduction impérieuse. La pièce est incube/succube : laisse-toi visiter, tu ne rentreras pas seul chez toi. Mention toute spéciale aux saillants Rosencrantz et Guildenstern
Delphine Perrin
Un mot en passant pour dire merci pour cette dernière avant-première hier, j'ai beaucoup aimé !
Marie Jocteur
Génial le Hamlet Yves-Noël ! Dimanche je suis allée voir du Shakespeare avec Donnellan aux Gémeaux, un tout autre style mais je retiens qu'avec tes mises en scène on a vraiment une ambiance et une complicité acteurs-public qu'on ne retrouve nul part ! Ton acteur me faisait penser à toi ! Et je n'ai pas vu les heures passer. Voilà, je n'ai pas pris l'occasion de te parler mais je voulais quand même te le partager ! A bientôt car je viens toujours voir tes spectacles et merci !
Olivier Steiner
Je l'ai vu, sublime, et gratuit ce soir
Jacquie GZ
Moment très étonnant performance de l’acteur géniale bravo !!!
Caroline Breton
Les états vaporeux, dansants de nos mémoires... menée par le bout des doigts vers des contrées assoupies, tapies... Sublime Hamlet d'Yves-Noël Genod vu hier soir à Vanves. Tiens, un bel article signé Amélie Blaustein Niddam
Anne Béatrice Klauck
Hamlet Unlimited (et c'est bien de cela qu'il s’agit) de Yves-Noël Genod avec Aidan Amore, y aller, évidement, forcément, au théâtre de Vanves, « le temps est notre plus grande richesse (ou la seule je ne sais plus) », une délicieuse flottaison poétique et tellement nourrissante 🌞 Merci à tous
Isabelle Pin
Noir et blanc, forteresse en domino où flottent la folie et les fantômes.
Là où pourtant on entre pour ne plus ressortir pendant 2h20, de l'anglais et des interstices de français qui bientôt se confondent. Happés !
Aidan, l'acteur principal, stupéfiant caméléon se métamorphose devant et avec le public.
Sa voix erre dans les coulisses, interpelle sa mère, le fantôme d' Ophélie ou celui d'Yves-Noel.
Il joue avec nous et nous somme de ne pas le juger.
Tantôt difformité, tantôt élégance.
Le double et le trouble.
Après sa disparition quand le noir en (s)Cène gagne sur le blanc sa présence demeure et irradie l'espace.
Hamlet infini donc, très graphique qui ne déplairait pas aux maîtres du clair obscur et à David Lynch. Vivement conseillé !
Tantôt difformité, tantôt élégance.
Le double et le trouble.
Après sa disparition quand le noir en (s)Cène gagne sur le blanc sa présence demeure et irradie l'espace.
Hamlet infini donc, très graphique qui ne déplairait pas aux maîtres du clair obscur et à David Lynch. Vivement conseillé !
Cédric Jullion
Cher Yves-Noël,
Un très grand merci, pour ces volutes, ce corps qui porte tout, ce théâtre.
Et un très grand bravo à vous tous pour ce travail.
Cédric
Yacine Sif El Islam
Yves-Noël, je suis parti vite, je ne suis jamais très fort dans les après spectacle. Mais cette performance c'est une des plus belles choses que j'ai vu. Les mots me manquent mais j'ai pris une leçon ce soir. Une leçon du temps retrouvé. Bravo et merci !
Arnaud Guy
MERCI YVNO. Tu m'as encore fait rêver. Oui, Hamlet, moi, me fait rêver. En le lisant, en le voyant mis en scène par Brook, Ostermeier et maintenant Genod. Alors qu'il cauchemarde tant lui-même... Merci à William aussi, hein, et à tes super acteurs.
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Thursday, March 08, 2018
Bonsoir Yves-Noël Genod,
Je serais bien ingrate de ne pas prendre quelques minutes pour vous remercier, vous et les comédiens, de ce « cadeau » qu'hier (je suis venue mardi à 14 h) vous nous avez offert.
Cet Hamlet « sans fin », je ne suis pas prête de l'oublier.
Ce moment vous ressemble, fluidité, beauté des atmosphères insolites et des apparitions fugitives, justesse de l'alliance mot-gestuelle, humour parfois. ...Quel voyage ! Et tout cela servi à merveille par l'excellence de ce comédien (qui est-ce ? j'ai cherché son nom, sans le trouver). Ce comédien qui dit, qui « danse » son texte, qui nous offre tous les registres... et qui tient sur la longueur. Par discrétion et peut-être timidité, je n'ai pas osé lui dire à quel point son jeu m'avait enthousiasmé. Merci de lui transmettre cet éloge. Excellence aussi dans leur registre des deux « athlètes » énigmatiques (je ne sais comment les dire).
Bémol... et oui, il faut bien valoriser l'éloge par un brin de critique, qui n'est que très personnelle et dû à ma méconnaissance de cet anglais appris « au temps jadis » de façon livresque et largement oublié, n'en ayant eu aucune pratique ensuite (même pour les Beatles !). Donc, l'anglais... pour moi trop présent, même si, sans tout comprendre, j'ai pu interpréter et sentir les intentions... mais au bout d'un moment (quand Hamlet sort de la salle), je me suis découragée et j'ai un peu lâché l'affaire. Du coup, lassitude.
Bon, mais ça n'est qu'un bémol. Je m'autorise de le dire par honnêteté, mais c'est sans doute très personnel et je suis sortie tout à fait heureuse. Cet Hamlet m'a pris par la main pour m'émouvoir, m'égayer, m'éblouir. Que demander de plus au théâtre ?
Encore merci, à vous, maître d'œuvre et aux comédiens-artisans.
Je penserai à vous le 13 et je regrette bien de ne pouvoir revenir (ah! si je n'étais pas si « vieille » — si ! si ! — et si je n'habitais pas si loin). Je vous souhaite plein de bonnes choses. Bien amicalement. Nicole Blœdé
Labels: correspondance hamlet
Tuesday, March 06, 2018
E n retrouvant le soleil en sortant
Merci Yves-Noël. Je suis bouleversée. Comme souvent avec toi. Cela faisait longtemps. Ça m'avait manqué. Je n'avais pas envie de parler tout à l'heure et puis quoi dire ? Tu dis déjà tout, tu sais déjà tout. Sublime oui alors oui c'est le mot puisque c'est le tien. J'enrageais de ne pas être là le 10 et puis je me suis sortie du lit et tu m'as tué autant que tu m'as sauvé la vie cet après-midi. En retrouvant le soleil en sortant, je savais que j'avais vu la représentation parfaite parce qu'il faisait jour quand ton génie a ouvert la porte et c'était d'une beauté ! C'était magnifique ! Oui je dis génie, ou devrais-je dire LE comédien, ce comédien, ton comédien, quelle beauté, quel talent. Non pas que je ne me suis pas délectée à admirer les autres, mais lui... m'a littéralement captivée. Prise. Ils sont tous sublimes évidemment, j'étais la fille la plus heureuse et amoureuse du monde cet après-midi ;) Comme toujours tes interprètes sont fabuleux. Écrivant cela j'aime à me rappeler que j'ai joui de jouer à tes côtés. J'ai eu cette chance. Quel bonheur. Je me dis que c'est rare, que ça n'arrive qu'une fois dans la vie ce genre de choses, je ne me rendais pas compte, je vivais, je vivais et c'était bon, et c'était dur, mais qu'est-ce que c'était bon...
Comment faire maintenant ? Tu le dis toi-même il n'y a rien à faire...Ce que tu crées en tous cas est magique, vraiment, merveilleux. Je ne vais plus au théâtre ces temps-ci, je suis fauchée et je m'y ennuie ou m'y agace la plupart du temps. J'ai compris pourquoi cet après-midi, je ne vois que des (pauvres) pièces de théâtre, et je dis pièce ici au sens de bouts quoi, de morceaux, maladroitement cousus d'orgueil ou de suffisance, ou de tentatives désespérées d'exister, ou de je ne sais quoi, mais pas de théâtre, pas de théâtre, du théâtre vraiment, comme aujourd'hui. MERCI.
J'ai tant pris aujourd'hui et tant appris aussi. C'est juste excellent. Juste. Et excellent. Putain.
Je voudrais ne jouer que pour cela, que pour atteindre cette excellence là, cette richesse, dans la générosité et la sincérité les plus belles.
J'avais oublié. Je m'en veux un peu. Tu fais chier ;)
Donc bon bref, je vais m'arrêter là et continuer de rêver. Bravo et MERDE à toi et toute ton équipe. YOU ROCK BABE !!!
Je t'aime toujours,
Soleï
Je t’ADORE Soleïma ! Merci de ta fidélité !
Et au plaisir, princesse !
Yvno
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Évidemment pour jouer ton autobiographie, il te fallait fallait confier le rôle à quelqu'un d'autre. Le devenir Genod d'Hamlet ou l'inverse. Le fils d'une étoile morte dans la lumière d'une robe transparente dont tu étais le double dans l'ombre d'une robe noire ! Ton petit côté Barbara !!! Bravo maestro, il me faudra bien une deuxième fois pour entendre tout ce qui a été dit !
— Merci ! Oui, c'est la difficulté de ce spectacle : moi, il me fallait bien toutes ces répétitions pour entendre un peu de ce qui se dit...
— T'es le meilleur, Saint-Loup !
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A melette métempsychose
Évidemment c'est bien beau cet Amelette métempsychose. Je suis fan. Je pourrais continuer les compliments ainsi (quels acteurs, quelles trouvailles !) mais deux propositions : pourquoi ne pas faire toi même au début un résumé rapide de l'action, un Hamlet pour les nuls ou un pitch, cet affreux mot. Ne pas considérer que le public sait, ça fait entre soi je trouve. Sinon, autre « manque » peut-être : le son. Dans ce château d'Elseneur on pourrait sentir une architecture sonore, des bruits de chevaux au Loin ? Bises et bravo pour ce travail d'orfèvre. O
Je suis bien d'accord pour le son. Dimanche matin il y a eu des cloches pendant un assez long moment, c'était sublime. Mais pas de fric a un point dingue, pas de quoi payer (même un peu) pour la lumière et le son. La lumière, je sais faire avec les services et un peu de fumée ; pour le son, il faut des machines. Pour le résumé avant, je vais essayé (j'y avais pensé et puis pas eu le temps et puis ça rajoute encore au temps). C'est compliqué parce que le résumé d'Hamlet, en folio, c'est plusieurs pages, ce qui fait qu'on ne sait plus, en l'entendant ce qu'il faut retenir ou pas, ce qu'il y a d'important. Lacan a fait un résumé et ça lui a pris sept leçons de séminaire... C'est très complexe, Hamlet. Mais je vais essayer. Et aussi de faire comprendre au public qu'il ne va rien comprendre et que c'est quand même le but du jeu... Pour comprendre, il y a plus simple... T'embrasse, merci de ton soutien, YN
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