Thursday, August 25, 2016

R erun, correspondance


Chers amis, 
Je suis à Lyon, je vous invite à m’y rejoindre, je vous invite aussi à réexpédier ce message à vos amis et connaissances lyonnais. 
Bien que je sois de Lyon, je n'y suis pas connu (« nul n’est prophète en son pays »). Je fabrique un spectacle en épisodes et en gros plans, il y en aura sept (plus un épilogue), cela va prendre tout l’automne, mon festival d’Automne à moi tout seul. Cela finira le 31 décembre avec — en épilogue — la reprise de Rester vivant que j’ai présenté au théâtre du Rond-Point il y a un an. Cela commence le 22 septembre. Je vous invite donc aux avant-premières du premier spectacle, les 19, 20 et 21 septembre, à 20h. Les représentations du premier spectacle ont lieu dans la foulée du 22 au 26, à 20h aussi, l’entrée est à cinq euros. C’est sans réservation car la jauge est limitée mais extensible (on ne refuse pas des amis).
Le premier spectacle s’appelle Manuel de liberté 
Il est sublime (je peux vous le dire aujourd’hui : je l’ai vu)
Le deuxième spectacle s’appelle Les Entreprises tremblées
Etc.
Un épisode une semaine sur deux
Rythme soutenu
Il est conseillé de venir à l’ensemble des cours du semestre
Car ce sont des cours. Des cours théoriques et pratiques de théâtre et de luxe
Car il s’agit d’une
LEÇON DE THEATRE ET DE TENEBRES
(c’est le titre de l’ensemble).
Ça se passe au théâtre du Point du jour, 7, rue des Aqueducs 69005 Lyon. 
Tél : 04 72 38 72 50
C’est happy few.
Je vous recevrai au champagne, 

Yves-Noël 

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Wednesday, July 06, 2016

Cher Stanislas, 
je reçois par la poste votre belle revue, « Parages » (je n’ai pas son contact personnel, remercie frédéric Vossier). Je revois les belles photos du plus beau spectacle du théâtre du Point du jour à Lyon, Par délicatesse j’ai perdu ma vie, dont parle Bérénice Hamidi-Kim. Tu ne veux pas qu’on le reprenne à l’automne ? Je dis à l’automne, je sais bien que les saisons, malheureusement, sont faites à l’avance (pour attirer le public). Alors à un automne… Il faut l’automne parce qu’il y a un tapis de feuilles mortes. Ce serait magnifique au TNS. Il faudrait couvrir toute l’orchestre comme ça se faisait, je ne sais pas si ça se fait encore (j’y ai joué — quand j’avais vingt ans — dans du sable), n’ouvrir que la corbeille et les étages et recouvrir tout de feuilles mortes. Ce serait magnifique. Magnifique. Pas si cher, il n’y a que trois interprètes sur scène (pour des apparitions presque subliminales) (Jonathan Foussadier, Simon Espalieu, Lazare Huet), le gros de l’histoire (1h45) étant constitué de la pluie qui tombe pendant un peu plus d’une heure (oui, il faut construire la pluie, pas sur toute la surface, mais sur une bande) et de lumière et de nuages (Philippe Gladieux, Gildas Gouget). Il n’y avait pas d’autres sons que le son de la pluie et les quelques cris, voix polonaises, le froissement sec des feuilles quand Lazare y dansait — à la fin — comme le feu…
Je t’embrasse, très cher, 
Yves-Noël

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Sunday, January 03, 2016

I l pleut


Bonsoir Monsieur Genod,
Je voulais vous remercier pour votre Leçon de théâtre et de ténèbres, leçon de vie, d'amour et de beauté, sublime traversée qui s'achève avec des mots de choix : « Que l'amour vous soit un calmant… »  
Chaque épisode a laissé ses fantômes sur le plateau et, dans Rester vivant, il y avait aussi les apparitions, les présences, les traces gravées des ravissements précédents. Vous nous avez confié chaque spectacle comme l'on confie son sommeil à l'être aimé.
Il pleut, l'éternité passe, le secret s'offre à nous, reste cette corde imperturbable, cette corde en suspens comme le temps suspendu, je tente de retourner dans ce rêve sans fin. 
Je vous souhaite une lumineuse et douce année 2016.
Bien à vous,
Cécile Mathieu 

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Saturday, November 28, 2015

D e maître à maître


— Je m'adresse à toi, cher maître, c'est notre première avant-première tout à l'heure à 8h, heure française, j'ai peur que le spectacle soit déjà mort, qu'on n'arrive pas à l'ouvrir... Ouvrir l'espace...
— Comment ça s'est passé, cher maître ? J'étais avec vous. Et tout mon amour…
— Oui — grâce à toi — très bien ! C'est de la poésie vivante, a dit quelqu'un... Tu sais, je ne sais pas si je te l'ai dit, c'est seulement de la lumière pendant 1h40 (1h30, ce soir), la pluie, la lumière, la nature... trois personnages pour d’archi-minimes apparitions et le vide... Du coup, c'est pas gagné... Tous les jours, il va falloir le revivre ! Mais ce soir — grâce à toi —, c'est passé dans le corps et les âmes vivantes des participants à cette expérience (que je n'ose plus appeler des spectateurs...) Merci !

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Sunday, November 15, 2015

L e Bus 45


Je suis dans le bus 45. Le conducteur est arabe, une belle barbe noire. Je l'observe dans le rétroviseur, il enlève ses lunettes, puis les remet à plusieurs reprises, j'observe, je m'aperçois qu'il  pleure, essaie de cacher ses larmes. Je suis abasourdi, j'ai les larmes aux yeux. Nous sommes chacun de notre côté. Lui devant, moi derrière.
(César Vayssié

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Friday, November 06, 2015

O n veille sur moi


Tu es très fatigué, vide, démotivé, ça, j’en suis sûr 
Cette aventure doit être la plus difficile que tu aies jamais vécue
Satané public on l’aime autant qu'on le déteste !
Mais imagine 
Le public n’est plus un problème 
Parce que tu vas le choisir 
Une personne la personne la plus extraordinaire la plus chanceuse la plus privilégiée 
Parce que vous allez jouer pour elle...
Par là je veux dire 
Que si tu changes ton angle d’attaque
Que le public n’est plus 15 30 ou 50 personnes 
Mais UNE personne UNE famille ou UN couple 
toute l’énergie sera canalisée vers cet unique être

Changer les paramètres ajuster ce qui bloque 
Comme un chirurgien 
Il faut que tu opères pour sauver ton théâtre 

Prends du repos 

Le masterclass peut se jouer juste une fois 
En impro 

Peut-être qu'il faut revoir les trois avant-premières les éliminer
Opère là ou ça va pas 

Ne pas s’enfermer dans un système 
Surprends-toi 
Et repose-toi 

Genève, le lac le bain des Pâquis 
Tu serais bien là-bas 

« Les dents du loup ne lâchent pas le loup c’est la chair du mouton qui lâche 
Frères mes frères damnés suivez moi avec confiance, dans le noir nous verrons clair mes frères dans le labyrinthe nous trouverons la voie droite… »

Bonne nuit

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U ne personne très agréable vous écrit


Yves-Noël,
Je ne vous ai pas répondu, ce n'est pas du désintérêt, très loin de là.
Si vous saviez comme je voudrais être là, je les rêve ces spectacles et je le crois, toute l'Europe devrait être là, à cet endroit du théâtre que vous déployez comme une fresque sur le plateau du Point du Jour. Quel beau nom ce théâtre. Quels beaux titres vos spectacles. Quels acteurs splendides... Mais ma vie a pris un tour chaotique ces derniers mois et je suis contrainte de rester à Paris pour lui redonner une colonne vertébrale. Comme j'aimerais pourtant palpiter au rythme du cœur de Lætitia. Et des images indicibles que vous savez sortir des entrailles de la vie, la vraie.
Vous êtes un voyant, un visionnaire, et si vous n'existiez pas, la terre en serait plus mortifère et, moi, j'en serais plus amère. Il me suffit de vous savoir là-bas, travaillant à accoucher la beauté pour en être transportée.
Amitiés, Marie

PS : j'avais proposé un sujet sur votre « épopée » lyonnaise avec itw de vous à la clef pour la revue « Théâtre(S) » mais il n'a pas été retenu. Les déceptions sont le lot et le quotidien des journalistes autant que des artistes malheureusement. Mais je ne lâche pas l'affaire... Il y aura une et plusieurs prochaines fois. Je vous serre dans mes bras

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Thursday, November 05, 2015

« En 1801, il lit Kant, ce qui le plonge dans une profonde dépression »


Demain libération… Si c’est pas du journal dont tu parles, alors viens demain ! On joue encore demain vendredi et samedi.
Toi aussi, tu me manques, bien que je pense souvent à toi (et que j’essaye de fréquenter ce texte (de Kleist) que tu fréquentes en pensant un peu à comment tu le fréquentes).
Si tu peux, viens voir La splendide actrice, c’est de loin mon spectacle le plus abouti, le plus riche, je suis un peu embêté parce que j’ en ai annoncé encore quatre numéros (quatre spectacles) jusqu’au 31 décembre et que je n’ai plus du tout envie de les faire…
Il y a Tchekhov, aussi, faut dire, là-dedans (rendu vivant par la splendide actrice — et ça me bouleverse…)
Yvno

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I ci Paris


Dear,
ici tout le monde parle de Lyon.
Hier soir, j’ai été à la première de Christophe Honoré à la Colline, Fin de l’histoire (d’après Gombrowicz),
quel drôle de truc, avec le budget de la scéno je peux faire 50 films et toi 200 spectacles.
C’est du mauvais n’importe quoi d’enfant doué gâté, heureusement il y a notre Marlène qui brille et qui fait honneur et elle s’en sort toujours avec dignité même quand elle écarte les jambes sur scène. On a rit.
Il y avait toute la bande, Perez-Boussiron-Capdevielle-Verna-et-tutti-quanti. On a bien rit...
et tout le monde parlait de toi. Alors Lyon… ta ta ta, il paraît que c’est bien ta ta ta, les images sont trop belles, j’ai envie d’y aller, Oh ça lui va bien cette formule la la la ! Tout le monde en parle. Bon, ils savent que je te visite quasi toutes les semaines alors ils posent des questions.
et puis Perle aussi et Drillet, alors ? oh la la ? etc...
Je déjeune à Nanterre avec Quesne, tout pareil, alors ? Lyon ? Yves-No ? ça a l’air super ! Il se passe quelque chose on dirait...
et patati et patata, je donne des nouvelles, je raconte, je confirme. Je lui ai même soufflé l’idée de tout reprendre d’un coup à Nanterre en 8 heures de spectacle (ton Soulier de satin).
Oui la rumeur monte. Sur le retour je tombe sur Hélèna V dans le métro. Alors ? Oh, j’ai vu ton film avec Lætitia ça à l’air formidable ce que fait Yves-No, j’ai envie de voir, 
et patati et patata. Et les gens te lise, tu es en forme, ton écriture est drôle et séduisante (comme souvent mais particulièrement en ce moment, n’oublie pas d’écrire, invite encore l’Europe à Lyon, cela plaît)
Une brise de légende souffle ici, mon grand.
Ici Paris.
Kiss
C

T’es trop gentil ! 
Oui, j’ai bien besoin de toi en voyageur de commerce ! 
Le teaser de La splendide actrice est très beau, alors, des gens le voient, oui…
Thibaudat :
Cher YNG
hélas (après vous avoir lu), hélas, hélas (après avoir vu le teaser)
revenir cette semaine est impossible
j'aime bien ce que vous dites sur votre ami César Vayssié (je rêve de voir ses deux films dont j'ai raté (décidément) les séances au T2G et je ne sais où) 
affectueusement
jpt
Rien envie de faire pour notre 5, c’est un problème… 
Partagé entre le beau et la grande déconnade…
(Lætitia suggère une comédie, par contraste…)
Hier, j’ai commencé avec Jonathan et, en effet, dans le genre déconnade, lui, il peut assurer… 
Mais, du coup, faudrait trouver les acteurs qui vont avec…
Et ça me gave…
(Si t’as des idées)
Il y a un titre possible : Le spectacle le plus débile du monde (mais ce serait pour le 6…)
Quelques vedettes, ce serait pas mal aussi… (même un jour)
Et puis j’aimerais bien travailler un texte — mais aurai-je le temps ? la nouvelle de Kleist sur le théâtre de marionnettes, c’est difficile…

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Wednesday, November 04, 2015

Romuald Combinovich
Amis lyonnais : allez-y ! Hier soir, nous sommes allés voir le quatrième épisode de la série théâtrale de Yves-Noël Genod La splendide actrice : une vraie expérience de théâtre.

Mathilde Dim
C'était vraiment très beau, merci ! Merci !

Benoît Izare
Sublime

Nicolas Mathis
Yves-Noël Genod présente cette pièce qui m'a profondément touché, jusqu'à samedi au théâtre du Point du jour.
Courez-y !

Cher Yves-Noël,
Je me suis laissée porter par le spectacle comme emmenée par cette vague qui ouvre le spectacle…….. Et c’était un magnifique voyage !
Merci à toi et bonne aventure pour les prochaines représentations.
Joyeusement,
Anne Rohart

Gaël Baron
Je rêve de quelqu'un qui rêve de quelqu'un qui rêve de quelqu'un qui rêve… et encore et toujours...
La porte entrouverte sur cela : Leçon de théâtre et de ténèbres
Je t'embrasse Yves-Noël. 
Affectueusement. 
Gaël

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Tuesday, November 03, 2015

L es Spectacles à ne pas manquer


Très triste qu’aucun d’entre vous ne puisse voir ça… Ça, c’est la cata… 
Non, vous savez bien que mes spectacles ne tournent pas. 
A part vous qui s’en aperçoit ? 
Jean-Pierre Thibaudat est venu l’autre semaine (pour Or), il était de passage à Lyon à ce moment-là, mais il n’a pas aimé. C’est que c’est si difficile de réveiller les Lyonnais que j’ai essayé, avec Or, de faire le spectacle qu’ils attendaient et ça a marché, en ce sens — et ça m’a libéré pour ce numéro 4 : puisque je l’avais fait, je ne me suis plus du tout préoccupé du public, mais plus du tout — et j’ai fait mon grand-œuvre — alors, vous, vous auriez ADORE !
Je ne sais pas du tout ce que je vais faire par la suite, je suis très en retard (je devrais répéter aujourd’hui le prochain, mais je ne vais pas au théâtre). Si on suit une logique, je devrais arrêter…
YN

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Monday, November 02, 2015

J e reçois tous les jours des demandes de travail (en voici deux exemples), mais, ce dont j'ai besoin, ce que je cherche désespérément, c'est des spectateurs


Cher Yves-Noël Genod,
Demain (mardi) je pars pour Lyon pour assister à votre spectacle La splendide actrice. Cela fait plusieurs semaines que j'ai suivi votre blog et ce que vous avez écrit sur votre Leçon de théâtre et ténèbres au théâtre du Point du Jour et ce projet m'intrigue beaucoup.
C'est Linda Wise de Pan Théâtre qui m'a parlé de vous la première fois. Elle me connait bien en tant qu'actrice, et quand je lui ai demandé si elle connaissait des metteurs en scène qu'il pourrait être intéressant pour moi de contacter, elle m'a tout de suite répondue : Yves-Noël Genod ! Ce que Linda et d'autres personnes m'ont raconté sur votre travail — ainsi que ce que j'ai pu lire et regarder — m'interpelle, et je me réjouis énormément d'être là mardi soir !
J'aimerais aussi beaucoup pouvoir vous rencontrer à la fin de la pièce, dans la mesure de vos possibilités.
Bien cordialement,
Mira Zaki Bjørnskau

A demain, 20h ! Très bon choix, c’est mon meilleur ! Et, oui, je suis là avant et après…
YN



Bonsoir Yves-Noël
Voilà mon CV.
On reste en contact pour que je puisse auditionner pour Rester Vivant.
Ce sera avec grand plaisir.
Ce soir, le comédien en armure étendu dans l'eau m'a fait penser au Dormeur du val et aux morts dans ce monde, ceux dont les corps demeurent dans des fossés, des caniveaux, non réclamés, ou introuvés. Et dans mon imaginaire, Yuika chantait pour ces morts sans funérailles.
Merci pour ce beau spectacle, plein d'espace et de silence.
Bonne nuit,
Emilie Birraux

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R etour à Lyon


Vous voudriez pas revenir ? (Et je payerai le billet de train, cette fois-ci.) La splendide actrice, c’est l’opposé de Or, normalement cela devrait vous intéresser beaucoup ! J’ai conçu le spectacle comme pouvant se jouer devant quelques personnes (ou beaucoup) pour ne plus m’occuper de faire venir le public, je l’ai fait avec Or, c’était mon souci principal, ça ne l’est plus, je m’en fiche. C’est très, très, très beau, La splendide actrice. La splendide actrice, c’est Lætitia Dosch jouant La Mouette. Le reste, c’est du théâtre quantique, du théâtre de très loin, du futur (ou du passé aussi bien), du fond de l’univers, grand et petit (Lætitia avait aussi proposé de reprendre Grand et petit, le premier monologue de Lotte-Bulle Ogier dans le texte non publié de l’adaptation de Claude Régy). (A l’époque, je vous lisais déjà…) C’est vraiment très bien, ce que me permet de faire Gwenaël Morin au théâtre du Point du jour. Je déploie comme un seul et même spectacle sur toute une saison, un spectacle toutes les deux semaines, avec une troupe renouvelée, dans le même espace pour le moment méconnaissable à chaque fois. Celui qui se joue en ce moment, La splendide actrice, tous les soirs à 20h, me déprime un peu dans le sens que je pense que je ne pourrai pas faire mieux. C’est splendide. Jusqu’à samedi 7 novembre. C’est un spectacle de beaucoup de grâce et de liberté, figé dans la glace, dans la mort, fixé en hologrammes, etc. L'Invention de Morel. C’est drôle, j’ai dit à César Vayssié (qui filme mes spectacles) que vous n’aviez pas aimé le côté « chorale » de Or, et il m’a rappelé qu’il lui avait trouvé un côté « lyonnais », à ce spectacle. Il avait son grand-père (je crois) médecin qui s’était construit un petit théâtre dans sa propriété près de Lyon (un théâtre dans lequel, lui, il jouait enfant), et son grand-père y donnait des représentations de pièces écrites par lui-même, dans ce théâtre, avec un public des relations bourgeoises qu’il avait, lui, médecin, un public qui venait donc de Lyon (dans cette cerisaie) et le spectacle lui avait rappelé ce genre de représentations amateurs… Amitiés, YN

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Saturday, October 31, 2015

C hristophe



J'ai honte, je dois te prévenir que dans le spectacle La splendide actrice, il y a une chanson de Christophe... Tu viendras quand même ?

Yvno
Tu ne vas pas me croire : j'étais backstage avant-hier dans les loges de Christophe !
J'accompagnais à son spectacle une chanteuse avec qui je travaille (Chloé Mons) et qui est amie avec lui.
Incroyable, non ?
Non seulement je viens mercredi, mais, en plus, tu as toute ma bénédiction ! Je t’embrasse, 
Alain

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Thursday, October 29, 2015

Dear,
je ne sais pas si tu m’a déjà fait un virement sur celui là, mais je te le renvoie en fin de ce mail (regarde bien).
Je reviens à l’instant d’une promenade sur ton blog, c’était pour prendre l’humeur du prochain spectacle.
Quel bonheur de te lire ! J’adore que tu cites le bus 45. 
Cela devient un fantasme, le bus 45, a place to be. Un truc proustien (on n’a jamais parlé de Proust tous les deux, il faudrait).
Je relis La recherche en ce moment, je la connais par cœur, mais je la relis et, des fragments de ton écriture du blog (blog, quel mot hideux) me font penser à Proust. Je trouve que tu es proustien. Le sais-tu ?
Je ne sais pas où cela se loge encore, mais il y a quelque chose de ce temps, dans ton écriture, dans tes spectacles et dans l’évocation
du bus 45. Le bus 45 c’est ta petite phrase de Vinteuil à toi (Un amour de Swann).
Qui l’aurait cru? Lyonnais (presque) et proustien.
Et puis c’est vrai, il faut ne faut plus que tu te fasses de souci, que tu rales à propos du nombre de spectateurs (on en parlait avec Perrine (il faut qu’elle joue dans le N°5) l’autre soir chez elle).
Ils sont là, les spectateurs, à la Lyonnaise.
Si Paris n’est pas une fête, ce n’est plus Paris, mais si Lyon n’est pas une fête, c’est toujours Lyon.
Lyon est imprenable. Oui. Mais tes spectacles sont imprenables, comme on dit d’une vue qu’elle est imprenable, tellement elle est belle.
Bien à toi
C
(Je ne sais pas si tu as tous tes titres des spectacles maintenant, mais si il en manque un, ce sera Bus 45.)

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Wednesday, October 28, 2015

En effet, je suis au Point du jour pour du « théâtre permanent ». Ça veut dire que nous accueillons beaucoup les spectateurs (nous sommes ouverts une semaine sur deux de samedi à samedi et fermer seulement six jours de dimanche à vendredi entre les deux semaines). Je vous encourage à venir — gratuitement — voir les trois avant-premières, samedi, dimanche, lundi et, si vous voulez revenir voir les représentations qui sont à cinq euros et que vous ne les avez pas, je suis sûr que le théâtre du Point du jour trouvera un arrangement avec vous,
Yves-Noël Genod

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Monday, October 26, 2015

A vec des fantômes au cul


C’est fou. J’ai le coeur qui bat à 140. Je reçois ton mail qui parle du projet à Lyon. Depuis quelques jours, je me pose la question « Avec qui veux-tu travailler ? » Avec Kantor, je me réponds. Ma pauv' fille tu sais très bien qu'il est mort. Quelqu'un de vivant, mais avec des fantômes au cul, alors... Ben, c'est Yves-Noël, je vois que lui, que toi. 
Je vais pas rentrer dans les détails de ma vie misérable d’intermittente, non.
Mais ma vie théâtrale est belle. 
Tu sais, je vais être bientôt orpheline. 
Je cherche une maison d’accueil. 
Je veux que ce soit toi. 
Veux-tu travailler avec moi ?
Veux-tu de moi sur le projet à Lyon ?
Vitales vitamines. 
« On vit peu, mais on meurt longtemps », alors profite de moi...
Je t’embrasse

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Ben, volontiers de vous rencontrer !
Les tâches ardues sont : faire venir le (bon) public ! 
C’est-à-dire qu’il faudrait aller le chercher et le trouver — car il existe…
Remplacer (ou noyer dans la masse) ce public qui chipote. Qui me fait la leçon. (Je crois que c’est ça, le problème, il retourne mon arrogance, il ne veut pas que je lui fasse la leçon de théâtre, alors il joue au prof à son tour.)
Et puis, sinon, on a deux enfants qu’on voudrait inclure à ce numéro quatre (qui commence samedi), La splendide actrice, ça aussi, c’est du boulot… Et puis j’aimerais bien trouver un parterre de feuilles mortes. C’est du boulot. (Mais c’est la saison.) Ou un arbre entier. Et puis les animaux. Hier, je suis allé visiter une ferme pédagogique… Ça aussi, ce serait du boulot, les animaux !
Pour le reste, vous pourriez suivre les répétitions sans problème.
Je n’ai pas de logement disponible, cela dit. 
Bien à vous, 
Yves-Noël

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Saturday, October 24, 2015

J ean-Pierre Thibaudat n'a pas trop aimé Or, mais il le dit avec des mots gentils


Cher YNG
Pour préciser les mots lâchés hier soir dans l’escalier du Point du jour...
Ce qui m’a gêné c’est le plein, l’absence de trouées, d’échappées où les songeries peuvent s’émonder. Vos spectacles ou  plutôt  vos moments de théâtre ont cette faculté rare d’ouvrir à vue le lit des rêveries de ceux qui sont venus. Ce sont des traversées qui nous traversent en ce sens où elles lèvent en nous des images, des réminiscences, des odeurs, des visions qui font corps (et âme) avec l’espace, vos acteurs, vos lumières, votre présence latente. Elle est là la démocratie participative, la seule valable : un trafic des songes.
Je comprends vos propos / public. Je comprends le choix de Carmen, je comprends  je t’adore, toréador, la vie en or. Mais de là à faire une chorale Carmen ! Un contresens au regard de cette concomitance de singularités qui habite vos spectacles. La tribu, oui mais pas le collectif (je n’ai rien contre mais cela ne vous ressemble pas).
Dans la deuxième partie, on renoue par moments avec vos agencements furtifs, vos dispositifs en pointillés, vos errants du plateau.  
Enfin Marlène vint… (pour paraphraser Ponge)
Bien à vous
jpt



Oui, vous avez bien senti, c’est un bas-relief, oui, j’ai laissé le collectif s’exprimer (dirigé par Odile et Rémi), oui, je me suis retiré en vue de faire venir le public. La version de Carmen qui vous aurait sans doute plu existe, on l’a faite en août (elle est comme vous décrivez mon travail, sublime et déchirante), mais ce travail (fantomal… ) je l’ai fait aussi juste avant, avec La Traviata (déjà avec Odile Heimburger), titre : Les Entreprises tremblées (justement), le spectacle dont j’ai déjà annoncé qu’il allait être le plus beau de l’automne, on le sait, référence à Grüber. Or, ça a donc été pour trouver un contraste. Plus à plat, moins secret, plus littéral, plus doré. Comme toujours, vous trouvez les mots les plus doux pour me parler. Et ces mots m’encouragent pour les prochains spectacles : tant pis pour les Lyonnais (Marlène : « Tu comprends pourquoi je me suis tiré… »), je vais faire ce que je veux, tant pis s’ils sont dix dans la salle, je ne le supporte pas, je vais le supporter. Maintenant que j’ai montré que je pouvais aussi faire le cochon, je reviens !

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Friday, October 23, 2015

Julie Morel
Merci, encore pour ces 1h40 de magie…

David Drouard
Vraiment bravo Odile Heimburger et à toute l'équipe pour les deux volets que j'ai pu découvrir (épisodes 2 et 3) où le talent prononcé de ta voix qui s'écoule subtilement comme le temps mené par Yves-Noël de façon si élégante.

Benjamin Forel
Yves-Noël,
Je rentrais du Point du jour, hier soir, avec les amis que j'avais emmené au spectacle. Sur la route, pas de mot, mais une phrase qui tournait en boucle dans ma tête : «une terrible beauté est née, une terrible beauté est née, une terrible….»
Continuez bien.

Maudie Lebowski
Cher Yves-Noël, j'ai assisté à Or mercredi soir. L'expression est malheureuse, mais j'ai vraiment eu l'impression de manger du sot-l'y-laisse pendant 1h40, c'était délicieux. Du reste j'y ai invité tous mes amis et même des personnes que je ne connais pas, et j'y retourne ce soir. Merci encore et beaucoup. Maud

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